Et tout se fige. L'élan des tiges, l'eau des bouches, quelques palpitations, toutes les boucles. Je m'abouche à son souffle, étouffé par le jeu des respirations, émollient du cortex sous ses cordes au gré des crues successives, je bois tout de Graindorge.
Je répète ici mon faible pour les cordes ambiantes quand elles sont amignonnées par des filles, Moss, Foon ou Hildur.
Trompe l’œil de pochette à trompette, toutes les émotions sur son violon avec plein de monde autour. Des timbres graves sur l'archet en ressac, un monde tourbillonnant et je laisse l'impatience printanière mijoter dans la tourbe et ses tourments.
Passer les écluses, se cogner au batardeau, je respire profondément. Ouvrir les vannes, naviguer dans l'air, exciter les turbines comme dans un rêve, je suis pas pressé, tant qu'il y a de l'air pour souffler dans le violon.
Catherine Graindorge 2024 « Songs for the Dead »

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