samedi 27 novembre 2010

Yann Tiersen




La préoccupation principale d’un artiste, c’est de se renouveler à chaque réalisation. Le mystère impénétrable et abyssal du processus de création. Les rencontres sont des critères d’inspiration et Yann Tiersen n’a cessé depuis qu’il a collaboré avec Dominique A d’alimenter des influences rock dans son art. « Monochrome », « les bras de mer », « Bagatelle »..ont incorporé une touche pop dans son néoclassique, sans perdre pour autant de sa texture. « Tout est calme » est son premier album 100% pop enregistré avec Married Monk , un petit concept d'une demi-heure à redécouvrir d'urgence, 1999, deux après le choc : « Le phare » la relève » est pour moi l'exemple de l'influence directe de Dominique A sur son virage pop de cette époque). Une autre collaboration en 2004 avec Shannon Wright est venue creuser cette voie encore plus sombre, plus brute. Enfin « Les retrouvailles » en comapgnie de Liz Fraser, Stuart Stapples (et re Dominique A + Miossec) vient confirmer cette envie d’expression sauvage et émancipée (un peu l'équivalent de "L'absente").
C’est avec Matt Eliott (la colonne vertébrale de Third eye fondation toujours fidèle au label « ici d’ailleurs » et qui vient de sortir un formidable album) ; Dave Collingwood (gravenshurt) Laetitia Sherriff, Josh T.Pearson (life to experience), qu’il a façonné sur “Dust Lane” un monument sonore tellurique plongeant radicalement dans la pop. Cet homme toujours sincère, authentique et écorché pose son pied marin sur la terre ferme. Ce solitaire ouvert à tous les horizons, s'encadre, multiplie les partenariats et les paysages sonores toujours aussi mélancoliques, mais pastorale cette fois-ci avec une flopée de chœurs célestes qui voguent dans les eaux profondément océaniques de Mike Oldfield Amy »), voire les méandres noisy de Cocteau Twin. « Chapter 19 » va se balader dans les plus profondes noirceurs de Migala, et « dark stuff » atteint les cimes post-rock jamais explorées chez lui.
Cette excitante remise en question, me rappelle l'année 1994 pendant laquelle William Sheller a bouleversé sa discographie grâce à une collaboration anglosaxone. « Albion » est venu chambouler sa pop néoclassique habituelle pour un fantastique album rock atypique jamais égalé depuis. Yann Tiersen asticote de la même manière son violon et prend de la vitesse sonique sur le tremplin pop/rock, il est dans les airs, au dessus de la mer, totalement libre.
« Albion », « Tout est calme », « Dust Lane » sont des disques a chérir par leur preuve rassurante qu'il est possible avec des rencontres de bouleverser son art et d'aller chercher plus loin la source, de bousculer les talents, surenchérir le génie.

Yann Tiersen 2010 « Dust Lane » label : mute
http://www.yanntiersen.fr/
chroniqué chez Blake; et sur hop blog.

quand on aime : yann tiersen + mike oldfield + cocteau twin
Chronique multimédia ici

2 commentaires:

Blake a dit…

Belle chronique de la nouvelle livraison de Tiersen, une approche poétique voire lyrique, moins sage que la mienne, chouette... Et le rapprochement avec le virage shellerien de l'époque est bien vu....

Toujours bien d'aller farfouiller chez Charlu ;-)

charlu a dit…

Merci beaucoup .. tu as été plus vif sur ce coup là, j'ai accéléré. C'est dommage que pour Sheller, ce fut là son unique bivouac, il y a rien eu d'autre après dans ce genre, et Albion n'a même pas été reproduit en concert (il y a avait comme d'hab une formation classique et 2 morceaux du disque seulement). Tiersen, persiste, signe et retranscrit puissemment cette énergie sur scène.

Merci d'être là. Amitiés.