dimanche 7 mai 2017

Fleetwood Mac 1987



Philips et Sony réfléchissent à un nouveau projet de support physique audio. 12 cm de diamètre sur lequel la musique sera encodée numériquement et lisible grâce à un faisceau laser. Terminés les grésillements et autres bruits parasitant la musique, le diamant n'est plus à la côte, nous sommes en 1979 le CD nait. Autre avantage, 74 min sera désormais la durée possible pour un album, la neuvième symphonie de Beethoven peut tenir sur un seul support.
Les valses de Chopin, Billy Joël pour le premier disque pop à être numérisé. « Brother in Arms » est le premier CD à se vendre à plus d'un million d'exemplaires, 1985. En plus de cette révolution, c'est l'erre des clips qui explose, MTV diffuse non stop .. et se propulse grâce à « Money for Nothing », le premier clip en animation par ordinateur. CD, clips, les 80's fulminent.


C'est dans ce contexte qu'arrive le grand disque des Fleetwood Mac, « Tango in the Night » qui va sonner la fin de l'erre Buckingham. MTV et cinq grands clip diffusés en boucle, « Big love », « Seven wonders », « Little lies », « Family man », « Everywhere ». Un album qui cartonne avec sa nouvelle dimension numérique, les bilboards, les charts, le très répandu avec des chansons joyeuses même si développées sur des hyper-productions synthétiques tubesques d'époque. Tout semble reluire pour ce groupe americano-british. Oui mais voilà, en réalité rien ne va plus.

Après « Mirage », les albums solo pleuvent, chacun fait sa vie, des dettes, des addictions, des histoires sentimentales, rien n'est à l'indicateur d'un nouveau projet. C'est Christine McVie qui à la suite d'une demande de chanson pour un film, demande à Lindsey de produire. Il s'est passé bien des froissements entre les 5 depuis quelques années, l'entente ici est pourtant très cordiale, des idées d'un nouveau disque mijotent, les avocats et les managers sont convoqués, ainsi que Stevie Nicks moins disponible avec ses soucis de cloison nasale grignotée par la poudre. Seize mois après ces « retrouvailles », « Tango in the Night » déboule dans les bacs avec le succès qu'on lui connaît, au plus grand désarroi des fans de la première heure.
Si la décision première provient de Christine, le travail de Lindsey tout au long de cette session sera colossale et indispensable. « Big Love », « Family Man » et « Caroline » étaient des chanson réservées pour son troisième album solo. Son ancienne compagne Stevie Nicks en pleine convalescence de cure peine à pondre deux chansons très moyennes (« Seven wonders » n'était, elle non plus, pas prévue pour ce disque là). Christine fait le job.
Les états de chacun passent d'excusables à catastrophiques, le groupe sombre.
« Mirage » avait récolté des sentiments mitigés, pour ce Tango là Lindsey parlera de la pire session de toute sa carrière.


Tel un double blanc chef d’œuvre parmi la discorde des icônes sous acides, « Tango in the Night » est une grande réussite inspirée. Triple disque de platine, six singles sous les grimaces des puristes. Fleetwood Mac fait carton plein, un bouquet final. Un redémarrage ? Nenni, la tournée va mettre un terme à cette phase du Fleetwood Mac, Lindsey toujours en préparation de son album solo lâche prise et balance les dysfonctionnements irréversibles qui grondent depuis plusieurs années. Lui, reprochant aux membres leur manque d'ambition artistique, le travailleur dénigré tel un Paul ou un Brian à bosser comme un âne se barre sous les reproches assassins de Christine.
Quelques confrontations, le manque d’intérêt des quatre autres pour ces sessions studio, le manque de liberté artistique depuis l'échec commerciale de « Tusk », Lindsey quitte le groupe contraint de recruter une guitare et une voix pour la tournée de Tango. Une énième phase du Mac débute.


C'est un grand disque 80's, il vient de paraître à nouveau rempli de très bons bonus, et de plusieurs extended versions longues de 8min, comme était la tendance au beau milieu des 80's, quand les CD et les clips jonchaient la planète. Un son madeleine diffuse à travers ce remaster de haute qualité.

Fleetwood Mac 1987 « Tango in the Night » label : warner







14 commentaires:

Pascal Georges a dit…

Je n'ai jamais écouté cet album, j'ai en fait, peu écouté attentivement ce groupe...
Ton billet est obligatoirement attirant, je vais donc m'y mettre, il est temps dira t'on...
certes... mais le temps...
THX

charlu a dit…

C'est vraiment un album très inspiré, même qi il sent la fin d'une grosse période.. de toute façon, c'est ds la chao que qq grands disques se sont construit.. "White Album" ;D bizarrement, en cette période sombre, c'est un album assez gai et enlevé, pas du tout claustro.
C'est un peu la période bling bling pour eux, sauf que qd je suis tombé amoureux de cet album en 87, je ne savais rien du contexte.

