vendredi 1 décembre 2017

A.Savage



Quand je l'ai vu se désaper, j'ai tout de suite su que le sud était passé en hiver. Quelques frissons m'attendaient, un froid dans le dos à l'idée d'arpenter la steppe rasée avec comme seul repère son écluse à péniche. Couper, ébouter et raser, ça m'a toujours posé problème, je prends des cours de jardinage pour me soigner et je suis révulsé à la moindre idée de déforestation.. comment respirer à plein naseau sans bois ni forêt, comment humer l'humus sans feuilles mortes à venir pour régénérer la tourbe ?
L'hiver m'emmerde, moi c'est le sud que je veux, du tiède, du moite, de l'étuve à cramer de l'intérieur, des souffles chauds, mais qu'est ce qu'elle a fait à faire péter la toundra ainsi, faire table rase des arbrisseaux et des conifères, je vais me perdre dans la plaine dénudée, je vais me vautrer et faire chauffer la débâcle, attendre le printemps, déjà demain ça aura repoussé pourvu qu'il pleuve. « Winter in the South ».

La chambre est froide, tamisée, j'avais misé sur un peu de chaleur, il faut dire qu'A.Savage passe en boucle et c'est pas qu'on se les gèle dans la carrée, son parfum à elle a tout du jasmin, une once sensuelle de sucré qui susurre sa peau nacrée, « Thawing Dawn » est en train que me ronger les glandes. Tellement besoin de canicule que je vais me laisser brûler les veines par cet album pervertisseur. Les chansons vandales défilent et je commence à entrapercevoir énormément de chaleurs de son hiver tondu, et peut être je vais finir nu dans la crevasse à en baver comme on saigne un cochon.


Tiens, sont amerloques les Parquet Courts, le A.Savage sonne tellement british, encore un décalage, chaud et froid, ce disque m'a vrillé la tète, c'est un objet attachant et toxique, poignant et foudroyant. Une petite œuvre salope qui me prend par tous les sens, et racole à mort mon spleen de cheval.

Non seulement elle a ratiboisé grave, mais en plus elle a coupé la musique sous prétexte qu'il passe pour la troisième fois, on était justement sur « Winter in the South ». La cavalcade infernale du wild wild wild horse, ça attendra demain, je vais juste m'avachir sur le désert à chercher l'oasis avec encore dans la tète les airs Velvet-Callahan de Andrew Savage solo.

« Untitled » .. vais chialer, dès qu'elle s'endormira ma lisse, je remettrai cette chanson en permanence. Je veux bien avoir la foi, devenir croyant..mais à quoi ??? aux taïgas brûlantes ?? aux étendues désertes habitées par un rock soft et fou de vieux branleur ?? « Thawing Dawn » tout près de Nev Cottee et Simon Joyner pour le quinté de cette année, pas loin du premier.


A.Savage 2017 « Thawing Dawn » label : dull tools


mercredi 29 novembre 2017

Morrissey 17



Malgré l'affection générale que je porte aux expressions de Morrissey, je me suis à nouveau figé sur une chanson d'un album, son dernier. Tout comme « Signs » des The Magnetic North par exemple, je passe en boucle depuis quelques jours « Spent the Day in Bed ».

Pourtant l'album est un ravageur produit hyper produit avec tout ce qu'il faut dedans pour que cette production appuyée n’entache en rien l'art du Smith.
Il y a sa patine, sa voix, qui me rappelle celle de Beautiful South que j'ai découvert il y a longtemps perso bien avant celle de Morrissey.
Dès l'intro « My love, I'd do anything for you » m'a plaqué par sa fureur, guitares sévères et orchestre grave.. tout s'est alors enchaîné logiquement. Mais voilà, j'ai stoppé net comme le coyote sur cette chanson là. 
Il faut voir comment on nous parle, la force forceptienne qu'il faut le matin pour s'extraire et se jeter dans l'absurde gourbi qui nous traîne par les tibias....Abstentionniste du quotidien, recul, hauteur, no boss, no bus, no rain..no train.... bref, je fais une fixette sur cette 5ème plage du nouveau Morrissey peut être inégal, mais très bon jusqu'à la moitié..pour le reste, l'autre moitié, je vais attendre de m'extraire du cageot, du hamac, du padoc, du canap voire de la british balancelle pour apprécier la suite. Pillows like pillars.

