vendredi 13 novembre 2015

Alexandre Delano



 
On reste sur les terres d'Auvergne avec ce premier album provenant lui aussi du Kütü folk.
Alexandre et son orchestre c'est un peu la version chanson des Delano Orchestra. Un album magnifique de belle écriture, un folk vaporeux avec cordes et cuivre.
La voix d'Alexandre semble perçu à travers les eaux, à la manière d'Amor Belhom duo.
Le Delano Orchestra fait parler de lui depuis quelques temps, après Jean-Louis, Alexandre en escapade, avec « Eau » un album de pop aérienne, moderne et acoustique.


Alexandre Delano 2015 « Eau » label : vicious circle

mercredi 11 novembre 2015

PAIN-NOIR



 
Puisque nous sommes à écouter les talents de par ici, je viens juste, après l'envergure des Chatterton, de tomber sur l'intimité d'un clermontois.
Pain-Noir est une belle poésie, des mots, de délicates chansons à séduire n'importe quelle bougonnerie. Il est fort à parier qu'il ne verra miette de son pain blanc qui devrait cuir de nos horizons graminées. Les artistes à la géométrie hexagonale semblent être condamnés à rester une espèce endémique. La perméabilité n'a de tolérance que pour des M.Farmer, C.Aznavour... eh bien pour la peine, je me le garde pour moi, comme si j'étais le seul à l'écouter, gardons donc précieusement cette belle couleur délicate, cet instant rare.

 
Cet album est une proximité folle, chaque chanson est illustrée à l'intérieur par une photo ancienne en noir et blanc, comme un témoignage personnel, la tendresse d'un pétrin talqué, le croquant d'un pavé de froment, celui qui pousse de l'autre côté de ce petit jardin tendre et privé. C'est un air de petit village reculé beau à s'y accrocher définitivement, ce bourg attachant que tout le monde déserte. C'est la bande son d'une vie qui va lentement qui se déguste.
 

Je foule des arpents de limon évidés et shoote dans les silex des lopins qui me narguent et me disent qu'on ne vivra pas vieux, même si nos corps sont amoureux. Le seul moment heureux, c'est cet instant là.

Pain-Noir, c'est François-Régis Croisier, il vient de St Augustine et du label formidable Kütü folk. Le groupe n'est plus, lui a tout écrit, tout composé et presque tout joué sur cet album confidentiel. J'ai beaucoup aimé leur deux albums, je suis complètement sous le charme de celui là.. « PAIN-NOIR ».

PAIN-NOIR 2015 « Pain-Noir » label : tomboy lab / sony




Mille mercis Echiré pour ce beau cadeau.

samedi 7 novembre 2015

Feu! Chatterton



 
L'escampette plein les naseaux, la vue poudrée par des esprits, par l'idée de vouloir ne plus rien faire un jour et se laisser prendre naturellement par la liberté qui fut.
A l'écoute de Feu! Chatterton, je me replonge une fois de plus dans l'esprit Saravah et les électrons culturels de cette fabuleuse vague de liberté. Il faut vous dire dès maintenant, qu'à la vue dithyrambique des annonces des mois avant la sortie de cet album, je m'attendais à une daube genre La Femme ou Aline.. il aura fallu une fois de plus que je me bouscule pour passer outre la presse qui nous emmerde.

 
Feu! Chatterton, c'est une façon d'interprétation comme jadis, un véritable univers fulgurant comme on l'a déjà fait, comme on pourra encore le faire. Ces cinq là le font, et je suis trop accroc à la chanson d'alors pour rater cet opus là. Christophe, Léveillée, Tue-Loup, Barbara (tanguer le navire), Vassiliu, Thiéfaine, Nougaro (droite gauche..), Beart, Dyonisos, Ferré, Tachan, Noir Désir, Dominique A (Porte Z), Higelin, Tanger.. un véritable univers dans lequel j'entends tout ça, une teinte sépia moderne, je suis abasourdi. J'aime énormément.
Un studio en Suède avec du vieux matériel de collection, un son d'époque, d'aujourd'hui, des seventies.. c'est solennelle, fou, désuet, ultra moderne, poétique, d'actualité, une qualité surréaliste, un geste rock'n'roll, une cohérence absolue malgré quelques morceaux existant déjà sur le Ep précédent (tout comme Benjamin Clémentine)....

