jeudi 16 mai 2013

Kate Bush 82


 
Tellement de filles chantent et offrent des disques sublimes à faire fondre un bucheron des villes. Sarah Blasko, Lisa Germano, Valerie June, Melissa Laveaux, Delphine Volange....toutes ont un style, une patine bien à elles, chacune un ravissement. Toutes ces grandes dames artistes me font gambiller le caillou, un véritable carrousel de féminitude. Les blandices rosissent à chacune des mes écoutes, aussi, je ne peux pas m'empêcher de me souvenir, qu'à un certains coin reculé de ma discothèque, il n'y en avait qu'une. Dans ma verte adolescence dévouée, je n'écoutais que Kate Bush, tout content d'apprendre alors que le guitariste des Pink Floyd (Gilmour), qui passaient aussi en boucle sous ma mansarde, avait mis sur les rails cette artiste atypique. J'ai ainsi usé jusqu'à la dernière molécule de chrome ma K7 audio de « Kick inside ».
Bizarrement, « The dreaming » son quatrième album est aussi celui que j'écoutais le moins, inexplicablement. Je m'étais vautré trop violemment sur « Hounds of love », l'album avec lequel je suis entré dans son univers féérique. Je me rattrape depuis, je l'écoute souvent, histoire de mettre « The dreaming » dans la balance, de lui rendre les éloges qu'il mérite. Difficile de réaliser un album après le succès planétaire de « Babooshka ». Cette femme est libre.... l'anneau sur la langue, et les chaines du don juan..j'y croyais pas une seconde.

Kate Bush 1982 « The dreaming » label : EMI





mardi 14 mai 2013

Valerie June



Dan Auerbach pose sa patte un peu partout sur la planète. Après les guitares africaines de Bombino, c’est au pieds des Appalaches qu’il vient construire un son de folk roots aux frontière du R’n’B, sur les chansons de Valerie June.

Si sa large crinière dreadlocks est incontrôlable, ses chansons de guitares soul sont rigoureusement bâties autour d’un traditionnel country blues au métissage afro.

Une étoile est en train de naître.

Valerie June 2013 « Pushin’ against a stone » label : Sunday best

http://www.valeriejune.com/fr_home.cfm





lundi 13 mai 2013

Delphine Volange / Bertrand Belin


 
Pas encore remis de l' « Hypernuit » qui colle à ma platine, je scrute et décortique ses accords, je cherche à comprendre, je vais voir du côté de Delphine Volange qui a posé ses mots dessus. Il existe dorénavant, la touche chansonnière de Bertrand Belin dans notre paysage hexagonal. Quelle puissance artistique cet hypernuit qui tangue et ne s'arrête jamais d'égrener de l'admiration sur mon cerveau.
Volange, c'est sa part de féminité comme beaucoup d'autres l'on avouée avant lui. Volange, c'est l'hypersensibilité, une certaine idée de la féminitude, quelque part entre Birkin, Adjani et Jeanne Cherhal. Un texte de Vannier, une symphonie qui habille tellement bien la chanson française depuis des décennies.. de belles mélodies.
C'est la chanson qu'on fredonne et sifflote soudainement, qui nous murmure comme un Julien Baer, des tranches d'émotions comme JP Nataf, Delphine, c'est une autre Balibar au service des notes d'un artiste, d'un homme qui s'impose doucement et surement au milieu de notre patrimoine.
Des petites amourettes parisiennes, la parc Monceau, des trains, Montparnasse.
Bertrand Belin, c'est un air qui paye pas de mine, mais qui finit par vous obséder, et l'on revient sans cesse sur son minimalisme qui camoufle un lyrisme dévastateur, absolument palpable sous les pommettes roses de Delphine Volange.

.. et de Delphine Volange 2012 « Le ciel était toujours sans nouvelles » label : irfan







dimanche 12 mai 2013

Supertramp 74



Au secours, mon portable préhistorique vieux de quatre ans à peine vient de me lâcher. J'ai pas fait des études de communication en portable, la dame que je suis obligé d'aller voir va encore me figer.

 
Helppp !! .. elle est au comptoir, l'uniforme aux aguets et me parle bizarre, comme je le craignais, l'impression de revenir d'un long voyage où la barrière du langage est un dépaysement. Mais là, je ne comprends rien, merde, elle rigole pas en plus, c'est quoi votre prénom ?? Rudy ??..y'a pas un traducteur dans la file d'attente de badauds qui me scrutent comme on assiste à un fait divers.
J'ai faim, je comprends rien, j'ai soif et je sais pas... « roaming ».. ?? pouarff !! on peut mettre des disques dedans ??!! Oh !! impeccable ..mais plus que dans ma pochette 24 CD que je trimbale partout ?? mais c'est cool ça, comment on fait ?? arrff ça recommence, elle me dit des choses bizarre. Blue touffe ??!! de quoi, SDK ..ouh là..puis des photos en hyper qualité.. bizarre en plus elle à la voix de la schtroumpfette. C'est quoi ce plan.. une soirée dans l'hôtel avatar ou androïd pour prendre en photo la femme de ménage DCIM ?
 
