dimanche 13 décembre 2015

Food 2015



 
Dans la continuité de mes phares troublés quand la brume s'est levée et que la voute se dévoile, je découvre la profondeur des bleus outre-ciels et la laiteuse présence des nuages insomniaques qui glissent sur les fils, comme les notes ouatées sur la portée d'un jazz libéré.

 
Il s'agit de mettre son cerveau à épreuve et de trouver sur ce son l'image. Devant en poupe et ses idées folles. Moi sur Food, je verrais bien de l'ocre en plus, la touche chaude pour raviver ce qu'on pense de froid, sans qu'il le soit. J'imagine la musique que l'on écoute à l'instant présent, discrètement éclaboussée d'un soleil qui s'invite à travers une fenêtre, comme un accident, ou un cadeau.

 
Il y a Christian Fennesz pour la maitrise ambiante du duo Anglo-norvégien, et au rayon quincaillerie, des artistes fabriquent des couleurs.

Le label c'est ECM, le groupe Food, la toile que je vois par dessus cette évasion, comme une nouvelle coïncidence rêvée est Mylénoise, et ça c'est pas un miracle, enfin presque... douceur et puissance, la fragilité des monts solaires. De la nourriture.


Food 2015 « This is not a miracle » label : ECM


samedi 12 décembre 2015

Esmerine 2015



 
J'ai fait un rêve, je longeais une départementale sans fin, un brouillard inattendu, quelques courbes moelleuses, des mottes en siennes de relief sous mes phares troublés, des touffes tendues vert-pissenlit comme des hérissons de chlorophylle. Le pétrole de mes pneumatiques léchait celui de la route oblique. Rien de visible à portée d'ampoule.
Tout coïncide, l'espace deviné, l'infini imaginé, le brouillard chaleureux, les phares pour seuls guides, comme un chasse-brume pour aller nulle part, juste là où l'on a envie d'aller. J'ai dû longer cette vaste campagne invisible pendant des heures entières, sur une vitesse engourdie pour m'être grisé ainsi au son de « Lost Voices ».

 
Un jour j'irai là bas, comme dans mon crane quand le Xylo et les cordes d'Esmerine frappent et dansent.. mon groupe fétiche des québécois constellés. Plus post-rock, plus Godspeed, toujours ambiant, néo-classique, la même beauté des grands espaces d'hiver, en boucle sur ma route qui n'en finit plus de s 'étendre.

 
Gris de piste étroite découpant les mers de terre labourées.. je fuse à la vitesse d'un perdreaux perdu survivant des cartouches, sur ce chemin sans fin qui n'en finit pas. L'occasion pour moi, d'écouter le nouvel opus d'Esmerine, la bande son fantastique d'un rêve aveugle qui me transporte, une vaste purée de routes hypnotisantes, avancer doucement sans savoir où l'on va.

Esmerine 2015 « Lost Voices » label : constellation

mercredi 9 décembre 2015

Hubert Felix Thiefaine 86



 
 
Au pied de la jambe du rainbow à bouffer du cresson bleu, je dévore tout ce qui se boit et me désaltère à la lumière qui me transperce, comme la jade en jatte à effleurer le fond pour y trouver la fraîcheur noire, l'œil mordorée des freux.
A fuir les affreux, estropié sous les flammes de la basse voûte, je demande aux corbeaux une aile tendue, celle d'un l'albatros cuivré d'une affaire infernale pour me tenir la jambe.

L'inespoir c'est pas l'inespéré.. c'est la lucidité, celle de nos défroques..."Horreur Harrar Arthur"


HUBERT FELIX THIEFAINE 1986 « Météo für nada » label : sony

 
 

lundi 7 décembre 2015

Daniel Norgren 2015



C'est pourtant son sixième album, je découvre un compatriote d'Anna Ternheim, Daniel Norgren, avec cet opus 2015, sa voix, ses mélodies et la pochette qui m'a, de prime abord, dirigée vers lui.
 
