mercredi 26 juin 2013

Rauelsson



Je ne suis qu'au crépuscule des huiles. Je démêle mes balbutiements de couteau avec des inspirations alentours susceptibles de flanquer mon slpeen. Comment faire pour se terrer, engloutir sa réalité, faire murir ses utopies dans de caverneuses taupières à sucer les sucs des racines, et faire ressurgir l’onde.
A trop flotter dans les airs, on oublie le minéral, les semelles sont restées trop longtemps collées à la terre brune... je flotte avec mon chapeau-cumulo à exsuder tout ce que je peux juter dans l'imbibé.
La respiration des inspirations n'a de valeur qu'à la saveur du sucre butiné des gelées royales d'une abeille cramoisie, un miel flamboyant et viscéral, une chair en lambeau qui ramperait sur des bacilles de coke, une peau coquelicot délavée accrochée à la chlorophylle.


Il n’y a que 450 exemplaires de ce chef d’œuvre ambiant, cette musique est unique. Raul Pastor Medall offre son travail, au piano, noyé dans un blanc de field recordings, des voix nébuleuses et quelques cordes platines.

Le blanc .. il n’y a que la belette laiteuse pour me dire qu’il faut que je me permette. La blanche hermine grignote mon épiderme et le noir me fait la moue. Je n’ai plus envie, il n’y a plus de charbon dans la mine, je ne sombre plus que vers la musique posée sur des silences, dessinant des étendues.
Si quelqu’un peut soigner mes insomnies et chasser ce blanc de mes nuits, j’irai alors peindre au levé du jour, avec « Vora » qui résonne, j’irai dérober les couleurs naissantes.


Quelques notes suffisent, quelques pigments sur cette pollution nacrée, une perle de sang, un postillon océanique, une goutte de transpiration, un éclat de lune ou un gravier solaire, un pépin de clairière ou une larme de chlorophylle.

Ne vient on pas du noir pour aller vers la lumière… blanche ?

La musique progressive dans le néo-classique, c’est juste un rayon de lumière qui vient tout bouleverser, une lueur, un grain de peine qui vient troubler l’horizon.

Sonic pieces, une auberge à suivre de près.

Rauelsson 2013 « Vora » label : sonic pieces
http://www.rauelsson.com/
http://www.sonicpieces.com/sonicpieces017.html





dimanche 23 juin 2013

Murat 2004



Grisé par ce séminaire tonitruant, ce petit marathon amical, et ennivré par le tourbillon des émotions, je retourne aux écoutes « gratuites ». Lendemain de fête, levé lumineux, le sourire aux pommettes, j'écoute « A bird on a poire », une autre amitié, une collaboration.
La rencontre a eu lieue sur le « Jim » de "Mustango".. « Bang bang ». « A bird on a poire », c'est Jennifer Charles des Elysian Field au chant, Jean-Louis Murat aussi, l'écriture en plus, et le fidèle compagnon artistique Fred Jimenez à la basse et aux compositions. Une formidable récréation.
« A bird on a poire », le plus beau disque pop d'ici.



Jean-Louis Murat, Fred Jimenez & Jennifer Charles 2004 « A bird on a poire ». label : label







vendredi 21 juin 2013

Sandie Shaw 69


Grand jeu sans frontière 6ème édition :
Samedi 22 juin :
La fête de fin de jeu
On va pas se quitter triste, allez ! Maquillage, paillettes, déguisements et cotillons... on va s'éclater.
 
 
Cette fille a un talent d'interprète inouï, et les mecs derrière, c'est pas des manchots. Convoqués : Paul McCartney, Beatles, Bee Gees, Led Zepelin, Bob Dylan, Rufus Thomas, les Stones, Dr John....
On pourrait s'effrayer de l'affiche, mais n'ayez aucune crainte, sans aucune frilosité la petite peste régente facile. Pas de cliché ici, ni de médiocrité, moi qui ne suis pas reprise plus que ça.

