jeudi 12 février 2026

Heart 1974 "Dreamboat Annie"

 


Aucunement une mission de parité, juste un autre hasard, après les deux complices suédois, les filles de Seattle. Série Fargo oblige comme on écoute une BO de Tarantino, j'ai laissé dérouler la compilation 5 volumes près pour l’hameçonnage. Et j'ai mordu sur HEART illico entre autre, sous le charge littéralement. Obligé, je pars en mission, ce disque est une fraîcheur cliché dont j'avais besoin pour me dépatouiller de cette merdasse d'agenda quotidien, aujourd'hui. « Crazy on you » et son outrageuse générosité, voix, riff et gimmick plein la chemise et les boots. Je suis allé m'ouvrir quelques glutes pour fêter la belle humeur retrouvée avant d'embarquer tout conno sur le Dreamboat avec les Wilson frangines. On sait exactement où l'on est, et s'il n'y avait que moi, je prendrais mon baluchon pour embarquer là-bas.

C'est alors qu'a resurgi un vague souvenir de 33T que j'ai dû avoir quelque temps, ou loué pour enregistrement. En cherchant plus encore, je suis évidemment tombé sur « Alone » 1987. C'est donc ça cette petite émotion nostalgique d'hyper tube planétaire FM de rock féminin amerloque. J'en étais, je l'avais et j'en avais d'autres de cet acabit-là, plein le rayonnage.

Immersion, rappel dans le rétroviseur, et toujours ces clichés d'époque devenus attachants. Sauf qu'autant le son « Bad Animals » a très mal vieilli, autant celui de « Dreamboat Annie » reste intemporel et inébranlable.

Heart 1974 « Dreamboat Annie » 


 

mardi 10 février 2026

Björn Ulvaeus & Benny Anderson 1970 - BB ou ABBA sans les 2A

 



Le charme de la langue. De toute façon, même l'anglais m'est étranger. C'est une découverte assez belle et inattendue : Je farfouille du côté Deutsche Grammophon pour trouver quelques néo-classiques qu'ils hébergent depuis quelques années pour tenter un renouveau et je tombe par hasard sur Benny Anderson et son double « Piano »2017. Peu importe ces reprises, mais sa tète me dit quelque chose. De retour aux pieds de mon arbre musical intérieur, je cherche et trouve. Non seulement je vois de qui il s'agit, mais j'arrive intrigué sur cette ocre pochette 1970.

Autant le groupe me fout les miquettes, pareil aux biquettes des BB (sans les 2 A), autant ce « Lycka » m'intrigue.

Totalement de la pop folk début 70's comme les premiers Bee Gees (d'ailleurs aujourd'hui Benny ressemble beaucoup à Barry). « Kära gamla sol » me renverse et flirte presque avec un très jeune Bowie, voire Belle & Sebastian. La belle époque. De la balade traditionnel d'époque en duo avec Björn Ulvaeus avant le gros plan à quatre.

Je découvre donc un peu l'histoire, j'écoute ce super opus avec cette pochette singulière à la guitare peinte qui détourne et guide et je ne peux pas m’empêcher, connaissant la suite, d'imaginer la pensée des deux gars.. « On est pas bien là, décontractés du chant...qu'est ce qu'ils sont allés s'emmerder après !!! », juste avant l'emménagement et la colloque pop. Une autre histoire.

Je vais fouiller plus encore, en attendant « Lycka » est mon petit bijou du jour.

Une blondeur de paille telle « Livet gar sin gang » ; « Lilla du, Lilla vän » comme un 45T des tous premiers BJH. Un conseil, écouter cet opus sans le « Expanded Version », c'est un focal touchant sur le 33T d'époque, une curiosité, la vision innocente des deux pures écritures avant les paillettes.


