jeudi 4 octobre 2018

Marissa Nadler 2018







Je reste sans voix, Marissa est retournée dans ses bois. La même pureté, le même trouble, les ligneux d'automne chantent à nouveau.
Mes petits textes d'avant en vrac, je ne trouverai pas mieux. Je suis ankylosé pareil, hypnotisé, mes doigts engourdis et mon cerveau abasourdi. Je n'ai plus mal nulle part.


Des pochettes partout et le label de ses débuts, Eclipse-records comme on fredonnerait "il était une fois..."
Le nouvel album tout en haut, une pochette qui domine et qui sent bon l'Arc Volcanique... et des chansons retrouvées, Marissa comme dans ses "Ballads of Living and Dying". Je brouillonne, je laisse le passé parler sur le bouleversant "For my Crimes".




Marissa Nadler 2018 "For my Crimes" label : bella union / sacred bones




Au commencement, septembre 2010 :
Si quelques filles ont été suggérées ici, une seule, s'il fallait n'en choisir qu'une, pourrait glaner tous les suffrages-frissons. Des larmes indélébiles jaillissent, blessé par un « Stallions » blême. Nous savons , accueillis pas toutes ces nymphes, et pourtant nous n'avons jamais entendu de telles chansons, cueillis sur des sentiers de feuilles mortes au beau milieu d'une forêt d'hiver. Le frimât saisit, mais l'accord réchauffe, une certaine idée du nirvana, en attendant, un refuge abrite, le dernier peut être. « Mayflower may » achève et entrouvre: chaque montée vocale est une menace sylvienne. « Silvia », dans d'autre temps, sur un autre label chantait l'antre de ma mie, des forêts entières noyées de branchages et de brindilles en sommier sur lequel je me suis allongé pour gouter le sucre des arpèges, la caresse des mélodies, le venin des murmures, puis le sel des baisers, l'amertume des jalousies, le piment aux joues, le cœur diamant.


L'année d'après juin 2011 :
Un jour Marissa a quitté sa colline pour aller faire un tour du côté des lumières artificielles. Elle a traversé les vallées de chlorophylle, foulé pieds nus les sentes de feuilles mortes pour voir si les néons maquilleraient ses chansons de paillettes et de visibilité, laissant les nymphes et les lucioles orphelines des mélodies cristallines qui en faisait la douce maîtresse grège des futaies inconnues. Loin des fleurs de mai, des cœurs diamants, quittant Virginia, Annabelle, Silvia et Rachel, elle a enfilé son fameux imperméable bleu pour danser avec les rats des villes.
Les
petits enfers des villes devait lui allouer les éloges, quelques promesses et des moyens dignes de son art. Marissa s'emballa d'artifice, un orchestre pop, de l'électricité, un troc à sa fragilité qui faisait la beauté de ses mélodies... avant.
Marissa est revenu.. toute seule, avec ses étoffes d'antan et son tulle de lichen. Des mélodies à pleurer « in your lair, bear »; « Mr John Lee revisited » ou encore le superbe « little king ». Les étoiles son revenus et les chrysalides brillent à nouveau.
Elle est revenu, sur les mêmes sentes, avec des souliers cette fois-ci et un peu d'électricité, histoire de décrire, de présenter ce qu'il y a derrière la colline. « baby i will leave you in the morning » sonne comme un hymne pop jamais vu dans les forêts.. et c'est beau ..aussi, les lucioles émues dansent à nouveau. « the sun always reminds me of you », « puppet master », mêmes hauteurs, et malgré les souliers neufs, on sent encore les feuilles craquer, les mélodies retrouvées sont saisissantes, comme avant, partie pour mieux revenir.
Le nouvel album de Marissa Nadler sort cette fois-ci dans la discrétion la plus auto-produite qu'il soit. Sous son propre toit, l'épique psyché-folkeuse amie de toujours Orion Rigel Dommissee à ses côtés, Marissa, via
Kemado va attirer une foule de personnes dans son antre vierge où la constellation d'hiver Orion brille de tout feu. Orion.. c'est Rigel, Betelgeuse, les trois rois .. et Marissa. C'est un peu l'hiver, mais le frimât n'a jamais été aussi doux.

Encore ici octobre 2014 :
Une autre promo, deux albums pour une seule chronique… finalement, je trouve les associations opportunes et pertinent avec Sharon Van Ettenes, comme cette passion que je voue aux binômes artistiques des grands groupes...la liste est longue.
Deux pochettes grises, deux ciels noirs pour deux femmes superbes du continent américain. Ces deux filles artistiques underground ont débuté discrètement au fil des années en perçant langoureusement dans le brouhaha des bacs.
Leurs balades à la féminité blême sont appuyées par de superbes voix, comme des chants de plaines à racoler le perdu. Je ne sais plus où je suis.
J’ai déjà parlé de Marissa depuis qu’elle est apparue chez Eclipse records en 2004, et j’écoute en parallèle le nouvel album de Sharon Van Etten qui côtoie la même couleur de cendre paradisiaque depuis 2009. Sharon est habillée d’une fripe d’écorce escarbille, avec en plus la modernité sonore de quelques arrangements programmés.
Marissa, c’est toujours cet appel des lisières, la même onde forestière quand les fantômes osent poindre leur âmes brumeuses en plein jour.
Je suis au bras des deux filles, je reste accroché à leurs cordes de belles écritures et de voix envoûtantes. Je garde toujours cette petite préférence pour cette lingerie boisée que porte Marissa. Un lichen échevelé et mystique, cette Mazzy Star des bois profonds. Mais que fais t'elle en plein milieu de la nuit dans cette forêt ?
Deux filles, deux disques délicieux.. deux labels magiques.. deux beaux disques gris à respirer.








4 commentaires:

TonTonMusik a dit…

ça mérite vraiment une écoute plus approfondie, je m'y mets ce w-e Merci de cette découverte (encore une fois) :-)

charlu a dit…

Attention Tonton, normalement tu te mets à pleurer, tu te roules par terre, tu vas courir à poil dans la forêt et c'est la camisole directe dans une vieille cabane abandonnée visitée que par les sangliers :s

Mylène Gauthier a dit…

Oui, j'ai écouté aussi Marissa. C'est un album d'automne à souhait. Merci pour la pensée. Bon jeudi. Aujourd'hui, c'est journée de peinture. LIBERTÉ! ;)

charlu a dit…

prout prout.. je m'y mets bientôt :D
J'attends la pluie, mais ici il ne pleut plus.