Rien de tel pour se « quitter », se retrouver sur une plage aux heures les plus reculées de la nuit, le sourire hippie, les paillettes dans le ciel, à écouter une fille chanter l'histoire du rock. Sa discographie est d'actualité, son histoire ressurgit, un prix à l'Eurovison, l'aile d'Eve Taylor, des ventes fulgurantes dans les 60's, un creux en 67, et ce disque de reprises en 1970. C'est pas un séisme, ni une compilation vaseuse, c'est juste un super bon disque qui ferait presque préférer la reprise à l'originale. si si, même « Love me do »..pire encore, même « Junk » (??!! ?? :D). La carrière de Sandra Ann Goodrich va doucement s'estomper.

C'est juste un super bon disque quand on est plusieurs à bavasser un peu fort, à rire aux éclats, à tiser assoiffé, cernés de fatigue.. nan, rassurez vous, c'est pas un remake des petits mouchoirs, pas de yacht, ni 4x4 et ni huitres (quoique), juste des caisses de disques et quelques cubis à rafraîchir, voire quelques tonneaux à rouler... mais surtout quelques chansons cultes à partager, et pas des moindres. Dommage, pour l'apothéose, il aurait fallu une reprise des Beach Boys.
Bordel, qui a chourave ma roulée, ça s'fait trop ape ? Le feu crépite, les paillettes cosmiques saupoudrent la voute dégagée, Sandie Shaw est déguisée en pop star, noire de monde, insolente, et nous aussi tellement on se fout de tout le reste. Y'en a pour tout le monde. Ggrrr que le séminaire a été bon. Merci Sorgual pour le brassage des sentiments. Je vous embrasse tous et vous laisse avec Sandie Shaw et son « Reviewing the situation » de la bombe... toute façon, j'ai pas plus festif, là je suis à fond... puis on est pas sur un dancefloor, mais sur la plage pour fêter la quinzaine fada des cinglés de zic des anthropophages de disques.
Merci Jimmy.





Sandie Shaw 1970 « Reviewing the situation » label : 2013 salvo
http://www.sandieshaw.com/


jeudi 20 juin 2013

Nina Simone 67



J'ai lu ceci hier :



« A l'age de dix ans, alors que Nina Simone donnait un récital de musique classique dans sa ville natale, ses parents, au milieu de l'assistance blanche furent expulsés. De ce jour, la lutte contre le racisme et l'humiliation devint pour elle un combat quotidien.
« La première chose que je voyais le matin en me réveillant, écrit-elle dans son autobiographie, c'était mon visage noir dans le miroir de la salle de bains, et cela conditionnait ce que je pensais de moi le reste de la journée ».
Nina Simone aura eu une vie jalonnées d'évènements vécus comme des blessures, traversant sa voix comme autant de failles. Une vois imprévisible, tour à tour douce ou rauque, caressante ou rageuse. Une voix à la tessiture limitée, il faut bien le reconnaître, mais dont les inflexions s'avéraient capables d'épouser les moindres vicissitudes de l'existence. Une voix qui, enfin, trouva dans la musique classique des arpèges, des silences et des harmonies insoupçonnées, qui l'aideront à gagner en sauvagerie......... ». (Philippe Robert « great black music.. » édition : le mot et le reste).

Prêtresse de la soul... voix ébène envoûtante... star totémique.. culture noire...
…... à l'age de dix ans............................. Nina.


Nina Simone 1967 « Silk & soul » label : legacy
http://www.ninasimone.com/ 
https://www.youtube.com/watch?v=6MnymOLgmCQ&list=PLC6D52FB806779EFD





mercredi 19 juin 2013

Michael Jackson 1970/75



Grand jeu sans frontière : 6 ème édition :
Précoces ou tardifs, étoiles filantes ou confirmations, la musique a produit des petits génies à tous les âges.




J'aborde ce thème complètement à la ramasse, j'ai laissé passer trop de temps à fuir l'évidence. J'ai fouillé pour trouver cet artiste d'age mûr sur qui le succès est tombé sur le tard. C'était mon moteur et je revenais sans cesse sur Gainsbourg, ce génie à la longue carrière mais au succès tardif.

Et puis bim, l'inverse est tombé, juste en face, dans la pièce d'à côté, des tonnes de documents, des disques et objets, et sur l'armoire, Bambi avec ses gants et son chapeau.

Ici est bâtit un véritable musée sur Michael Jackson qu'elle délaisse depuis que je possède un gendre :D.