Benny Anderson & Bjorn Ulvaeus 1970 « Lycka » 


 


dimanche 8 février 2026

Pedro Abrunhosa 2026


 

Tout en silence les berges de Constância ne respirent plus, le Tage fait des siennes, si malingre sur tant d'étés. Toute la péninsule se déverse au seuil de l'Atlantique. De Burgos, le Douro gonfle sont débit, Porto se noie.

La pochette du taulier en dit long. Prémonition. C'est la Saudade, mâchouiller la mélancolie avant que le pire n'arrive et le ciel s'alourdit jusqu'à plus soif. Tout se déverse sur le carré ibérique et la poésie de Camões a les pieds dans l'eau. Almourol, Leiria, Ourem tous ont posé leurs châteaux sur de hautes bosses, c'est le vent qui les a giflé. L'eau encercle. Chaque petit coteau plissé ruisselle à grosse larmes.

Pedro dans sa cage thoracique et son timbre souverain a vu venir. Le verbe haut, l'hiver sous les eaux et les médias d'en haut s'en fichent.Le rapport dimension n'est pas le même partout, la solidarité pour désensabler Nazaré n'existe pas ici. La douleur s'exprime comme ça dans ce coin, des mains sur des épaules et un fado tristeza se dessine à l'unisson.

Abrunhosa offre en ce début d'année, son plus bel album, le plus pop avec des élans Post rock et ses belles balades à lui, le plus international, fort, puissant comme un fils d'une terre qui luttera jusqu'au bout, en silence, dans la force et la tendresse. « Devias vir salvar-me » comme un planant Sigur Ros des terres chaudes. Il sera mon hymne à ces déluges qui se succèdent, chaque petit creux de vallon, chaque pleine longeant les grands fleuves, chaque seuil immergé et tous les faussés remplis de sanglots. Força Portugal.

Pedra Abrunhosa 2026 « Inverbo » 


 

samedi 7 février 2026

Nicolas Beige 2026


 

Il y a quelques années, sous la belle découverte de Nicolas Contant alias Casagrande, j'allongeais l’impressionnante liste des Nico de par ici, coupables d'albums attachants, précieux et familiers. Du côté de Lyon, Nicolas Beige vient ajouter son nom au déroulé.

Je suis toujours à l’affût de cette simple proximité de tranches sentimentales qui chaleureusent, Bondu, Baer.. Comme Casagrande, il s'agit là de son premier album. Un pote qui passe rendre un café.

S'isoler dans un coin esseulé qui veut bien de nous, peindre et caresser quelques pensées, laisser la mélancolie prendre les choses en main. S'embrunir la peau, les idées couleur de pierre, l'âme tuffeau, mon petit coin assis délavé par la mousson des petites campagnes d'hiver m'isole plus encore. Rien, juste l'air de bois tendre avec que moi dedans et des baux de belles chansons du quotidien. Des contemporains en étiquettes avec des plus anciens et cette fraîcheur Michel Berger dans l'interprétation.


Nicolas Beige 2026 « Jamais Droit » 


 


mardi 3 février 2026

Tyler Ballgame - 2026

 


Générosité du coffre sur sa petit pop luxuriante. Du velours aussi à la Elvis Orbison, slow couché de soleil noyant de petites poussées rock, j'aime beaucoup ses balades fleuries sur de graves légèretés. Que devient Rover ?

Je ne m'attendais pas à cette invitation de soirée rétro, mais pas tant qu'il n'en paraît. Il déroule son chant d'amplitudes sur un son simple comme du Ron Sexsmith.

Il y a eu de timides apparition Ep avec ce bel album et « Sarah » pourrait manquer sur cette nouvelle première fois.

Une nouvelle lumineuse nouveauté du premier mois passé pour cette année neuve, romantique comme un idéal, une promesse au pire, fleur bleue un petit peu, c'est touchant, Tyler croit en l'amour et il chante ses sentiments tel qu'il les ressent.

