jeudi 29 septembre 2016

John Paul White




Une autre folk, une autre lumière, plus fraîche, plus automnale, impressionniste, celle qui baisse aux jours qui tombent.
C'est son deuxième album à lui, depuis sa séparation d'avec Joy Williams, sa compagne avec qui il formait le duo The Civil War.


Même sans elle, il a gardé la délicatesse, l'écriture bleu clair comme le ciel de la pochette, un ciel cobalt que l'automne va faire adorer, puis regretter jusqu'à le supplier pour qu'il ne ne disparaisse pas avec le mercure en berne.

Séparés comme le couple artistiquement proche Angus & Julia Stone, c'est avec des allures de Piers Faccini que John Paul White continue son chemin folk doux, même s'il s'encanaille un peu sur « Fight for you » ou se fait racoleur sur « Hope I die ». Mielleux, doux, langoureux, extrêmement lumineux comme Minor Majority, ou Spain, JPW va surement passer l'automne à nous ouater le moral.

John Paul White 2016 « Beulah » label : single lock


dimanche 25 septembre 2016

L . A Salami



Je me souviens très bien de Benjamin Clémentine déboulant de Londres avec son génie musical et quelques Ep dans la sacoche, ses chansons parfaites, son premier disque fulgurant.
Tel Clémentine, Salami débarque avec un album exquis son premier aussi, du folk pop bourré de plein de belles choses, une folie pure hyper contrôlée, un étourdissant manège boisé comme les débuts de Devendra Banhart, comme un songwriter touché par la grâce.
 

Pas interdit que cet objet musical d'une rare intelligence viennent bousculer au plus près des pôles positions tous les meilleurs albums de cette année qui part vers sa lumière la plus mélancolique.


L . A Salami 2016 « Dancing with bad grammar » label : sunday best / camouflage

jeudi 22 septembre 2016

Thee Oh Sees




Y'a rien à faire, le psyché me sied à ravir et me scie à volonté, rien n'y fait.
La surface de l'eau, là tout en haut, est devenue incandescente, rouge à souhait avec le vacillement de flammes entêtantes. J'ai dû remonté à la surface pour entendre, j'étais pourtant bien à dériver avec les remouds néo-classiques.
J'ai sorti la tète de l'eau et j'ai vu la brûlure intemporelle, des rails en surfusion comme des glaives à transpercer la campagne grillée. J'ai vu l'horizon onduler et les fossés la gueule grande ouverte à réclamer la tétée. Des étendues brulantes comme du béton caniculaire recrachant l'albédo.
 

L'air est suffoquant, une abeille me saoule l'occiput, jamais je n'aurais dû me vautrer au beau milieu de cette prairie mauve. À peine sorti des eaux, un bouton d'or m'a ravagé la glotte avec comme effet secondaire le son cautérisant mes alvéoles pulmonaires. Je crois que je vais garder le dard planté sous mon oreille, et continuer à faire de la corde à sauter avec mon lobe dilaté. Jam au grand jarret fluo je pédale, saloperie de psyché, on m'avait pourtant déconseillé de bouffer cette « Gelatinous Cube ».
 
 
Obligé de remonter à la surface, dehors Thee Oh Sees ravage nos contrées.

Thee Oh Sees 2016 « A Weird Exit » label : castle face records

mardi 20 septembre 2016

Johann Johannsson 2016




Après Max Richter, c'est au tour de Johann Johannsson d’apparaître sous l'étiquette jaune ancestrale Deutsche Grammophon. Le néo-classique rejoins comme les plaques tectoniques le classique.


Les albums en temps que tels deviennent assez rares pour ce multi-instrumentiste compositeur producteur islandais, 6 ans avec le précédent, et une demi-douzaine de BO entre les deux. Peut être cela revient au même, mais j'aime à imaginer qu'un album puisse être composé pour un film irréel, sans image, juste celles que les notes nous proposent, la pellicule qu'on se fabrique nous à l'écoute d'un disque sublime et cinématographique comme « Orphée ».

Ce n'est pas une musique de film certes, mais composée avec l'idée d'un cinéma, un hommage, une proposition, des ondes de changement, d'Ovide, d'Orphée, Jean Cocteau qui incarne et renvoie. Johann Johannsson a commencé avec une formation classique, puis s'est brutalement retiré du jeu en dessinant des visions sonores à l'aide d'une guitare, des paysages et des atmosphères. Touch, Milles Plateaux, Mego... Deutsche Grammophon.