Mais je vous assure, ce disque là est une étoile de rock prog jazz romantico pop improbable qu'on se sent danser dans les nuages avec. C'est de la nostalgie, de la fraîcheur, c'est neuf et unique pour l'époque. Donne-moi la main, tu vas voir on va tourner en pleurant, tourner et valser sous les larmes de Roger. On va parler fort puis se taire, glisser sur l'escalator, viens, la Galaxy va exploser, Italie 2 cet asile, est une grille de prison qu'à deux nous allons faire valser, parce que « Crime of the century » c'est que la grille sur laquelle tout le monde vient s'accrocher, comme le bernique à son rocher, autour, c'est nous, le vide, les gens enfermés s'accrochent à leurs barreaux.. viens, penches la tète, prends une bouffée, notre liberté est autour...il n'y a pas de mur.
Supertramp 74, c'est à tomber, il faudrait que tu me le mette dans mon nouveau phone .. puis dans le tien si tu veux bien, s'il te venait le goût de glisser sur les fantômes, de danser dans la fosse, juste à imaginer qu'il y a que nous. Regarde, je suis nu devant toi, je comprends rien et j'ai mes fringues au bras, aide-moi, toi qui te cache dans ce coquillage magnétique.

 
Quoi ?? vous comprenez rien à ce que je dis ??!!! merde, comment on va faire tous les deux. Vous êtes pourtant belle derrière votre comptoir, à réciter d'une voix monocorde, ce discours qu'on a dû vous buriner à la formation, une récitation automate. Vous êtes comme l'enfant sur l'estrade, le regard qui lézarde la fissure sous le tableau noir. Et pourtant, c'est moi qu'on interroge. Mon code « pine » ?? .. ouaih, ça j'ai.. mais vous savez que Supertramp lors de cette tournée là, en France, ont joué devant quelques dizaines de spectateur seulement... et qu'il aura fallu un fameux petit déjeuner en Amérique pour canoniser ces barbus cinq ans après ?... hein ?? Puk ?? tu veux dire Poke ?? ah nan ça c'est facebook... puk poke pic et pic.. oh ça va.. tu vas te décontracter... quoi??:: je suis un « Dreamer ».. vous la connaissais ?? ah ouaih, mais c'est presque celle que j'aime le moins del'album.... mais voilà, oui c'est ça... on va finir par se comprendre..
 
 

Bordel, j'ai dû m'assoupir sur mon siège devant ce mode d'emploi encyclopédique de mon nouveau portable.. il paraît qu'on a notre cerveau le dedans, comme la boite à chaussure de Carl. Comment on appelle ? Oups, j'ai pris mes genoux en photo... en règle général, je plutôt très tactile. J'ai rêvé de la fille au comptoir, je l'ai revu dans mon demi-sommeil. Il est tard, je file, mon train m'attend, je remets « Crime of the century » dans mon casque, je vais danser sur les trottoirs de paname et regarder sous les jupes des monuments, des pierres sans bobette. On s'habitue à tout, j'arriverai bien à le gérer un jour ce petit cercueil vibrant qui parasite « School » du cd qui tourne au fond de ma besace. C'est surement la plus belle chanson du monde celle-là...ça craint dans un podcast d'itruc à la phone hyper moderne. Je traine souvent avec « Crime of the century » comme une deuxième peau. Dougie Thomson, John Helliwell, Roger Hodgson, Bob Siebenberg, Rick Davis .. des noms qui chantent, le début, véritablement. Quelque chose se dessine.



Supertramp 1974 « Crime of the century » label : A&M



vendredi 10 mai 2013

Exhaust



 
« Le district mile-end.
On est contre l'aliénation et la séparation; donc on est contre le « rock », le « jazz », la « techno », le « hip-hop », et toutes les industries, tout particulièrement l'industrie musicale. On vous encourage à venir nous parler en personne, plutôt que de vous fier aux médias.
On joue de la musique parce qu'on écoute beaucoup de musique; on ressent le besoin de payer nos dûs. On espère établir des liens de communications intenses, laissant les deux partis épuisés (exhausted), comme après un bon orgasme. On espère que notre musique va épuiser l'ostie d'tabarnak d'système et les trous du cul en charge de ce système. A travers nos mains, nos doigts, nos pieds, nos poumons, et nos machines (des fois même nos fesses), on expulse des poisons tels que la tristesse causée par les systèmes politiques, les économistes, ls personnes remplis de préjujés, les personnes cyniques, et surtout les personnes comme nous autres.
On soutient le sueegee, l'immigrant, le prisonnier, et la mère célibataire... »

 
 

Je me permets de vous mettre en guise de chronique, le texte imprimé dans la pochette, du collectif d'un coin du monde où la culture sent la culbute, l'irréversible, l'espace, le souffre et la liberté. La politique culturelle est sans compromission. C'est un disque, et un groupe en particulier, qu'il m'est cher de garder et d'écouter pour l'avoir traqué dans les années 2000's, l'époque où il fallait avoir des jambes et du souffle pour trouver un tel opus. Exhaust, c'est une fierté culturelle, un orgasme musical. C'est un groupe révolu, comme un fantasme.

