mardi 19 novembre 2013

Daho 2013


Pour se remettre de toutes les horreurs qu’on se gaufre depuis hier, à rebrousse poil, une pochette sublime pour un contenu qui ne l’est pas moins, le tout nouveau Daho. Du grand grand Daho.


Des chansons imparables, du groove, un orchestre, tempo rajeunis, pop-soul, une fraîcheur étonnante, fidèle à lui-même, entouré d’une pléthore d’invités, Etienne Daho signe un opus époustouflant de haute qualité, un album pour le corps… et quelle pochette.

Etienne Daho 2013 « Les chansons de l’innocence retrouvée » label : polydor

http://dahofficial.com/wordpress/








dimanche 17 novembre 2013

Creedence Clearwater Revival 70



 JSF 7 : lundi 18 novembre :
THE WEAR DON'T MAKE THE MONK!
Pochette hideuse mais disque génial.
 
L'embarras du choix pour cette entrée fulgurante dans la septième compagnie.

Y'avait bien le groupe post Jetrho Tull, Blodwyn Pig qui proposait des couvertures immondes fauve de cochon à lunette; les débuts de Smog.. lui n'a jamais été bon pour ça, pour preuve le greffier surexposé sur fond d'orage pas beau (« Knock Knock »); les pochettes du Pere Ubu; Faris Nourallah et ses dessins naïfs; le tout nouveau Islands... absolument ignoble a tel point qu'il en devient inécoutable; le premier album de Nick Cave, sublime, mais avec un cadre vert énorme; les pochettes d'Aphex Twin déguisé en fillette; Roger Waters et son autostoppeuse; Genesis 83 (« Mama »); et même le « Magical mystery tour »....
Bien sûr, je vous parle là des disques qui sont bons.


L'écart se creuse sur un opus important, à la pochette « n'importe quoi ».. hideuse et ridicule.

Un superbe album, terriblement historique et placé dans les devants des disques qui ont marqués l'histoire, le Creedence Clearwater Revival. 1970 « Cosmo's factory ».

Le Creedence, c'est 7 albums en 5 ans, 5 multi-platinés en 2 ans, un single toutes les 12 semaines, 3 albums en 69....

Avant, John Fogerty montait groupe sur groupe, une énergie folle, des riff rockab que son frère Tom récupère et renvoie. C'est une grève radiophonique qui permet au groupe de jouer « Susie Q » pour les grévistes, un buzz, et Creedence démarre comme une furie avec du Bayou brûlant dans les amplis. Fogerty, c'est l'urgence, c'est le 45T plutôt que le 33T, c'est le grondement, le feu, la montée fulgurante, et déjà en 70, après deux ans de marathon, « Cosmo's Factory » brûle tout sur son passage. Leur plus grand succès Lp.
Creedence 70, le bayou crade et blanc, mais avec Bo Diddley, Marvin Gaye et Little Richards dans les veines, des relectures terreuses. Loin des lévitations cosmiques des groupes d'époque, eux s'enlisent dans la tourbe et la terre grasse de blues bucheron.
En ouverture, « Ramble Tamble ».. 7 min de chaleur torride, l'impression qu'ils sont enragés. Une rage politique, une lave qui se répand sur la planète, ça tonne, c'est bon et juste, ça roule et ronronne, avec en plus l'idée de pouvoir danser dessus, tourner et gueuler à s'en foutre la tronche contre un lampadaire. Les vibrations sont lourdes, les coups de boules à porter d'arcades,
Sans déconner, elle est pas meilleurs la grappe de pinard comme ça (« I heard it through the grapevine»), avec ce gumbo la main au paquet, du gratte poil dans le calbute, de la lave dans les artères.... le space rock motown aurait pu naître de cette reprise.
Creedence, monte tellement haut, qu'ils vont chuter lourdement après « Mardi gras », deux ans plus tard.. s'écraser la gueule pour ne voir le jour qu'en 1985.. Fogerty ne s'en relèvera jamais.. le Wilson des terres grasses.

 
 
Sommet historique, disque sublime et bouillant, une brulure blues toxique en intraveineuse..ouaih mais voilà... le disque est enveloppé d'une pochette foirée. A peine croyable. Je suis un fétichiste du disque, une vilaine manie qui me fait renifler le livret, scruter la pochette, lire les crédits, je ne conçois la musique qu'en support Lp, avec tout ce qui va avec. Spectateur, auditeur, fan, amateur, passionné, dévoreur..de disques et avec en sus, le fait de ne pas concevoir la vie sans musique.

