lundi 6 mai 2013

Mark Lanegan & Duke Garwood



Fraternité de cordes, finger-picking collé sur une voix maltée, Mark Lanegan passe une soirée chez un pote Duke Garwood, loin des douceurs caramélisée d'Isobel Campbell. Four Roses sous le rocking-chair, évaporations des esprits.
Incantations texanes, prières du Mississippi, du blues piqué, un sax pleurnichard, chaleur humide, étuve caniculaire, un peu d'électricité pour brancher la gratte à la tombée de la nuit, piano fou, expérimentation en nuit chamanique, deux guitares, deux techniques, une voix sous le ciel étoilé, des synthés troublants.. tout, mais un seul à la fois, ça dépend de l'étoile filante. Un voyage fantastique.
Hibou ou chauve-souris, la nuit est blanche, pleine d'échos, les ondes flottent sur des réverbérations. Il n'y a que la lune, la terre qui exalte, du bois partout, et une pluie de fantômes, juste avant le levé du jour.
En fait c'est Duke Garwood qui passe une soirée chez Mark Lenagan, multi-intrumentiste britannique, il vient poser tous ses instruments et son talent dans la cabane en bois du bûcheron de Washington, au fin fond d'une forêt scintillante.
Les créations binomiales sont excitantes.


Mark Lanegan & Duke Garwood 2013 « Black pudding » label : heavenly
http://marklanegan.com/
http://www.dukegarwood.co.uk/
http://heavenlyrecordings.com/news/2013/02/album-announcement-mark-laneganduke-garwood-collaboration-black-pudding-to-be-released-on-heavenly/



dimanche 5 mai 2013

Svarte Greiner



Svarte Greiner dessine des alcôves ténébreuses d'introspections cauchemardesques dans la plus douce des expérimentations acoustiques. Des boucles, des cycles, des cordes de contrebasse en battement de bradycardie.
Jack est allongé sur le sol le ventre vide. Combien de neurones j'ai perdu cette nuit ? Ça tangue, comme cette pleine mer « Black tie ». Le son embarque le cerveau groggy dans une traversée océanique tumultueuse. Des creux de quinze mètres, comme chacun de mes pas. « Black tie » est une chevauchée houleuse sur mon vieux bateau écaillé, pourvu que la coque tienne. « White noise » est le naufrage. Quelle profondeur.
Deux tètes sans visages regardent dans la même direction que moi, l'horizon assombri. Où suis-je, pourquoi ne se retournent-ils pas. Je m'enfonce dans les abysses visqueux et je ne vois que des chevelures. Donnez moi les yeux, regardez-moi.

La chaleur du soleil de mai transperce la fraîcheur des arbres qui se coiffent de vert tendre. Des mondes s'entrecroisent, se rejoignent. J'écoute au casque Svarte Greiner en feuilletant le superbe « Any day now » sur la période londonienne de Bowie. J'écoute « Black tie, White noise » de Greiner, y'a t-il un rapport, est ce juste une coïncidence ? Je flotte à la dérive. Jack est allongé par terre le ventre vide.

Svarte Greiner 2013 « Black tie » label : miasmah
http://www.miasmah.com/eks/
https://soundcloud.com/#miasmah/svarte-greiner-black-tie




vendredi 3 mai 2013

Marcus Fjellström



Cette pierre change de style tous les jours. Je la regarde se vêtir, se refléter dans la flaque, me demander mon avis sur son allure.
Ancestral empilement cellulaire, intrigue totale, tentation du mystère, je m'approche d'elle pour effleurer son lichen pâle, et la rosée poisse encore sous mes doigts.

Tellement petit devant elle.

Je fais le tour, je scrute ma tour, ce phare sans voix des plaines beauceronnes. Je cherche sa présence, elle me rassure. Mes yeux dégueulasses lui font comprendre qu'elle est à moi, que personne ne l'aimera jamais comme cela, ne croquera avec acharnement, elle qui vampirise les esprits, et emprisonne de sa hanche taupe tous les fantômes du pays centre.

Je suis son peintre.


A mon bras cette eau de parfum, sa meurtrière m'assèche la gorge, je l'attire aux badauds, la traine elle qui ne sort jamais, qui n'aime pas la foule. Sa mousse duveteuse de peau beige aspire à la grandeur, je rapetisse et baise ses petons. C'est une symphonie alentours qui souffle son histoire comme un drone de cordes tendues.

Il m'arrive de lui être infidèle, d'aller caresser le granit des côtes d'émeraude, de toucher le tuffeau, cette pierre de lumière attachée aux falaises de la Loire, de m'éblouir au marbre lusitanien des collines plissées, mais les silex graviers de mon épaule, me reviennent dans la gorge comme une marée.


Marcus Fjellström 2010 "Schattenspieler" label : miasmah




 
 

Epaule



 





B/B/S


Aidan Baker, Andrea Belfi, Erik Skodvin.. des continent se percutent, des univers fusionnent. Le temps s'arrète avant le tir.


