Un jour Marissa a quitté sa colline pour aller faire un tour du côté des lumières artificielles. Elle a traversé les vallées de chlorophylle, foulé pieds nus les sentes de feuilles mortes pour voir si les néons maquilleraient ses chansons de paillettes et de visibilité, laissant les nymphes et les lucioles orphelines des mélodies cristallines qui en faisait la douce maîtresse grège des futaies inconnues. Loin des fleurs de mai, des cœurs diamants, quittant Virginia, Annabelle, Silvia et Rachel, elle a enfilé son fameux imperméable bleu pour danser avec les rats des villes. Les petits enfers des villes devait lui allouer les éloges, quelques promesses et des moyens dignes de son art. Marissa s'emballa d'artifice, un orchestre pop, de l'électricité, un troc à sa fragilité qui faisait la beauté de ses mélodies... avant.
Marissa est revenu.. toute seule, avec ses étoffes d'antan et son tulle de lichen. Des mélodies à pleurer « in your lair, bear »; « Mr John Lee revisited » ou encore le superbe « little king ». Les étoiles son revenus et les chrysalides brillent à nouveau. Elle est revenu, sur les mêmes sentes, avec des souliers cette fois-ci et un peu d'électricité, histoire de décrire, de présenter ce qu'il y a derrière la colline. « baby i will leave you in the morning » sonne comme un hymne pop jamais vu dans les forêts.. et c'est beau ..aussi, les lucioles émues dansent à nouveau. « the sun always reminds me of you », « puppet master », mêmes hauteurs, et malgré les souliers neufs, on sent encore les feuilles craquer, les mélodies retrouvées sont saisissantes, comme avant, partie pour mieux revenir.
Le nouvel album de Marissa Nadler sort cette fois-ci dans la discrétion la plus auto-produite qu'il soit. Sous son propre toit, l'épique psyché-folkeuse amie de toujours Orion Rigel Dommissee à ses côtés, Marissa, via Kemado va attirer une foule de personnes dans son antre vierge où la constellation d'hiver Orion brille de tout feu. Orion.. c'est Rigel, Betelgeuse, les trois rois .. et Marissa. C'est un peu l'hiver, mais le frimât n'a jamais été aussi doux.
Marissa Nadler 2011 « marissa nadler » label : box of cedar records..(première pièce du catalogue)
Je reste sans voix, Marissa est retournée dans ses bois. La même pureté, le même trouble, les ligneux d'automne chantent à nouveau.
Mes petits textes d'avant en vrac, je ne trouverai pas mieux. Je suis ankylosé pareil, hypnotisé, mes doigts engourdis et mon cerveau abasourdi. Je n'ai plus mal nulle part.
Des pochettes partout et le label de ses débuts, Eclipse-records comme on fredonnerait "il était une fois..."
Le nouvel album tout en haut, une pochette qui domine et qui sent bon l'Arc Volcanique... et des chansons retrouvées, Marissa comme dans ses "Ballads of Living and Dying". Je brouillonne, je laisse le passé parler sur le bouleversant "For my Crimes".
Marissa Nadler 2018 "For my Crimes" label : bella union / sacred bones
Si quelques filles ont été suggérées ici, une seule, s'il fallait n'en choisir qu'une, pourrait glaner tous les suffrages-frissons. Des larmes indélébiles jaillissent, blessé par un « Stallions » blême. Nous savons , accueillis pas toutes ces nymphes, et pourtant nous n'avons jamais entendu de telles chansons, cueillis sur des sentiers de feuilles mortes au beau milieu d'une forêt d'hiver. Le frimât saisit, mais l'accord réchauffe, une certaine idée du nirvana, en attendant, un refuge abrite, le dernier peut être. « Mayflower may » achève et entrouvre: chaque montée vocale est une menace sylvienne. « Silvia », dans d'autre temps, sur un autre label chantait l'antre de ma mie, des forêts entières noyées de branchages et de brindilles en sommier sur lequel je me suis allongé pour gouter le sucre des arpèges, la caresse des mélodies, le venin des murmures, puis le sel des baisers, l'amertume des jalousies, le piment aux joues, le cœur diamant.
