jeudi 8 mai 2014

Damon Albarn 2014



Il y a des gris bretons en larmes de plomb épousant le granit des influences lunaires; il y a des gris beaucerons qui collent au crane et au limon sans ressac aucun, pendant de longues journées; il y a le gris cotonneux clair des montagnes à deux doigts du bleu intense; il y a le gris des graviers qui grimacent sous la croûte des vague à l'âme....
Il y a le gris anglais que je fantasme comme s'il surgissait d'une évaporation insolente d'une île qui vibre depuis les Beatles et qui cherche à camoufler son secret culturel, une identité inébranlable.
 

Après avoir creusé largement sur toute la planète, Damon Albarn, un des protagoniste essentiel de la brit-pop et aux multiples projets, est revenu près de Londres pour offrir un album personnel. « Everyday robots » est gris, un gris laiteux, enrichi, fécond. Les chansons sont assoupies, sublimes et habitée d'une belle mélancolie prête à surgir.
Depuis le temps qu'il se barde d'expérimentations artistiques, Damon Albarn s'offre un album de plénitude, avec cette apothéose lumineuse « Heavy seas of love » en compagnie de Brian Eno.

 
Il y a les gris de Library Tapes qui voilent des océans de cramoisie; il y a les gris Cloud Nothing qui prennent à la gorge comme un coup de grisou; il y a le gris-gris du Dr John qui n'en finit pas d'alerter de son génie foutraque depuis des décennies; il y a les gris de Ben Watt qui laissent deviner l'éclaircie..et il y a les gris Damon Albarn, son nouveau coup de génie.


Damon Albarn 2014 « Everyday robots » label : parlophone




15 commentaires:

Chris a dit…

Superbe ta chronique!!! C'est tout à fait ça, un grand disque qui me permet de renouer un peu avec cette "idole" de jeunesse!!! ;)
Et ce final avec Eno, magnifique!!!

Chris a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Bastien Etienne a dit…

C'est admirablement bien écrit et poétique. ( je fais du deux en un, ce commentaire s'adresse aussi bien à l'album et à la chronique ;) ).
J'applaudis d'autant plus par le caractère solo et retour l'album, car dans ce genre de situations les critiques prennent soin de bien aiguiser leurs fourchettes et ce n'est pas facile de d'esquiver les critiques soit du "mieux avant" ou de la"perte intégrité musicale".

Alexandre G a dit…

Excellent papier en effet :) !
De jolies choses en ce moment en effet, tu cites Albarn, Cloud Nothings (il t'a plu celui-ci ? Moi énormément, une bien belle claque).

Dr John a sorti un album ???!!!

Francky 01 a dit…

Je rejoins ce concert de louanges, autant pour l'excellent style très poétique de ton papier que pour l'album.
Le premier en solo pour le pourtant archi-boulimique Damon Albarn. Riche de toutes ces expériences les plus diverses (Blur, Gorillaz, The Good, The Bad & The Queen, "Mali Music", son label défricheur Honest Jon's...), Damon a créé un disque à son image : éclectique, expérimental, audacieux, érudit....Un grand album, nuance de gris !!!
A +

charlu a dit…

Rhoo, merci les p'tits gars (je dis ça aussi pour les filles Chris :D).. c'est adorable.
"Idole de jeunesse", moi j'ai zappé les débuts de Blur, pour moi leur chef d'œuvre reste "13"..mais son parcours après, Gorillaz, le Mali, le fantastique avant dernier album... ce mec là me botte ;D

charlu a dit…

Yes Bast.. en général j'esquive les disk hyper médiatisé, mais j'avoue être resté sourd à toutes ces références médiatiques.. j'ai même vu une émission où l'on a parlé que de Blur.
Ce disk solo est hyper musical, juste pas grandiloquent, juste intime, moelleux, mélancolique, les arrangements sont hyper raffinés.

charlu a dit…

Yes Alex, j'ai bien aimé CLOUD NOTHING, il m'a pris à la gorge, une suée cérébrale bien trempée.
Pour Dr John, je faisais référence à son Night tripper Gris gris de 69..pour les autres, je vous conseille vivement les raretés Libray Tapes, et surtout le pop moderne éclairé mais de pochette grise BEN WATT de Everything but the girl.

charlu a dit…

Yes mon Franky.."Mali music"..va falloir que j'en parle un jour.. cet endroit et cette collaboration est fantastique.
Il est assez talentueux, tout ce qu'il touche est imparable.
Je pense au duo Albarn/Coxon.. un autre genre et une autre époque d'un Macca/Lennon ?? :D

El Norton a dit…

Très jolie chronique, pour un album incroyable. L'album de l'année, sans aucun doute.

Jimmy Jimi a dit…

Je vais écrire sur la pointe des doigts à cause de tout ce que je viens de lire. Je n'ai jamais été fan de Blur, mais j'ai voulu essayer celui-ci et je l'ai trouvé... mou, mou, mou! C'est sans doute de ma faute, il faut que je trouve la bonne heure pour le réécouter.

charlu a dit…

Surement dans beaucoup de top 10 ElNo..

Nan t'as raison Djim il est mou.. vachement mou, tout en nuances, petits touches raffinées.. gris est une couleur molle ;D

Keith Michards a dit…

Tu oublies le tabac gris qu'on roulait et qui nous arrachait les poumons. On n'aimait pas ça mais les filles nous regardaient. Alors, du haut de notre adolescence, nous étions des hommes, des durs, des héros, des méchants. Et le mange-disque nous crachait Trust, c'était antisocial… fais tourner, Claude !!!!!

Devant Hantoss a dit…

C'est idiot, mais je suis content que tu aimes son album. J'aime cette métaphore de GRIS, On pense avant tout que c'est une couleur triste sans noblesse... Cela peut l'être. Mais il peut y avoir les gris que tu expliques ... Rien à ajouter, juste content

charlu a dit…

Yes Kif..rhho, j'ai envie de crapoter là avec tes conneries .. j'suis passé aux menthol histoire de dire que je vais arrêter...mais j'aime bien la menthe, c'est chiant.

Doit y avoir une gamme de gris vertigineuse.. entre l'absence et la totalité de couleurs.. je suis beauceron et je sais de quoi je parle :D