 
La pochette ici, ne m'aurait pas dérangée plus que ça, s'il y avait eu dedans, une grosse musique de daube incohérente et inhérente. La seule pochette maussade de leur discographie, collée sur leur plus grand succès. Pas un disque à punaiser sur le mur de sa chambre ou sur le mur historique des grands disques. Les mecs ont une pause de complaisance terrifiante, constipés les blues man, la moquette moumoutte rouge sent la vieille chaussette, ou le vestiaire de cycliste. Tiens, en parlant de vélo, y'a Francis Cabrel shooté qui pédale dans la s'moule et fait du sur-place avec un bidon blanc muni d'embout qu'on se demande bien ce qu'il y a dedans et où il va se le mettre. Rideau noir, poutre blanche merdeuse, tableau de composition maussade, je veux bien l'urgence, mais y'a des limites.
Ce recto ci n'est pas à l'image du son dedans, du volcan qui gronde... juste à la vue d'une telle pochette, j'ai envie d'écouter un best of des Charlots. J'adore les Charlots, mais c'est pas le son des Creedence, c'est pas la même histoire.
Un disque énorme, une pochette pourrave. J'ose à peine imaginer combien il existe de disque bien affligeants, avec en bonus, une pochette qui ne change rien à la médiocrité du contenu.

Creedence Clearwater Revival 1970 "Cosmo's factory" label : fantasy records





 
bonus en rafale
La pire pochette au monde, une nouveauté, Islands..pas pû écouter.









Barbara 67



La rose de Noël, belle dans son écrin blanc vient faire la nique aux roses et rouges qui ne peuvent survivre aux frimas. Discrète sous les feuilles bouteilles, son cœur à elle est tilleul, et viennent lécher la lèvre du pétale, juste histoire de dire que cette rose là est plus proche de l'herbe que ses sœurs reines ou princesses du ciel.
Le rose meure en vielle peau de cigale que les vanneaux chassent par leur pointillisme nuageux au dessus des champs retournés, des vagues faces au froid.
La blanche discrètement jaillie, avec sa tige pleine de taches de rousseur.
J'ai un figuier qui pousse plus que je ne l'espérais contre ma façade blanche, un parterre de roses de Noêl s'y abrite. Tous les deux resplendissent... du blanc.
La rose blanche sort des feuilles vert bouteilles, discrètement de la terre détrempée, celle qui s'endort après les vendanges. La lumière est courte, le soleil en peau de chagrin démissionne. La blanche nous éclaire de son tendre abat-jour de peau laiteuse.
 
Je ne sais pas pourquoi, dés que j'écoute Barbara, je pense à une rose blanche. La belle d'automne, celle que l'on cueille en hiver. La rose de Noël.



Barbara 1967 « Barbara »

samedi 16 novembre 2013

Alexis HK



« Le dernier présent » est pourtant sorti l'an passé, Alexis tourne et tournoie encore sur la platine, comme un album d'ici inéluctable et incontournable. Des mélodies entêtantes qui tanguent et dansent, tantôt électrique, tantôt acoustique, banjo, contrebasse, basse ou gratte.
Puis Alexis, c'est un langage, un flot, une idée de la droite qui l'agace, les rapaces de ce monde aussi.
 
Je me souviens de « Antihéros notoire » en 96, de la visibilité 2002 avec « Belle ville »..puis du reste..puis de cette soirée à l'Usine à Chapeau, où tout proche de lui, les mélancolies aux allures de crooner nous on embarquées dans son manège étourdissant à pleurer. Des âmes, des gens tourbillonnent autour d'anecdotes, de passé, comme des contes. D'ignobles nobles, des princesses de papier, des poètes, des empires, beaucoup de vie, de sentiments.
Les musiciens qui l'entourent sont si attachants, tellement bons, pantalon, veste, beaucoup de talent. Une classe. Une certaine époque nous envahi, une idée d'avant, une écriture très attachante, de la chaleur, on est bien au pieds d'Alexis et de son groupe. Mathieu Ballet, banane grisonante, autoharp, accordéon, clavier, costard à carreaux noir et blanc, lunette sombre et grosse bagouze.. il a produit cet album, ainsi que le précédent « Les affranchis », personnage charismatique et fantastique autour d'Alexi.

 
La dernière fois que je me suis trouvé devant une scène, c'était pour boire du cerveau les dernières chansons de Bertrand Belin. Ils sont bien les p'tits gars de chez nous, avec leur identité culturelle, leurs choses à raconter, les sentiments et les humeurs sur de belles mélodies.
Qu'il est bon de brancher son cerveau et son affect pour le poète, le chansonnier, le chanteur/auteur/compositeur, un art populaire qui plonge du côté mélancolique, politique, dans une belle marge où nous sommes de plus en plus à nous réunir en cachette... « on apprend pas à un porc de cesser de se gaver .. comme un porc»...des « petits coqs », minuscules, Nick, toute sorte de pourrissement lent où viennent picorer des « poules surfriquées »... des « Affranchis », des « Ronchonchons »...