L'année d'après juin 2011 :
Un jour Marissa a quitté sa colline pour aller faire un tour du côté des lumières artificielles. Elle a traversé les vallées de chlorophylle, foulé pieds nus les sentes de feuilles mortes pour voir si les néons maquilleraient ses chansons de paillettes et de visibilité, laissant les nymphes et les lucioles orphelines des mélodies cristallines qui en faisait la douce maîtresse grège des futaies inconnues. Loin des fleurs de mai, des cœurs diamants, quittant Virginia, Annabelle, Silvia et Rachel, elle a enfilé son fameux imperméable bleu pour danser avec les rats des villes. Les petits enfers des villes devait lui allouer les éloges, quelques promesses et des moyens dignes de son art. Marissa s'emballa d'artifice, un orchestre pop, de l'électricité, un troc à sa fragilité qui faisait la beauté de ses mélodies... avant. Marissa est revenu.. toute seule, avec ses étoffes d'antan et son tulle de lichen. Des mélodies à pleurer « in your lair, bear »; « Mr John Lee revisited » ou encore le superbe « little king ». Les étoiles son revenus et les chrysalides brillent à nouveau. Elle est revenu, sur les mêmes sentes, avec des souliers cette fois-ci et un peu d'électricité, histoire de décrire, de présenter ce qu'il y a derrière la colline. « baby i will leave you in the morning » sonne comme un hymne pop jamais vu dans les forêts.. et c'est beau ..aussi, les lucioles émues dansent à nouveau. « the sun always reminds me of you », « puppet master », mêmes hauteurs, et malgré les souliers neufs, on sent encore les feuilles craquer, les mélodies retrouvées sont saisissantes, comme avant, partie pour mieux revenir. Le nouvel album de Marissa Nadler sort cette fois-ci dans la discrétion la plus auto-produite qu'il soit. Sous son propre toit, l'épique psyché-folkeuse amie de toujours Orion Rigel Dommissee à ses côtés, Marissa, via Kemado va attirer une foule de personnes dans son antre vierge où la constellation d'hiver Orion brille de tout feu. Orion.. c'est Rigel, Betelgeuse, les trois rois .. et Marissa. C'est un peu l'hiver, mais le frimât n'a jamais été aussi doux.
Encore ici octobre 2014 :
Une autre promo, deux albums pour une seule chronique… finalement, je trouve les associations opportunes et pertinent avec Sharon Van Ettenes, comme cette passion que je voue aux binômes artistiques des grands groupes...la liste est longue.
Deux pochettes grises, deux ciels noirs pour deux femmes superbes du continent américain. Ces deux filles artistiques underground ont débuté discrètement au fil des années en perçant langoureusement dans le brouhaha des bacs.
Leurs balades à la féminité blême sont appuyées par de superbes voix, comme des chants de plaines à racoler le perdu. Je ne sais plus où je suis.
J’ai déjà parlé de Marissa depuis qu’elle est apparue chez Eclipse records en 2004, et j’écoute en parallèle le nouvel album de Sharon Van Etten qui côtoie la même couleur de cendre paradisiaque depuis 2009. Sharon est habillée d’une fripe d’écorce escarbille, avec en plus la modernité sonore de quelques arrangements programmés.
Marissa, c’est toujours cet appel des lisières, la même onde forestière quand les fantômes osent poindre leur âmes brumeuses en plein jour.
Je suis au bras des deux filles, je reste accroché à leurs cordes de belles écritures et de voix envoûtantes. Je garde toujours cette petite préférence pour cette lingerie boisée que porte Marissa. Un lichen échevelé et mystique, cette Mazzy Star des bois profonds. Mais que fais t'elle en plein milieu de la nuit dans cette forêt ?
Deux filles, deux disques délicieux.. deux labels magiques.. deux beaux disques gris à respirer.
Une autre promo, deux albums pour une
seule chronique… finalement, je trouve les associations opportunes
et pertinentes, comme cette passion que je voue aux binômes
artistiques des grands groupes...la liste est longue.
Deux pochettes grises, deux ciels noirs
pour deux femmes superbes du continent américain. Ces deux filles
artistiques underground ont débuté discrètement au fil des années
en perçant langoureusement dans le brouhaha des bacs.
Leurs balades à la féminité blême
sont appuyées par de superbes voix, comme des chants de plaines à
racoler le perdu. Je ne sais plus où je suis.
J’ai déjà parlé de Marissa depuis
qu’elle est apparue chez Eclipse records en 2004, et j’écoute en
parallèle le nouvel album de Sharon Van Etten qui côtoie la même
couleur de cendre paradisiaque depuis 2009. Sharon est habillée
d’une fripe d’écorce escarbille, avec en plus la modernité
sonore de quelques arrangements programmés.
