vendredi 31 mai 2013

Paul McCartney 1976 : Wings over America


 
Premier album live de McCartney au sein des Wings, et surtout, il tue le père et lui rend les honneurs. Il sera question ici de reprendre des chansons des Beatles écrites par lui. Du coup trois vinyls seront nécessaires pour rendre compte de cet tournée mondiale épique. « Wings over America » est une compilation des meilleurs moments, un condensé. Dans la plus grande des maîtrises et dans la fougue qu'on lui connait, il mélangera cette année là toutes les hauteurs des Wings avec des remugles 60's.
Accumulation de disques d'or, un répertoire qui n'a plus rien à prouver, une croissance fulgurante qui atteint ici les sommets, les Wings le prouve sur scène.
Côté Macca, c'est la nouvelle identité artistique qui lui fera oublier les Beatles, étape obligatoire pour avancer, quand on connait la suite de sa carrière. En interprétant les Beatles devant un publique toujours nostalgique et rancunier, il s'en détache et leur fait accepter. La nouvelle identité artistique est déposé là, sur un autre continent. A cet instant, la Wingsmania vient percuter la Beatlemania pour ouvrir plusieurs décennie de carrière solo qui commencera trois après ce triple album live.
La basse de Paulo est lourde, les guitares chargées, la rage maîtrisée est dans les fusibles... c'est aussi la naissance explosive de « Live and let die » que tout le monde veut voir sur scène depuis.
Et puis, pour entrecouper et diluer le muscle, il y a l'acoustique et les balades Macca; « Black bird », « I've just seen your face »... « Picasso... », « Yesterday » (la première fois sur scène depuis...).
Puis du Heavy rock sous haute tension, « Hi hi hi » et l'inédit « Soily » pour parfaire la chose.
En parlant d'objet, le triple album vient d'être réédité, une nouvelle étape dans la résurrection des disque du Paulo. Un triple vinyle somptueux avec poster d'origine intégré, ou un double CD, juste pour les curieux ou les collectionneurs.
Les Wings ne sortiront pas indemne de cette démonstration. Deux autres albums suffiront à l'histoire pour faire table rase et laisser Paul McCartney œuvrer seul derrière la Hohner fidèle.
J'avais loué le vinyle il y a 20 ans à peu près, je me l'offre aujourd'hui.... la patience..patati patata....
.....Belle lurette que je n'avais pas accroché un poster au mur moi.





Paul McCartney 1976/2013 « Wings over america » label : mpl

https://www.youtube.com/watch?v=oL_Pwe1ub0g&list=PL3EB5C3EB159B5D2C


mardi 28 mai 2013

Gareth Dickson




Le premier morceau s'appelle « Adrenaline », un placebo donc, une fausse gélule inefficace, une tromperie à la dupe. Une capsule blanche et rouge de la classe pharmaco antalgique, voire antipyrétique. Une dose à prendre matin, midi et soir, de la famille des Nick Drake, avec un excipient de finger picking complètement dévoré par des effets slow secondaires.. ne pas conduire, ne pas prendre de décisions pondérées, éviter le bourgeois et fuir le débit.
Rester le dos posé le long de ce tronc tassé, à l'ombre fraîche d'une utopie qui sangle. La lumière alentour est trop forte, elle noie et défend le retour sur la berge où la veine attend.
Je vais rester ici, à attendre que la chlorophylle froide rouille, que les feuilles me recouvrent, que l'astéroïde tombe là, sur mon plexus, attendre que les abeilles butinent tout le miel à s'en vider le dard. Les saisons peuvent défiler, le ressac sera boisé, je ne bronche pas d'un cil, je laisse la mélancolie blême et divine d'air fleuri me sucer la moelle.
Je peins avec un glaçon de charbon dans la gorge... mais je ne vois pourtant que du blanc..je suis aveuglé, Gareth Dickson me rappelle à l'opalescence...et pourtant, ces doigts là sont écossais.


