mercredi 30 janvier 2013

The Beach Boys


Jeudi 31 janvier : A rebrousse poil
Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
Le webzine pour lequel je bosse depuis plusieurs mois, me commande un billet sur un album incontournable, dithyrambique, qui a cartonné planétairement, mais qu'on peut pas blairer. Il faudra le défendre quand même!  (Mauvaise foi, préjugés, exubérance, faux-cul... tout est permis, sinon on est viré!)
 
 
Pas facile d'aborder une telle entité artistique, des talents les joues gonflées, généreux, un tel bonheur de bergerie à moumoutes, les poils du berger.
« Pet sounds » est un disque facile à trouver dans les étagères, pour le cas où l'on aurait du mal à mettre la main dessus. Il est vert tendre et jaune vif, devant, derrière et sur les arrêtes. Une prairie jonchée de pissenlits où viennent s'ébattre des Télétubies zoophiles.
Un pied de né aux vieux des 50's et aux jeunes bobos de l'époque, intemporel et neuf. Deux continents s'affrontent, « Revolver » d'un côté, « Pet sounds » de l'autre. Et puis on retourne vers l'Est, puisque « Pet sounds » aura eu l'avantage de titiller Macca, et d'engendrer Sgt Peppers. Mais le retour ne se fera jamais, « Smile » naitra en 2009, la date de péremption largement dépassée. A croire que c'est le Titanic qui transportait les deux inspirations.
 
Seize tubes derrière lui, avant de bâtir cet opus à lui seul, l'innocence comme philosophie, du son pour les drive-in naissants, des jeunes filles américaines qui se consolent de ne pas voir les Beatles plus souvent, des burger comme nourriture, et des pouet-pouettes sur « you still believe in me ». Les sodas sont pour eux, les radis pour les chèvres, l'atout des Beach Boys, c'est d'avoir des plages ensoleillées proches des disquaires. Quelle pieds cet infantilisme, cette légèreté comme si on tenait debout sur une planche à grosse vague.
C'est l'Amérique, Wilson est millionnaire, le son est hyper saccharosé, les chœurs comme un gâteau gigantesque de crème saturée. « Rubber soul » dans le casque, ses rêves, ses extrapolations, ses envies de hauteur, Brian Wilson cogite sur une riposte, gavé de shit et de Milk-shake. Et ça se sent.
Des thèmes tournent autour des angoisses d'enfance, bim, ça marche, on retourne à nos 3 ans Casimir et Chapi-chapo.
 
Seul hic à ce disque, la phrase de Brian Wilson « je veux faire le meilleur disque de tous les temps ». C'est ballot, pas loin. Ah si, un deuxième hic, Phil Spector qui repartira pour un autre sabordage « Let it be ». Wilson, conscient de ses limites à ne pouvoir plaquer des mots sur des mélodies, embauchera un spécialiste et rentre en studio en grand patron. Trois pianistes, deux bassistes, trois guitaristes... gastro (fidèle la mienne..eh je me mets à niveau !!:D)
Brian lutte, combat, et avoue qu'il n'est pas fait pour son époque, on comprend pourquoi « Smile » sortira trop tard en 2009 donc. Du son, des gadgets, une petite révolution, même Paul McCartney avouera que « God only knows » est la plus belle chanson de tous les temps. Quel déconneur ce Paulo.
Et puis « Pet sounds », c'est quand même que des chansons qui finissent décrescendo.. pas besoin de s'étendre, de trouver une fin, ça dégringole tout seul sans rien faire, comme un travail pas fini.
Le deux-piste est mort.. vive le deux-pistes, symphonie de poche, intelligence sonore, trouvailles houleuses.. et terrible muse pour des groupes de maintenant que tout le monde adore  Animal collective  … ouuaarrrfff . J'crois qu'vais vomir là....
Pièce discographique planétaire incontournable que l’on retrouve dans les bacs, ainsi que tous les autres albums des Beach Boys en digipack pour pas cher, quelques mois après leur macabre résurrection.





