vendredi 15 mai 2020

Riké 2020



Les dires disent qu'il y a 8000 ans, la première épidémie est venue chambouler l'être humain en pleine révolution, ou plutôt évolution. Ils commençaient à cultiver, à domestiquer.. les bœufs parqués ont transmis la fièvre pesteuse.
Néolithique, nouvelle pierre, mutation, nomades qui se posent, nos vies intra-muros n'ont rien apportée de plus. Toujours des maladies émergentes, des âmes putrides, l'impacte colossale qui concerne les pays riches. Un énorme poil épais sur la savonnette du libéralisme.
Nous sommes des hôtes potentiels, accueillants, hospitaliers, nous les premiers prédateurs planétaires croulant sous des milliards de normes censées nous épargner, nous croulons donc sous nos erreurs permanentes. Moustiques planétaires ou salives des gens qui causent.

Le désordre dans nos ciboulots, une envie de braises, du crépitement sous les étoiles et puis du feu sous les cordes, des chants pour s'accrocher sur des portées, des hirondelles comme des notes dessus... et puis..

« Une guitare et des chansons
Sans prétention
Juste une invitation
A quelques minutes d'évasion...
AU COIN DE MON FEU
Supspendre le temps sera notre jeu .. »

Riké des Sinsé s'est fendu d'un opus acoustique à déguster au coin d'un feu, été, hiver, brasero ou feu de camp.. la chaleur des cœurs. Merci mon Yien pour cette soirée « Au gré du vent ».

Riké 2020 « Au coin du feu » label : Sony atv / patouche


mardi 12 mai 2020

JL Murat 2003



Qui aurait pu imaginer une telle pissette à la vue de ses mains sèches et fripées, elle a fait son show dans le couloir du wagon corail épaissement drapé de ces vieux rideaux vert d'eau , avant de poser son vieux cul pincé sur la molle banquette usée, juste en face de ma tablette dépliée. Pas un mot, aucune politesse, elle a cogné de son genou pintade ma rotule mal placée. Les traits tirés, le ciel asphyxié, des ordres et des cloches marquaient son visage exsangue. Elle traînait avec elle la sécheresse de ses paupières en berne. Elle était habillée de noir et de résilles cendrées que j'eus le loisir de découvrir bien après.. moi je n'étais pas habillé en marinier.

Elle n'a pas mis une demi marée pour m'asperger la tronche, me baptiser la poire à plein bouillon, à peine le temps d'apercevoir son entrefesson. Une fable, la fontaine et le septique. Je m'étais lamentablement trompé sur elle, ce n'étais pas une contrefaçon. Les tempes et la moustache détrempées j'étais un naufragé, son rescapé. Elle me tenais de ses jets, minimum quatre. J'ai lapé son mucilage, mousseux au bord des lèvres, son écume meringuée et pof. Blanc en neige palpitant, les glaciers s'écroulent dans la mer, elle fut tel mon réchauffement climatique pour un instant, artères dilatées, respiration coupée, langue invaginée prisonnière des tensions, je ne voyais plus que dalle.
L'écluse, la giboulée, l'averse vous dis-je, elle m'a karcherisé la tronche, décapée la face, gommé l'épiderme. J'ai bu la tasse, suffoqué. J'ai cru mourir, moi pauvre chalutier, je vais finir par rouiller.

Je suis dans un autre monde, trois pintes sur le cœur, nature à demi morte, cyanosé devant cette corbeille de six prunes. Jamais je n'aurais dû être si près, dans l'axe, j'avais les poumons remplis de son eau cellulaire comme ravagés par les pollens de cyprès. Depuis, à chaque ondée chaude d'un été haletant, je pense à elle.
Écroulé dans un fossé je patinais. Le peau lavée sous la mousson lustrale j'ai bu son âme. Elle est devenue ma nymphe explosive. Quand je lui ai demandé son nom, elle m'a dit Denise. Je l'imaginais plutôt en Tina, « Love Explosion ». Je l'ai pris comme telle. De toute façon je prenais l'eau, je tapais les murs et passais sous les arcades, j'étais comme un gondolier bêta dérivant sur une artère trop pleine. Si la terre est basse, les ponts sont pas si hauts. La montée des eaux, c'est bien connu. Je ne l'ai jamais revue, pour moi elle voulait qu'on l'appelle Denise.. dans son plus beau contentement.
Quelle drôle d'idée.