Qu'à cela ne tienne, je ne vais pas compulser ses bouquins pour étaler des trucs que tout le monde connait. Mes émotions à moi ? Juste ce musée que j'aime regarder, essayer, comprendre le processus d'une passion artistique voisine. Je n'aurai jamais piqué une tète dans cette phase pop si sous mon toit je n'avais pas eu cette trombe passionnée. Alors j'ai écouté, picoré, pris à moi, on prend ce que l'on veut de la famille Jackson. J'ai redécouvert, approfondi et chassé mes préjugés et surtout j'ai exploré.

Je suis alors tombé sous le charme pimpant des débuts de Michael. Sept albums des Jackson 5 sont déjà sortis quand son premier album est paru, il avait 14 ans. Les petits virtuoses doivent pulluler dans tous les domaines, mais quand il s'agit de voix, de danse, de planétaire, de pop et d'age (début à 5 ans), Michael est absolument unique, quelques soit notre opinion et notre place. Artistiquement il est indiscutable, il est l'insolence talentueuse la plus jeune dans l'histoire de la musique.

Quel album choisir ? « Ben », « Got to be there » avec les sublimes « Maria » et « Ain't no sunshine »,... « Music & me » … ou « Looking back to yesterday » dont le vinyl est très très côté ?

Un objet fabuleux en trois CD bourrés d'inédits, regroupe les premiers albums de Michael Jackson en solo et chez Motown.
« Here world : the motown solo collection » sorti évidemment en 2009.

Je l'ai choisi pour le thème, mais aussi parce qu'il m'arrive d'écouter des albums de Michael Jackson (même quand il ne chante pas avec Paulo), cette période surtout, exempt de toute saloperie people, c'est jeune, c'est Motown, des grands disques, une préciosité insolente.


Pour Gainsbarre, j'avais « Mauvaise nouvelle des étoiles » sous le bras, un gros succès tardif.



Michael Jackson 2009 « Hello world : the motown solo collection » 3CD







lundi 17 juin 2013

Jacques Bertin 2013



Grand jeu sans frontière 6ème édition:
Mardi 18 juin
Francophonie
Ici, on chante ou on est Français.

Ici au milieu de nos cinq murs sans frontière, la langue française est un art que l'on jalouse, que l'on respire.

Ici, la verve n'est pas pop. Le populaire est dans la rime riche, la quintessence des mots qui imposent aux notes une architecture chansonnière ancestrale qui arme cet hexagone tempéré. A l'image de nos douces collines, la palette des vers s'étend d'une large ductilité, et la prose s'épice de complexes édifices. Les acteurs y passent tout leur temps, décortiquent et font l'amour avec l'étymologie. Trois mots, trois milles émotions.

Il y a nos pères, ceux qui les tuent, ceux qui ne s'en défont jamais, les libres, les formatés, les sismiques et les mous. L'identité artistique est tellement forte, il y a les fayots et les maudits. Les mots sont là, tous à prendre, et juste à les évoquer, il y a un chant. J'ai mes conteurs à moi, eux seuls savent nourrir mes cellules. De la philosophie, des sentiments, mes idées derrières, mes convictions avec la note qu'il faut. La communion.



La chanson, c'est pas du gâteau, faut imbriquer, faut avoir du coffre et conjuguer, faut avoir morflé et aimé... « combien de souffrances... ». De la plus haute visibilité à la plus profonde marginalité, on chipe avec nos viscères ceux qui nous brulent les yeux, nous divertissent ou nous régénèrent.

Depuis quelques jours, Jacques Bertin est à nouveau parmi nous. Il a toujours été là, je vous en parle depuis la nuit des temps. Il y en a tant d'autres, et il y a lui, absolument lui. C'est un monde, une gueule, des coups de gueules, des tremblements cytoplasmiques. Pas beaucoup vu son nouvel album dans les bacs, lui qui cultive un recul indispensable sur l'industrie de l'art. J'aime les traits de ses chansons, j'aime de moins en moins les hommes moi non plus, et pourtant je veux qu'on m'aime quand même. Je ne sais plus comment m'y prendre pour trouver l'harmonie. On nous classe, range, catalogue, on nous rend cabot. Luttons et donnons envie, prenons les armes et dégustons des textes, croquons les grains de folie.

