vendredi 30 mai 2014

King Floyd



On change de registre, ou plutôt, on revient à la soul, l'originelle, celle qui se renouvelle sans cesse. 1971, cette onde chaude a déjà semé des graines fécondes sur la vie musicale, elle continuera à perpéte, un disque venu de nulle part, un label Chimmeyville/Cotillon totalement inconnu, un auteur de la Nouvelle Orléans, une belle époque.
Une discographie succincte, son seul hit « Groove me » fut placé au départ en face B. « King Floyd » de King Floyd est une petite pépite coincée entre James Brown et Van Morrison.



Eh..King Floyd .. moi, j'verrai bien ça en nom de groupe :D


King Floyd 1971 « King Floyd » label : cotillon71/atlantic2014














jeudi 29 mai 2014

Ben Watt



Il travaille beaucoup sur son label Buzzin'fly, il est DJ, il a écrit deux livres, et il a surtout œuvré 15 ans auprès de Tracey Thorn au sein d'Everything but the Girl.
De part et d'autre de ce lourd CV, il y a deux albums solo, son premier en 1983 « North Marine Drive », et « Hendra » qui vient de sortir dans les bacs.

« Hendra » est peut être une synthèse de ce que l'on pourrait attendre d'un disque de pop parfait. Les chansons sont millimétrées, dosées, construites sur des fondation résistant à toute épreuve. L'érosion, le succès, les séismes, le travail, les collaborations, une vision de la mélodie, toutes ces vertus sont venues à bout d'un long silence discographique. « Hendra », c'est tout ça enfoui sous une forme de simplicité, des écoutes qui finissent par devenir évidentes, « The gun » (un petit côté Bill Fay), « Forget » sont des petits bijoux.
C'est très précis, c'est folk, pop avec des petites poussées rock, c'est une longue ascension vers la maturité, c'est Californien et Anglais, c'est bon quand on aime les disques de Bradly Drown Boy, David Mead ou encore Kevin Tihista.

Ben Watt sort un album personnel de grande classe, cool, parfait.

Pour l'anecdote, il y a du beau monde dans le studio, notamment Gilmour sur le lumineux « The Levels ».

Ben Watt 2014 « Hendra » label : unmade road/caroline



lundi 26 mai 2014

John Mayall / Kenny Wayne Shepherd .. 2014




Transition parfaite pour avouer une fin dominicale en ébullition, la gorge hurlante et tourbée. La gratte en costard King flottant sur une piscine, John Mayall, un autre père du blues made in England est de sortie avec "A special life". Il n'a jamais cessé de jouer, son nouvel opus est là, sa voix, son touché, sa puissance. Un nouveau gros disque.

Du terreau jaillissent quelques pousses bourgeonnantes, un jeunot à la voix burinée qui reprend des standards. Brulant, furieux et fiévreux, avec un son énorme, « Goin' home » tient le flambeau.

 
Un maître à la peau burinée, une jeune recrue qui révise, le blues du dimanche crache, intemporel. Les riffs ont griffé la peau, la basse et la batterie ont boxé jusqu'au sang.

Blues made in 2014.


John Mayall 2014 « a special life »
Kenny Wayne Shepherd band 2014 « Goin'Home »




dimanche 25 mai 2014

Muddy Waters 77




« Et soudain il n'y a plus de fermier, de charrue, de grain, ni de fères Chess, de fils Chess. Soudain le vin est tiré et Muddy vend la ferme ! Sur « Mannish boy », on entend la joie d'un homme qui chante enfin pour lui-même. » (Robert Gordon).
 
Depuis 1948 Muddy Waters était cloîtré dans la compagnie Chess records. Une véritable jubilation, comme une nouvelle liberté suinte de cet album signé chez Epic/Blue Sky, avec Johnny Winter, comme un fils, qui produira l'album.
Les Stones sont venus respirer le blues de Chicago, et c'est Muddy Waters qui l'avait drainé du Delta. Tellement d'influences ont fleuri de ses mains fertiles.