Quoi !!!?? je suis viré ??? !!!
Beach Boys 1966 « Pet sounds » label : capitol


mardi 29 janvier 2013

Gibb / Anderson / Siebenberg ... solo-bonus



Combien de temps Ringo Starr a t-il sorti des disques avec des remugles Beatles ? Bob Siebenberg lui sort en 1985 son premier album solo alors que Supertramp cartonne avec « Cannonball ». Il est le batteur régulier du groupe, il écrit et compose ici avec naturellement des élans Supertramp. Ceci dit, ce disque loin d'être indispensable est un objet rare, jamais réédité en cd, spécialement réservé pour les collectionneurs des Super-clochards. Le son analogique de synthé froids programmés, la gaieté un peu puérile, une voix moyenne, une pochette ignoble qui pourrait faire l'objet d'un autre thème, du rock FM américain léger, mais avec quand même quelques moments agréables.
Bob Siebenberg, en bonus, par curiosité, le batteur de Supertramp qui s'amuse tout seul, même le saxo n'est pas assuré par Helliwell.
Une pièce de collectionneur que j'ai acheté en 85 parce qu'il y avait marqué dessus « First solo album from the drummer of Supertramp ».
De l'autre côté, Roger Hodgson sort son premier disque solo alors qu'il vient de quitter le groupe. Trois pièces a se procurer pour un divorce, une entité culturelle qui prend l'eau.. et pourtant « In the eyes of storm » et « Brother where you bound » sont des disques excellents, presque inespérés après rupture, reste Bob, anecdotique.



Bob Siebenberg 1985 « Giants in your room » label : A&M

Ian Anderson 1983 « Walk into light » label : EMI

Robin Gibb 1983 « How old are you? » label : polydor



Deux années avant le batteur de Supertramp, le héron Tull montre à nouveau les dégâts des 80's pour les mecs déjà en circuit. Les mélodies en sont attaquées, lui-même avoue la médiocrité de quelques pièces de cet album. « Under wraps » du groupe aura la même saveur juste l'année d'après. A l'époque, son esprit expérimental privilégie l'utilisation de nouveaux matériel analogique. C'est Peter-John Vettese, le spécialiste des synthés qui le seconde dans cette affaire.
Disque rare aussi, même s'il est réédité en numérique en 2010. Du lourd, encore pour les collectionneurs. Le Tull ne rentrera même pas dans le Top 50 de Toesca avec ce disque. Un seul point positif, la flute est intacte et enregistrée acoustique... faut pas déconner.. c'est Jethro Tull quand même.

Un qui s'en tire bien ces années là, le petit frère Gibb. 1983/84/85 trois albums solo, alors que les Bee Gees sont essoufflés, sans être définitivement splités. Le redémarrage 87 sera d'envergure.
« How old are you? » est surement le meilleur des trois, avec le single « Juliet » qui cartonne. Une cohérence sonore et surtout l'impact des mélodies comme à son habitude chez Robin. Ici, la modernité est justifiée, moins maladroite. Faut juste aimer les Bee Gees post disco. Écoutez « Another lonely night in New York ».. du pur jus Gibb, avec Maurice à l'écriture. Juste pour l'anecdote, Barry lui s'échappe en solo aussi, et avec Barbara Streisand. (mais nan c'est pas une chronique people).
Pour les Robin solo.. demandez.. je collectionne..même « Agent secret » 1984 tout pourri... :D

Bonus de chez les bonus..je n'ai pas mis l'entête du jeu pour profiter de vous filer tout ça, un bruit de fond des officiels. Un cadeau du père Charlu. De toute façon, écoutez..vous allez comprendre...




Panda Bear



J'ai beau avoir une aversion particulièrement tenace avec les Animal Collective, je reste quand même attaché à quelques morceaux, à quelques idées loin de leurs extravagances vocales tralalatélétubies Beachboyardes. Il y a une pièce de l'un d'entre eux que j'écoute très souvent et qui n'a pas grand chose à voir avec le collectif. Panda Bear tient son premier album seul alors que le groupe cartonne partout, « Young Prayer ».

Une grande pause thérapeutique pour l'Animal, des douleurs, un drame personnel, un disque introspectif, totalement intime et géré seul. C'est leur label à eux qui héberge cette escapade, Paw-Tracks.

Grande simplicité, comme la pochette, acoustique, introvertie et étourdissante, divagations sentimentales, ce disque là est mon rescapé du collectif. Même les albums suivant de Panda Bear me laisseront de marbre. Un disque très rare pour un trip torturé.

L'américain Noah Lennox continue de grossir la discographie du buzz-group Animal Collective, il habite Lisbonne et son dernier album solo en date est « Tomboy » 2010. Rien à voir avec l'émotion de « Young Prayer ».
Un moyen de se réfugier et de faire un pieds de nez à l'animal collective.



Panda Bear 2004 « Young prayer » label : paw tracks.





Je ne triche pas.. ces billets officieux sont des choses rares et particulières dont je veux vous faire partager, et je fayotte pas :D.. vous l'envoie ce soir.

