samedi 7 novembre 2015

Feu! Chatterton



 
L'escampette plein les naseaux, la vue poudrée par des esprits, par l'idée de vouloir ne plus rien faire un jour et se laisser prendre naturellement par la liberté qui fut.
A l'écoute de Feu! Chatterton, je me replonge une fois de plus dans l'esprit Saravah et les électrons culturels de cette fabuleuse vague de liberté. Il faut vous dire dès maintenant, qu'à la vue dithyrambique des annonces des mois avant la sortie de cet album, je m'attendais à une daube genre La Femme ou Aline.. il aura fallu une fois de plus que je me bouscule pour passer outre la presse qui nous emmerde.

 
Feu! Chatterton, c'est une façon d'interprétation comme jadis, un véritable univers fulgurant comme on l'a déjà fait, comme on pourra encore le faire. Ces cinq là le font, et je suis trop accroc à la chanson d'alors pour rater cet opus là. Christophe, Léveillée, Tue-Loup, Barbara (tanguer le navire), Vassiliu, Thiéfaine, Nougaro (droite gauche..), Beart, Dyonisos, Ferré, Tachan, Noir Désir, Dominique A (Porte Z), Higelin, Tanger.. un véritable univers dans lequel j'entends tout ça, une teinte sépia moderne, je suis abasourdi. J'aime énormément.
Un studio en Suède avec du vieux matériel de collection, un son d'époque, d'aujourd'hui, des seventies.. c'est solennelle, fou, désuet, ultra moderne, poétique, d'actualité, une qualité surréaliste, un geste rock'n'roll, une cohérence absolue malgré quelques morceaux existant déjà sur le Ep précédent (tout comme Benjamin Clémentine)....

 
La foule alliée se fout des fous à lier, j'y pense, j'avale, cet album m'obsède comme on tombe amoureux d'une coloquinte en collocation. Chamboulé, étourdi, sur le cul je suis. « Côte Concorde ».. comment c'est possible une telle beauté!!! je danse et tourne à pleurer.

 
Faut qu'ils arrêtent les média de causer de belles choses comme celle là, on va finir par les louper avec leurs conneries récurrentes.
Je vais me siffler un côte d'azur, un vieux vin nouveau à 14,5%, un cru tout frais avec tout dedans, la terre éventrée, l'eau par les pieds, le soleil par cordes, un véritable jus fécond qui fait du bien tout au fond. Rap en post rock, chansons sublimes, le temps se dilate. Quel plaisir, quelle rassurante excitation ce Feu! Chatterton.

Feu! Chatterton 2015 « Ici le jour (a tout enseveli) » label : barclay
http://www.solidays.org/programmation/samedi/?gclid=CK-X0PKM_sgCFQblwgodgGINBg#feu-chatterton



jeudi 5 novembre 2015

City And Colour



Tiens, un petit coup de cœur !! quoi de plus que les autres bons disques qui fréquentent moins la platine ??
Un son, un tempo, une voix, une pop qui roule sa bosse tranquille et racole facile, des bribes de blues, des allures paumées qui assurent, une évidence qui erre sur les terrains vagues, un feeling.
 

« If I should go before you » renvoie à pas mal de références, plein d'autres musiques avec une belle façon à lui de faire rouler l'affaire, à faire bouffer du bitume.
« Killing time » un sommet,
« Nothern blues » a bourlinguer sans fin sur des routes sans courbes,
« Woman » comme un post rock de 10 min qui entame bizarrement l'album,
"Blood " une pause contemplative avec l'horizon océanique pas loin....
 
Ah oui, City and Colour, c'est Dallas Green, une ville, une couleur, un artiste américain, jadis c'est dans un groupe de hardcore qu'il chantait. Depuis 2005, 7 albums sous le nom de City And Colour.
 
 
Une allure magnifique entoure chaque pièce et laisse danser mollement vers cette démarche musicale pop percutée d'une addiction, et un coup de cœur, c'est surement un opus qui passe et pousse en boucle sans trop cerné ce que ce disque là, a de plus que les autres.