Le classique ambiant me happe depuis que l'automne annonce la couleur, on est toujours dans l'abyssal ou le stratosphérique. C'est une méditation, une contemplation, c'est à la fois acoustique, eletro et symphonique. Un quatuor à cordes, un violoncelle solo, une voix a cappella, un orchestre et une vague idée de quelques drone léger pour effleurer du doigt l’hypnotique.
Johann Johannsson est un poète musicien, comme Orphée, un héro de la musique néo-classique.


Johann Johannsson 2016 « Orphée » label : Deutsche Grammophon

samedi 17 septembre 2016

Rachel's 2002



Il suffit d'évoquer le nom et voilà, le grand retour de Rachel's, ou plutôt un objet caché datant de 2002, sous l'étiquette Ep atteignant quand même les 36 minutes.

Les yeux de Claire et la plongée de Jherek m'auront conduit vers cette musique à soulager nos bandes-son quotidiennes. Depuis la disparition du groupe, je suis toujours resté fidèle aux contes musicaux de Rachel Grime. Sa vision du silence, de l'espace, des instantanées mélodiques.
Les Rachel's pour moi, c'est une longue histoire, Quatersticks records... « The Sea and the Bells » trouvé par hasard en bibliothèque, le magnifique dernier en date « Systems/Layer » 2003.. la collaboration avec Matmos, les notes sur Egon Schiele, « Handwriting », le premier Lp en 1995.. et voilà qu'une pièce autoproduite et enfouie dans l'oubli ressurgit..



Rachel's c'est ma ligne horizontale, quelle soit posée sur de l'eau, de la terre, ou de l'huile, cette mer grasse à refléter la fournaise de nos alentours, un peu comme les Clogs, Astrïd et tant d'autres.

Rachel's 2002 « Significant others » label : selfproducted

jeudi 15 septembre 2016

Jherek Bischoff



Tout d'abord c'est Leaf records, une retrouvaille pour moi, ou plutôt une négligence de plus, ne pas avoir suivi le navire depuis quelques années.
Puis c'est une liste, une longue énumération des artistes avec qui Jherek Bischoff a travaillé ; Mirah, Xiu Xiu, Caetano Veloso, Deerhoof, Faun Fable, Wilco, Carla Bozulich, Soko, Yellow Swans, Casiotone for the Painfully Alone...


Nous sommes toujours dans le néo-classique, et « Closer to closure » m'obnubile, m'envoie valser dans un tourbillon de plénitude et d'émotion, l'album est aussi beau qu'un Rachel's. Ce musicien auteur-compositeur, arrangeur et producteur de Sacramento a tout pris des collaborations. Ses travaux soli sont des paysages cinématographiques surdimensionnés. La pochette magnifique pourrait suffire à présenter la musique symphonique et ambiante.

Avec un peu plus d'attention, j'aurai pu voir son nom dans les crédits des groupes et artistes énumérés plus haut. Il aura fallu « Cistern » pour que tout apparaisse, comme on voit tout danser majestueusement une fois passé sous le niveau zéro.

Jherek Bischoff 2016 « Cistern » label : leaf

samedi 10 septembre 2016

Peter Broderick 2016



Deux textes, John Cage, son inspiration ici pour commencer l'album, puis celui de Brigid Mae Powers, la compagne de Peter Broderick pour le clore, deux textes récités comme des serre-livres calant un monde sans fin où les notes de piano résonnent au hasard des espaces. 


Il faut avoir une grande maîtrise des règles musicales pour ainsi se permettre de jeter les dès sur l'ordre des notes et des accords à suivre. Se laisser guider avec comme recul la connaissance. La musique plane comme des endroits inconnus sur lesquels précisément une feuille détachée va tomber, ou des larmes de verre d'un chagrin biologique qui, en tombant « font une musique angélique et fantomatique ». Toutes les créations de Peter Broderick m'enchantent. 


C'est son retour chez Erased Tapes, c'est un album magnifique, avec une pochette sublime, un concept hasardeux et le hasard fait bien les choses, c'est à s'en convaincre. A moins qu'il ne soit conduit par le magnétisme d'un génie musical et sonore celui du multi-instrumentisme de l'Oregon par exemple. Des choses irrationnelles ou pas se produisent, comme une pluie fine d'accidents créateurs … une musique angélique et fantomatique.
Ce concept là est tel, que Peter a décidé de ne pas écouter le travail final avant la mise en boite de ces paysages musicaux. Peut être découvrons nous cette ode crépusculaire en même temps que lui.
Vangelis et Keith Jarrett peut être, une verticalité pour une musique de chambre sans sol ni plafond.


Peter Broderick 2016 « Partners » label : erased tapes


Eric Clapton 1975

    Un peu mécaniquement immobilisé, je me vautre dans les galettes. Furieusement attaqué par une fasciite boiteuse, je sors plein de disque...