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vendredi 31 décembre 2010

Roger Quigley / At Swim Two Birds










Les billets de Markab affichent dans un calme et une discrétion séduisante la mélancolie qui hante ses ambiances sonores. Ce vague à l’âme heureux erre à travers un choix de disques absolument délicieux qui font aussi partis de mes préférences. Ces pièces bouleversantes ne s’affichent sur la toile que dans une marge et une invisibilité qui en font des objets précieux : Melpo Mene ; Portrait of David (le disque qui a fait nous connecter); Edison Wood (disque inoubliable chez Glitterhouse dans lequel était glissé une plume d’oiseau noir) ; Hildur Gudnadottir; Esmerine; Olafur Arnalds…. Et celui qui nous lie maintenant, Roger Quigley, précipitant naturellement une chronique dans la file d’attente.
Quigley, artiste invisible, est tout de même à l’origine d’un album rangé tellement haut au rayon de la mélancolie culte qu’il est difficilement explorer. At Swim Two Birds est arrivé biologiquement mettre en musique mes instants de cogite douteux. Il est là depuis, sans raffut, sans fracas, mais indispensable.
L’arborescence de Quigley fait froid dans le dos ; « If i could fly » est un mini album diffusé en 1997 chez Acétone records, tout près des tourangeaux Cavil et leur grand disque à faire pleurer au petit matin « Laughing in the morning » 2002 (album absolument indispensable qui colle à merveille à l’univers de Quigley). Il a aussi traîné ses doutes du côté de Gnac et Mark Tranmer avec qui il a formé le groupe The Mongolfier Brothers et « All my bad thoughts », autre disque absolument nécessaire.

L’épicentre de cet artiste frissonne sur « Quigley’s point » en 2002 sous le nom donc de At Swim Two Birds donc. Des guitares engourdies glissent dans une ambiance extrêmement minimale, une voix douce et ankylosée danse tout autour. Un manège hivernal aux airs répétitifs flotte dans des brumes luxuriantes et pâles.

Ce folk de chambre me ramène aux spleen de Trevor Montgomery avec ses ambiances acoustiques et instrumentales obscures. Lazarus (William), son nom de groupe, est à ranger tout près de Quigley. La même langueur affirmée avec une légère touche décadente en plus, un peu comme Arab Strap des débuts, surtout avec le terrible « Songs for an unborn sun ». Un disque qui pourrait traîner sa mélancolie chez Markab. Comme Mme Pastel dans ses pages, il associe merveilleusement des photos à ses sélections, une petite dérive triste et heureuse à aller visiter tranquillement.
Si Quigley reste silencieux depuis, Lazarus a sorti l’année dernière la confirmation « hawk medicine » et Cavil « mare’s tails » sur khartoum records (je viens de le découvrir..une mission pour 2011).

At Swims Two Birds 2002 "quigley's point" label: a vespertine & son

www.myspace.com/atswimtwobirds

www.verspertineandson.wordpress.com

Lazarus 2003 "songs for an unborn sun" label : temporary residence
http://temporaryresidence.com/descriptions/trr59.php

lundi 10 juin 2019

Richard Youngs 2019



Richard, ça va ???

Depuis 30 ans, Richard Youngs possède une discographie faramineuse sur une multitude de labels, dont Jagjaguwar ou VHF par exemple. Impossible la synthèse sur ce fou musicien expérimental qui joue quelquefois avec sa voix. Sans cesse les voix sont brouillées, les directions libres, ce nouvel opus du britannique embrasse la même sensibilité que son "Sapphie" 98.

Aussi émouvant qu'une chanson trouble de Daniel Johnston, aussi mystique qu'une ballade de David Tibet, triste comme un Jason Molina ravagé par la schizophrénie, nu comme Lazarus, bancal comme U.N.P.O.C, claudiquant comme Supreme VagabondCraftsman... Fragile.
C'est une complainte vocale qui résonne, réfléchit et rebondit, l'écho du vide des murs en lambeaux. Que des murs en dehors, plus rien d'autre. Décrépitude. Si seulement il y avait des plafonds.