Marissa, c’est toujours cet appel
des lisières, la même onde forestière quand les fantômes osent
poindre leur âmes brumeuses en plein jour.
Je suis au bras des deux filles, je
reste accroché à leurs cordes de belles écritures et de voix
envoûtantes. Je garde toujours cette petite préférence pour cette
lingerie boisée que porte Marissa. Un lichen échevelé et
mystique, cette Mazzy Star des bois profonds. Mais que fais t'elle en
plein milieu de la nuit dans cette forêt ?
Deux filles, deux disques délicieux..
deux labels magiques.. deux beaux disques gris à respirer.
Marissa Nadler
« July » label : sacred
bones
Sharon Van Etten 2014 “Are
we there” label : jagjaguwar
Rien à voir avec un
confinement. Je me souviens très bien encore il y a cinq ans et ce
recroquevillement, le cul dans l'herbe à souffler, à fouiller
l’alentour de proximité, approfondir les quelques encablures.
C'est finalement le seul moyen qu'on ait trouvé pour stopper les
guerres et les avions. Je me souviens d'entendre souvent mes
grand-parents afficher cette phrase qui me sidérait.. « il
leur faudrait une bonne guerre... ». Peut-être je sortirai
bientôt une même idée à la con.. genre « Il leur faudrait
un bon confinement à tous ces cons.. ».
Rien à voir avec le
confinement mais je suis bloqué à l'étage de mon toit, pour cause
de travaux. En bas c'est le chantier, l'odeur de plâtre, le vacarme,
la cloison qui tremble, là-haut, c'est la mansarde, la lumière
oblique, le cocooning tuilé, seul étage où personne du dehors n'a
le droit de monter. Les vinyles, les livres et les Compact-Disc y
sont soigneusement déposés. Le rocking-chair s'y balance, les
canapés sont racoleurs et le son délicieux. L'ordi éclaire la
sous-pente blanche, les disques laissent passer la profondeur prune
de la peinture murale. Le parquet grince et je laisse le grésillement
des galettes me bercer.
Oui, pourquoi je vous
raconte ma vie comme ça, je suis en fait tombé sur un album oublié,
comme tant d'autres, comment peut-on tout écouter nos pépites si
tous les jours il faut laisser le confinement dans le confins des
souvenirs !! Je suis isolé en haut avec Catherine Lara et son
premier album. Remugles d'émotions pétrifiées. Au moment où la
rockeuse inondait les ondes, je revenais avec sous le bras « Ad
Libitum », totalement improbable (Je crois que j'ai le même
problème avec le premier Lenorman).
Ses chansons en
coquelicots crépons sont éditées par April Music, la poésie est à
son comble (aménagé). Boublil à l'écriture, elle aux notes. C'est
une jolie époque pour plein d'artistes qui sont devenus autre chose
après. Je sais pourquoi maintenant j'aime tant Marissa Nadler des
forêts. Il y a un vinyle de Joan Baez rangé pas loin .. comment
j'ai classé tout ça moi ? Pochette noire, visages en
clair-obscur, avril c'est surtout la mort d'Orion. Pas évident de
mettre Catherine Lara sur la table, qui la connaît ainsi, juste
avant le petit jour, le cœur à découvert ?? Un quatuor
acoustique habité, Denise Glaser en onde protectrice, « L'étranger »
religieusement qui me fait penser à « La veuve de Joe Stan
Murray ». Tout coule au gré de son chant et des
enjolivures la vêtant.
Quelques heures confiné,
je n'aurai sans doute pas retrouvé Catherine à l'étage, la Lara
land des beaux jours, la mienne cet après midi sous la pente, « Ad
Libitum ». D'un autre temps.
