jeudi 13 octobre 2016

Psychic Ills




On quitte le jaune vif pour un beige laiteux, psychédélique une fois de plus. Le soleil est voilé, la chaleur toujours là. La voix nonchalante colle à merveille au clavier anesthésié et la batterie étouffée. Ankylosé et faussement mou, cette sage radiation berce et injecte de doux ciels à peine bariolés.

« Inner Journey Out » est cohérent jusqu'au bout, t'en veux ??? régulier, fidèle aux effets promis. Il réconforte par la dilatation, pupille ou plafond, le rythme est un rock lancinant, c'est un nouveau petit bijou de chez Sacred Bones, des balades à travers des collines nacrées, crèmes à peine mordorées, des ondes Velvet mou avec Hope pour Nico, du Floyd 60's bluesy avachi, avec pour enfumer tout ça des idées pop des 90's.
C'est un mantra psyché folk un poil blues quand le coca ressemble à une noyade. Ce disque est très très bon à tel point que j'ai du mal à me souvenir des précédents, plus durs il me semble.. tout est flou comme cet opus de froide canicule 100% New York.

Psychic Ills 2016 « Inner Journey Out » label : sacred bones

mardi 11 octobre 2016

The Claypool Lennon Delirium




J'ai yeuté à travers le judas et j'ai vu la lune avec la tronche cyclope de Desireless, une grimace édentée, un maquillage de craie dégoulinant comme un tipex sur mes jaunes déboulonnés. Ses cils de limailles ont piqué mes paupières, la pertinence de Sean a rassuré mes assuétudes et la basse infernale de Les Claypool a révulsé mon œil.

 

Cette voix familière n'arrange en rien cette syncope musicale, ce rictus rétinien, un REM en transe jusqu'à la peau.
Sean a de qui tenir. Il connait bien le psyché barré maîtrisé... The Ghost of a Saber Tooth Tiger (rencontrant Primus en tournée et son bassiste Les)... Mystical Weapons... The Claypool Lennon Delirium, et pour preuve, toutes ses collaborations s'étendent en mots comme un diagnostique médicinal opiacé.
Delirium, cadmnium.. du jaune vif, des oufs.

 

La batterie est sèche, les guitares dégoulinent, tout à l'air extrêmement bien vissé chez eux, un trip fauve bien contrôlé. Et avec tout ce génie musical délirant, il est pas impossible que Captain Lariat soit le fils à peine caché du Sgt Pepper.. et devinez qui est en jaune sur la pochette ??
 
Ce disque est énorme, toxique et contagieux. Lennon/Claypool.

The Claypool Lennon Delirium 2016 "Monolith of Phobos" label : ATO

samedi 8 octobre 2016

Kevin Ayers 1969



Au creux des clous quelque part avenue du Maine, je suis tombé sur un écrou. Impossible de lui donner un age, un quelconque numéro de clé, molette ou pas. Il est à peine rouillé et ici, tel un scarabée d'entre deux lignes blanches parallèles, un boulon est tombé.

A quel moment s'est-il lourdement déposé là, le peu de rouille laisse un maigre indice sur la date de son naufrage. Il est beau en plus ce con d'écrou sans côte aucune, j'ai toujours été un piètre métreur en ferraille. Quelque chose de déboulonné se balade quelque part dans le creux du bassin parisien, peut être pas loin d'ici, ou déjà sur une artère bouchonnée, pour aller où ? Aucun véhicule en rade sur les créneaux de la gaité, aucune carcasse écrouée par la panne. Quel engin sans cette pièce ?
Plus personne ne jette des boulons, surtout de cette taille dont je n'ai pas la moindre idée de la côte. C'est surement un chargement perdant sa quincaillerie, un oubli de benne ou un échafaudage voisin au risque de pourfendre quelques crânes passants et de fragiliser l'escabeau lâchant un mousqueton.
 

Une hanche qui craque, un boulon en pétage de câble au beau milieu des clous ?

 
Quelque chose de déboulonné vadrouille quelque part, loin surement, un truc qui flotte peut-être déjà trop loin, une breloque qui branlicotte. Mais j'ai pas les côtes, ni la moindre idée du diamètre, je le vois bien gros cet écrou à peine oxydé.. un putain de camion surement.. un bus .. ah merde, la ligne 91 avec les vibrations des pavés pour une carlingue de la ratp c'est risqué. Mais les pavés ne sont plus là, ils sont nappés par le pétrole, enrobés sur panam.
 

Peut-être une scène de ménage, elle dévisse. Elle lui jette tout ce qu'elle trouve sous la paume, sa caisse à outils, parce que lui est une belle ordure, elle s'en doutait un peu. Il ne resterais que ça de la caisse jetée, ce gros boulon lourd que l'aspirateur municipale n'a pas pu aspirer ? Ou peut être c'est lui qui a jeté sa collection dépotbrico, parce que elle qu'il aime vient de se barrer, ou n'est déjà plus là.

Dur, la vie est une jungle, fait chier ce boulon, j'vais rater mes trains avec cet écrou sans côte. Je ne sais pas si je le pousse du pieds vers le caniveau ou si je le récupère pour l'exposer, ou le montrer à d'autres. Il est dodu et beau, mais qu'est ce que je vais en faire ? Il a surement dû rouler comme une petite boule en mode octogo pour venir faire le Beatles là d'entre les clous.
Merde, mes trains... eh c'est peut être un boulon ferroviaire flottant, expulsé par la crémaillère d'une loco au dessus de ces putains d'immeubles pas beaux que même une antenne magnétique de terrasse n'a pas réussie à choper.
 