Inexactitude de la perfection, « Dissident » est tellement beau au réveil.

Richard Youngs 2019 « Dissident » label : Glass Modern

samedi 31 août 2013

Tan or Boil




Avachi sur la rambarde, je laisse le poids du buste fléchir sur ce panorama accablé de tristesse. Je laisse choir mon ennui sur ce collier de bagnoles froides. Ces voitures m'emmerdent, qu'est ce que je m'emmerde , je sais pas quoi faire, je prends une troisième bière en espérant que ce gris mute en flatulence de licorne triste. J'ai la pensée dégingandée, la rotule stressée, si je reste immobile comme ça, je vais finir par choper des berniques. En attendant, que dalle, mais je suis où au fait, chez qui ? Ce mini parc qui se termine en eau de boudin est d'une laideur.. tiens, c'est bizarre, on dirait quelqu'un qui fait le poirier nu, une peau de dalle livide, un entre jambe négligé.

C'est bizarre ces airs nu-folk, on dirait les débuts de Devendra Banhart, la fragilité de Bevel, ou encore la dépression de Lazarus. C'est mignon, c'est doux, mais qu'est ce que je m'emmerde.. qu'est ce que j'aime m'emmerder quelquefois, laisser décanter les agitations.

Elle a pas de cul cette forme sans tronc, on dirait un aqueduc mousseux, du lichen noir qui croustille. D'habitude j'aime les sous-bois, l'ombre des arbres, mais cette langue de terre pubienne me dit rien de bon, trop de béton partout, pas assez vivace. Pas une bagnole ne bouge, même le taxi jaune ne laisse de marbre. On dirait un dimanche, si ça s'trouve on est dimanche.
Il est beau ce disque finalement, je crois qu'il faut s'ennuyer pour coller à cette musique minimale à l'encéphalogramme plat. J'aime bien avoir ce genre de disque aux apparences merdeuses, mais qu'il faut mettre à certains moments de sa torpeur mentale pour sentir la substance. Un certains malaise, à la limite du vertige somnolent.

J'ai tué trois quart d'heure en écoutant Tan or boil 2006 sur un balcon improbable... un groupe Australien produit par Preservation. Étonnant.


Tan or Boil 2006 « Seamstress in a suitcase » label : preservation
 

lundi 11 janvier 2016

David Bowie 2016




Une nouvelle semaine commence. Depuis plusieurs jours, j'avais pris l'habitude d'aller faire un tour chez Laurette, il fallait que je me change les idées, malgré ces basses pressions et cette envie de ne pas y aller.
Rien de tel qu'une nouveauté, la grande modernité immuable d'un jeunot génial, un alibi à vouloir ne pas espérer une autre planète.


7h40 à Montparnasse et le premier pas hebdomadaire sur le quai, « Blackstar » débute sous la voute de béton gris clair, je pense alors à Tom Yorke et Robert Wyatt, c'est parti pour le grand voyage, le charbon cuivré commence à diffuser dans mon ciboulot vaseux.
« 'Tis a pity... » me transcende et me chahute dans le métro, juste le temps de descendre Place d'Italie. Dehors le gris est devenu anthracite, crachin, on est cinglé par les rafales, il se passe un truc, le son est une pure merveille, tout m'emporte, je chancelle.
C'est « Lazarus » qui va finir ma course lente sous les éléments exaspérés. Cuivres et basse me font ralentir le pas, histoire de narguer ma pointeuse.

Je suis bourré d'énergie, quelles chansons, peut être ce sont elles qui m'ont fouettées le visage depuis que je suis descendu du train. Je suis fantastiquement réveillé, je jubile et garde la suite pour le retour de ce soir, exalté.

Je range mon casque, je prépare le café, je suis seul dans ce laboratoire centenaire. « I'm a black star » résonne encore, ça va être génial ça, j'imagine après plusieurs écoutes. Les autres vont bientôt arriver, le café diffuse son doux bruit habituel, j'allume mon ordi .. puis internet........

