mardi 31 janvier 2012

Songs of green pheasant



En 2007, Fat-cat offrait des ballades pop vaporeuse touchées par la grâce, contemplative et automnale. Song of green pheasant sortait son deuxième album dans la plus grande indifférence. Et pourtant ce voyage immobile ouvrait toutes les voix éthérées pour convoler vers le vaste océanique, la brume fraiche, le progressif nuageux, une mélancolie inextricable dont il est difficile de se défaire.
Duncan Sumpner se dépatouillait seul avec sa mélancolie, avec quelques invités instrumentistes.

S'acoquiner, s'approcher des sentiments, contempler en huit clôt, joindre l'intimité, atténuer l'envergure des guitares, inviter. Song of green pheasant est passé de Fat-cat à l'extraordinaire refuge de Rusted Rail qui détient un catalogue épure, un art recroquevillé sur nos pâles introspections. Toujours cette trompette langoureuse, ces accords sensibles, ce violon pur. Tout est grevé de nuages, mais cette fois-ci, nous sommes à l'intérieur. L'abri défend la grisaille des âmes, console des affronts, le jeune loup entre et vient licher la plaie pourfendue des désillusions... tout près du feu.
Les premiers flocons d'hiver tardif pleuvinent, bientôt février, j'avais déjà pensé au printemps, j'avais oublié Song of green pheasant. Il réapparait sous un long manteau calfeutré, écharpe et tristesse, grisaille teintée d'ocre orangé, comme sur la magnifique pochette de photo découpée main du fantastique label secret. Sublime et confortable, une pop fraiche comme Shearwater, proche comme un Gorky's Zygotic Mynci.

Merci à Markab pour la belle coïncidence musicale neuve.

Song of green pheasant 2012 « Soft wounds » label : rusted rail.
Échelle de richter 8,9
support cd
après 4 écoutes
www.rustedrail.com
www.myspace.com/songsofgreenpheasant












2 commentaires:

off a dit…

je supporte de moins en moins la musique en général. comme la plupart des conversations.

les livres aussi se vident de leur sens ou de leur attrait, au fur et à mesure qu'on les parcourt. et j'ai toujours eu horreur de sentir ces putains de matrices me pomper le jus de cervelle.

en fait, si je m'étais limité à exprimer seulement ce que je pensais vraiment dans le fond, je crois que je n'aurais rien dit dutout. j'ai l'impression d'avoir passée ma vie à gueuler n'importe quoi afin de couvrir le brouhaha que m'inspirait l'écoute de la pensée des autres.

charlu a dit…

Tu remarqueras Djip que je suis pas des masses coopératif niveau conversation.. toujours un temps de décalage..du coup il va être trop tard pour rebondir sur ton "off".... Effectivement il suffit pas de gueuler à tout va et de se laisser pomper la moelle..le vide alentour est un très bon prétexte pour créer..et je doute fort que ton fond soit aussi vide que tu le dis.
Je prends ça pour un coup de mou passager que nous connaissons tous. J'ai eu un passage "effrayant" à jeter la pop tout le mois de janvier.. plus aucune voix ne passait, aucun mot, juste de l'ambiant et des mecs qui bossent sur des paysages musicaux. Le genre de musique qui ne t'impose rien du tout. Le concert de Domnique A m'a redonné comme d'habitude des watts dans le bulbe. Je reprends doucement les chansons....
Allez zou Jip, retire toi de la matrice, faut régénérer les gonades.. reste pas dedans...
BIZZ