Une branche de platine posée sur le rondin d’un arbre scié net ; une mine de critérium 0.5mm parcourant le sillon d’une emprunte digitale ; le dard d’un moustique glissant sur le fil d’une toile d’araignée d’une trentaine de mailles ; tout me ramène aux vinyles, aux 33 tours d’une galette de cire quand j'écoute certains cd. Quelques disques flottent de la même manière sur la cire noire, des airs qui réclament ce support, que l’on aurait préféré écouter en saphir, et je pense à Alela Diane quand le son épouse la photo sur la pochette et qu’on se dit qu’il manque le grésillement d’un autre temps, ce son parasite d’un feu de bois qui réchauffe l’âme, comme mes vieux Jethro Tull époque boisée, Incredible String Band ; Joan Baez ; Cohen ou Joni Mitchell..... Visage en Joconde-sioux, sombre sépia d'un folk contemporain..2006 et déjà une référence , un totem qui passe encore comme un miracle. Et, sur des pas de danse tribale étourdissante, je craque l'allumette sous le bois sec pour écouter comme il se doit « The pirate's gospel »...à défaut de ne plus être outillé Hi-Fi.
Alela Diane 2006 "the pirate's gospel" label : fargo
Une petite envie de pas ici, se
raccorder à un folk looser, des ballades outsider d'un bout de
littoral arboré, Marissa Nadler sur l'écorce « Saskatoon »,
Joanna Newsom dans le regard, Anna Terhneim dans l'âme, et même si
ça frôle la pop Texas quelquefois « Tug of war », il
est question de ne pas être ici pour quelques instants à se
demander même si on y était vraiment un jour.
Ma grande découverte en ces jours de
fraîche grisaille, c'est Joana Serrat, des airs légers de la
Catalogne. La pochette de « Cross the Verse » est une
fenêtre sur nos dernières matinées, notre printemps à une gueule
d'automne à s'y perdre.
Tout tend à partir ailleurs, un petit
bijou pour se laisser dériver.
Joana Serrat 2016 « Cross the
Verse » label : loose music
Petite trêve aux nouveautés, j’ai ressorti une pépite emballée dans un étui simple cartonné, comme s’il s’agissait d’un disque promo. En 1995, Kate Wrigt et Rachel Brooke sortent un premier vinyle chez planet rec, label complètement charpenté à l’époque par les opus de Crescent (Kate Wright participe d’ailleurs à l’enregistrement de « Now » et « Collected »). Rachel Brook, même si elle aussi a travaillé avec Crescent sur la fin, c’est plus du côté Flying saucer attack qu’il faut fouiner pour trouver des traces. De belles influences qui va inéluctablement se retrouver dans leurs compositions. Sauf, qu’il faudra attendre 2003 pour trouver l’édition cd de cette petite merveille. Entre temps, sans rien connaître de Movietone, je fais l’acquisition en 2000 de « The blossom filled strteets » et tombe littéralement sous le charme de ce pop underground douce et habitée, ce grand disque fleuri. Complètement anglais, ce duo de filles qui rappelle Mansfielf TYA, voire Electrelane distillent une musique gentillement hallucinée qui va visiter les esprits du Velvet et beaucoup plus franchement de Crescent. D'ailleurs le batteur de Crescent Matt Jones tient les baguettes dans le disque qui nous intéresse ici. « orange velvet » sur des airs de blues éthéré plaque des plages grunge détonnant, juste après que « green ray » nous ait saisi de beauté sur à peine deux minutes de poésie blême proche de Marissa Nadler période « Mayflower ». Matt Elliott est à la guitare et coïncide exactement à la mélancolie molle du disque. « darkness-blue glow » est un slowcore ravagé par le désespoir comme sait le chanter Amnélie Monserré. « mono valley » et « alkaline eye » continuent de nous enfoncer grassement dans les brumes d'un paysage urbain en décomposition.
Les filles de bristol auraient pu figurer sur le label local Sarah records. Mais c'est Geographic, maintenant disparu qui aura la sublime idée de ressortir Movietone 95 des oubliettes. En bonus, deux inédits single, une démo et le single officiel « orange velvet » justement. Un véritable objet rare et complètement oublié, ressorti ponctuellement des étagères poussiéreuses, apparition éphémère, sur un label disparu depuis longtemps et qui détient le catalogue du groupe mythique The pastels.
Il est fort à parier que ce petit bijou de disque pop a dû avoir quelques influences, notamment ici, avec un autre album disparu sur un label disparu : Delaney chez lithium 1998. Qui se souvient de ce disque intime complètement Movietone, sauf que Christelle Delaney était seule.