City and Colour 2015 « If I Should Go Before You » label : dine alone

lundi 2 novembre 2015

Tess Parks and Anton Newcombe



 
Tout comme Mark Lanegarn est venu embrumer la pureté d'Isobel Campbell, Anton Newcombe a pris Tess Parks sous son ailes comme pour encrasser des effluves d'une Hope Sandoval sous ectasy.
Comme Belle and Sebastian sous la chaleur de Washington d'un Queen of Stone Ages, Tess Parks est venue se brûler aux radiations psychédéliques de Brian Jonestown Massacre.
 

C'est à Berlin que la canadienne et l'américain se sont retrouvés pour un album irradié, obsédant et ensoleillé par un astre titane.
« I declare nothing », comme Adama Green & Binki Shapiro, Alison Mosshart & Jamie Hince entre autre, est un couple qui envoie, un séduisant mélange, une collaboration qui assure, un album blanc habité.

Tess Parks & Anton Newcombe 2015 « I Declare Nothing » label : Cargo records

dimanche 1 novembre 2015

William Sheller 2015




C'est un dimanche humecté, plaqué par un soleil baratineur, comme un jaune cadmium flambant bravant la brume, des feuilles carotènes éclaboussant l'automne.
La chaleur est indécente, ma campagne prend des allures tropicales et la vitre embuée laisse entrevoir le gris qui s'impatiente, quelques silhouettes se dessinent, des haleines d'âmes s'y installent, un autre monde.
 

C'est un matin éblouissant, un après midi torride d'un novembre trompe l'œil, j'écoute le nouveau Sheller et son quatuor. « Stylus » pour dessiner sur nos carreaux embués la chaleur de nos tantôts que la fraîcheur des nuits délave.
 
C'est un instant heureux cendre et or.
 
Sheller haute fidélité.


William Sheller 2015 « Stylus » label : mercury

mardi 27 octobre 2015

C Duncan / Sweet Baboo



 


Deux petites nouveautés pop attirantes se promènent sur les terres britanniques.

 
Vers les contrées écossaises, C Duncan souffle des ballades sonores paisibles et intemporelles. Cette pop huis clos synthétique et chafouine, proche de ses compatriotes The Beta Band, éclaire l'horizon d'une lueur rêveuse et psychédélique.

 
Plus loin, sur les collines galloises, Sweet Baboo répand sa fragilité poétique folk proche de ses compatriotes Gorky's Zygotic Mynci. C'est intime, mélancolique une pop de chambre à la clarté automnale.


Sweet Baboo 2015 « The Boombox Ballads » label : moshi moshi
C Duncan 2015 « Architect » label : fat-cat


dimanche 25 octobre 2015

Rayland Baxter



Il faut voir le CV musical des méandres du Tennessee, comme celui du Mississipi, tout ce qui lèche les lits de ces gigantesques serpents fleurit merveilleusement depuis des décennies.
C'est à Nashville qu'a bourgeonné à nouveau un enfant du cru avec un album drainé du jus du coin, des couleurs traditionnelles et des allures modernes qui peuvent renvoyer à  Findlay Brown.
Rayland Baxter est une discrète passation, « Imaginary Man » un très bel album rural, de la jeune country, avec un bon son et des compositions imparables.


Rayland Baxter 2015 « Imaginary man » label : ATO

jeudi 22 octobre 2015

Deep Purple 96



Pas facile d'attaquer de front la montagne pourpre, de passer outre les chemins balisés, la garance des flèches, et risquer de tout perdre, de rester accroché à la falaise au dessus du vide comme un con andrinople, ou en dessous du néant comme vers l'auberge bleue violacée, du ciel aubergine.
Ne pas paniquer et se dire que si ça tient, on va se prendre une bonne prise pierreuse, un caillou inébranlable pour aller là haut, au sommet, sur la cime hasardeuse de sang bleu des dômes hardeux.
 

 
Le Zorno m'a plaqué sur le flan avec ces vieux opus profonds du Deep que j'ai tendance à oublier, comme le particulier « The house of blue light », ou encore « Rapture of the deep » .. et une fois à gravir la chaine des monts empourprés, j'arrive toujours sur le palier magnifique violet des avancées perpendiculaires, mon album préféré, les 70's hors jeu.

« Purpendicular » terrible, du début à la fin.

Deep Purple 1996 « Purpendicular » label : BMG


 

Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...