vendredi 11 mars 2011

Deaf center




Deux plages de piano esseulé viennent s'immiscer au milieu de drones fantomatiques aussi hantés d'un piano grave time spent » et « fiction dawn »). Puis un violoncelle pleure et danse anxieusement au beau milieu d'une épopée sonore fantastiquement contemplative ("animal sacrifice").
Les formes sont ébauchées, on devine à peine. Rarement un vrombissement sonore n'aura été aussi délicat. Même cette transfiguration centrale grondant à son comble est une caresse the day i would never have »). Absolument déroutant, le nouvel album de Deaf center, "Owl splinters", est un vertigineux voyage immobile à condition de faire le vide autour. Le vide de toute présence et de toute activité...au casque. Le vent qui sévit autour des notes de piano jouée par Otto est soufflé par Erik qui est aussi la tète pensante de Svarte Greiner (présent sur le même label, mais aussi miasmah...). Un combat titanesque entre les abysses et quelques notes volages d'un piano céleste..ou alors est ce une osmose ambiante exacte ?


Ce souffle brûlant est à nouveau convoqué, mais pas seulement, elles sont juste des poussées caniculaires au milieu d'un rêve cosmique et acoustique.

En 2004, Deaf center, duo norvégien constitué de Erik Skodvin et Otto A Torland, lance les hostilités avec un ep inaugurant pour le fait le label londonien Type. Première pièce au tableau pour un collectif qui n'arrête pas d'enfler et d'assurer. Une véritable progression exponentielle pour une contrée où viennent s'entrecroiser de l'électro (socle), de l'ambiant (tendance), de l'expérimental (permanent), du shoegaze (ponctuellement) du drone (plus récemment), du post rock (présence de Gouper) et aussi de la pop (The mountaineer).
Il y a aussi la présence de Sylvain Chauveau, Machinefabriek, Peter Broderick, et personnellement, ma pièce fétiche est « Coin & crosses » de Ryan Teague...disque de chevalet néo-classique expérimental incrusté à jamais.


En attendant, huit après le premier album remarqué « Pale ravine », Deaf Center revient magnifiquement avec l'émotion, l'espace et le mystèrieux.

Deaf Center 2011 "Owl splinters" label : type
www.typerecords.com/artists/deaf-center

échelle de richter : 8,8

support : cd

après deux écoutes

quand on aime : max richter; svarte greiner; barn owl; sylvain chauveau; tim hecker

les vidéo ici.

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