mercredi 16 janvier 2013

The Alvaret Ensemble



 
Théorème de Pythagore, interjection et collision d'ensembles, deux droites parallèles coupent une rosace à compas.. et la rose des sables se déchire sur les points cardinaux. Thalès cathédrale et lemme en corollaire flasque, les additions se multiplient. Tout construire sur des règles.
 
La tour Saint Jacques à Paris exhibe ses cotes sur des principes impairs. Aucun angle droit, aucune mesure paire, rien n'est d'équerre. Ce monument aux niveaux gauches est unique au monde (comme ma tour à moi). Même les marches en colimaçon se moque du rapporteur. Comment créer un mythe, défier les lois cartésiennes ?
Greg Haines, Jan et Romke Kleefstra (proche de Machinefabriek), Sytze Pruiksma, Nils Frahm, Sytze Pruiksma, Peter Broderick... sont tous des éléments chimiques purs, des faiseurs d'ambiances à ériger des tours transperçant l'horizon. La jonction de ces humbles paysagistes est un séminaire artistique improbable. Un fantasme, une toile à atteindre.
Et pourtant l'auberge Denovali a convoqué cette nouvelle génération expérimentale, défiant toutes les lois mathématiques, contournant tous les théorèmes. Cette intersection là est un phénomène biologique où tous les éléments ne font qu'un.
Food défiait déjà les grands cerveaux, The Alvaret Ensemble propose une nouvelle désobéissance, une autre interjection lumineuse en superposant le piano, le violon, les percussions, des effets, le cuivre (d'une extrème finesse) et des textes psalmodiés, comme sur Winter Family. Rien ici n'est mathématique, prévisible, la première expérience collective de The alvaret ensemble est un paysage impressionniste sans explication possible, un instant unique gravé, diffusé très très loin d'ici..personne n'en parle.. peut être est ce une menace blanche fantomatique .. peut être je l'ai rêvé.
 
 



The Alvaret Ensemble 2012 « the alvaret ensemble » label : denovali
http://greghaines.wordpress.com/2012/03/12/alvaret/
http://romkekleefstra.blogspot.fr/
https://soundcloud.com/#denovali/the-alvaret-ensemble-eac
http://www.denovali.com/thealvaretensemble/









lundi 14 janvier 2013

Sissoko - Budd



La musique est proche de moi, chaque instant, elle me longe, immuable. Jamais elle ne me lâche, collée, agglutinée, telle une sauvageonne qui m'accapare à perte de vue. Une amante. C'est un casque, un air, une mélodie ou un souvenir, une touche ambiante, un son, une parole, une langue et un souffle à l'oreille, c'est une chose virtuelle qui me flatte l'âme. Il m'arrive même d 'écouter onduler le silence. Je marche toujours avec elle accrochée à mon bras, intenable et indécente. Les êtres fantômes qui m'entoure en bipèdes zombies, sont misérables.
Elle me dépose à un endroit précis, cerné de muse et de spleen, je deviens égoïste et ne suis plus moi, je suis à ce point exact avec l'émotion précise impressionniste.
Je ne suis pas musicien, je ne la tiens pas entre mes doigts telle que je la conçois. Elle m'injecte uniquement. Un jour je prendrais les armes ? j'aiguiserai les accrods mineurs.
De n'importe quelle humeur elle est là, petit chant tribal en vaste symphonie, sous d'autres habits, une autre coiffure. C'est la même, c'est la mienne. Elle se déguise. Solennelle ou légère, brasier ou tendre baiser sur le nez, je veux errer sur les chemins et qu'elle sache que je suis pénétré à ma façon. Il m'arrive même d'être jaloux, peur qu'elle ne s'échappe de mon casque, que je l'écoute un autre jour avec la magie abîmée.

 



Je découvre deux chefs-d'œuvres bouleversants en même temps, l'un sable chaud, l'autre vallées enneigées, déboussolé, paumé, chaud et froid. Deux traditions, deux façons différentes de faire chanter les cordes.. violon, kora... sud ou nord... rien n'y fait, la musique est une histoire d'amour. Ces deux disques là sont la même chose, juste mon cerveau est géostationnaire.
Je reste sans voix auprès de ces deux disques qui ne déclenchent chez moi, que des émotions.



Harold Budd 2012 « Bandit of stature » label : darla
http://haroldbudd.com/
Ballaké Sissoko 2012 « At peace » label : no format
http://www.noformat.net/album-sissoko-at-peace-32.html






samedi 12 janvier 2013

Lau nau


Laura Naukkarinen est une virtuose celte voguant près des côtes de ses terres natales la Finlande. Son récent refuge chez Fonal est une bénédiction artistique entourée par les eaux, sur lesquelles viennent flotter des cordes claires. Cette fille est folle, libre et sa langue un véritable chant d'agace-pissette. Si les vikings ont navigué autour de sa presqu'île, elle en est la luciole guidant les naufragés. Jamais elle n'a été aussi pure, aussi biologique, même si « Kuoleman tappajan kuolema » va flirter avec ses glissements modernes syncopés, sa houle devient gonflée dans la plus écumeuse des séductions. De petits délires vocaux font de ce disque bleu un mini opéra celte de sirène des bois.
La tempête est toujours ponctuelle et Lau Nau revient à la douceur de son littoral, de ses fjords d'où l'on contemple la mer d'huile qui berce chaque coque.
Lau Nau est une petite fée indomptable, un ange des littorales glacials. Chaque note acoustique est un feu follet volcanique qui nous pique la peau, un folk scandinave à grand coup de cymbales et d'arpèges chaleureux. Le dernier morceau est un aveu, elle ne connait pas la vérité des âmes, elle s'évapore dans une nébuleuse d'anticorps qui nous immunise à vie. Un instant magique, avec toujours ce design cartonné à bague de Fonal.



