jeudi 18 février 2016

Tindersticks 2016



La pochette est sublime, je marche sur des sentiers balisés, qui pourrait m'en dévier ? On a beau ressasser les billets, dire les mêmes banalités d'autopubliés, y'a des nouveautés qui renversent, et des habitudes qui bouleversent sans cesse.
La basse tapée de « Were we once lovers? » a beau essayer de me disperser, les saxes de « Help yoursef » me romprent l'échine, Lucinda me ramener vers la matrice tout comme « Like only lovers can »... c'est sans appel, Tindersticks est un refuge définitif comme une addiction, comme il est impossible de se passer de l'hiver, juste parce qu'il est impossible d'envisager que le sol ne soit plus assoiffé juste après.
« How he entered ».. comme avant, comme tout les nouveaux printemps...... don't let me suffer....

Tindersticks est peut être le groupe qui quelques décennies plus tôt, aurait pu faire office de fer de lance discographique quand à l'époque je chérissais le Floyd ou les superclochards. Je les aimes eux et maintenant sans anicroches aucune, depuis 1995, et bien avant encore depuis. Classe inébranlable.


Tindersticks 2016 « The Waiting Room » label : cityslang






mardi 16 février 2016

Dom La Nena


 
 
Transition idéale avec Bigott, puisque cette fille là chante en Espagnol pour déposer sur nos émotions musicales des petits portraits intimes. Espagnol, mais pas que, un petit peu en français, mais surtout en portugais puisque Dominique Pinto est brésilienne. Trois langues à la manière de Lhasa, mais plus façon Mus pour la voix, ou LeMans en moins plombés, ces espagnol révolus du label acuarela discos d'antan. Elle est apatride et vit en France, c'est pour cela qu'elle s'acoquine au chant avec Birkin par exemple et surtout Piers Facini. Elle est violoncelliste et a vécu quelques années en Argentine, encore un point commun avec Lhasa, oui mais ses racines sont de Porta Alegre... bon, je sais pas si vous suivez, je m'y perds, en tout cas, on écoute Dom La Nena comme du printemps on s'impatiente, un petit coup d'air de « Soyo » dans le ciboulot et le soleil semble plus chaud, un petit coup d'air frais.


Dom La Nena 2015 « Soyo » label : sonoamerica

lundi 15 février 2016

Dylan Leblanc 2016




A nouveau une pochette pas terrible pour un disque superbe. J'ai déjà entendu ce Dylan, j'ai adhéré souvent, sans aucune résistance même, on va pas refaire le monde ici, juste imaginer l'abandon du corps, lâcher le squelette sous la voute pailletée juste pour quelques minutes, histoire de reprendre son souffle avant une nouvelle journée bien lourde.

C'est la recette idéale, tellement affamé de folk et affublé de fatigue que je me laisse prendre par la ballade de « Balance or Fall », ce baume lustrale, cette recherche de la chanson parfaite.

Dylan Leblanc 2016 « Cautionary Tale » label : single lock

vendredi 12 février 2016

Bigott




Cette vieille bigote me tient par les grelots tellement ça sonne comme il faut. La coïncidence fait que je découvre cet artiste et ce disque (via une compile Nova) en regardant pour la troisième fois « Inherent Vice », cette petite merveille qui lèche toutes mes oppressions depuis quelques jours, les acteurs, la décennie, la bande son (Jonny Greenwood), la photo, les références....

C'est pourtant le genre de pochette que j'peux pas blairer, le truc kitch qui faire fuir .. et l'album commence avec une balade mélodieuse comme on aime se jeter dans le vide pour voir si on peut voler, folk 'n' synthé en nappe. Puis le reste tient le palier en haut, juste parce que les guiboles ne suivent plus, que le mollet abdique, que le tapis herbeux racole. Putain le gros disque intrinsèque comme j'aime, un son et des mélodies qui abîment, ou plutôt qui font super mal tellement elles collent à une idée vicieuse du cerveau qui se fait la malle en mode savonnette.. en sachant petit rappel, que la guibole ne suit plus.

Le hipster ébouriffé de la Castille avec son titre éponyme va me faire tourner en bourrique. Lo-Fi sec avec du clavier, « Pavement Tree » vient de faire le plein de mon jerricane diesel.. Grandaddy espagnol en visite chez les Herman Dune.... et « Baby Lemonade » qui vient me bouffer la langue maltée avec le sol qui se dérobe...

Une belle surprise que cette découverte folk intemporelle qui date un peu.


Bigott 2014 « Pavement Tree » label : grabaciones en el mar



mercredi 10 février 2016

Aidan Baker 2015 suite





Le vent s'est paralysé, la flotte en trombe a saupoudré les axes empourprés. Il va falloir surprendre le muscle pour avancer. Aidan Baker est une palette infinie, des nuances de sons terriblement météorologiques. Ce « Stimmt » là aborde un post rock lourd et glacial luttant sous des averses élégiaques et gothiques. Le son planant fusionne avec l'acier qui vrombit.



 
Puis la colère du ciel s'effondre et laisse la lumière s'infiltrer pour des cellules en paix, le chant des éléments et le bruit du cytoplasme.

C'est pas les quatre saisons, ni les trois, c'est une trilogie climatique que je déguste cloitré sous mon crane, un triptyque qui me bouffe le cerveau comme une tempête multicolore. « Stimmt » est une pure merveille sonique, un hymne à la rudesse des grands froids, coincée entre deux accalmies planantes qui le tiennent en cage, « Half lives » et « Elements ».


Aidan Baker 2015 « Stimmt » « Elements » label : arcolepsy

lundi 8 février 2016

Aidan Baker 2015



J'essuie des kilomètres de déluges le front collé à ma vitre embuée. Le paysage est immobile et la bourrasque cingle, à la même vitesse que la discographie d'Aidan Baker, mon regard figé sur cette marée de gris aspergé.
Guidé par la pochette d'un temps de chien, j'écoute subjugué un des nombreux tableaux sonores du musicien canadien, sans la moindre envie de voir poindre un rayon de soleil.

Aidan Baker 2015 « Half lives » label : gizeh
 

 
 

mardi 2 février 2016

Bonnie 'Prince' Billy 2016




Tout est déposé sur une lumineuse capture, dépouillée, intime, terreuse, Will Oldham souffle à nos platines d'hiver quelques moments de ses Peel Sessions d'alors. Et l'on récolte dans ce terreau fertile la tige de dodus bulbes resurgissant du sol d'un hiver tiède.

Il fait gris, il flotte dégueulasse, c'est une journée merdeuse à attendre une énergie d'un autre ciel, un feeling plombé idéal pour déguster les escapades intemporelles de Bonnie 'Prince' Billy.
Maintes fois chez Peel, avec ou sans le guitariste d'Arbouretum David Heumann, le bucheron chaume des herbes grasses de Louisville nous offre un paysage paradisiaque, un bail pour moi que je n'avais pas pris autant de frissons avec BPB.
 
Une fidélité artistique, comme la pochette, un horizon pas à niveau, un espoir de lumière qui va se couvrir, la chape mélancolique d'un artiste irrémédiablement indispensable.
 
 

Bonnie 'Prince' Billy 2016 « Pond Scum » label : drag city

Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...