BONUS 1

lundi 28 janvier 2013

Five Horse Johnson


La gueule de bois arrive au point zéro d'un compte à rebours au fil duquel les degrés fondent lentement, comme une distillation inversée.C'est ici que le remède s'impose pour compenser la perte.
 
Sur la pente ascendante, se sont des chemins poussièreux de bourbon qu'il faut franchir.
Un album pour tiser, pour grimper le gosier sec, gravir les échelons, les mètres de bière...
Quand on aime ZZ TOP en plus rural..une petite nouveauté qui chlingue.


Five Horse Johnson 2013 « The taking of black heart » label : small stone



samedi 26 janvier 2013

Paul McCartney 2005




Dimanche 27 janvier : Hangover sound
Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
C'est pas la messe, c'est pas du bronze, c'est pas du marbre... c'est pas du toc, c'est pas d'la tarte, c'est pas donné, c'est pas d'l'amour non plus... mais alors qu'est-ce que c'est... je vous l'demande... bah, c'est une grosse gueule de bois! (Dimanche matin enclume, ça craint, un disque pour soigner les gueules de bois.)



Dans mon armoire à pharmacie, il y a des disques de Paul McCartney, un en particulier. Le dimanche, alors que le troupeau est rappelé à l'ordre par les cloches, je sors du cageot avec les cheveux lourds comme la lune, des poils qui ne sont pas à moi. J'ai encore ces cris de joie, ces sourires de baleines aux haleines sucre de canne de la veille. Des mains sur l'épaule, des discussions utopiques, des aveux en aparté, des regards qui en disent long. Une longue descente dans le grisé.
Paul a 64 ans quand il sort « Chaos and creation in the backyard », "When i'm sixty four", c'est ici, son plus beau disque. Comme si un jour il avait pris rendez-vous avec lui.

George Martin lui présente Nigel Godrich. Jamais personne ne lui avait parlé comme ça, bousculé, Paul adore, il jouera de tout, comme en 70 et 80, jusqu'aux tubulars bell d' « English tea ». Tout remettre en question, comme un dimanche matin d'enclume, la gueule percutée par un bulldozer, la pantoufle caterpillar.
 
Cette fois-ci l'insolence n'est pas pour l'icône. Il est confronté à la franchise, malmené, il sortira le meilleur. Pour la première fois depuis les Beatles, Paul aura la voix de son age, l'intimité qu'on lui veut, il assumera le temps dissimulé, les années condensées, amassées, il va cesser de se faire passer pour l'éternel jeune homme. Une pause à la gaudriole crane, la noblesse d'un jeune homme qui a vieilli. Du coup, le disque n'est pas sombre, mais mélancolique, nostalgique. La preuve, la guitare sur « How kind of you » est la même que sur « Paperback writer ». Certaines mélodies (« Too much rain ») ont le sourire de « We can work it out », « Yesterday » « The long and widing road », « Maybe i'am amazed ».. du romantisme Polo à l'état pur en nappes fantomatiques trainent sur le mur de cet album. « Jenny Wren » a les ailes du « Black bird ». Jenny en pastille Rennie pour l'estomac. « A certain softness » berce mes sténoses avec son paracétamol slow. Des arabesques mélodiques jamais égalées, de la dentelle harmonique. Un sachet de smecta pour neutraliser les acidités, « Riding the vanity fair » quel breuvage doucereux. Une plongée dans l'intime, loin du brouhaha de la veille, des airs surannés comme il aime, mielleux « honey pie ».
 

Tous ces médocs me soulagent, je regarde à travers la fenêtre, cette mini-cour face à la salle à manger. Des visions grises, Michael le frangin qui capte en clichés, Liverpool.



Quelle gueule de bois !!

Un citrate de bétaine pour mon lobe hépatique... merde, y'en a plus.. tant pis je vais faire bouillir un citron et boire cette infusion.. « English tea ».. limon.

Dommage pour ceux qui assistent à mon apparition post-matinale, je mets pour la énième fois « Chaos and creation in the backyard »..oui je sais, encore et encore. Mon armoire à pharmacie est vide. Je ne participe pas à l'essor charognard des industries pharmaceutiques.. il y a juste ce disque pour moi.

Lustral, de l'aspirine à prendre par les oreilles. Tellement familier ce chant, si rassurant, je tiens debout, miracle, j'ai honte, pourquoi infliger une telle souffrance à la mémoire de nos cellules ? Le cytoplasme bat les tempes, je prendrais bien une Mc Ewan's !!!

« Follow me »....... allez, j'ai des stouts plein de frigo....