Pas du tout la même météo que sur mes plaines grises imbibées, j'accroche cette carte postale ensoleillée from LA comme un trompe l’œil, ou plutôt un cache misère. Étonnante fraîcheur.


Tyler Ballgame 2026 « For the First Time, Again »

 


 

dimanche 1 février 2026

Tessa Rose Jackson 2026


 

Oh la la, ce petit timbre Bush dans les graves. Tessa Rose, ma deuxième artiste 2026 découverte, enchante du côté Néerlandais et « The man who wasn't there » n'est pas loin d'avoir un enfant dans ses yeux.

Je ne vais pas avoir grand chose à dire, ma plume est figée par la diffusion dorée et ma respiration décline. La pochette est bien discrète pour un tel petit chef d’œuvre, où est l'écrin ? Muet, intimidé, je déguste en boucle « The Lighthouse ». Écouter Terra Rose, absolument dominical.

Tessa Rose Jackson 2026 « The Lighthouse » 

 

samedi 31 janvier 2026

Odetta Hartman 2018

 


Ça tient à peu de chose, une énorme promotion sur un vinyle forçant l’intuition. Elle est loin l'époque où je pouvez m'embarquer sur un sentiment, une pochette, un label, Memphis Industry ici. Bacs à soldes donc et une chose bizarre trouvée au rayon jazz. Je suis direct séduit sur « Cowboy song » et ce son d’infra basse inattendu. Des saynètes délicieuses, espiègles et dépouillées. Un banjo installe une fois de plus la géographie, du bon côté cette fois-ci.

Miel minéral en rouge roche du Colorado, fraîcheur de grotte empourprée et tout résonne. Comme une Stina des grand Canyon « The ocean » susurre du polisson. 15 titres, une demi-heure, c'est un adorable petit voyage. Une grosse promo sur Odetta, sinon je ne me serais jamais baladé avec elle ainsi. Écouter « Misery » et danser sous les balles, explorer la copie carbone, étonnant et séduisant.


Odetta Hartman 2018 « Old Rockhounds Never Die » 


 

jeudi 29 janvier 2026

Stella Burns 2025

 


Plus aucun repère géographique, on regarde les étoiles pour savoir où l'on est. « Long Walks in the Dark » prend sa source de l'autre côté des Alpes, comme le plus spaghetti des westerns, il y a bien des cowboys en Suède. Le stetson bien vissé, on attend de voir apparaître Howe Gelb et c'est Mick Harvey qui vient rendre visite et tout valse à bord de ce long train noir à charbon.

Empoussièrement de nos contrées humides, il pleut aussi dans les saloons. « Stupid things » tourbillonne sur un banjo et la neige arrête de tomber.

Énième découverte ces temps-ci, un autre petit monde, « Satellite » danse comme un Gorky's Gygotic Mynci en Mariachi perdu. Déposer un vœux vain, mais vers quelle étoile irréelle.


Stella Burns 2024 « Long Walks in the Dark »

mercredi 28 janvier 2026

John Southworth 2025

 


Je suis à la recherche du beau bancal, le déclic depuis quelques temps, cet hiver bizarre avec ce nouveau grade sanguin sur les épaules. Calme contemplatif, Ed Harcourt a mis sur les voix. Chasser le rugueux, un peu de violons sur la mélodie folk, de chansons en albums, je tombe sur de beaux tableaux qui me conviennent. John Southworth est une de ces découvertes. Des châteaux en escale sous un ciel de belle fragilité, une petite grâce sur la peau, l'émotion d'une voix. C'est peut-être sur une île, une complainte amoureuse, un séjour ensorcelé de baladin hiératique. Asoret mélancolique où l'on danse mollement les traditions anglaises sans se parler. Et c'est beau, charmant et envoûtant avec un son parfait. Le quinqua à tout faire vient de sortir un joli disque.