David Bowie 2016 « Blackstar » label : Iso/Columbia/Sony

vendredi 15 février 2013

Bevel


 
Jamais la musique n'aura autant porté sa couleur.
J'avance sur la départementale et je découvre ma tour éclaboussée du soleil couchant. Les flans cervus, les pierres sont maquillées de dume, il y a bien longtemps que je ne suis pas rentré avec le jour. Et quel jour ! Une véritable incantation folk, des lumières inédites depuis un millénaire, comme une renaissance.
La pâmoison freine les aiguilles du compteur, les berges meubles m'obligent à tenir la route, mais le ciel a des dentelles de soufre trop soyeuses pour garder le cap.
« Once a pond » et tout s'arrête. Immobilisé sur le bord de la route, je vois tout vivre et le champ détrempé est une marmelade de terre battue. Que sont devenus Bevel, Via Nuon et ses compagnons. Jagjaguwar est une auberge de contemplation, j'ai perdu l'habitude d'aller y trouver le réconfort.
Une myriade de musiciens sont présents sur « Where leaves block the sun », pourtant tout est clair, délicatement dosé.
Si les balades acoustiques de Bevel ont des allures celtiques à la James Yorkston, c'est sous un flamboyant couché de soleil qu'elles diffusent la lumière. Une touche d'exotisme palimbro (« Siberian sunrise »), des parfums de carotène automnal danse avec la mélancolie de « Through reflection inhabits », le carnaphe noble des nuages juste au dessus de moi se mêle au souffle de cobalt empourpré, et j'écoute « Saint Peter's burg » pleurer devant les flaques potirons qui s'enflamment.

La voix tremblote comme Mike Moya, l'émotion pique son fard d'oranjaime délavé..qu'est devenu Bevel, beau comme un Lazarus.  
Tout s'éteint, il est temps de redémarrer, juste assez de route pour remettre cette miraculeuse chanson de neuf minutes, « Once a pond ».



Bevel 2001 « Where leaves block the sun » label : jagjaguwar






mercredi 14 janvier 2009

Préférences 2008

7 Meilleurs album internationnaux :
Paul MacCartney : fireman
Paul Weller : 22 dreams
Robert Wyatt : comicopera
Robert Plant / Alison Krauss : raising sand
Nick Cave and the Bad Seeds : dig & lazarus
Marianne Faithfull : easy comme, easy go
David Bowie : live santa monica ‘72

12 Meilleurs album Rock :
The Walkmen : you & me
Women : women (jagjaguwar)
The New Year : the new year (touch n go)
Parts and Labors : receivers (jagjaguwar)
Aqua Nebula Oscillator : aqua nebula oscillator (pan european)
MGMT : oracular spectacular (columbia)
Windsor for the Derby : how we lost (secretly canadian)
Deerhoof : offend magic (kill rock star)
Dungen : 4
Autistic Daughters : uneasy flowers (staubgold/kranky)
230 Divisadero : 230 divisadero (locust)
Frustration : relax (born bad)

12 Meilleurs album pop:
Get Swell Soon : rest now, weary head! You will get swell soon (city slang)
Luke Temple : snowbeast (fargo)
Roses King Castles : roses king castles (rough trade)
Hugh Coltman : stories from the safe house (universal)
Melpo Mene : bring the lion out (imperial rec)
Merz : moi et mon camion (gronland)
Islands : arm’s way (domino)
Calexico : carried to duet
Department of Eagles : in ear park
Radar Bros : auditorium
Vandaveer : grace and speed (gypsy eyes)
Maarten : my favourite sheriff (boxson)

10 Meilleurs album folk :
Timesbold : ill seen ill sung (glitterhouse)
Knight Fern : fern knight (vhf)
Tau Emerald : travellers two (important)
Angus and Julia Stone : a book like this
Ex Reverie : the door into summer (language of stone)
Mariee Sioux : faces in the rocks
Soltero : you’re no dream (la société exépéditionnaire)
Bowerbirds : hymn for horses (dead oceans)
Tom Brosseau : cavalier (fat cat)
Headless Heroes : the silence of love (fargo)