Paul McCartney 2005 « Chaos and creation in the backyard » label : mpl

Tout le monde a déjà Chaos !! alors prenez le temps de regarder cette heure de grande maitrise artistique.....



jeudi 24 janvier 2013

Blind Faith




Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
Les disques, c'est comme le vin, des années avec, des années sans... mais que se passait-il l'année de votre naissance? (Un choix discographique de cette année-là.)
Vendredi 25 janvier : Happy Bithdyear

L’embarras du choix pour cette année charnière, une montagne de disques de grande qualité. Mon choix, Blind Faith, groupe éphémère, mais sommet musical :


Une bouffée d'oxygène pour ceux qui croyaient les Cream disparus. La voix de Jack Bruce est sublimement remplacée par celle de Steve Winwood. Comment peut on chanter le blues placé aussi haut ? Eric Clapton quant à lui passe son temps à se fondre au milieu de protagonistes plus prestigieux les uns que les autres. C'est pourtant lui épuisé, qui lâche l'affaire et se réfugie pour cogiter et tirer les leçons des fulgurances de Cream. Une autre lueur éreintée sortant d'un trafic flingué le rejoint, Steve Winwood avec qui il commence à gratter, écrire. Deux demi-Dieu verront alors débarquer un autre rescapé aux peaux tendues Ginger Baker. Des semaines à mijoter, à approfondir des noirceurs, à filtrer des fatigues pour voir surgir les chansons du diables, jamais autant de pépites sur un même disque. La fulgurance définitive après laquelle plus rien ne sera comme avant pour eux. Comme s'il avait fallu passer par là pour trouver l'apaisement et l'ouverture sur d'autres carrières. Va quand même falloir un bassiste. C'est chez les prog Family, au bout de huit semaines de travail que le trio allait piocher, Rick Grech. Et là mes frères, une véritable bombe épique et ponctuelle va naitre, surgir des flammes comme jamais. La vraie quintessence du blues rock dans ses formes les plus incandescentes et féminines. Le jeu de Baker est à se tordre, les guitares viscérales, la basse salope et la voix immensément divine.
1969, Polydor et Atlantic se percutent devant cette réunion de titans. Si le bassiste est affublé d'un charisme timide, Baker lui, complètement cinglé prend son rôle puissamment et balance, lors de la tournée qui débute illico, un « Under my thumb » épique qui va foudroyer les milliers de hippies qui se précipitent devant Blind Faith. Il avait en studio, phagocyté l'énorme jazz-rock africain « Do what you like ». Clapton lui montre ses incisives au meilleur de sa forme, tandis que Winwood n'en finit plus de monter aux cieux avec un chant totalement habité. Buddy Holly offre son fantôme injectant à Clapton l'idée lumineuse de greffer un manche de Stratocaster sur un corps de Telecaster, permettant une boucle hypnotique à ses riffs (« Well all right »).
Des prises énormes (la version Deluxe  confirme), « Hey Joe » qui split, la planète entière qui s'astique, un quatuor satanique quasiment sexuel, une pochette (les rééditions gardent l’originale) qui dérange mais qui ne sera qu’occasionnellement interdite (contrairement à « Electric Ladyland » la même année), des allusions Christiques (« Presence of the lord »), les mecs sont pompés jusqu'à la moelle pour une autre fatigue, juridique celle-ci. Clapton finira par se réfugier près de Lennon pour sa tournée Toronto et le Plastic Ono Band. Winwood avec sa voix stratosphérique exigera de multiples prises pour un disque quasi live.
Tout ça en quelques mois, un instant unique dans l'histoire du rock, aggloméré compact.
Toutes les chansons de cet album sont des pièces uniques, comme s'il s'agissait d'une compilation. Elles seront d'ailleurs reprises sans cesse pour les sessions live respectives... « Presence of the lord »... « Can't find my way home ».. et « Sea of joy ».. je mets un genou à terre à chaque écoute de celle-ci. Basique, géniale, Am, D, puis E et cassure en A et E pour garder la ligne.... pour la voix, faut demander à Steve de venir chanter. Exactement la musique qui me rend cinglé, à croire
1969, année sextraordinaire, d'une grande richesse culturelle :D..grand cru.




Blind Faith 1969 « Blind Faith » label : universal






mercredi 23 janvier 2013

BULLE

J'ai pris beaucoup de plaisir aujourd'hui à voir de tout, et surtout des tonnes de disques retournés pour chercher des bulles :D
Pis c'est pas beau tout ça ??











Et les bulles de champagne alors !!!! bah c'est pour moi..Tchin à tous...

Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...