jeudi 22 décembre 2016

Kate Bush 1979



Surement j'ai du avoir des yeux émerveillés quand j'ai entendu « Wuthering heights » la première fois à la radio, l'étincelle. Du haut de mes 10 ans je venais de tomber amoureux, avec frissons pâmoison et chair de poule etc etc. Qu'est ce que c'est beau un amour improbable, virtuel et impossible à 10 ans. Je me suis bien rendu compte avec « Don't give up » qu'il fallait que je cède ma place gentillement sans lutter..ppffff.

 
Il n'empêche, ma première mission bibliothèque fut alors de me procurer cette chanson, ce vinyl pour lire et voir, pour répondre comme une lettre d'amour impossible posée là dans les bacs au beau milieu d'une foule insipide. Quel choc, en fait « Wuthering heights » n'était pas la plus belle chanson de l'album. « The man with the child in his eyes » à tomber, les envolées lyriques de « Oh to be in love », l'intro merveilleuse « Moving », l'étrangeté magnifique de « Strange phenomena », l'espièglerie délicate et reggae de « Them heavy people », le bouleversant finish « The kick inside ».....
 

Et puis l'aboutissement, la cassette audio en personne avec elle dedans et dessus accrochée à son cerf-volant asiatique. Quelle fille... !! .. Objet dégotté dans le supermarché du coin, avec l'étiquette du distributeur Fame.
Dans les crédits : « much thanks and love to Dave Gilmour.. ».. ah tiens donc, encore un concurrent...une trahison, moi j'adore son groupe à Gilmour. Qu'à cela ne tienne, mon walkman chauffera et tournera comme une élipse intergalactique, comme le saxophone fou de sa belle deuxième chanson « Saxophone song ». Jusqu'à pas d'heure je rêvais, et me demandais qui pouvait bien être cet homme aux yeux d'enfant.. trop d'amoureux autour de Kate Bush, je me suis isolé avec cette bande chrome que je possède encore, que je viens de ressortir après la découverte de son triple album live qui vient de sortir, extra, même si aucune chanson de « The Kick Inside » ne figure sur ce disque inattendu.

C'est surement du haut de mes 10 ans qu'est né cette affection sans borne pour ce premier album indétrônable.

Kate Bush 1979 « The Kick Inside » label : EMI
2016 "Before the Dawn"


mercredi 21 décembre 2016

Free Traffic Cream




Deux pochettes similaires me sont tombées dessus par hasard, des disques avec du chien, de la musique cabot à hurler le brut rock, qu'il soit mâtiné de soul, de jazz ou de blues. Les années 60 qui se meurent, Islands records qui cartonnent et envoie l'histoire à travers les écoutilles.
A l'écoute de ces deux bijoux, deux voix se dessinent, deux forces qui caractérisent le son des deux groupes. Combien d'autres groupes qu'eux ?
 

Free et ses deux Paulo, Kossof le guitariste brulé par sa passion pour Hendrix, et Rodgers pour le chant puissant et enraillé, « Fire and Water » du rock légèrement funky, nous sommes en 1970.

 
Traffic avec son rock plus blues-jazz, la puissance vocale, c'est Steve Winwood, ce qui n'enlève rien au charme du chant de Capaldi. Nous somme en 1968 et toujours au sommet de l'histoire musicale chez les british, en compagnie de Chris Wood et Dave Mason en plus.

 
Winwood si on se concentre uniquement sur le chant comme on pourrait le faire avec Blind Faith, impose un son unique et puissant dans un groupe rock.
 
Rodgers plus Bob Seger, plus râle, sale, crade, blues se laissant guider par la basse de Fraser et la gratte de Kossof.

Winwood, voix, Blind Faith, Clapton, Cream et je pars direct sur une autre voix énorme d'un autre groupe rock blues psyché faramineux. Jack Bruce qui tout comme Winwood possède une discographie conséquente de très haute volée ( avec de superbes concepts BLT, BBM).

Si deux quatuors et deux disques se côtoient pour la ressemblance des pochettes et de mes gouts musicaux, une voix se détache plus que les autres, le BBC'Cream avec Jack Bruce au coffre.

C'est pas The Voice, c'est juste un petit sondage des cordes vocales rocks.... Winwood, Rodgers ou Bruce ??.. Moi c'est Jack.

Free 1970 « Fire and Water »
Traffic 1968 « Traffic »
Cream 1968 « Disraeli Gears »








 

lundi 19 décembre 2016

Bertrand Betsch 2016



Une vieille mouche a jailli de son ardoise, la note était salée, l'accord mordorée encore un lundi à la con. Je l'ai vu se propulser nulle part où aller la mouche. A cette seconde même où je divaguais devant le charivari de mes pensées grises, j'ai vu l'insecte maigre déplorer ses aides, une demoiselle bleue d'eau croupie avec comme libellé « aimez-nous les uns les autres... ».
Je n'ai pas vu atterrir la mouche. Devant moi le couvreur à découvert a rougi devant mon attention, « y'a jamais de pépin avec la tuile » m'a t-il dit. Loin des hortensias qui bleuissent des bouts d'ardoises à ses pieds, je me suis arrêté quelques instants avec lui pour parler de la beauté du monde, de l'idée de le repeupler de solitude, histoire d'en finir avec ces courses en solitaires.

Depuis « La soupe à la grimace »..rien n'a changé.
Tout le monde s'en fout, mais Bertrand Betsch, peut être le Daniel Johnston hexagonal, est toujours là à œuvrer avec de beaux disques magnifiques de par ici. Une imprudence même de parler de la beauté du monde.



« La censure du soleil qui nous tire d'un long sommeil »....