Je suis athée, apolitique, agnostique ou « agnopolitique », ni dieu ni maitre avec des vaisseaux de questions, mais je sens quelque chose depuis longtemps qui gronde de l'autre côté de l'océan, même si à l'opposé de ça, j'aime énormément Léveillée, Desjardin, Vigneault et Bori.

Un objet absolument rare et jubilatoire. Le son et les idées suffisent à l'élaboration d'une communion exigeante.



Exhaust 1998 Lp/ 2000 CD « Exhaust » label : constellation
http://cstrecords.com/cst004/


jeudi 9 mai 2013

St Augustine



C'est Clermont Ferrand et les disques cousus main, qui nous envoie cet opus d'importance.
L'auberge Kütu Folk qui coud est une fourmilière de talents, et les disques des objets précieux. Il fallait être vif pour choper celui-là dans les bacs, et pourtant à l'écoute de « Soldiers » sorti en 2012, on se demande pourquoi nos étagères ne croulent pas sous les travaux de St Augustine, de leurs deux albums proches de Bill Callahan (« Cedars »), M.Ward, et même Granddady (« Black feathers »), avec ces rythmiques molles et quelques touches electro. Du folk enchanteur, dans le sens du poil avec quelques minutieuses envolées de douces divagations, juste comme ça, sur une idée sonore, une légère programmation.
Cet album est sorti il y a un an tout juste. Le premier « Changing plans » en 2009 aurait dû déclencher l'appétit, la curiosité, tellement évident... et moi qui croyais en avoir parlé, à force d'écouter cette chevauchée de paysages ensoleillés.
Pénétrez le collectif Kütu folk, écoutez François-Régis Croisier alias St Augustine, et découvrez l'incroyable discrétion d'un grand disque folk de nos exquises montagnes.

St Augustine 2012 "Soldiers" label : Kütu folk
http://kutufolkrecords.bigcartel.com/product/st-augustine-soldiers
http://staugustine.bandcamp.com/album/soldiers
http://soundcloud.com/st-augustine-1/01-21-days/

 



mercredi 8 mai 2013

Chick Corea / Return to forever



 
Assis au fond près du radiateur, je bois les paroles enflammées du professeur Pax. Je prends des notes, même si je n'ai pas l'air d'un disciple sérieux à rêver de quelques textures sonores qu'il aime aussi d'ailleurs. Je bois les mots, assimile les infos, mine de rien. Puis une fois recroquevillé dans mes murs pavillonnaires, avec un casque comme toiture, je restitue à sa juste valeur et prends ce qui me parle. Je bois des oreilles tout ce que les mots m'ont insufflés de l'autre côté, cible les tuyaux.
Moi, une fois isolé, arraché du tumulte, je prends cette grande liberté musicale et je savoure.

Claviers en gouttes d'eau nébulisées sous des canicules, saxes contemplatifs et libre, guitares Santana, un goémon qui plane, des couleurs psychédéliques zen, deux disques en transitions, deux pochettes, un même monde.
Candide jazz, je parasite les infos pour me frayer un chemin via quelques opus qui me transpercent le plexus. Du fauve fushia orangé et un quatuor de visages, fusion, chaleur, Wah-wah funky, j'entends une grande liberté. Jazz électrique, chaud bouillant, les mecs c'est pas des manchots. Une grande liberté au service d'une haute technicité et d'une intelligence visionnaire.



Et voici l'arborescence qui se dessine, le ricochet sur les pages de Pax et je chipe au passage un opus de chez ECM 1972. Chick Corea, en guest sur l'album précédent des Return to forever, a sorti sous le même nom, une petite merveille de jazz nébuleux, planant et troublant, électrique aussi, plus soft, pas moins chaloupé et complètement envoutant. Frais, enlevé, océanique et poétique avec aussi un voile Santana, ici, ou une touche brésilienne là... toujours le clavier diabolique s'enflamme sous les doigts de Corea.
Il fait bon aller lire les abondances musicales de Pascal, comme on s'en va passer une heure chez son disquaire, et de fil en aiguille, en suivant les conseils du fada au guichet qui est aussi un ami, prendre quelques opus fous qui gravitent autour d'un noyau jazz. Je ne pouvais pas être déçu du cru 72 de Chick Corea.



Return to forever & Chick Corea 1975 « No mystery » label : polydor
http://return2forever.com/
Chick Corea 1972 « Return to forever » label : ECM
http://www.chickcorea.com/





Arab Strap 2026

  Une langue purée sur des idées embrumées, " You you you " se frotte à Baxter Dury en plus crade. Le dancefloor pue des reins. Ch...