mercredi 3 juin 2020

The Inspector Cluzo




Un temps lourd et orageux dégouline sur Mont-de-Marsan. Les ligneux craquent, le vent fort camoufle le bruit des troncs, l'électricité plane déjà. Des airs westerns tout chargés de poussières dévalent les collines. The Inspector Cluzo est une aubaine à l'oreille pour contempler la danse folle des graminées. Ça sent la grosse bière, le whisky bien foncé, malt et froment, l'odeur d'une terre qui palpite de l'épiderme, condamné à boire, 1km, 100 km.. 1000, c'est pareil, ça suffit largement, tout est une question d'échelle et déjà trois traits de kérosène dans le ciel bleu.
Mon rocking-chair fait la moue, on s'était pris d'amour tous les deux, il me fait la gueule..j'ai beau lui laisser l'inspecteur Cluzo en boucle tout près de son bois avec une vieille chemise imbibée des chaleurs, il ne balance plus pareil. Faut bien replonger dans la foule il paraît.

« Brother in Ideals », voix à clouer le bec, guitare opulente, percu insolente, le bois chante et déjà le ciel se couvre. Qu'à cela ne tienne « We People of the Soil » est là, on rebranche tout. L'horizon se charge, ça gronde, plus un temps à mettre un hamac sous un arbre, ni d'errer dans les champs.. rien à foutre, que la foudre tombe sur moi, nous sentons tous l'humus, on a beau vouloir voler à tout prix, la semelle de nos godasses sentiront toujours la terre.

The Inspector Cluzo 2018 « We the People of the Soil » / 2020 « Brother in Deals »
label : fuck the bass plaer

mardi 2 juin 2020

Tindersticks 2003



« My oblivion ».. « Running wild ».. le genre de truc à vouloir rester confiné.
De toute façon ça tape dur dehors, un mercure à se réfugier derrière les persiennes, histoire d'attendre que la lune vienne nous embaumer la nuit.
« Sweet memory »..à peine une once envie de sortir...

Tindersticks 2003 « Waiting for the moon » label : beggars banquet

samedi 30 mai 2020

Michelle Gurevich 2020



Arrogante météo, il faut la voir se pavaner à nous cuire le cuir. Faudrait pas pousser trop la poussière non plus, les racines au bain-marie et déjà les feuilles font la gueule.
Ô le ciel, jamais il n'a était aussi pur le jour, les étoiles la nuit sont insolentes, la danse des insectes est aveuglante comme le chant des oiseaux qui semblent revivre. Des nuages de Syrphes dansent avec les bourres végétales des peupliers. L'insecte retourne aux couleurs, la bourre tombe et enneige les chemins. Et les avions restent au sol.

C'est chaloupé tout ça, les champs ondulent sous la chaleur, le vent est un tantinet crâneur lui aussi. Qu'à cela ne tienne, l'énergie dilatée, on va mettre un peu d'humidité larmoyante dans l'aride printanier (« Art of life »), un peu d’extase dans cet air habité (« Feel more »), un peu d'exotisme sur cette nouvelle liberté (« For old time's sake », « Here's the part »)....
De l'émotion sur cette nature temporairement revigorée... « Love from a distance » (chanson que Dominique A aurait pu composer). « Life is coming back to me » comme du Lhasa d'un autre continent... « Feel more » et se dessine les voyages musicaux de The Walkabout.
Que dire de « Kiss ».... un « Let's dance » sexuel et triste, voire un Ferry, un clavier revival et une basse salope..il faut dire que la nuit est tombée et que tous les parfums alentours deviennent aphrodisiaques.

Michelle Gurevich écrit et produit, elle joue du melodica, du synthé et des guitares, évidemment c'est elle la voix et ça.. ça compte un max... écoutez ce disque. Russo-canadienne, slow-core en Lo-Fi atmosphérique passant par toutes les émotions.. quitte à voir tomber quelques larmes sur ces croûte hyper sèche d'un printemps bien cuit.

Michelle Gurevich 2020 « Ecstasy in the Shadow of Ecstasy » label : autoproduit


jeudi 28 mai 2020

Luke Haines & Peter Buck



Peter Buck depuis le confinement de Michael Stipe multiplie les projets et les collaborations. C'est ainsi que REM vient percuter The Auteurs, puisque la voix et les textes de « Beat Poetry for Survivalists » sont tenus par Luke Haines.
On aurait pu rêver cette association si elle n'était pas arrivée par surprise.
Tous les deux s'amusent des mots et des sons pour dire l'état dégueulasse du globe et franchement, à travers mon dégoût à moi, j'imaginais bien un album dans cet acidulé psychédélisme là.