JL Murat 2003 « Lilith » label : Labels

dimanche 10 mai 2020

Jane Birkin 90



Impossible de trouver une explication, le chemin qui m'a mené vers cet ultime cadeau de Serge à Jane.
Une envie douce d'écouter « Amours des feintes », l'opus le plus douloureux, le moins exposé, obsédant. L'encre sur la pochette de elle, c'est lui, et puis tout aussi, sauf que c'est elle.
Un instant unique, un disque à part, l'objet physique est sans issue, dépliant carton molletonné... je sais pas pourquoi j'aime quelquefois écouter ce disque perdu. Un arrière goût des chants de Maldoror... never more.

Jane Birkin 1990 « Amours des Feintes » label : Philips

samedi 9 mai 2020

Dick Annegarn 74



Paris la grise, les grandes villes sont vides, plus on en met dedans plus elles se dévident. De la cendre dans le ciel, les ruelles du matin en odeur de mégots mouillés. Les capitales décapitées, la mienne est dans mes souvenirs, très loin derrière, c'était y'a pas si longtemps. Partir à la guerre sans arme, les gens ne s'aiment pas depuis un bail, les masques et les regards seront là pour nous dire la méfiance et la haine, retourner au combat, bouffer du charbon, pourtant la planète tourne toujours à la même vitesse.
Dans les lointains confins on ne parle que du trafic impatient, les dispositifs tapent du pied, le calme semble saouler, le paisible leur est pénible, la pollution atmosphérique manque, vivement respirer de la merde bientôt.

En attendant, dans les prairies, rocailles et ravines, les géraniums sauvages se succèdent. Le Mollet est tombé, place à celui des marais et du sanguin.
« Sacré Géranium ».

Ça sent la terre, la danse des damoiselles, loin des engins. On est bien dans nos jardins. Laissons les sauvages se passer la main, bâton de merde en relais, se transmettre le début de la fin.. les cultivars Géranium des étalages devant celle des Pyrénées peuvent bien aller se rhabiller. Pas besoin de vin pour être soul.. qu'à cela ne tienne, juste deux verres de Fronton devant ce rose bonbon pâle loin des engins crétins.

Dick Annegarn 1974 « Dick Annegarn » label : polydor


vendredi 8 mai 2020

Damien Jurado 2020



La ouate dodue pure du ciel passe lentement, écume ondulée au dessus du hamac, par d'erreur possible, pas de kérosène à l'horizon, toute la mousse sous le soleil doré ne peut venir que de la croûte évaporée des poètes écorchés.
Casque du crétacé bien encré sur le crâne, isolé plus encore de ce qu'ils nous disent.. pas d'erreur les nuages qui passent, c'est rien d'autre dans le ciel que cette vapeur d'eau Jurado.


Damien Jurado 2020 « What's New, Tomboy? » label : loose

dimanche 3 mai 2020

Elton John 72



Vu le biopic, j’adore les biopics. Des histoires comme celle là, des destins, le génie parmi nous, des gens pas ordinaire, du super. Et puis cette chanson « Daniel ».. comment dire ….

Nous sommes en 1972, juste avant la foulée sur les briques jaunes , et après le « Honky Château ». Lequel d'Elton ?? l'embarras du choix, pour « Daniel » aujourd'hui c'est celui-là, tirez pas sur le pianiste.
Et puis, c'est une belle transition de baladin d'avec Ron, tu m'étonnes John.

Elton John 1972 « Don't Shoot Me I'm Only The Piano Player » label : DJM

vendredi 1 mai 2020

Ron Sexsmith 2020



Le plus Paulo des p'tits gars qui ont le génie de la ballade dans la peau et dans la voix... si si, « Spring of the following year »..c'est quoi alors ??!!

Je me souviens encore de l'année 1995, oui d'accord, la naissance de ma grande, mais aussi ce disque éponyme doux, soyeux de baladin relax tendre avec des idées végétales et enchanteresses. 2001 « Blue Boy »..et que dire de « Cobblestone Runaway » l'année suivante...
La discographie s'étend, s'allonge, c'est du précieux sans pour autant ébranler les ondes et les médias.

« Lo and behold » et on danse en chialant sur le banjo et le bandonéon.

Dehors c'est le retour de la flotte, il y a un bail que les cloches sont passées, depuis les clochettes sont trempées et les syndicats muets. Depuis trois jours les bois sont des boit-sans-soif, je choperai la première éclaircie pour tondre ma pelouse bottes kakis boa rose ou pas. En attendant « Hermitage » souffle un baume au cœur. « Small minded world » quelle merveille édulcorée, sirupeuse, harmonieuse .. comme un McCartney.

Ron Sexsmith 2020 « Hermitage » label : cooking vinyl

 

Opus Kink 2026

  Tant que ça, ça sent qu'ils sont british ? Pas besoin d'aller vérifier l'identité de cette jouissive découverte, il y a cett...