Gareth Dickson 2013 « Quite a way away » label : 12K
http://www.garethdickson.co.uk/
http://garethdickson.bandcamp.com/
http://www.12k.com/index.php/site/releases/quite_a_way_away/
http://www.discogs.com/Gareth-Dickson-Quite-A-Way-Away/release/3439375




lundi 27 mai 2013

Bertrand Belin 2013



Tant qu'on aura de tels albums qui paraissent près de chez nous, il faudra y aller daredare. Il est impossible que ce disque là passe à travers les filets, la membrane qui filtre et garde l'histoire sous clé.
Hyper album, pedal steel, fidélité des baguettes, claviers, toujours dans l'ordre des choses. Portées millimétrées, mots ultrapesés, tous est en équilibre, tout tient. La magie opère de nouveau, avec encore plus de hauteur, de force et d'assurance.
Cette année, il y aura un Toboggan et des Parcs, pour que l'on puisse déplier notre âme, étendre notre dignité de mortel. Un parc, c'est un endroit, un no man's land aussi, toutes choses se disent, toutes personnes se croisent, un endroit commun de repos, de jeux et de rencontres.
Bertrand Belin, c'est la douceur des relation humaines, la rixe verbale ou physique, c'est un buisson imbécile, un chemin animal, viscéral. C'est une écriture noble et pondérée...... « Parcs », c'est la crème des plus beaux disques de la chanson francophone.
Quitte à me répéter, « Hypernuit », juste avant le set « La musique/la matière »2010 fut un moment live inoubliable. Et après ça le déluge, on s'en fout.
Juste pour ceux qui ne sont pas convaincus, Bertrand Belin, c'est un improbable mélange de Brassens et Bill Calahan. Je vous promets qu'au delà de là, il n'y a plus grand chose.
Bertand Belin 2013 « Parcs » label : cinq7
http://www.bertrandbelin.com/
https://www.youtube.com/watch?v=Izmy1_VNui0
https://www.youtube.com/watch?v=M2mcbI2rVh4
https://www.youtube.com/watch?v=WMuWvwFSGKo

samedi 25 mai 2013

Colleen 2013



Colleen a la voix de Karen Ann quand elle chante avec Lady & bird. Colleen est violoncelliste et chante sur nouvel album. La grâce du chant est majestueusement placée en lévitation.
Elle joue de ses cordes finger picking comme Andrew Bird. Elle use aussi de son archet et donne ainsi à son instrument textures différentes. Comme sur quelques opus précédent, et notamment « Mort aux vaches », elle joue de plusieurs instruments, tous les instruments. Ses voix se superposent, une ode fantasmagorique, une messe de chambre, un rêve minimal de dentelle pastel.
Colleen, à l'image de la pochette réalisée par Iker Spozio, souffle un air naïf, beaucoup de fraîcheur, presque enfantin, naturel et africain.
Elle chante au petit matin clair, lorsque les lueurs s'affichent et viennent allumer chaque couleur, une à une. Ses albums précédents étaient crépusculaires, et, à l'image de Stranded Horse, « The weighing of the heart » est un miracle de poésie céleste et séraphique.

Colleen 2013 «  The weighing of the heart » label : second language

https://www.youtube.com/watch?v=EA6XfhZmijE&list=PL1Y0zxQfQFGaSexgfwhYe6V3K-FwcXuNu
http://colleenplays.org/
http://colleenplays.org/the-weighing-of-the-heart-new-album/
http://www.secondlanguagemusic.com/
http://www.ikerspozio.net/

jeudi 23 mai 2013

Saltland



Notre lécheuse possède des récepteurs différents selon les goûts. Le sucré titille le bout de la langue, l'amer tout au fond, le salé sur les côtés. Je suis hyper sensible au sel, il m'arrive de tomber en pâmoison dès qu'une substance salée avance sur elle. Le houblon, le café, faut laisser pénétrer.
Le cerveau est aussi géométriquement découpé. Chaque sens est représenté à un endroit précis, chaque émotion, chaque douleur, avec une complexité insoluble.
Si ma langue me procure du plaisir au contact du sel, mon cerveau jouit sous la constellation.