Et puis le clavier Supertramp à l'intro de cette chanson là me fait fondre.

Morrissey 2017 « Low in high School » label : BMG

lundi 27 novembre 2017

Murat 17



J'ai rêvé la nuit dernière qu'un cousin jaune avait muté avec un moustique rouge. Les fines pattes du Tipula maxima venaient juste de s'acquérir d'une immense trompe à sucer le sang de tous, à son échelle, c'est-à-dire pas loin d'un ou deux centimètres de pompe à sang. Entre mes murs violacés de cobalt, je faisait don de mes globules sous le son trouble de Muragostang qui distillait dans mes veines un remède aux attaques sanguinaires des longues seringues. J'étais nu dans la crevasse à me débattre comme l'insecte vampire.
C'est pas que j'aime pas les piqûres, juste le moustique pour moi est un fléau.. hématophage, il ne sert à rien dans la chaîne bio, sauf donner à becqueter au oiseaux ce qui est déjà beaucoup finalement. Bref, la canicule d'octobre a donné de faux espoirs aux insectes volants, y'en a même qui se bandent un membre de ouf pour saigner les terriens. Hier encore, le mercure de novembre marquait un franc 14°c tout près de ma Voise du Val de Loire et de mon fitou chambré à boire.

Risque artistique, Daho 17 ou Sheller Albion, il y aura dorénavant Murat N89. Contrairement à « Blitz », il va falloir que je fasse abstraction de la pochette. Et pourtant, jaune et rouge avec du noir et du blanc, on peut le ranger tout près de la pochette « Lilith » avec en couve un de ses autoportraits. « Le dragon a cent visages » en 2003. « Travaux sur la N89 » est pour moi l'album idéal pour mettre en son ses 100 autoportraits bariolés d'alors, beaucoup plus que les 23 chansons définitivement sublimes de « Lilih ». Cohérence décalée, un monstre de liberté, un nouvel album de JL Murat atypique ou pas.La forme bouleversée, moi non plus je n'aime pas le travail.

Il est question d'une mise en danger artistique ces jours-ci, tellement rare par ici, dragon, cent visages, tipula moustique suceur, cerveau dispersé en réveil revigorant, je suis déjà bien attaqué par le désordre rassurant de la N89 en branle, je sais pas où je vais, dans quel rêve tarabiscoté. Cette artère qui traverse tous les axes principaux Nord/Sud dont parle le plus, Murat n'a jamais roulé dans le même sens que les autres.

« Morituri » est une pépite, pourtant commercialement moyen, absence de tournée imposée, on en démordra pas avec les grands artistes irréversibles de par chez nous, pas maudits mais presque, ça fait parti du jeu, on les aimes comme ça, juste nous, moi et mon envie de les voir tout le temps et le plus possible chanter et œuvrer quoiqu'il arrive. Et tout ce qui arrive d'eux est bien. L 'expérimental « Muragostang » est un double live merveilleux. C'est pas pour me persuader ou flinguer mon porte à faux, j'ai beaucoup aimer N89 de JL Murat. Le danger ultime et rassurant de quelques artistes de par chez nous, une nuit avec des mutants , la tète en friche, le cortex en travaux, sur la route avec Murat N89.


JL Murat 2017 « Travaux sur la N89 » label : pias le label







samedi 25 novembre 2017

Daho 17



Assez exceptionnel pour ne pas en parler, n'importe quel prétexte, tout sauf passer à côté. Quelque chose me disait qu'il faudrait en découdre, et que de toute façon, quoiqu'il arrive ça resterait un nouveau Daho.
Le cerveau claudicant, la première écoute fut si troublante que je me suis rué à bras le corps sur cet album, rentrant dedans physiquement, écoutant sans cesse du matin au soir pour en démordre, comprendre et déguster la moindre once d'éclair. Surtout n'en perdre aucune miette, une telle chose arrivant par chez nous est trop rare pour ne pas le brandir.


C'est un risque artistique, ou plutôt nan, une continuité logique sous d'autres azurs, ou plutôt si de l'audace sur un travail faramineux et une certaine vision assumée d'un monde au cortex musical unique.. enfin nan derrière y'a la montagne Daho, enfin si malgré l'Eden de Satori sous des ciels brûlants d'une année qui va s'achever sous les facette kaléidoscopiques des tangages indéniablement talentueux d'Etienne qui pourrait dormir tranquille sur toutes ses invitations depuis quelques décades et qui remet tout à plat ou presque. Cet album marquera.