Lau Nau 2012 "Valokiukkanen" label : fonal
http://www.launau.com/lau_nau.html
http://www.fonal.com/pressmaterial_launau.php
https://soundcloud.com/#launau
https://soundcloud.com/#fonal/sets/lau-nau-valohiukkanen





jeudi 10 janvier 2013

Townes Van Zandt 69


Il est beaucoup plus facile pour moi de mettre sur laplatine un album de Townes Van Zandt qu'un Dylan par exemple. Du moins à n'importe quel moment de la journée. Il est le gars qui balaye ce qui me freine chez Dylan, et l'emporte vers la country carrée de Johnny Cash.
C'est pas clair ? Bon, en gros Townes Van Zandt incarne à lui seul ce que j'aime chez Dylan et Cash, une country songwritée, avec comme mot d'ordre les balades tranquilles, le pondéré.
Mickey Newbury le découvre dans un bar, c'est le début d'une discographie merveilleuse de trente ans. La cuvée éponyme de 1969 est celui que j'écoute le plus, une homogénéité, des chansons imparables, un disque parfait... et puis « Fare thee well, Miss Carousel » fait mouche, entre autre.
Il est précieux d'avoir quelques opus de ce troubadour américain pour se laver le cerveau. Un Nick Drake outre-atlantique.



Townes Van Zandt 1969 « Townes Van Zandt » label : domino 2009.
https://townesvanzandt.com/








En bonus la reprise de Nacho Vegas que je vous ai présenté il y a qq semaines.

mercredi 9 janvier 2013

Colleen


J'ai l'attache parisienne et la confidence champêtre, tout près de la queue de vache. L'intimité est telle qu'on dirait un souffle murmuré à l'oreille. Isolement, tout faire soi-même, vivre à l'écart, une liberté vertigineuse. Je suis allongé et j'écoute, il me semble tout savoir au fond, mais entendre les notes répétitives me soigne. Impossible de bouger.
La radio néerlandaise s'est emparée de cette audace artistique. Jorane, Hildur, c'est la violoniste Colleen qui retient tout mon souffle cette fois-ci. Des trois cordes graves, la française s'octroie la liberté de jouer un instrument différent pour chaque morceau. Un talent d'envergure.
500 copies, une douceur hypnotique, une pochette vultueuse de dentelle jaune vieillie sur un flan de belette. Mort aux vaches, un mythe, un label de disques précieux. Colleen, pas un disque depuis 2007. Juste avant il y a cet instant de grâce, à l'attache parisienne au beau milieu du quartier chinois « The thumb piano song ».


Colleen 2006 « Mort aux vaches » label : staalplaat
www.staalplaat.com
http://colleenplays.org/






mardi 8 janvier 2013

RNDM



Pour commencer l'année peinard, sans trop se casser la tète, un disque instinctif qui paye pas d'mine vient colorer les bacs.
Il y a deux ans, Joseph Arthur s'est amusé auprès de Ben Harper et Dhani Harrisson pour offrir, sous le nom de groupe Fistful of Mercy, un album de pop aux mélodies séduisantes. Joseph change d'équipe, réinvente un trio avec RNDM. A sa droite le Pearl Jam Jeff Ament, à gauche Richard Stuverud. Un connu, l'autre moins, comme les Fistful.
On en prend d'autres et on recommence. Sauf que là, c'est du rock, c'est pas Harper, c'est Ament, la basse est un poil plus sexe, la prise directe et la gratte bonne. Cette nouvelle collaboration flirte avec un bon U2, un Dinosaur Jr soft, du Gun'n'roses, du Pearl Jam..... on a déjà entendu ça, sauf qu'il y a la voix de Joseph Arthur. Puis quelques mélodies de son cru: « Hollow girl » ou « New tracks».
Guitare basse batterie live, un peu plus d'urgence « Throw you to the pack », pas déplaisant du tout. Y'a même des ondes Stones/Boss/Dylan avec le final « Cherries in the snow »

Une récréation rock.

RNDM « Acts » label : monkey wrench
http://rndmband.com/




lundi 7 janvier 2013

Elton John 70


Rendre la monnaie sur ce moment de tendresse. Payer cash en retour. La douceur est un deal dont on ne sort jamais vainqueur, une impasse. Cul de sac. Je gravis librement et chute lourdement. Je rêve de promenades solitaires à flaner, mais je croise toujours des traces de pas dans la boue, des crocs dans l'écorce.
Un piano s'incline devant le clavecin qui pleure, l'écharpe de velours est un cataplasme à moutarde. La harpe ponce et fait table rase des utopies, tant de cordes pour un seul sentiment. Rosita, Rose, Rosy les mêmes épines. Le jardinier s'écorche dans sa roseraie, le seul à pleurer face aux épidermes cuirs, aux cuirs pachydermes. «  I am what i am, you are what you are... »..et ces notes de piano comme mes pas au bord de la grenouillère quand le cobalt injecte aux voiliers blancs ces volutes crémeuses. Les ombrelles de la Seine comme des papillons ultra légers motorisés coulent entre mes doigts. Ma crasse licken s'enfonce dans l'herbe grasse sous le platane, je cherche le soleil gris désespérément et je rêve que je dors.
1970, un couple est né, John/Taupin.

Elton John 1970 « Elton john » label : mercury




Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...