Il faut vraiment que je dévisse mon casque avant de perdre le pas, il est encré là, à diffuser son son depuis que je tournoie autour du boulon, j'en pète un ou pas ? Peut être je devrais revenir demain matin pour voir si l'écrou a résisté au trafic, s'il subsiste ou si une roue bien vissée ne l'a pas envoyé bouler sur d'autres clous.


Je pense à lui, le beau boulon sans côte, comme une capucine figée dans les énergies fossiles. Dans mon casque, Kevin Ayers cherche un dédale pour se faufiler à travers les méandres de mes anxiétés. Il revient des Baléares, un retour à Londres avec plein de chansons juste pour lui, pour les mettre en boite au studio Abbey Road.. tout près des clous mythiques. Syd Barrett n'est pas loin, un singer-songwriter déboulonné, du folk dépouillé, désorganisé, avec un boulon en moins.
En partance du Wilde Flowers, lâchant le Soft Machine, d'une légère allure déboulonnée, « Joy of a Toy » défile en boucle dans mes oreilles, comme un truc qui tourne pas rond, et que c'est pour ça que c'est aussi bon, du moins là, maintenant, à enjamber pour la énième fois ce lourd écrou à peine rouillé, échoué sur une artère, comme un disque « Harvest » jaune et vert en plein milieu d'un promontoire bitumé.

Improbable crooner pop, invisible, poétique, psychédélique, bon et déboulonné.


Kevin Ayers 1969 « Joy of a Toy » label : harvest

jeudi 6 octobre 2016



Une fois n'est pas coutume, un petit billet technique pour vous parler de mon désarroi. Tous mes liens voisins ont disparu. Ce n'est pas un geste d'humeur de ma part, une volonté de faire le vide, du jour au lendemain les gadgets « ça se passe à côté » se sont volatilisés, chffuitt plus rien, seul au monde.

Impossible non plus, de les recréer un à un, le gadget « lien » et qq autres aussi me sont interdits, invisible après « enregistrement ». Alors que d'autres subsistent.

Voilà, j'ai beau être un mauvais élève en comm, je vois pas l'intérêt d'utiliser mes pages sans vous à mes côtés. Ya t-il un pro qqpart ?? moi je nage, un à qui c'est déjà arrivé ??
à très vite j'espère.



Charlu

samedi 1 octobre 2016

Lavilliers 79




Mes buis pètent le feu, loin d'être cuit à l'ombre des cèdres bleus qui peut être les protègent des regards jaloux, des parasites menaçant, des articles qui alarment. C'est joli un buis, j'y tiens beaucoup, et à peine je coiffe ses petites feuilles grasses vert-bouteille qui narguent les parcs et les haies taillées. Personne ne doit savoir que mes trois boules de buxus à l'ombre des cupres resplendissent. Même pas peur mes buis.
 

Feu! Chatterton, Jeanne Cherhal en bonus nous content le nanard 79. Son album à lui vient de réapparaitre rajeunit, le grand « Pouvoirs » avec des paroles comme à dire aujourd'hui. Et puis c'est Nanard, comme un buis beau qui résiste aux rumeurs, aux buzz et autres saloperies depuis quelques décennies.

« La peur c'est le chantage du pouvoir ».


Bernard Lavilliers 1979 « Pouvoirs » label : barclay

jeudi 29 septembre 2016

John Paul White




Une autre folk, une autre lumière, plus fraîche, plus automnale, impressionniste, celle qui baisse aux jours qui tombent.
C'est son deuxième album à lui, depuis sa séparation d'avec Joy Williams, sa compagne avec qui il formait le duo The Civil War.


Même sans elle, il a gardé la délicatesse, l'écriture bleu clair comme le ciel de la pochette, un ciel cobalt que l'automne va faire adorer, puis regretter jusqu'à le supplier pour qu'il ne ne disparaisse pas avec le mercure en berne.

Séparés comme le couple artistiquement proche Angus & Julia Stone, c'est avec des allures de Piers Faccini que John Paul White continue son chemin folk doux, même s'il s'encanaille un peu sur « Fight for you » ou se fait racoleur sur « Hope I die ». Mielleux, doux, langoureux, extrêmement lumineux comme Minor Majority, ou Spain, JPW va surement passer l'automne à nous ouater le moral.

John Paul White 2016 « Beulah » label : single lock


dimanche 25 septembre 2016

L . A Salami



Je me souviens très bien de Benjamin Clémentine déboulant de Londres avec son génie musical et quelques Ep dans la sacoche, ses chansons parfaites, son premier disque fulgurant.
Tel Clémentine, Salami débarque avec un album exquis son premier aussi, du folk pop bourré de plein de belles choses, une folie pure hyper contrôlée, un étourdissant manège boisé comme les débuts de Devendra Banhart, comme un songwriter touché par la grâce.
 

Pas interdit que cet objet musical d'une rare intelligence viennent bousculer au plus près des pôles positions tous les meilleurs albums de cette année qui part vers sa lumière la plus mélancolique.


L . A Salami 2016 « Dancing with bad grammar » label : sunday best / camouflage

The Jayhawk 1989

    D'emblée et de loin, " Rainy Day Music " est mon album préféré des Jayhawks. De deux, la Country est chouette quand elle ...