Et puis doucement je m'en fout, j'écoute Jacques Bertin, cet événement vital, cette tranquillité d'équinoxe sur un peuple qui ne sent plus la météo de nos alvéoles. Et puis j'en prends d'autres... « Chez Bertin, changement de propriétaire » par exemple avec Aragon, Gougaud, Brua, Ferré, Vasca, Sommer, Dimey, Bérimont..... tout est là, tout est dit.

C'est un secret donc, je vous le dit, Jacques Bertin nous parle à nouveau..pour qui veut entendre, de sa langue hexagonale riche, puissante, juste et belle. Les anamours ricanent, la mélancolie caliméro est ma redingote permanente que personne ne veut recoudre. Je vieillis mal moi aussi, à connaître si bien ses faiblesses, on s'impose tant d'efforts. Les excès ne tuent que les bons neurones et pourtant ma vie est à jeun de permissions, et le lierre rampe sur mon crépi qui s'épaissit.



Ici on chante en français, je suis de plus en plus ailleurs à toujours dévorer les mots d'ici.

Jacques Bertin 2013 "L'état des routes" label : velen

http://velen.chez-alice.fr/bertin/disques/etatdesroutes.htm



samedi 15 juin 2013

Paul McCartney 93



Grand Jeu Sans Frontières Des Blogueurs Mangeurs De Disques - Sixième Edition
dimanche 16 juin:  «RIP»
A la demande de Jimmy, cette épreuve ne prendra pas de caractère morbide, nous acceptons les disparus par arrêt de carrière, split, manque de succès, les "chanteurs morts" comme disaient les Nuls.
 
 
 
Pour avoir foulé les clous d'Abbey road y'a pas longtemps, j'ai pu palper et me rendre compte de l'effervescence du mythe.
Je me suis déjà attardé sur l'histoire du disque 69, sans pour autant mentionner la rumeur qui fit trembler la planète cette année là, la mort de Paul McCartney. Une dizaine d'indices et d'interprétations sur la pochette, mettent le feu aux ragots... un effroi comme si l'on ressentait la fin des Beatles... les pieds nus, le corbillard, la plaque minéralogique... disparu, il faudra alors que Paul démentisse avec des apparitions publiques.

1993, à l'occasion d'une tournée épique, Paul est de retour sur les clous pour un clin d'œil à la rumeur, pour affirmer à la terre entière, que même virtuellement mort, il n'a jamais été aussi vivant.
Pour preuve, le groupe est grisé par les concerts depuis l'énorme « Tripping live fantastic » tour. Les McCartney prennent du plaisir sur scène, il n'a d'ailleurs jamais lâché les tournées, de nouvelles dates sont annoncées pour 2013/2014.. Les bandes blanches palpitent et le répertoire des Beatles est de plus en plus exploité. Par rapport à « Tripping.. » ce nouvel album live ne contient que des inédits, à l'exception de « Live and let die ». Paul possède quand même plusieurs centaines de chansons à son actif. C'est aussi l'année où il retourne pour la première fois à l'Hollywood Bowl en la présence de Ringo.
Abbey Road, une nouvelle idée ludique de Macca et le photographe d'origine Ian MacMillan est à nouveau convié pour un cliché hommage avec des chaussures cette fois-ci, pour ne pas mourir à nouveau. Paul, dans sa carrière est mort plusieurs fois. Rien de morbide ici, une résurrection, un amusement sur l'éternité des artistes, Paul is live. La vie réelle des stars, des légendes, ils sont toujours là, quoiqu'il arrive, même John, même George.

Ce disque ne connaitra pas un grand succès succès, une certaine overdose discographique, ce live est pour les fans absolus. Beaucoup d'autres concerts suivront et seront édités. Celui-ci, la vitrine de « Off the ground », est un moment scénique de plus et de haute qualité, un clin d'œil à la rumeur 69... Paul fut un chanteur mort à démentir...mais voilà, « Paul is live ».
Quoi !!! ?? ... si ils ont dit un jour que Paulo is dead... n'importe quoi :D

Paul McCartney 1993 « Paul is live » label : mpl/parlophone

Arab Strap 2026

  Une langue purée sur des idées embrumées, " You you you " se frotte à Baxter Dury en plus crade. Le dancefloor pue des reins. Ch...