Morr music est d'abord pour moi un label qui proposait des groupes comme Styrofoam; Lali Puna (et la branche The notwist).... et Mùm qui apportait toute la délicatesse d 'une pop électronique sirupeuse qui battait son plein à l'époque. Le catalogue morr devait alors s'étoffer de façon vertigineuse, abandonnant au passage ces islandais pour quelques disques chez Fat Cat records en intermittence, sans perdre de sa féérie romantico-mélancolique. C'est au départ de la chanteuse en 2007, juste après le terrible « summer make good » (« hù hviss – a ship » est à lui seul un sommet bouleversant) , que le groupe sombrait dans une obsolescence pop. Ainsi, amputé de sa particularité, Mùm avec « go go smear the poison ivy », partait vers d'autres paysages, la magie en moins, l'amour perdu, les sentiments bafoués. Olof Arnalds a déserté le collectif pour sa propre réalisation, s'attirant à elle tous les plus beaux paysages nocturnes. Et je devais alors retrouver ma catharsis qui fait chaque écoute du groupe entier. Les paysages sont les mêmes, mais la forêt plus dense et la mélodie plus belle encore. « Vid og vid » est posé sur le même socle boisé que Joanna Newsom, quand des nymphes folk prennent la peine de s'y attarder un moment; même pureté de voix et même féminitude, la harpe en Ukulélé , et même fantôme en chevelure de Kate Bush (« klara »)... Et si la guitare et le chant de la chanson éponyme penche vers Alela Diane, « vittu af mer » engourdit par sa beauté celtique dans son plus simple appareil (Emily Jane White; Marissa Nadler des débuts (the saga of mayflower)...). Cette œuvre un brin ancestrale, absolument intimiste est dénudée de tout. Il y a pourtant pas mal de musiciens sur la liste, mais chacun pointe le bout de son nez camouflé et discrets derrière ses cordes à la fin de chaque morceau (les violons de "nattsongur"). La présence lointaine d'un Sigur Ros peut aussi ajouter à l'élévation.
Le chant islandais quant à lui est loin d'être superfétatoire, une crânerie quelconque, voire un besoin d'isolation. C'est une embellie, un tout artistique dans ce coin du monde où il se passe beaucoup de choses musicales visibles depuis une décennie. Visible est tout de même un bien grand mot quand on pense que ce disque pourrait figurer en tète des classements du meilleur disque folk de tous les temps. La consolation est que ce chart n'existe pas.
Seul petit bémole à cette cohérence , la pochette !!!
OLOF ARNALDS 2009 "VID OG VID" label : one little indian
Je suis allé à nouveau m’abriter sous la voute dentelée des marronniers grillés, avant que la lourdeur du carotène ne fasse chuter sa chevelure. L’ombre bleue noire était au rendez-vous, plus trouble encore. Roussis sous la paupière, Puhalluspello m’a raconté le orange de cette guerre perdue. Les branches violettes appelaient à l’escalade, j’ai préféré rester blotti en dessous à déguster ces cordes boisées, ces cuivres flous soufflant sur les percussions sourdes. Quelques voix fantômes sur un bruit de fond ankylosé et chamanique sont venues hanter l’alignement des troncs. Beaucoup de silence noyait le banc vert bouteille d’accordéon déglingué. Il est juste venu rompre la minuscule symphonie d’oranges acides. La chevelure est de plomb, plus pour longtemps, la Finlande s’est invitée à mes côtés toute chargée d’air frais et de senteur d’herbes sèches trempées.
Eclipse records est tombé un jour, lui aussi accablé par le poids du temps. Il a laissé cloisonner quelques opus de psychédélisme acoustiques ambiants, des univers entiers de field recordings, de circonvolutions d’instruments en filigrane. C’est engourdissant, délicatement fou, je suis en apnée cérébrale sous cette constellation sonore de feuilles cramoisies.
A travers ce rendez-vous de biologie urbaine, j’ai fait ressurgir un opus intime, sorti uniquement sur CdR en 2004 chez Eclipse-records, le label qui a vu naître Marissa Nadler, entre autre.
Partagée entre une pop moderne
rockment bien foutu « Run », et un folk épuré touché
par la grâce « Ferryman », Rachel Sermanni apparaît
dans les bacs très discrètement pour la deuxième fois.
Rachel est écossaise, avec « Tied
to the moon », elle dissémine comme ça, humblement une
panacée d'émotions sans imaginer une seule seconde les ravages
collaterreux qu'elle va inoculer.
Je suis fou de cet album et les dégâts
cellulaires sont visibles sur la peau.