John Southworth 2025 « The Red Castle » 

 

mardi 27 janvier 2026

Nesles 2025

 


Je pars à l'envers, c'est pas la première fois. La pochette en flash et tout de suite quelque chose brille. Dominique A dedans et j'accroche la rampe. La pochette. Je voudrais en tapisser tous mes murs. Le verni zinc sur des boiseries. Des petits îlots mouvants s'organisent alentours des échines comme un beau pays habité par Kanche et Murat. Un gouffre fleuri, une fondrière pleine de vie et du turquoise même au plus profond de la vase. Les idées cuivrées en phosphate hydraté, une soirée chrome d'aluminium baroque se dessine. Tout est minéral et ma féline ronronne. L'humus primitif tremble, j'ai vu mes premières Perce-neige sous le fusain. Elles sont belles et sonnent le jus à venir. Dureté arable de quelques tempi Mobiil, aval des beaux sépales indulines. Le tube pollinique en nymphe turgescente attend la poudre, à défaut d'érable. La pochette et les chansons avec.

Nesles 2025 « Barocco » 


 

dimanche 25 janvier 2026

Jana Horn 2026

 


C'est ma première excursion nouvelle cette année. En transition avec Ned Collette, une texane Lo-Fi a rongé tous mes nerfs encombrants. Oreilles américaines à plein tube, intimité absolue, j'ai échoué sur le débarcadère, l'intérieur des terres j'irai plus tard. Rien à foutre des audaces, le lourd soleil cendré n'est pas près de sécher mes fringues. Je laisse flotté, je suis un matelot immanquablement esseulé. Le grand delta ouvre sur la baie, je vais attendre contre cet ocre taillis, les roches sont belles, je hume les parfums d'eau douce, la belle matière organique tiède qui remonte des clapotis. Ça coule doux, lourd débit bien mou qui lèche la grève et digère le bel argile. L'accord amolli, la peau du fût cotonneuse et le chant bercé, je me suis assis près de Jana Horn à l'écoute.

Jana Horn 2025 « Jana Horn »

mercredi 21 janvier 2026

Ned Collette 2024


 

Nev Cottee, Ned Colette a s'y perdre. Le timbre, l'acoustique ambiant, le folk contemplatif, la voix ankylosée. Mélodies aveuglantes à tourner le dos à la marée du soleil, des ponts de lumière traversent les émotions. Lo-Fi, d'Angleterre ou d'Australie, ces derniers jours je me suis attaché à « Our Other History » de Ned, comme je l'ai fait pour Nev il y a quelques années. De la même façon.

Le soleil est encore bas, les paupières ne peuvent rien faire, mélancolie aveuglante oblique. On s'enlise, plus on avance, plus on se laisse grignoter, et la grande lumière pourchassée par des bleus profonds n'en finit pas de descendre. Les grandes tourbes de mon verre ambré dégouline sur mes impatiences, « Shot Through » juste après « Bridges of Sunlight » annonciateur tire vers l'acmé. Le piège de cet album est qu'il s'embellit au fil des chansons. « The kitchen tunnel » psalmodie la lente dérive qui va éteindre la lumière et bleuir les murs. Pochette sublime, un nouveau petit miracle folk me tombe dessus.

Ned Collette 2024 « Our Other History »

 

 

lundi 19 janvier 2026

Mélanie Pain 2025


 

Ah tiens, en manque de chlorophylle, même le persistant est tout recouvert de gris. Les magnolias flotillent dans mes souvenirs, les petits boutons au milieu des feuilles grignotées sont loin de cracher leur rouge.

Pour le coup il y en a un beau ici, flamboyant au beau milieu de quelques nuances de verts qui n'arrivent pas à éteindre ce cœur braisé. Volupté, grâce et disque moelleux pour le poêle, juste histoire de faire la nique au blue monday vorace qui glace les fenêtres. En attendant la nouvelle vague printanière, le joli et doux Pain chaud est là.