Des scintillements, sublimement coloré, électrique et dandy, contagieux et courageux, risqué, ou plutôt nan .. enfin si.. Daho mais risqué, mais Daho...mais Daho.
Va falloir le placer un peu partout sur la planète ce brûlot pop de par chez nous, pas si visible que ça sur les stand depuis une semaine ce « Blitz » de dingue je trouve. Je m'associe avec mon Mister T pour vous dire que ce nouveau Daho bourré de références, en posologie excessive occupant toute ma semaine, est un véritable chef d’œuvre à tous les niveaux. Entre Brando et Barrett, le véritable monde sombrement lumineux d'Etienne Daho.

Impossible de laisser passer un truc comme ça.

Etienne Daho 2017 « Blitz »

mardi 21 novembre 2017

Baxter Dury 2017



Les albums de Baxter Dury au fil des ans s'installent systématiquement dans les sommets pop rock. Malgré la gravité des ondes, le contexte amoureusement dramatique de l'artiste, comme s'il fallait monter la dune du Pilat à quatre pattes, « Prince of Tears » les surclasse tous. LE disque du genre de l'année de toute la carrière du célibataire anglais.. et vive le Cokney.

La basse est géniale, la voix fidèle, l'accent..le tempo...toutes les chansons tubesques, la classe.

Baxter Dury 2017 « Prince of Tears » label : pias lelabel

vendredi 17 novembre 2017

Barclay James Harvest 70/76




 





Le hasard fait bien les choses, sans aucune autre raison, je rebondis sur les acronymes pour parler des BJH, groupe anglais né en 1967 et qui a marqué mes 15 ans .



Faudrait pas non plus sans cesse crier au génie, il est des choses artistiques nécessaires au ronronnement du quotidien, au confort des sons fidèles qui soignent, et comme disait Murat, « le cours ordinaire des choses me va comme un incendie ».
C'est pourtant un grand bouleversement dans ma discographie lorsque la même année les Dü balançaient leur grabuge Zen, moi je prenais religieusement le « Live Tapes » des Barclay James Harvest exposé comme ça, dans les rayons reculés d'un hypermarché révolu le plus proche de mon bled d'enfance, Rallye. J'avais d'autres disques à écouter, je ne m'attendais pas à cette brèche, c'est celui-là à la pochette fantastique.

Planant, un son de guitare, deux voix et deux écriures complémentaires comme Supertramp, et une colossale discographie s'ouvrait à moi. Il aura fallu des années avant de tout me procurer, bibli, achats, et le premier Lp juste après ce live, trouvé à la « Pie qui chante », le disquaire pointu de Chartres à l'époque : « Octoberon ».
Rock romantique, psyché prog de baladin anglais errant à travers les collines vertes des îles britanniques. Le clavier sur « Rock'n'roll star » et les accords qui embrayent, les premiers accords de « The world goes on », le barré lyrique du clavier fou Wolstenholme, le final poignant « Suicide »....



Bien longtemps plus tard en approfondissant leurs opus (avec juste une mobylette pour remplacer internet), je suis tombé sur une K7 audio de chez Fame, le premier Lp des BJH 1970. Méconnaissables, un peu comme le blues trempé « This Was » des Jethro Tull, et les deux premiers albums rocks psychés des Supertramp. Je défi quiconque sur la jig folklo rock « Talking sometime on » de trouver direct BJH. « Mother dear » à pleurer, complètement de pas d'ici, d'une autre ère , un truc qui n'a pas exister des lustres. Au début, comme les Beatles, impossible de savoir qui chante, Lees, John voire Wolly. « When the wold as spoken » avec son intro cathédrale et son décollage jazz pop psyché à l'orchestre de fond « Medle » ou Sgt Pepper, à la limite du juste pour la voix.
« The iron maiden » comme parler d'un tel morceau sans se perdre, sans avouer n'importe quelle faiblesse irréversible.
« Dark now my sky ».. épopée prog de la même puissance folle que « Atom Heart Mother », ou « Try Again ».
Le mellotron à la Crimson est un peu partout. Contrairement à Supertramp , la formation initiale du groupe n'a pas changé (départ de Wolly en 77).




