samedi 13 octobre 2012

Land


La voix du crooner expérimental David Sylvian fait toujours son effet. Aussi, « Nothing is happening everywhere » dont il est l'invité vocal, est un grand moment digne de sa dimension.
Le reste de l'album est tout aussi libre. Il est question de collision entre rock et free jazz ambiant.
Improvisation, expérimentation posée sur de bonnes bases. Un art modelé, structuré, mais libre. Un moment musical aussi fort qu' « Elusive » dePressure Drop version instrumentale. Urbain, noctambule, grave, sérieux et mathématique, ambiant et cinématographique...et libre. Cet épisode très cuivré tient des allures de chorégraphies contemporaines.
 
Publié chez Samadhisound, hébergé par Important.. il est question sur ce disque là, de collision.


Land 2012 « Night within » label : important
http://importantrecords.com/imprec/imprec360



jeudi 11 octobre 2012

Tindersticks 1997


Mine de rien Toorsh vient de lancer avec son beau billet, un jeu musical sur lequel il serait intéressant de rebondir.
C'est pas l'album « île déserte », celui qui travaille profondément, celui qui transperce et trouble à certains moment de la vie. Pas vraiment la cogitation profonde, juste le disque parfait qui colle à la platine. Celui qu'on écoute le plus souvent, sans pouvoir expliquer pourquoi. Un autre album sucerait l'analyse très loin, nécessiterait une introspection abyssale à des heures de la journée pas reluisantes, une croix. C'est peut être pas celui qu'on écoute le plus souvent.
« Curtains » des Tindersticks est celui-là, celui qu'on écoute du début à la fin, sans anicroche aucune, tout passe, rien ne freine, automne, hiver, midi, voûte céleste, champs, montagnes, océan... rien n'y fait, l'écoute fidèle de ce disque est indiscutable.
Une élégance implacable, peut être même le prototype, un sommet de carrière, une mélancolie automnale torride, instrumentations luxueuses, violons, cuivres, piano, guitare/basse/batterie.. tout. Une voix. Le cœur bat mollement, des vapeurs rêveuses, une beauté hypnotisante, un épicentre de sensibilité contemporaine..le disque que j'écoute à n'importe quelle heure, tout le temps, le plus souvent, avec n'importe qui. Ce n'est pas une chronique sur Tindersticks, mais sur « Curtains » le chef d'œuvre intemporel qui tue... et vous ??


Tindersticks 1997 « Curtains » label : this way up/ universal
http://www.tindersticks.co.uk/discography/curtains/






J'arrête, vous connaissez tous.......


Main


Une fois n'est pas coutume, ce monde là est infiniment petit. Symétriquement opposé à la stratosphère. Main diffuse la bande son des insectes, des bactéries, voire des molécules, tout dépend des ouvertures à voyager. Du silence à perte de vu, dans des galeries de fondrières, à travers lesquelles les atomes s'entrechoquent mollement. Une relation chimiquement amoureuse.
Microscopiquement sonore, on est invité dans un monde sous le niveau zéro de l'écorce terrestre. Des cavités, des galeries, minutieusement labyrinthique. De l'immuable, un son millénaire inébranlable à venir qui passe sur la précarité humaine se ruant au salon de l'autodestruction. Quelques drones passagers semblent provenir de plus loin encore, vers d'autres de cellules, celles qui appartiennent aux âmes vivantes, celles qui resteront.
Le monde mille fois plus petit grouille avec notre passé d'homme, la présence humaine, la cohabitation avec nos déchets qui alourdissent la croûte. Je vais ici, sous cette dalle d'asphalte et plonge dans ce monde minuscule qui nous survivra.
La bande-son d'un autre monde, d'une architecture lilliputienne.

Cette extraordinaire abstraction est logiquement hébergée par les barrés hollandais (implantés en Belgique) Kraak. Mystérieuse auberge au catalogue rare, précieux, weird, expérimental et complexe. Kraak comme le craquement du vinyle.