Mélanie Pain 2025 « How and Why »

mardi 13 janvier 2026

The Autumn Defense - 2025


 

J'aurais dû le deviner, ne serait-ce qu'à l'écoute de « Hearts arrive ». C'est une année avec de beaux restes Wilco. Le triple Tweedy a peut-être un peu étouffé ce duo automnale. Il y a de doux soli guitares sur des morceaux pop, c'est de plus en plus rare et moi, j'aime bien les petites pauses grattes qui élèvent et embellissement les chansons. Et c'est quand même le 6ème album des autres Wilco.

The Autumn Defense, miracle pop, déboule sur une vague de tiédeur balayant d'un coup de mélodie la vague polaire qui a figé mon humeur depuis des semaines. L'est à parier qu'on ne va pas le crier sur tous les toits ce disque et je me souviens des beaux artistes pop ainsi qui gonflaient mes étagères il y a quelques décennies, The Zephyrs, TRAM, Shacks, Mojave 3, Beta Band, Minor Majority, Elliott Smith ou encore les récents Modern Nature et surtout Bill Ryder Jones légèrement tourné vers George Harrison.

« Winter shore », je peux rester des heures sur ces rives-là à me laisser bercer par chaque élément à peine en mouvement... « Underneath the rollers » et revenir au bercail comme un cowboy fatigué.

J'ai bien fait de ne pas faire un bilan 2025, celui-là en aurait jarté un direct. Un grand disque pop à peine mélancolique, « More than I can say » de l'automne à plein nez.


The Autum Defense 2025 « Here and Nowhere »

dimanche 11 janvier 2026

Peter Doherty 2025

 

Un loupé. Tellement parti avec lui et Lo dans le manoir de poésie, pourquoi je n'ai pas lever plus la tète ? Réviser les lacunes 2025 et partir dans le Calvados en laissant cette demi-heure délicieuse faire son petit effet sur l'humeur de mes murs.

Pas vigilant sur ce coup-là, j'ai laissé les marées défiler sans prendre l'attention d'imaginer que les choses du manoir n'était pas un accident.

Je me fais de plus en plus à son chant petit pot d'or et son accent de mélancolie anglaise.

La classe, une fois de plus.

Peter Doherty 2025 « Felt Better Alive » 


 

samedi 10 janvier 2026

Boo Boos


 

Jeu de mot facile avec Boos, 6ème excitation de masse qui menace, éberlué les bras tombés, un mauvais rêve trop fort, fake IA ou le réchauffement climatique ? Ou alors c'est l'amour qui rend nœud. Boo à Bel y'a pas des kilomètres. Pas lui, pas maintenant, pas après tout ce qu'il a fait...

Récréation, moment de faiblesse, menaces.. y'a un truc, expliquez-moi ça.


Boo Boos 2025 « The Toughest Bitch I Know »

vendredi 9 janvier 2026

Bob Dylan 1978

 


Et bien moi je l'aime bien cet album. Je tombe sur un papier partagé et lis la discorde, le débat, la déception des puristes, l’enthousiasme de quelques médias à propos du 18ème album de Dylan. Pas le souvenir d'avoir écouter cet opus, c'est l'occasion.

Et bien moi je l'aime beaucoup ce « Street-Legal », il a le son d'une autre artère, « 461, Boulevard Ocean », voire « Slowhand » etc, chœurs inclus, et c'est peut-être pour ça la mou des amoureux. C'est d'ailleurs la période où ils se payent « Sign language », sublime petite ballade folk à deux voix. Clapton divise aussi en cette fin 70's. S'ajoute à cela un petit air malicieux de Willy DeVille. « Changing of the Guard » a lancé l’engin sans qu'il puisse s’arrêter, ni perdre de la vitesse.

Le contexte est sympathique, l'album aussi, ceux d'avant étaient si haut. Je vais aller fouiller les bacs histoire de choper l'outsider qui bataille contre la punk attitude. Bob Legal ? J'ai connu pire.