Le premier album de Supertramp est pour moi le coin poétique rock le plus reculé de ma discographie, un mythe très perso. Juste après, il y a le premier album de Barclay James Harvest. Improbable, méconnaissable, la substance et la genèse, une folie pure, unique.

Un papillon par pochette, celui d' "Octoberon" occupe toute la couverture, des ailes de nacre, une dentelle fabriquée avec les pièces de la monnaie du pape, la graine lunaire.. celui de « Their First Album» est découpé en vitrail.

Juste avant quelques 45T superbes « Early morning », juste après les classiques arrivent, « Mocking bird » « She said » « Medicine man »... « Child of the universe ». Pour les mélomanes je conseille (une nouvelle fois) ce coffret définitif 5CD « Taking Some Time On » the parlophone harvest years (1968-73), et "Octoberon" qui sort ces jours-ci en double réedition.


Barclay James Harvest 1970 « their first album »
Barclay James Harvest 1976 « Octoberon » label:harvest









mardi 14 novembre 2017

FKJ CFM JFDR PVT DBFC BNQT OMNI ........ 2017





J'aime ..j'aime pas.. moi un truc qui me débecquete c'est les acronymes. Dans tous les discours officiels, les réunions, les bavardages professionnels y'a des raccourcis d'initiales. Incompréhensible, codé, un langage de secte administrative, histoire d'aller plus vite ou de se la péter.. ou plutôt de s'enfermer dans un groupuscule élitiste de qq employés du même monde qui ont l'impression d'avoir inventé un langage. BDM.. euhh bordel de merde on ne comprend rien à ces cerveaux automatisés en bugg permanents.

Bon, vu comme ça, ça reste pour moi une participation difficile à une énième réunion pour rien, une matinée entière, mais les initiales strictes débordent sur la musique. 2017 le record et un paquet de nom de groupe qu'il va falloir se sortir grave les doigts pour s'en souvenir. Ou alors c'est pour brouiller les moteurs de recherches  histoire de décourager les élans illicites et curieux.

Dans l'histoire ça reste anecdotique et quasiment ponctuel, AC/DC ou REM ( rapid eye movement), FFF pour faire plus sport... tant que c'est pas une tendance.
Moi même il m'est arrivé de participer par fainéantise, BJH pour Barclay James Harvest mais c'est plus de l'intimité ;D, tout comme les Chris Robinson Brotherhood qui se font maintenant appeler CRB, Anthony est devenu ANOHNI, le management est par chez nous MGMT, HK vient de sortir un album et LDC du Soundsystem ça veut dire Liquid Crystal Display.. bref, jusque là, on s'en sortait sans trop de maux de crâne. Il paraît même que AIR serait en fait l'acronyme de Amour Imagination Rêve !! Même le grand chauve des Smashing vient de se coller un WPC (William Patrick Corgan … quelle horreur ce disque, cette voix).
2017, c'est la cascade, l’hémorragie, ça défile comme une mode, ça schlingue et je m'y pers...2017, que des LPs...c'est parti :


FKJ 2017 « French Kiwi Juice » label : roche music
CFM 2017 « Dichotomy Desaturated » label : in the red recording
JFDR 2017 « Brazil » label : white sun recherches
PVT 2017 « New Spirit » label : felte
DBFC 2017 « Jenks » label : difference
BNQT 2017 « Volume 1 » label : dualtone
OMNI 2017 « Multi-Task » label : trouble in mind
EMA 2017 « Exil in the Matter Ring » label : city slang
PNL 2017 « Dans la Légende » label : QLF
MHD 2017 « mhd » label : artside/capitol
BNRS 2017 « Sugar High » label : yokanta

et pour les plus connu en 2017 :
Alt-J
NLF3
IAM
LCD Soundsystem
ANOHNI
MGMT
The XX ….

Quant à savoir ce qu'il y a dans ces disques … ah si, j'aime beaucoup les errances Lo-Fi psyché de CFM « Dichotomy ». Sinon je suis tombé sur quelques prise de tète JFDR, guidé par la belle pochette, et des trucs franchement très moyens. C'est comme ça, une pluie d'acronymes et je bloque, comme un briefing sur la musique. Y'a surement des trucs bien, mais je mélange tout, de la soupe de lettres.. y'a t'il quelqu'un pour me guider ??









Girls In Hawaï 2026

  Modesto en pleine Wallonie, un angle bizarre et je ne pensais pas un jour replonger de ce côté-là. Grandaddy donc " Angles ", e...