Bertrand Betsch 2016 « La vie apprivoisée » lebel : les imprudences

dimanche 18 décembre 2016

McCartney 65 "Michelle"



Dimanche 18/12 : Franiente : la chansonparfaite que l'on écoute le dimanche matin en traînant dans le lit, pour une grasse matinée bien méritée (ou pas).

Demain il va falloir trouver une nouvelle énergie pour repartir, avaler une nouvelle semaine. Un écho dominical jusqu'à la pointeuse, jusqu'au café, une chanson parfaite, une ellipse, un cycle... Paul McCartney à beau être absent de mes écoutes du lundi, le dimanche résonne encore pour affronter une nouvelle semaine. Ressource dominicale.

Une semaine francophone qui s'achève..merci à tous, merci Elno.


Paul (with John and George) 1965 « Michelle ».
 
 

vendredi 16 décembre 2016

Alain Peters




Samedi 17/12 : Fête

Ouarf, j'ai du faire un foin hier soir, il est quasiment midi y'a plus personne dans le gourbi. C'est quoi ce gazon craquant, y'a du givre dessus.... à pierre fendre. Il en est où le mercure ? ah oui quand même;
Bon, c'est quoi qu'on fait mon cœur aujourd'hui ?? Ok on va rester à regarder les feuilles songer ..
La rosée ?? mais nan, c'est l'haleine du bougainvillier, il aime pas trop décembre, descendre en hiver... On va rester là tranquille, tout le monde grouille dehors, néon-piste-baise et zinc-belsunce.
Moi je veux rester là à tes côtés au chaud, avec ma mine de plomb à grifouiller mon kraft, t'inquiète, mon cerveau est sur Saturne depuis longtemps, c'est l'aluminium qui m'inquiète.

J'ai les Zoreilles qui chauffent avec un déhanché immobile du tonnerre, azoté, t'as vu, je bouge tout seul, azimuté près à muter. J'ai pas envie de bouger non plus.. ils sont fous dehors ça sent le roussit.
On a pris une charrette hier soir.. on peut pas faire une Réunion à deux puisqu'on est toi et moi, un brifting !!?? si ?? ok, donne moi l'ordre du jour, et remets moi une once de 49°c faz favor.. por favor.. please...allez quoi s'il te plait.. demain c'est dimanche...

La rosée prend pas dessus.. reste près de moi la maloya... Amo te.

Alain Peters 2011 « La rosée si feuille songe »


jeudi 15 décembre 2016

Lhasa "La marée haute"



Pouarff, le vendredi soir, un truc bizarre, une euphorie accablée à lâcher, beaucoup plus qu'un samedi soir qui ne sert à rien.. une marée haute se dessine, le cœur n'a pas eu assez de tout, et pour éviter de dresser un bilan hebdo je plonge avec des artistes qui me causent, ma tète est pleine, une envie de me klaxonner la gueule et me morfondre ou me confondre, j'ai fais mon sport, j'ai torché les matins finger in the loco, j'ai fait le bon citoyen, va quand même falloir éponger le boxon.
Des cuivres au fond en sourdine, la contrebasse contrebalance ma docilité, le timbre lacrymal, le flot des peaux danse avec la mélodie du piano. De la dentelle lumineuse vers des bois opaques, des étendues bavardes.
La route chante quand je m'en vais de la grande ville, puis se tut et disparait, noire départementale qui me parle plus que toutes les autres filles d'asphalte. C'est vendredi, demain je pourrais cuver dans mon cageot.
Les champs alentours sont à plein bouillon, ça va chier et écumer sur les battures, des chansons ravageuses en boucle vont défiler.



Le vendredi soir c'est marée haute.


Lhasa 2003 « La marée haute »





Le tour de l'île Leclerc/Cormier



Jeudi 15/12 : Effort : La chanson parfaite que l'on écoute le jeudi soir, au moment où l'on effectue ce footing habdomadaire qui nous donne bonne conscience.


Tous les jeudis, j'ai rencard avec mon pays, impossible de dissocier le sport la nature.. des décennies que je pédale comme un âne dans la campagne. Je travail pas les jeudis, le matin je chevauche ma bécane et je pars 3 ou 4 heures à arpenter mes vallées, mes collines, tous les chemins alentours, avec l'impression de mériter tous ces paysages. Mon sport, ma purge, ma communion, et quelquefois le dimanche aussi quand supporter l'inutile, le difficile devient trop lourd. Toutes les saisons, toutes les couleurs, toutes les brumes et canicules, mille fois je pars retrouver les sous-bois et les grandes plaines, c'est beau comme Chartres, c'est haut, c'est propre, il y a au loin les flèches chartraines et celle de mon village à quelques champs de là, je guette que tout ça ne devienne pas un dépotoir.. sous un nuage, près d'un court d'eau, c'est mon berceau, mon pays et mon vélo.

C'est comme faire le tour d'une île, tous les fleuves se touchent, seules les terres sont séparées, tout est île. La Voise où je vis se jette dans l'Eure où je suis né, tous les courts d'eau se rejoignent, aval du confluent de l'Avre qui part je jeter dans la Seine, lamer, l'océan, le Saint-Laurent, une idée de voyage quand je erre dans ma campagne à suivre tous les courts d'eau, faire le tour d'une île grande ou petite, avec mon vélo.
Avant de chevaucher ma bécane, j'écoute « Le tour de l'île » , l'hymne d'un coin, d'une nature, juste avant d'aller rencontrer le mien. Seul façon de faire du sport.



Je vous laisse, il est 9h, c'est jeudi, j'ai rendez-vous avec ma belle, je pars en chier pour elle.


« Le tour de l'île » Félix Leclerc 1975/ Louis-Jean Courmier 2014



Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...