Il faut l'entendre nous dire de courir
avec « Run » pour esquisser quelques égratignures
cérébrales irréversibles à venir. Point d'escampette, et l'on est
à terre dès « Old ladies lament », définitivement
pelotonné sur « Ferryman »... puis « I've got a
girl », « This love »..... La Marissa Nadler des
fjords écossais.
Rachel Sermanni 2015 « Tied to
the Moon » label : middle of nowhere ».
Si quelques filles ont été suggérées ici, une seule, s'il fallait n'en choisir qu'une, pourrait glaner tous les suffrages-frissons. Des larmes indélébiles jaillissent, blessé par un « Stallions » blème. Nous savons , accueilli pas toutes ces nymphes, et pourtant nous n'avons jamais entendu de telles chansons, cueilli sur des sentiers de feuilles mortes au beau milieu d'une forêt d'hiver. Le frimât saisit, mais l'accord réchauffe, une certaine idée du nirvana, en attendant, un refuge abrite, le dernier peut être. « Mayflower may » achève et entrouvre: chaque montée vocale est une menace sylvienne. « Silvia », dans d'autre temps, sur un autre label chantait l'antre de ma mie, des forêts entières noyées de branchages et de brindilles en sommier sur lequel je me suis allongé pour gouter le sucre des arpèges, la caresse des mélodies, le venin des murmures, puis le sel des baisers, l'amertume des jalousies, le piment aux joues, le cœur diamant.
quand on aime éperdument : "diamond heart"; "mexican summer"; "silvia"; "stallions"; "mayflower may"; "thinking of you"........ hope sandoval; jane weaver, joan baez........
Après ce nouveau dérapage seventies, la neige a eu raison de mon courage et cette immobilité forcée m’a finalement permis de prendre un peu de recul sur l’année musicale qui s’achève et de m’asseoir quelques instants. Complètement motivé par mes amis de la toile, je lâche avec mon désordre habituel, cette pause de nouveauté. Je me retourne. Aussi je suis conscient qu'étant extrêmement évasif, je ne joue pas le jeu, c’est un peu facile d’en mettre plein …...mais..:
10 / Rock international: .Neil Young « le noise » .Peter Gabriel « scratch my back » .Bryan Ferry « olympia » .John Mellemcamp «no better than this » .Jimi Hendrix « valley of neptune » .Grinderman « grinderman » .John Hiatt "the open road" .Shawn Mullin « light you up » .Findlay Brown “ love will find you” .The Bellrays "black lightening"
10 / Rock indépendant:
.The Brian Jonestown Massacre « who killed srgt peppers » .Women « public strain » .Suuns "zeroes QC"
.Swans « my father will give me up a rope to the sky » .Liars « sisterworld » .Interpol « interpol » .Oh No Ono « eggs » .Bardo Pond « bardo pond » .Windsor for the Derby "against love" .Blue Water White Death « blue water white death »
12 / Pop:
.Blonde Redhead
« penny spakle » .Midlake« the courage of others » .John Grant « queen of denmark » .Get Well Soon « vexations » .Owen Palett « heartland » .Musée Mécanique « hold this ghost » .Klima « serenades & serinettes » .Agnès Obel « philharmonics » .Ariel Pink haunted graffiti « before today » .Les Marquises “lost lost lost”
.Broken Bells "broken bells"
Wildbirds & Peacedrums "rivers"
10 / Folk:
.Micah P.Hinson « and the pioneers saboteurs » .Damien Jurado « saint bartlett » .Emily Jane White « ode to sentience » .Doug Paisley « constant companion » .Joker's Daughter « the last laugh » .S.Carey « all we grow » .The Tallest man on earth « the wild hunt » .Lost in the Trees « all alone in an empty room » .Siskiyou "siskiyou"
.Phosphorescent « here's to taking it easy »
5 / Weird Folk:
.El Boy Die « the black hawk ladies and tambourins .Head of Wantastiquet « dead seas » .Twinsistermoon « the hollow mountain » .Kuupuu « lumen tähden » .Wooden Veil « wooden veil »
10 / Soul: .Aloe Blacc « good thinks » .Duffy« endlessly » .Gil Scott Heron « i'm new here » .Plan B « the defamation of strickland banks » .Strange games & funky thingsvol5 .Sharon Jones and the dap-kings “I learned the hard way” .Holy Fuck “latin” .Erykah Badu “new amerykah part2” .Mavis Staples “you are not alone” .Andreya Triana “lost where I belong”