 
Sur « Hard again », la telecaster du bluesman est posée contre son tabouret, il ne jouera pas sur cet opus là, les autres derrière, opèrent pour lui. Johnny Winter qui sort d'une cure de désintox, donnera absolument tout pour se rapprocher de la musique de son mentor. Le disque est une tuerie, ça cogne, ça envoie, c'est presque violent, tout est plié en deux jours, sans répètition, dans un studio à l'acoustique boisé, sans overdubs, jamais ce son là ne sera retrouvé. Les gars derrière ont le feu : Pinetop Perkins, Kenny Margolin, Willie Smith. L'impact et les récompenses de cet objet seront considérables.

C'est le plein feu punk sur la planète, un blues foudroyant vient tenir tout le monde en haleine, comme une renaissance, celle de Muddy Waters, libre, bourré de vitalité... « Hard again ». Il le dira lui-même : « tout ce que j'entends est tellement bon que ça me refile la gaule ! ».



A l'issu de ce tremblement, encore irradiés par les riffs de « Hard again », les fans de blues découvriront dans les bacs un live épique « Muddy « Mississppi » Waters live », qui gravera avec toujours Johnny Winter dans l'équipe, cette résurrection fondamentale de 77, à 65 ans, la carrière de MW repart de plus belle. La réédition 2003 propose 11 bonus de cette session live.

C'est dimanche, une après midi blues, de la musique dominicale, un grand moment dans l'histoire. Ça sent la messe à plein nez, une messe noire, diabolique, une fantastique pâmoison qui jute.


Muddy Waters 1977 « Hard again » - 1979 « Muddy Mississippi Waters live »
label : blue sky/epic












samedi 24 mai 2014

Mayra Andrade




Une adorable surprise me tombe dessus, bien coincé entre deux averses. Depuis que mon disquaire a eu l'idée aberrante de séparer géographiquement le jazz, le classique, le blues, la soul et la world des autres styles, je me perds à choisir un stand, mon temps est imparti, et je visite beaucoup moins le fond de salle où sont rangés les albums de traditions planétaires. C'est comme ça que je suis passé à côté de Mayra Andrade.

Nova est venu réveiller ma curiosité, épaulé d'une nouvelle averse à attendre dans ma caisse que le déluge passe. C'est bon la musique dans une voiture quand il pleut dehors. Un petit air désuet et sensuel est venu me séduire, un doux reggae, un hymne à la pudeur, une pur merveille chantée en français, « Les mots d'amour » irrésistible, m'a embringué.
En français, comme quelques autres titres, mais Mayra Andrade chante aussi en anglais et en portugais et je pense à « The living road » de Lhasa. Lusophone, elle a fait le tour du monde, vit à Paris. Ses racines, c'est le Cap-vert. Le créole capverdien, c'est sublime.

Autodidacte, elle s'est entourée pour ce quatrième album de quelques pointures: Yael Naïm, Piers Faccini, Tété, Benjamin Biolay, Hugh Coltman...
« Lovely difficult » est le nom de son nouvel album, ce grand disque de diversité culturelle.
« Ilha de Siantago », un hymne pour arpenter les contrées, « Meu farol », un hymne à l'amour et au romantisme.. tout le disque est un hymne.

Des coups de cœurs comme celui là, il en arrive pas souvent. Mayra Andrade, mas découverte du jour.