Pénalty lunaire,
antépénultième erre,
gardien d'horizon
en épaule de mouton.
 
 
B/B/S 2013 "Brick mask" label : miasmah
 
 

jeudi 2 mai 2013

Clothilde



Amateur de petite peste à bouille espiègle et de pop 60’s de par chez nous, ce disque est pour vous.

Ah oui, il faut aussi aimer les collectors ressurgis et les mariages improbables d’une France Gall qui chanterait du Dutronc/Lanzeman en version poison. Des petits airs d’Antoine ou de Polnareff trainent aussi chez cette « Pipelette » qui aime les sucettes à l’anis offerte par Matthieu qui n’a qu’un ch’veu sur la tète.

Cette fille mérite la fessée, elle fait que des bêtises puériles et méchantes, la seule qui va danser au bal des bossus. Un duo avec les Charlots, tout va bien, on est juste à cet endroit. Cette résurrection farfelue et loufoque camouffle d’extraordinaires petites chansons d’époque bien bâties, naïves et insolentes. Cet album est une compilation d’Ep sortis en 1967 et 68. Adorable.

Clothilde 2013/1967/68 « Frensh swining mademoiselle » label : born bad.

http://www.bornbadrecords.net/releases/clothilde-queen-of-the-french-swinging-mademoiselle-1967/











mercredi 1 mai 2013

Angelo Branduardi



Oh, on dirait un dimanche triste, gris mercredi en habit dominical. Je sors de vieux vinyls, ces malandrins de cire noire qui dansent et ondulent sur leur manège platine.

Depuis le temps que je serine avec cette chanson de pur troubadour qui traverse les cours et les lopins depuis tant d'années, il va bien falloir que je confesse. Angelo Branduardi est un immense poète italien que Roda-Gil son traducteur, a attiré jusqu'à nous.. toutes les phrases virevoltent.. la plus belle d'entre elle que je rabâche, « la nuit semble si clair qu'on aimerai bien mourir pour se distraire ». Comment avouer que ses albums étaient la bande son d'une adolescence silencieuse, ou plutôt muette, la tète embrasé d'un phare qu'on allume, pour que l'on vienne me remorquer, quitte à s'échouer. Le silence de la campagne a noyé les chimères que je laissais échapper de ma fenêtre. La chevelure me rassurait et les airs dansaient comme pour raconter ma vie au vent des plaines, des immenses hurlements muets. Du colza à la boue de ma campagne, des troncs bavards aux fermes à grandes cours j'avais envie de « jeter mon cœur aux poules ».
C'était bon et doux, habité par l'absence, le pas grand chose. L'ennui souvent à des saveurs douillettes. J'ai pu laisser murir, par la musique, la peinture qui me brûlait les veines. Il y a « si longtemps déjà » et « Les arbres ont grandi ». Comment peut-on écrire une telle pureté. La même approche des paysage que Murat, en plus médiéval. Je tiens de là, mon amour pour la musique et la nature.
Danse planétaire, exotique, ancestrale, le voyage .. « Sans aucun doute ».. un hymne. Je l'adore aussi.

C'est férié, un vrai temps de Beauceron, des remugles de pochettes d'albums. Je lâchais quelquefois ma mansarde pour enfourcher mon 49.9 et partir chercher des vinyls de Branduardi chez un oncle peintre, à quelques kilomètres de tortueuses départementales. Ça sent bon un vieux disque, je leur faisais prendre l'air, une promenade au vent de ma bécane, dans un sac US kaki authentique. Les 33T rentrent dedans, c'était bien. Il y avait en plus dans ces pochettes là, des odeurs de térébenthine et d'huile de lin qui m'ont imprégné la gorge et brûlé les doigts.

Angelo Branduardi a toujours eu un certains succès en France, 1979 et 1980, des grosses ventes avec « La demoiselle » et « Va où le vent te mène ».
Il sort en 1981 un album intense, sans succès aucun, son plus beau, dans la plus pure tradition champêtre médiévale Branduardi « Confession d'un malandrin ». Ce disque débouchera sur un triple Lp « Concerto » épique et très très rare, pas distribué en France je crois. Angelo depuis quelques années et une poignée de disques n'est plus diffusé ici, dans nos bacs frileux. C'est surtout que Roda-Gil n'est plus. En France, Angelo n'est rien sans Etienne.

J'ai le 33T devant moi, la corne d'abondance à souvenirs, ne vous moquez pas, c'est un grand disque de solitaire. Je ne sais même pas si c'est « inécoutable ». Le bleu roi intense brille, je crois que je vais peindre.. malt et bleu-roi.
« Et vive les malandrins... mandrins et baladins » :D

Angelo Branduardi 1981 « Confession d'un malandrin » label : musiza
http://branduardi.chez.com/confession_dun_malandrin.htm
http://branduardi.chez.com/

Arab Strap 2026

  Une langue purée sur des idées embrumées, " You you you " se frotte à Baxter Dury en plus crade. Le dancefloor pue des reins. Ch...