 
La foule alliée se fout des fous à lier, j'y pense, j'avale, cet album m'obsède comme on tombe amoureux d'une coloquinte en collocation. Chamboulé, étourdi, sur le cul je suis. « Côte Concorde ».. comment c'est possible une telle beauté!!! je danse et tourne à pleurer.

 
Faut qu'ils arrêtent les média de causer de belles choses comme celle là, on va finir par les louper avec leurs conneries récurrentes.
Je vais me siffler un côte d'azur, un vieux vin nouveau à 14,5%, un cru tout frais avec tout dedans, la terre éventrée, l'eau par les pieds, le soleil par cordes, un véritable jus fécond qui fait du bien tout au fond. Rap en post rock, chansons sublimes, le temps se dilate. Quel plaisir, quelle rassurante excitation ce Feu! Chatterton.

Feu! Chatterton 2015 « Ici le jour (a tout enseveli) » label : barclay
http://www.solidays.org/programmation/samedi/?gclid=CK-X0PKM_sgCFQblwgodgGINBg#feu-chatterton



jeudi 5 novembre 2015

City And Colour



Tiens, un petit coup de cœur !! quoi de plus que les autres bons disques qui fréquentent moins la platine ??
Un son, un tempo, une voix, une pop qui roule sa bosse tranquille et racole facile, des bribes de blues, des allures paumées qui assurent, une évidence qui erre sur les terrains vagues, un feeling.
 

« If I should go before you » renvoie à pas mal de références, plein d'autres musiques avec une belle façon à lui de faire rouler l'affaire, à faire bouffer du bitume.
« Killing time » un sommet,
« Nothern blues » a bourlinguer sans fin sur des routes sans courbes,
« Woman » comme un post rock de 10 min qui entame bizarrement l'album,
"Blood " une pause contemplative avec l'horizon océanique pas loin....
 
Ah oui, City and Colour, c'est Dallas Green, une ville, une couleur, un artiste américain, jadis c'est dans un groupe de hardcore qu'il chantait. Depuis 2005, 7 albums sous le nom de City And Colour.
 
 
Une allure magnifique entoure chaque pièce et laisse danser mollement vers cette démarche musicale pop percutée d'une addiction, et un coup de cœur, c'est surement un opus qui passe et pousse en boucle sans trop cerné ce que ce disque là, a de plus que les autres.

City and Colour 2015 « If I Should Go Before You » label : dine alone

lundi 2 novembre 2015

Tess Parks and Anton Newcombe



 
Tout comme Mark Lanegarn est venu embrumer la pureté d'Isobel Campbell, Anton Newcombe a pris Tess Parks sous son ailes comme pour encrasser des effluves d'une Hope Sandoval sous ectasy.
Comme Belle and Sebastian sous la chaleur de Washington d'un Queen of Stone Ages, Tess Parks est venue se brûler aux radiations psychédéliques de Brian Jonestown Massacre.
 

C'est à Berlin que la canadienne et l'américain se sont retrouvés pour un album irradié, obsédant et ensoleillé par un astre titane.
« I declare nothing », comme Adama Green & Binki Shapiro, Alison Mosshart & Jamie Hince entre autre, est un couple qui envoie, un séduisant mélange, une collaboration qui assure, un album blanc habité.

Tess Parks & Anton Newcombe 2015 « I Declare Nothing » label : Cargo records

dimanche 1 novembre 2015

William Sheller 2015




C'est un dimanche humecté, plaqué par un soleil baratineur, comme un jaune cadmium flambant bravant la brume, des feuilles carotènes éclaboussant l'automne.
La chaleur est indécente, ma campagne prend des allures tropicales et la vitre embuée laisse entrevoir le gris qui s'impatiente, quelques silhouettes se dessinent, des haleines d'âmes s'y installent, un autre monde.
 

C'est un matin éblouissant, un après midi torride d'un novembre trompe l'œil, j'écoute le nouveau Sheller et son quatuor. « Stylus » pour dessiner sur nos carreaux embués la chaleur de nos tantôts que la fraîcheur des nuits délave.
 
C'est un instant heureux cendre et or.
 
Sheller haute fidélité.


William Sheller 2015 « Stylus » label : mercury

Jacques Higelin 1998

  Oh la belle vie sous la pente quand gamin je suis monté sous les toits pour dormir avec devant moi les grandes plaines qui s'offraie...