Je n'avais pas ressentit autant d'envergure depuis Esmerine.
Rebecca Foon, c'est Godspeed, Esmerine, et (thee) A silver Mt Zion. Elle est violoncelliste au sein de la voûte étoilée, elle vient de sortir ses compositions sous le nom de Saltland.
Beckie Foon, c'est un peu HildurGudnadottir ailleurs, ou Colleen ici. Et comme elles deux, son nouvel album est chanté. Des voix similaires, troublantes. La trilogie des violoncellistes et leurs cordes vocales.
Rebecca Foon, c'est pour moi l'air chaud qui fait décoller le grand zeppelin constellé, vers l'embrassement et la brûlure, plus qu'avec une guitare. C'est l'unité de base qui donne le diapason de la grandeur artistique sonore.
Beaucoup de musiciens gravitent sous ce pseudo, le collectif, le principe même du label. Sa voix, commeHildur et Colleen ajoute la proximité aux dimensions séculaires. Saltland me flatte le cerveau, ce style qui, comme le chien de Pavlov, me réveille les sens. La complainte des cordes de Beckie me rassurent depuis des années. Pour les autres sens, il reste la pochette au design fidèle, emblème, odeurs, textures, emballages, touché, clichés..... Un grand grand disque.

Saltland 2013 « I thought it was us but it was all of us » label : constellation.
http://cstrecords.com/cst094/
http://saltland.ca/

 
 
 




mardi 21 mai 2013

Loch lomond




De temps en temps, il arrive qu'une épopée pop féérique vienne embellir nos étagères. JonathanWilson, Syd Matters, Patrick Watson, Flotation toy warning, 49 swimming pools...
« Dresses » des Loch Lomond est de cette couleur, il porte les mêmes scintillements, la beauté musicale d'une histoire fleurie et enchantée.
La toile de cet univers peut aussi bien étaler sa palette dans l'élégance du pointillisme, la fraîcheur du naïf, la douceur du Nabis et surtout l'envergure du romantisme. Sur cette qualité sonore et cette pléthore d'instruments, vient se poser la voix d'un Brian Molko.
Kevin Tihista, Musée Mécanique, Mercury Rev, The auteurs... toutes ces références tournoient sur le même manège.
La pochette n'est pas à l'image du jardin luxuriant qui frissonne à l'intérieur. On passe d'une chanson à l'autre toujours plus émerveillé par le lyrisme des mélodies. Pop fantastique.
 


Loch Lomond 2013 « Dresses » label : chemikal underground
http://www.chemikal.co.uk/news/loch-lomond-dresses-feb-tour/






lundi 20 mai 2013

Field rotation



On garde les mêmes mots de John Cage, on déconstruit, décortique. On remet à plat. On prend des instruments acoustiques pour dessiner le drone planant et mettre en musique la nature et l'alentour que nous ne maîtriserons jamais. Le pollen est une tisane de gelée royale, il pleut averse, un temps de mars, rarement les trombes auront ainsi arrosées le bourgeon fleuri. Un déluge qui pleure nos cerveaux et appelle à la cave de crus, j'aime pourtant bien le rosé frais sous la tonnelle du jardin. Et pourquoi nous ne souffririons pas nous aussi des séquelles de nos dérives humaines, les abeilles ne sont plus les seules.
La pluie caractérielle est un drone de rafale délavée, le huit clos appelle à l'huile, les boules de neige s'affaissent sous le poids de ces flocons chargés d'eau. Le viorne est un vieillard fatigué.
 
Jelinek donne le pouvoir à Field rotation. Nappes ambiantes, et le violoncelle est tenu par Aaron Martin... on ne s'entend plus, la trombe semble vouloir éteindre le magma étendu de « Fatalist, the repetition of history ». Cette étendue là est d'une tristesse à faire taire la pâquerette, ou garrotter le camélia.
Dans un mois les jours vont diminuer à nouveau, histoire de garder la couleur de peau, je reste dans cette ombre affligeante et dictateur puisque nous ne pouvons supplier le ciel.
Denovali est toujours d'actualité, son cerveau vrombit une fois de plus, mollement cette fois-ci, avec des cordes boisées en plus. Cette auberge là est une aubaine pour qui cherche à assombrir sans cesse.

Field rotation 2013 « Fatalist, the repetition of history » label : denovali
http://fieldrotation.de/
https://soundcloud.com/#fieldrotation






Alice George Perez 2025

  Cette grande tige de crucifère est passée de l'autre côté du chemin. Juste après le paysage dégringole. La vue est plus jolie de ce c...