10 Meilleurs album Weird Folk :
Spires that in the Sunset Rises : curse the traced bird (secret eye)
Nalle : the siren’s wave (locust)
Ilyas Hamed : vertigo of dawn (digitalis a&c)
Sunburned – Circle : the blaze game (conspiracy)
500 mg : another order of experience (archive cd)
Zelienople : stone academy (digitalis a&c)
Scott Tuma : not for nobody (digitalis a&c)
Jeremy Kelly : Jeremy Kelly (digitalis a&c)
Pillars and Tongues : protection (contraphonic)
Milton Cross : light in the west (digitalis a&c)

10 Meilleurs album electro :
Németh : film (thrill jockey)
Ratatat : lp’3 (XL)
Machinefabriek : dawn (dekorder)
Fennesz : black sea (touch)
CoH : strings (raster noton)
Alpha : the sky is mine
Portishead : third
The Real Tuesday Weld : the London book of the dead
Mariska Baars/Wouter Van Veldhoven/Rutger Zuydervelt : zeeg (digitalis a&c)
The Declining Winter : goodbye minesota (rusted rail)

12 Meilleurs album electro-dance-soul-R’n’B:
Fujiya & Miyagi : lightbulbs (gronlnd)
Poni Hoax : images of Sigrid (tigersushi)
Rubin Steiner : weird hits, two covers and o love song
Hercules and the Love Affair : v/t (dfa)
The Chap : mega breakfast (lo recordings)
A bigger Slash : tunes for teens (bang bang & beats)
Calvin Harris : I created disco (cinq7)
Nekka : no longer at ease
Hocus Pocus : place 54
Madcon : so dark the con of man
Santogold : santogold
Erikha Badu : new amerykah

12 Meilleurs album expérimentaux (musique nouvelle):
L’Ocelle Marre : porte d’octobre (souterrains-refuges)
Pierre Bastien : visions of doing (western vinyl)
Renderizors : submarine (last visible dog)
Pedal : pedal (staubgold)
Tim Hecker / Aidan Baker : fantasma parastasie (alien8recordings)
Mira Calix : the elephant in the room : 3 commissions (warp)
Astrïd : & (arbouse)
Beequeen : sandancing (important)
Andy Moor : maker (unsounds)
Heaven And : sweeter as the years roll by (staubgold)
Painting Petals on Ghost Planet : fallen camellias (a silent place)
Hauschka : dusserldorf (karaoke kalk)

10 Meilleurs album frenshies :
Kim : don lee doo (vicious circle)
Marie Modiano : outland (naïve)
Thousand & Bramier : typhoon (arbouse)
My Name is Nobody : at the wolf pit (collectif effervescence)
French Cowboy / Lisa Li-Lund : share horses (havalina)
Kelly DeMartino : honest (village vert)
Marianne Dissard : l’entredeux
Stanley Brinks : dank u (auto prod)
Bumcello : lychee queen (tot ou tard)
Sporto Kantes : 3 at last (naïve)

6 Meilleurs album World :
Victor Démé : v/t (chapa blues)
Femi Kutti : day by day
Suarasama : fajar di atas awan (drag city)
Rachel Uthank & the Winterset : the bairns
Ayo : gravity at last
Melissa Laveaux : (no format)

10 Meilleurs album français :
Alain Bashung : bleu pétrole
Alain Souchon : écoutez d’où ma peine vient
Christophe : aimer ce que nous sommes
Barbara Carlotti : l’idéal
Rodolphe Burger : no sport
Jean-Louis Murat : tristan / Charles et Léo
Gérard Manset : manitoba ne répond plus
Wilfried : d’ailleurs
William Sheller : avatars
Daniel Darc : amours suprèmes

7 Meilleures rééditions :
Ed Askew : ask the unicorn
Duncan Browne : give me take you
Tom Brush : the circle game
Anne Briggs : v/t – sing a song for you
Owl : of mondrous legend (locust)
Ramses III : basilica (important)
Mellow Candle : swadding songs

5 Meilleurs Labels :
*Preservation
*Beta Lactam Ring
*Important
*A silent Place
*Digitalis industries

The Bevis Frond 2026

  Allez zouhh, on va pas se laisser abattre par les matins grincheux, un pavé bien trempé pour remettre les poils de la bête à l'heure....