vendredi 28 janvier 2011

Stranded Horse







Prenons la poudre d'escampette, après cette pause d'humeur fuyante, quittons le tumulte et partons pour un tendre asile, un doux refuge. Un délicat filet d'eau dans une lande inhabitée en capillaire, se dirige vers la Manche vert de sable laiteux. Yann Tambour lui aussi a quitté le tumulte il y a quelques années, laissant son word spoken urbain sur l'asphalte.






Et pourtant « Encre » 2001 et « Flux » 2004 étaient venus apporter un air neuf dans la « rap ». La crudité, la violence froide claquaient un son unique digne du collectif fou et bouillonnant clapping musique qui l'hébergeait à l'époque.
Quelque chose s'est passé après ce flux terrible..un concert à l'Elysée Montmartre avec sa contrebassiste, une disponibilité chaleureuse (même si c'est en mail), son concert à Nantes dans ma boite aux lettres..et puis l'effacement.








En 2006, on voit apparaître Encre discrètement sur le label maintenant disparu intr-version. Quel catalogue !, quelle voisinage fou avec Constellation !!, quelle disparition injuste !!!. Ceci dit, un ep « Encre à kora » sort en édition très limitée (un objet rare et précieux) dans un minimalisme qui rompt totalement avec ses travaux précédents, à l'image de sa fuite vers le naturel. Issu de l'Ircam (comme Emilie Simon), Yann a une vision de la musique très particulière, absolue dans le dépouillement et la restitution transcendantale. C'est sur miasmah records (autre corne d'abondance musicale) qu'on le repère avec PlexusII et une kora en boucle, répétitive à souhait, presque abstraite (conjuguer la tradition et l'expérimentation... pas donné à tout le monde). Intr-version et Miasmah, après son succès initial, il fallait oser, être fou, comme pour mieux réapparaître.






En 2007, Yann Tambour réapparait, toujours avec sa Kora (uniquement), mais sous le nom de Thee Stranded Horse. « Chuming strides » est alors un bouleversant disque de folk inattendu, avec une voix différente et une collection de chansons paralysantes....comme si M.Ward des débuts chantaient avec cette douce harpe africaine. Et « so goes the pusle » semble chanter un couplet de « mercy street » de Gabriel; « Le sel » nous embarquait dans son nouveau paysage à pleurer....



Le grand retour de Stranded Horse (sans le Thee), avec un peu plus de monde, encore plus loin dans le recueillement, plus loin dans les dunes hors-saison à travers lesquelles personnes ne erre. La présence du violon ajoute à tout cela, c'est sûr.
Deux titres en français et on retrouve au loin son timbre du début : « les axes déréglés », comme une explication à sa dérobade, un murmure acoustique engourdi par la beauté des choses. Il y a aussi la présence du grand maître Sissoko (qui vient de sortir un superbe disque chez NoFormat!).
Il y a le silence, l'invocation, la supplication, celle de retourner à l'essentiel, faire table rase du superflu. Fertile à souhait, « Humbling tides » dépasse toutes les compromissions, une cure de fraîcheur, une pluie lustrale de cordes sèches, une résonance parfaite en réponse au vent qui souffle entre les dunes.

Stranded Horse 2011 « humbling tides » label : talitres.

http://www.talitres.com/
http://www.theestrandedhorse.com/
.
sur l'échelle de Richter : 8,9
source : cd
après 3 écoutes


4 commentaires:

Francky 01 a dit…

Mardi 1 février 2011, 7h15 du matin. Le réveil sonne, du moins la radio du réveil-matin démarre car c'est l'heure....de se lever. Je suis sur France Inter. C'est la chronique musique de la matinale comme chaque matin justement. Et là, c'est Stranded Horse. Yann Tambour et son dernier disque....extraits..blabla..Tant de beauté de bon matin réveil en douceur, avec envie.

Envie! Aussi de foncer sur le blog des Chronique de Charlu car je me souviens d'un article sur Stranded Horse justement mais survollé. Alors je prend le temps de le lire !!!!

A + + et bonne, très bonne journée.

Blake a dit…

J'ai écouté (en fait depuis ce week-end dernier) le Stranding Horses : beau voyage musical mais j'avoue être moins emballé que tu peux l'être ou benoît sur hop blog.
J'ai détaillé mes (lègères) réserves, néanmoins, j'ai apprécié découvrir ce disque de grande qualité qui sort du lot et cet artiste grâce à vous deux.
Voilà qui prouve l'utilité des blogs ;-)

charlu a dit…

Hyper flatté de t'avoir aiguillé Blake. Super constructif ces avis qui s'entrecroisent sans être si éloignés.

Je pars sur tes commentaires à toi..je viens de te lire..pas mal, cohérent...j'y vais répondre de ce pas.

à très bientot.

charlu a dit…

Francky, je suis pas moins flatté de déclancher des envies musicales au petit matin.
Donnons-nous envie.

En tout cas Stranded Horse au lever... j'ai déjà essayé, au casque, dans le train...

merci les p'tits gars.

BIZZZ