 
Salle comble pour Alexis HK d'une petite ville de province, chaud bouillant, suffoquant de chaleur humaine. « Le dernier présent », le cinquième album d'Alexi HK qui compte parmi les grands disques et les grands artistes d'ici. Le ménestrel travaille libre et indépendant, créé au beau milieu des vignes nantaises.



Alexis HK 2012 « Le dernier présent » label : la familia




mercredi 13 novembre 2013

Jethro Tull 70




Mon job est basé sur le revivifiable, je n'avance qu'avec des cellules qui repartent sur l'agar nourricière. A peine posées dessus, elles refleurissent, rebourgeonnent et sporulent de plus belle. Une lampée d'eau, du malt, des sucres et le cycle redémarre, rajeunissant le matériel génétique.
C'est un peu le même processus qui crèche dans mon cerveau quand je mets un vieux disque sur la platine. Le rétro est revivifiable. « Benefit », dès la première note, déclenche, des sons, des souvenirs, une époque en remugles... des retours comme un cycle. L'effet est immédiat, une vieille cellule pleine de vie se pose sur la gélose de mon affect bulbeux, une note et tout se remet en route illico.
Je vous dis ça, car depuis quelques jours, le Jethro Tull 70 est en réedition Deluxe, hyper bien gonflé et revitaminé. 1970, troisième album, le blues pur s'éloigne, l'identité créatrice s'affirme, rock psyché, blues médiévale progressif. Les barbus sont en partance pour un « Aqualung » à venir, une autre carrière. En attendant, « Benefit » est un album secondaire de leur discographie, que j'aime tout particulièrement, un quatuor en évolution permanente. Des mélodies sont à se tordre : « To cry you a song », « A time for everything? », un ensemble assez sombre, une période intense avec des tronches déglinguées, et une grosse production de 45T qui offrent des bonus indispensables (« Sweet dream », « The witch's promise », « Teacher »..).
Le retro fait rage depuis quelques années, je n'échappe pas à quelques retours de vinyls ou K7 revivifiables... « Benefit » sur la platine est mon esprit refleurit de mille notes de flûte.


Jethro Tull 1970/2013 « Benefit » label : chrysalis

 
 


JSF 7


Jsf is back..le temps presse, les piles de disques s’entassent.. compte à rebours.. rendez-vous lundi prochain :D




http://le-club-des-mangeurs-de-disques.blogspot.fr/2013/10/grand-jeu-sans-frontieres-des-blogueurs.html



lundi 11 novembre 2013

Spencer Dickinson



J'ai surement négligé cet album à une époque, un moment où je croyais en voyant la pochette, qu'il s'agissait d'une bande son de western...ou de quelqu'un d'autre.
Il y a pourtant peu de chose à louper dans la discographie de Jon Spencer. Il se trouve ici, qu'il est associé aux deux frères Dicksinson, Luther et Cody, deux autres hors la loi au poils rugueux.

« (Chug chug) it's not ok » me tue.

« The man who lives for love » est un disque à placer dans les hauteurs des super bons disques de rock de tous les temps... aussi bon, même meilleur qu'un Stones, aussi jouissif qu'un Frank Black and the Catholics, des allures Iggy Pop, Hendrix.... du rock'n'roll lâché dans le garage, du rockabilly et du Boogie, du Blues abrasif, quelques ballades, du bon rock. Une tuerie même.
 

J'ai ignoré ce disque, je ne l'ai même pas reconnu dans les enceintes de mon disquaire qui le diffusait à fond, je connais pourtant ce son Jon Spencer blues explosion et de l'ACME.. rien, juste scotché sur place à ruminer.. « mais c'est quoi ça bordel ».
Ah ouaih, ok, tout me revient,.... autant pour moi, je suis out au blind test, je déconne à plein tube. Et pourtant c'est tellement évident.
 

Out, pas pour longtemps, comme punition à la lacune à remplir les latrines de mon inconséquence, je rentre avec ce disque et le passe en boucle avec le volume sonore nécessaire. Et je me flagelle des arrangements géniaux, des idées sonores live excitantes, du plaisir brut qui se dégage de ce set 19 tracks extraordinaire. Je me suis enduit du crade goudronneux et couvert des plumes de mon traversin pour ne plus dormir, traverser les ruelles de ma rue, devant les badauds baveux en bagnaude, et me suis vautrer dans un champs pour agoniser et pigner sur le blues 10min du final « I'm so alone ».

ps : il n'existe que deux albums sous ce nom associé. Des indispensables.


Spencer Dickinson 2006 « The man who lives for love » label : yep roc

 
 

The Jayhawk 1989

    D'emblée et de loin, " Rainy Day Music " est mon album préféré des Jayhawks. De deux, la Country est chouette quand elle ...