Mayra Andrade 2013 « Lovely difficult » label : columbia








jeudi 22 mai 2014

Jethro Tull 2014 (Ian Anderson)



Si John Lees des BJH s'enlise dans le pitoyable et la miséricorde, Ian des Tull lui resplendit et semble renaître des cendres d'un monde qui se consume. Le héron à bec pète le feu et met tout le monde d'accord : Jethro Tull est un groupe important depuis qu'ils ont incorporé au rock, du classique, du médiéval et du heavy.
La deuxième phase de « Thick as a brick » aura eu raison de sa prudence à vouloir replonger dans le rock. Quelques disques à lui, instrumentaux, avant de reprendre la barre. « Homo erraticus » est si bon, qu'on se demande bien pourquoi l'idée de fuir le rock l'a effleuré il y a quelques années.
« Homo Erraticus » est une épopée musicale à travers l'histoire de l'Angleterre. L'état des guerres, le passé et des idées d'avenir sur trois scènes grandioses. Des rebondissements, le rock prog vibre toujours, je l'entends beaucoup plus que le heavy qu'on leur prête.
Décidément, après « Let England shake » de PJ, le passé britannique inspire.

Comment dire.. pas de viagra ici, sa flûte et son écriture sont là depuis un demi siècle, et malgré tous les rebondissements, pas un coup de mou pour Papy-Tull, il chante toujours avec la même turgescence de l'organe et de l'instrument. Quel groupe comme eux, à garder ainsi le cap sans perde de son tissu spongieux ? Certes l'entité est une arborescence complexe, les membres interchangeables, d'ailleurs la formation est neuve depuis ce fameux « Thick as a brick 2 ». Il ne reste plus que ce géant volatile poilu à flutiau .. cette puissance à la fidélité qui réchauffe l'âme.

Posez « Homo erraticus » et tout redémarre là où jamais rien ne s'est arrêté.

La recette ? Un artiste authentique, passionné, talentueux, un McCartney qui chante l'histoire des ancêtres.
Une surprise discrète, une joie sincère, une envie de communion entre gueux guais lurons à danser le menuet autour d'un brasier diabolique défiant tous les ennemis des continents en feu, rester à chanter et à bander sous les étoiles, avec une belle flûte entre les cuisses traversières à narguer les astéroïdes..... quoi ??!!! la musique des Tull me contamine..j'adore le Tull.




Ian Anderson's Jethro Tull 2014 « Homo erraticus » label : kscope










mardi 20 mai 2014

Fabien Martin 2014



A peine terminé le bouquin sur la vie de Barbara lu au creux des criques des côtes d'Armor sous quelques ciels de traine, je tombe sur « Littoral », le grand retour de Fabien Martin, vous vous souvenez, il avait sa Barbara à lui, sa place à lui, terriblement attachant. Ma petite coïncidence en transition, j'ai dévoré les six titres réunis sur ce mini album, venus rompre six ans de silence.

Six ans à rencontrer, à voyager, à amasser pour revenir surement. Ces 6 morceaux là sont des pépites pop de haute volée, avec toujours ce voile mélancolique qui nous a séduit sur ses deux premiers albums. « Ever Everest » et « Comme un seul home » étaient estampillés chansons françaises. « Littoral » est pop donc, avec un gros son, sans pour autant perdre le charme et l'humeur de ses mots... « la poésie de Jacques Prévert et les productions de Danger Mouse », et en plus ça groove.

Des mois et des mois que je yeute pas de mouche, que la ritournelle m'étourdit, me vrombit dans le sifflé. Il s'est caché des années, mais Fabien Martin est de retour et « Pas de mouche » est sur ce ep qui est sorti depuis hier sur les plateformes (1 titre bonus pour les acquéreurs) et dans les bacs le 26 mai.
Il y en avait des trucs au fond de lui, avec toujours cette envie qu'on nous parle gentiment.
Six succès à coup sûr, et d'autres à venir.

« La croisière s'emmerde », c'est mon tube de l'été à moi.

Fabien Martin vient mettre fin aux impatiences, en attendant un album entièrement inédit très prochainement, début 2015. Le rendez-vous est pris.

Fabien Martin 2014 « Littoral »












Nils Peter Molvaer 2026

  Inconsciemment l'eau qui manque assèche mes humeurs. J'ai beau vouloir le soleil le plus possible, le ciel sans voile et le vent...