 


C'est un paysage bucolique, folk et romantique qui dessine devant nous, une chaleur acoustique du nord, une émotion repliée avec une pointe d'orgue discret, « The Green Stone » comme une belle virée à travers du lin laiteux, un automne tiède, un coton crémeux. Absolument délicieux.





Daniel Nordgren 2015 " The Green Stone"   label : superpuma





samedi 5 décembre 2015

George Thorogood & the Destroyers



La hanche gominée, la gratte lubrifiée, la Josephine chevauchée, les musicos habités, la rate aux aguets...
Le rétroviseur est un sable mouvant, un miroir sans fond, un truc qui n'en finit plus, bourbon, court-bouillon, scotch, bière..what else.
 

On est avalé dans ce son paradisiaque à peine nettoyé, juste histoire d'écouter défoncé par le plaisir du jeu ces morceaux qui piquent, épiques qui collent aux grammes du what else.
Histoire de ralentir la chute à travers cette tendance à bouffer du roots d'alors, la grignote des cellules revivifiables, des poussières qui fécondent.. et une nouveauté de plus.. le George Thorogood arrache.... comme avant, mais c'était où ?? 2015 ou 1977 ?? c'est kikife, c'est là pour toujours, c'est juste une question de viscère, d'abat, de vice et versa, de rabat-joie, de jouissance, de gratte folle, c'est là, puis derrière, juste avant nous, puisque nous sommes légèrement en retard sur notre descendance blues rock, et complètement en avance sur nos tontons bikers.

 
Et bien bien puisque notre calendrier musicale se déguise, je prends sans les dates, le dérèglement climatique, ..solstice, équinoxe.. ?? pourvu que ça jute.. Je crois bien que c'est 1977... ou alors 2015.
Bon, un peu paumé dans les couloirs du temps, voici le début d'une grosse carrière à venir, une vingtaine d'albums à suivre, George Thorogood et ses Destroyers.

George Thorogood & the destroyers 1977/2015
« George Thorogood & the Delaware Destroyers » label : rounder

jeudi 3 décembre 2015

Anderson East



 
L' effet « ..merals » m'a propulsé direct vers ce blanc bec soul rock de l'Alabama comme pil poil dans les règles de l'art retro du genre.
Cette fois-ci la pochette est raccord et les cuivres pas moins voluptueux.
Ça merdeuse impec, la hanche huilée, le poil gominé, les musicos costarisés..la musique, une fois de plus intemporalisée.

 
Il faut des enceintes bien roulées et des envies de mieux avant, même si c'est pas dégueux, là tout de suite, ce que j'entends. Rythm'n'blues d'Athens, des allures de Nashville, sa nouvelle demeure, une nouveauté rock, d'ici ailleurs, mais quand ?

Anderson East 2015 « Delilah » label : elektra

mardi 1 décembre 2015

Ephemerals



 
Posé sur le trait du fond, flambent quelques lueurs chaudes pour quelques secondes encore. Y'a du charbon sous l'horizon, un foyer céleste qui ravive toute chose. Et pourtant, le cormoran sur du gris avance et glisse, Ephemerals est un tableau pour l'œil trompé.

Une erreur de classement ? une boulette de promontoire ? J'ai tout de suite pensé devant la pochette, à un album ambiant, drone, néoclassique, room40, Touch ou 12K... et puis voilà la soul blues qui jaillit et tâche, de la roublarde, plombée, avec des cuivres à plein poumon, du big band qui godille comme un requin dans les eaux froides.
Rares sont les albums du genre avec une telle pochette, c'est pourtant sous cette envolée de Goémons cendrés que pulse cette soul torride et grave..
 
Ephemerals, de la soul made in London.


Ephemerals 2015 « Chasin ghost » label : jalapeno records

Syd Matters 2026

  Je me souviens de tout. Du choc et de l'embarquement .. Whisper and Sigh . Un tel truc par chez nous !! Aussi de mon éloignement lége...