dimanche 1 mars 2015

Bill Withers 72



Le compte à rebours a commencé, c'est le premier jour de mars comme un symbole. Les bourgeons sont là depuis quelques jours en sourdine, comme si de rien n'était, ils vont bientôt boire le sol et assécher la marmelade, ce bol alimentaire terrestre qui n'en finit plus d'obstruer nos envies.

C'est dimanche en ce 1er mars tiède chanté par les merles, il fallait fêter cela, danser cette nouvelle du calendrier. Alors, en flânant entre mes arbustes mousseux à reluquer la moindre pousse, je me suis demandé s'il fallait choisir un seul album soul, celui qui renverse et met d'accord, la bande son d'un espoir et d'un cœur qui tambourine au gré d'un soleil perçant, lequel je choisirais ?
Je me voyais déjà à trier en me ruant dans mes étagères et crouler sous l'hésitation à me torturer, mon jeu préféré, mes auto-challenges de gamin à m'imaginer. Et puis comme une obsession, la même pochette et le même son est venu ruiner ma récréation à vouloir m'épancher sur tant de choix à faire.

 

Bill Withers comme une évidence. « Still Bill » est la perfection du son, de la voix, de l'époque, du jeu, des compositions, de la cohérence, de la pochette. C'est une visibilité parfaite, et pourtant j'ai cherché dans mes tablettes de chevet, l'article.. rien dans « Great Black Music » et ses 110 albums, rien dans quelques autres bouquins, juste une pochette dans les cover de l'histoire soul.
Pourtant, ce disque c'est des hits historiques, une certaines « discrétion », et un équilibre évident pour le laurier du plus grand disque soul de l'histoire pour mon cerveau carrément influencé par une date printanière qui grignote la démission.

 
J'avais bien Marvin Gaye dans les starting block et puis plein d'autres, un paquet de looser aussi, mais chez Bill Withers, j'entends plein de choses en plus, Van Morrisson par exemple, Stevie Wonder, du blues aussi (« I don't want you on my mind »), « Still Bill » comme une synthèse du genre.
L'idée pour moi d'une telle culture musicale remonte à très loin avec la sensation d'avoir entendu et assimilé cet opus dans l'inconscience la plus reculée, l'innocence ou la négligence comme pour me l'offrir quelques décennies plus tard.

 
 
Il y a juste à peine une pincée mélancolique qui persiste sous cette opulence de joie véhiculée par le sérieux rageur de la culture afro-américaine 70's dans sa plus belle expression.

Ça paraît bateau, et je crois avoir pris ma décision bien avant de me la demander.. pour moi le plus bel album soul .. c'est « Still Bill » de Bill Withers, et les grésillements vinyls, ce sont les bonus de cet opus indispensable.
 

« Still Bill » comme une pause à la course infernale hivernale qui prend chère aujourd'hui, même si demain sera un autre jour pour courir. Un disque dominical quoiqu'il en soit.

Bill Withers 1972 « Still Bill » label : Sussex/Columbia

4 commentaires:

Devant Hantoss a dit…

En attendant de me replonger dans ce chef d'oeuvre, suis dans le salon et j'ai sous la main "Just As I am" grandiose aussi.
La Soul bien sexy et orcestrée pour avancer le printemps...
"Ain't no sunshine..." merde je vais pleurer... Si beau mais si douloureux.

charlu a dit…

Mets de côté Tonio.. mollo sur le lacrymal soul .. c'est un must à archiver et sortir pour le cas où...
J'ai récolté qq sondages (très peu) sur les Women.. la Tina rafle tout.

Audrey Songeval a dit…

Je ne connaos que quelques titres de lui, tous de toute beauté. Faudra que je me procure cet album.
La soul rend vaine tellement de musique quand elle s'élève sur de telles hauteur...

charlu a dit…

Si la box te tente !! :D