Merci d'être venu Pax..
ps: je viens juste de trouver les 3 premiers albums d'Al Jarreau ;D

RanxZeVox a dit…

Je lui trouve un petit côté Talking Heads à celui là, chouette album comme tous ceux qu'ils ont enregistré avec cette formation de rêve. Tusk reste mon préféré, parce que chaque écoute amène une nouvelle découverte.
Le 24 Karat Gold de Stevie Nicks est superbe également, je te le conseille si jamais tu ne le connais pas déjà.

charlu a dit…

Yes, je connais le 24 karat.. mer eilleux, d'ailleurs je viens de me procurer les 2 réédition "wild heart" et "bella donna". Je t'en avais parlé déjà, mais j'attends tjrs la réédition du fameux Buckingham/Nick en 73 avec la sublime pochette.

"Tusk" est énorme, surtout la version vinyl avec les pochettes croisées. Après ts les succès du groupebalancer un truc comme ça. Les autres vont lui reprocher l'échec commercial du disque.

Chris a dit…

Je me suis intéressée au groupe suite à la réédition de "Rumours", à ce que tu as déjà proposé aussi. ..et j'ai pas mal accroché. ..alors merci pour la suite !

RanxZeVox a dit…

Le Buckingham/Nicks, c'est dommage de l'avoir en cd. Une pochette comme celle là s'apprécie mieux en grand format )))
Bella Donna est très bon et Wild Heart contient The beauty and the beast, le genre de morceau face auquel plus aucun avis ne compte. Trouble in Shangri-la est peut être le meilleur album de Stevie Nicks en solo avec 24 Karat.

charlu a dit…

à condition d'avoir déjà le vinyle ;D .. j'avais pas fini ma phrase :D
J'imagine le son, les bonus et les photos inédites.
Merde dis donc, je connais beaucoup moins Shangri-la... hop j'y go... merci.

Chris, tu peux taper ds les 3 périodes du Fleetwood sans problème, tiens, un de mes préférés, c'est "Futur Game"

Tourscher Jonathan a dit…

Super chronique, historiquement riche. J'ai du mal avec ce Fleetwood Mac Mark? mais ta chronique donne envie de s'y plonger, le contexte historique en tête.

Audrey Songeval a dit…

Je redécouvre dernièrement ce groupe. Notamment Tusk, effectivement. Et j'ai trouvé quelques vinyls à 10€, donc je ne me suis pas privée... ^-^

Je souhaitais également poursuivre dans les solo de Buckingham. Tu aurais des conseils à me donner?

RanxZeVox a dit…

@Audrey : Le dvd Live The Dance de Fleetwood Mac est fabuleux et permet de voir Lindsey Buckingham interpréter deux titres solo dans des versions absolument démentielles tant ce type est possédé par sa musique (au sens propre, tu comprendras en le voyant jouer Go insane).

Rayon albums solo -je ne les connais pas tous- Gift Of Screw et Seeds We Sow m'ont vraiment beaucoup plu et son premier album post Fleetwood Mac Law And Order est très bon également (et se trouve facilement en vinyl). Le second Go Insane contient d'excellents morceaux mais souffre d'une production un peu trop datée 80's.
Il a aussi sorti plusieurs live, tous très bons.

En juin de cette année, il doit sortir un album en duo avec Christine McVie. Ce disque devait être signé Fleetwood Mac mais le projet a capoté en raison de l'indisponibilité de Stevie Nicks (qui cartonne en solo avec le fameux 24 Karat sur lequel je m'extasie plus haut))). Quoiqu'il en soit, la qualité devrait être de la partie.
Lindsey Buckingham est pour moi l'un des musiciens -compositeur et producteur en prime- les plus sous-estimés des grandes années du Rock.

@Charlu : Tu me donneras ton avis sur Trouble in Shangri-La.

charlu a dit…

ah ouaih pas loin Hug, j'adore le premier "Raw and Order", et son dernier "Seeds we Sow" mon préféré. Par contre je m'effondre sur "Go Insane", complètement bouffé par le son que me fait mal aux cheveux. Malheureusement pour moi il revient avec "Gift of Screws" en 2008..ça fait un gros bond 81/2008, au milieu j'ai tjrs trouvé à qq chansons près un peu fadasse.

En juin, on dira que c'est un nouveau Fleetwood pis c'est tout

Impossible de foutre la main sur Shangri.. vais le recharger ;D

charlu a dit…

Bordel mon T, j'avais pas vu ton comm...rhhho le naze, dsl.
Merci T... je sais qu'il y a beaucoup de réfractaires à ce disque synthétique, mais pourtant très enlevé et presque joyeux. Le contexte est presqu'indissociable, pourtant je révisé mon bac en 87 qd c'est sorti, y'avait que le minitel pour pécho les infos. Je voyais ça comme un groupe harmonieux au top de leur forme morale.

Tourscher Jonathan a dit…

J'ai toujours une préférence pour la première mouture de ce groupe, quand il jouait du blues un peu crade.

charlu a dit…

Mais oui, un peu comme les débuts du Floyd. Même folie et même dérapage pour Barrett et Green. Mais des fois je suis très branché Buckingham/Nicks..pis des fois la période centrale Welch Dirkan... bref un big group.