Main 2012 « Tau » label : (K-RAA-K)3
http://www.kraak.net/en/artist/release/main
http://www.discogs.com/Main-Tau/release/69867




mardi 9 octobre 2012

Raymond Byron & the White Freighter


 
Ray Raposa est un mystique baladin clair-obscur d'épaisses forêts féériques et ténébreuses. De la mousse et du licken plein l'écorce, des mélodies de lycanthrope, une barbe à n'en plus finir, il vit son folk nocturne rustre avec une certaine idée sophistiquée. Des idées de son s'ajoutent et projettent dans une autre dimension.
Ray Raposa, c'est Castanets avec le sublime « Texas rose, the thaw & the beasts » 2009, une épaisseur chlorophyllienne d'un autre monde, aussi noire que Black Heart Procession (« No trouble »). « Cathedral », l'apparition chez Asthmatic Kitty en 2004, fut une révélation.
Ray Raposa, c'est aussi Raymond Byron & The White Freighter, son échappée solitaire. On a rasé la forêt, reste le collier généreux, la guitare au beau milieu d'une plaine, et l'esprit curieux dans la construction d'un folk qui s'est légèrement durcit. Du Smog/Grandaddy avec un timbre Dylan/Gira.
« Little death shaker » est un excellent album de country-folk-rock capricieux, lunatique, atypique et vachement bien foutu. Un joli petit voyage à travers des plaines désertes grises, à l'intérieur c'est intime et originalement fauve.

label : asthmatic kitty
http://asthmatickitty.com/merch/little-death-shaker/
échelle de richter 8,5
support cd
après 4 écoutes

 
 

lundi 8 octobre 2012

Françoiz Breut


 
 
Sa soupe à la grimace à elle, sophistiqué et triste comme le premier Bertrand Betsh. Lithium..la belle époque.. « Ma colère », « Motus ».... Tout est gommé, les uns les autres..et pourtant ce sont toujours les paysages touffus qui dévorent la pluie, les impasses camouflées. Des tas de trucs coïncident, du matériel d'inspiration génétique... ça se sent que c'était eux.
Françoiz Breut sort son plus belle album depuis « Vingt a trente mille jours ». Sur « La chirurgie des sentiments », des claviers programmés, des arrangements sophistiqués, Don Nino aux manettes.
Des remugles.
Déjà « 2013 » était à tomber à l'aveuglette. Et puis toujours ce timbre unique, puissant dans la retenue, comme Barbara. Quelles mélodies ! Sublime album d'une artiste d'ici qui compte.
 
Françoiz Breut 2012 "La chirurgie des sentiments" label :
http://www.francoizbreut.be/
échelle de richter : 8
support cd
après 3 écoutes

dimanche 7 octobre 2012

John Mayall 72


 
Bill Cosby introduit le groupe... John Mayall en 1972, tout en continuant de bâtir sa discographie prodigieuse, ajoute une pièce particulière à son art musical fusionnel. Le parrain du blues-rock anglais, intègre sur « Moving on » la soul et le jazz avec un band fantastique de cuivres et de claviers.
Une pléthore de guitare-héro britanniques ont défilé dans son école British boom blues, Clapton, Peter Green, Jack Bruce.... Mick Taylor qui quitta les Bluesbrakers en 69 pour les Stones, laissant Mayall sans guitariste, ce qui ouvrira une période « acoustique » avec le sublime live 69 « Turning point » et orientera sa musique vers un minimalisme delta du Mississippi.

Ce grand concert dominical est parmi mes préférences live... lui à son harmonica, sa guitare et sa voix ( et même au clavier et au design).. tout autour, des saxo, une trompette, une basse folle, un batteur génial. Ça joue beaucoup, ça envoie, c'est jazz, blues, rock, soul, une messe, c'est libre et les mecs c'est pas des manchots..jamais autour de Mayall, cet étendard du blues blanc, ce messène Bluesbreakers qui a pratiquement lancé tout le monde. Ici, plus qu'ailleurs, un brûlot longtemps oublié qui sort en réédition cette année. A l'époque, j'ai chipé ce vinyle d'un disquaire de province pour pas cher, quel choc au retour au bercail quand en sortant cet opus de mon sac d'étudiant, j'ai posé cette galette noire sur la platine... elle brûle encore...et l'objet est un trésor.

John Mayall 1972/2012 « Monving on » label : polydor/lemon
http://www.johnmayall.com/music5/movingon.html
http://www.allmusic.com/album/moving-on-mw0000816317





jeudi 4 octobre 2012

Ormonde


Détente pop. Du Baxter Dury accompagné d'Armel Pioline, ou Jennifer Charles. Une basse à tète de chou, le duo Robert Gomez/Anna-Lynne Williams offre un sirupeux moment langoureux, intime et sensuellement tristounet.
Des ondes gainsbouriennes donc, « Lemon incest » est repris. La production arrangée est un pur délice. Juste un moment de détente à l'image exacte de la pochette.

Ormonde 2012 « Machine » label : this is home tapes
www.home-tapes.com
échelle de richter : 6
support cd
après 2 écoutes




Thalia Zedek - Carla Bozulich - Elizabeth Anka Vjagic

  L'effet Wagner a opéré. Les longues barbes sont restées au pied de la cascade pour chanter à l'unisson de la gorge et du poitrail...