10 / Electronique: .Brian Eno « small craft on a milk sea » .Fourtet « there is love on you » .anbb « mimikry » .Caribou « swim » .EDH « prédature » .Autechre « oversteps » .Chloé « one in oyher » .Pantha Du Prince « black noise » .The Boats “sleepy used music” .Supersilent "10"
10 (11) / New sound/experimental: .Machinefabriek & Peter Broderick “kites” fang bomb .BJ Nilsen « drawght #1 » ash international/touch .Hildur Gudnadottir « without thinking » touch .Thomas Köner « nunatak/teimo/permafrost » .Max Richter « infra » .Chris Abrahams « play scar » room40 .Richard A Ingram « consolamentum » white box .Dakota Suite « vallisa » glitterhouse .Marcus Fjellström « schattenspieler » miasmah records .Balmorhea « constellation » western vinyl .James Blackshaw « all is falling » young god .Johann Johannsson “and in the endless pause there came the sound of bees” / Richard Skelton “landings” type records
10 / Chanson française(maigre année, tout est sorti en 2009) : .Bastien Lallement « le verger » .Bertrand Belin « hypernuit » .Dominique A « la musique/la matière » réédition 2010 +inédits/ ep Peplum. .Florent Marchet « courchevel » .JP Nataf « clair » .Jacques Bertin « comme un pays » (le grand retour très très émouvant) .Arnaud Fleurent-Didier « la reproduction » .Colin Chloé « appeaux » .Benjamin Biolay « live » .M « live »
10 / Frensh: .Roméo & Sarah « vecteurs et forces » herzfeld .Little Red Lauter « slow down » herzfeld .Faustine Selman « silent valley » collectif-effervescence .Yann Tiersen « dust lane » .Manuel Bienvenu « bring me the head of » disque époustouflant (chronique à venir). .François-Eude Chanfrault « intérieur»(2009 mais parce que je le cherche depuis très longtemps et que je l'écoute depuis deux mois). .Chapelier Fou « 613 » ici d'ailleurs .French Cowboy « isn't my bedroom » havalina records .Sylvain Chauveau « singular forms (sometimes repeated) » type records .Lilium « felt » glitterhouse
.
10 / Rééditions/compilations: .King Crimson « red »; « in the court of crimson king »; in wake of poseidon »; « lizard » .Paul McCartney & the wings « band on the run » .Stevie Ray Vaughan « could stand the weather » .Jim Sullivan « light in the attic » .Einsturzende Neubauten « architecture IV 2002/2010» .The Notwist « neon golden » city slang réédition 2010 .Xtc as the Duke of Stratosphear « psonic psunspot » .David Sylvian « sleepwalkers » samadhisound .Incredible String band “wee tam& the big huge” 1968/2010 .Apple box set (mary hopkin; bad finger, james taylor, jachie lomax..malgré le fait de filer de la tune à yoko)
.
5 / Labels : .Type (explosion du catalogue de très haute qualité) .Young god (retour des Swans, Gira + james blackshaw .Jagjaguwar (women, richard young, bon iver, people of the north..) .herzfeld (riche catalogue + principe du club herzfeld) .Home normal (découverte cette année et gros catalogue 2010)
Qq Grosses déceptions: .Arcade Fire (quel raffut quand même pour un disque tout à fait normal) .Mgmt (ouaih gros buzz pour pas grand chose, la surprise a fondu, ressortir le premier album) .Sufjan Stevens (prise de tète et gros tintouin) .Avey Tare (lui comme ses acolytes toujours a la recherche du générique idéal pour les télétubies..je vais finir un jour par arréter d'essayer ce groupe) .Angus & Julia Stone (la notoriété et la grosse production auront eu raison de leur innocence et la pureté des deux premiers albums…hyper trop sucré) .Marissa Nadler (pareil, plus rien à voir avec ses premières productions..visibilité néfaste !!!!)
.Black Mountain (avec le recul, ce disque ne passe plus du tout, spontanéité des débuts perdue aussi)
.Jackie O Mother fucker (chez fire maintenant, expérimentation et poèsie acide envolées pour une collection de chanson pop insispide)
.Syd Matters (très très géné par les choeurs et les vocalises à la animal collective justement.. blocage, impossible d'aller plus loin dans ce disque, bien loin du début)