Quelle beauté cette flûte en désaccord sur cette discrète tabla indienne, transcendée par les accords électriques de Peter, sous la voix familièrement habitée de Luke.
Et puis surtout, deux mondes que j'affectionne particulièrement se rencontrent. Rem/Auteurs... Peter et Luke. Amerloque/British.. comme Fleetwood Mac III ..moi je dis rien.

Luke Haines & Peter Buck 2020 «  Beat Poetry for Survivalists » label : Omnivore

lundi 25 mai 2020

Fleetwood Mac 1974



À la demande générale, et sur demande particulière de quelques vieux branleurs, un Fleetwood Mac, le dernier avant l'arrivée du couple américain. Il ne sont plus que quatre, période creuse, Bob Welch résiste, disque noir, improbable, terriblement isolé, méconnu et pas trop dans les vitrines, un peu comme s'il avait fallu que ça change et vite.
« Heroes are hard to find » c'est pas faux, sauf depuis quelque peu. Y'en a plein les hôpitaux.

Fleetwood Mac 1974 « Heroes are hard to find » label : reprise


samedi 23 mai 2020

Fleetwood Mac 1971



Des petits jeux réveillent, montrez des albums à impacts sur les réseaux.. et des disques ressortis de ceux qui n'ont jamais vraiment été rangés. Et j'ai cherché chez moi si celui-ci n'avait pas été déjà chroniqué un jour. Et bah nan, et pourtant..

A l'écoute on pourrait se demander comment le gros impact est arrivé. Et bien moi même je me demande bien comment je vais m'y prendre pour poser cet opus sur un piédestal solide, inébranlable, d'un son que j'ai retrouvé chez pas mal de nouveautés ces dernières années, simple, Lo-Fi, pur, naturel, perdu et osmotique. 

C'est un baume, un concept, un idée merveilleuse de son qui injecte un bien être et une nostalgie d'une époque que j'affectionne particulièrement.
Des morceaux longs, des plus courts.. vous voyez je sais pas quoi dire. Pourtant à chaque écoute je fonds et me laisse emporter comme un bleu.

C'est avant la tempête Stevie/Lindsey, et juste à peine après la tornade Green.
Bob Welch pose ses cordes, Christine McVie s'impose enfin et magnifiquement, Danny Kirwan discrètement omniprésent.. et les deux piliers Mick Fleetwood et John McVie.
« Future Games » est la plus belle des transitions historiques musicales que je connaisse... et puis l'écoute de « Sands of time » .. c'est un moment aérien à part, une molle cavalcade auprès de n'importe quel étang long d'un soleil ondulant au zénith de l’insouciance.

Ce n'est que le cinquième album du méga ultra groupe Fleetwood Mac.. chaque écoute est une partance, un petit bonheur sans nom.

Fleetwood Mac 1971 « Future Games » label ; reprise






lundi 18 mai 2020

Françoiz Breut



Serge et Jane.. c'est un beau tourbillon les muses, les couples, le déclic des duos ..« derrière chaque grand homme se cache une femme » Melody Nelson resplendit …
et puis tant d'autres « Si tu disais », comment dire comment cette chanson est à pleurer. Comment j'ai aimé me perdre dans ces deux là pareil, « Les hauts quartiers de peine ». Et puis « Portsmouth » que A a proposé sur un ep 1998 d'Acuarela discos « L'attirance » ressorti l'année précédente en vinyle..un objet précieux. « Portsmouth » ici repris par Françoiz, et le son des doigts sur les cordes graves... Quelle chanson, quels accords, quelle partance..

« Je ne veux pas quitter ».. « Le verre pilé ».. Les femmes sont là superbes, « Il n'y a pas d'hommes dans les coulisses »..... « La nuit repose ».
C'est un album majestueux, totalement oublié, Sacha Toorop, Tiersen qui traînent et ce son avec les accords de A, la grande voix de Françoiz. Après « La colère » que je garde pour moi.. cet autre chef d’œuvre... ces presque ultimes miettes d'un couple fécond qui danse sur un clavier valsant. Une symphonie de poche d'ultra dimension.

Françoiz Breut 2000 « Vingt à trente mille jours » label : Labels

Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...