Bob Dylan 1978 « Street-Legal » 


 

mercredi 7 janvier 2026

 


Je n'avais pas osé parler de cet étrange Simon. Higelin 75, Cohen ou Blakstar de Bowie. J'y voyais en « Seven Psalms » l'effet moribond d'un ultime album annoncé. Il est d'autant plus un petit miracle, éclaboussé de lumière, peu importe laquelle. La pochette, le nacre, et dehors ma belle campagne pareil avec sa pleine lune et l'albe beauté régressive de toute cette neige qui a tout recouvert.

Je suis sorti pour aller me perdre. Ma balade sur les chemins épais de poudre a piqué mes pensées des sept psaumes de Paul Simon, la pochette avant tout. Puis les accords et les émotions. Le ciel salpêtre. Les branches sont lourdes, tout est calme, les grosses gouttes de neige fondue font des bruits sourds sur la ouate, celle que je préfère. J'ai écouté cet album maintes fois à sa sortie, clouant mon bec. Il m'est revenu alors que je ne voyais pas le temps passer à errer entre ces grand peupliers de sucre glace de cet hiver qui ressemble aux miens quand j'étais minot et que tout le monde sortait dans le village pour rendre grâce au gras flocons que la pleine lune figeait.

Poudre d'amande, braises et caféine avec le dernier Paul Simon au retour, avec dans la tète, cette poudre de lait pastellisé par le bas soleil. Symphonie folk enneigée.

Paul Simon 2023 « Seven Psalms » 


 

mardi 6 janvier 2026

Duke Pearson 1966

 


Pas envie de lutter ce soir. Juste baisser les bras et être là où personne ne sait où je suis. Non, pas là où l'on ne m'attend pas, mais juste ce coin absent au creux duquel je me poserai naturellement, sans guerroyer pour y être, guidé par un vent hasardeux m'éloignant du mauvais, aiguillage heureux sans aucune information pour les autres.

La paix royale, une pause lustrale sans être d'accord avec moi-même, même si c'est le temps d'un album. Se foutre des détonations, s'en battre des hauts verbes, des gestes abstraits, fouler l'herbe et la mâchouiller. Foule amnésique, indifférente plutôt, inexistante vu d'ici. Un endroit sans vue d'ailleurs, vis-à-vis à perte de vue, « Hush-A-Bye » en berceuse, sinon la bande son de ce coin perdu inconnu des bataillons. La prairie des chiens, une trouée à peine lumineuse, la flûte du fakir, des yeux d'anges sur tous les cœurs en tronc, je vais me poser là où même moi je ne sais pas où je suis, me frotter le dos sur la première charmille en ronronnant sans rugir et laisser Duke Pearson en Zoro venir me sauver du tumulte.

Duke Pearson 1966 « Prairie Dog »

 



jeudi 1 janvier 2026

Mads Koch

 



La séduction d'un album de Marc Morvan & Ben Jarry, en plus pop country, moins chambre, quoique, Mads pose trouble dans son antre cosy de doux pointillisme, totalement inconnu, comme son ex-groupe Kiss Kiss Kiss. C'était en 2022, et aussi cette année, Mads Koch a sorti un autre bijou pop à la Ronsexmith / Shack en ajoutant quelques dimensions et la moiteur d'un Minor Majority / Spain.

C'est du easy, oh eh du bateau qui tangue mou, son duo avec Pernille Rosendahl est plus qu'agréable. Je préfère album d'alors pour l'entrée en matière et la troublante intimité, l'après midi passée à fouiller les étagères et les algorithmes fut douce et délicieuse. De saison, au bord d'un lac. Belle et douce année à tous.


Mads Koch 2022 « Finger » . 2025 « Invisible World »

 



Heart 1974 "Dreamboat Annie"

  Aucunement une mission de parité, juste un autre hasard, après les deux complices suédois, les filles de Seattle. Série Fargo oblige comm...