jeudi 24 novembre 2011

Cohen / Simon revival





Deux résurrections 80's pour deux monuments dans l'histoire de la musique. Cohen/Simon. Pas si éloignés que ça dans l'art de se balader en songwriter.

« Various positions » 84 en essoufflement de carrière, « I'm your man », quatre ans après en renaissance. Une rencontre, une photographe, une histoire d'amour, l'inspiration redémarre. Puis un chœur puissant, Sharon Robinson, qui l'influencera longtemps.

« Hearts and bones » 83, fatigué, « Graceland » trois ans après un séisme. Une visite sur les terres d'Elvis, son refuge « Graceland ». Puis une influence culturelle sud-africaine qu'il gardera par la suite, incarnée ici par Ladysmith Black Mambazo.

Deux albums indispensables pour décennie que j'ai bâclée.

Leonard Cohen 1988 « I'm your man » label : CBS
http://www.leonardcohensite.com/
Paul Simon 1986 « Graceland » label : sony
http://www.paulsimon.com/










mardi 22 novembre 2011

Keith Jarrett 75

Tim Hecker dans son brouillard ambiant à bruire son piano pour nos reflets spleen, Jerry Lee Lewis ou Bécaud en pyromane à piano, je cherche mon chemin à chronique et me pose au milieu des allures. Avant d'atteindre les hommes debouts réclamés corps et âmes … (faut bien que je me la pète un poil), je bivouaque sur une accélération pianistique qui a marqué mon apprentissage musicologique.


Là, les notes s'emballent, s'arrêtent, sont soumises au génie improvisé, soulignées aux sons gutturaux du despote à touches, comme des orgasmes infirmes. Un moment unique dans la colossale discographie de Keith Jarrett, et surtout dans ma timide introduction au monde du jazz: les 26 minutes de la première partie du Köln concert 1975.
Comme un hymne à l'envolée délicate, The Köln concert ruissèle en filets d'eau jusqu'aux cascades baroques dans une liberté mélodieuse unique. Rares sont ses morceaux que l'on peut fredonner. Celui là, il me semble le connaître par cœur, et je le répète intérieurement comme un rock progressif, un ragtime endiablé, un free jazz maîtrisé, comme le jeu de guitare de McLaughing.
Car Keith Jarrett joue du piano comme on joue de la guitare, étendu, rythmé, exigeant avec l'ambiance, dictateur avec le silence, complètement habité, autiste recroquevillé.
L'insomnie métamorphosée en fulgurance habitée, Keith Jarrett sans aucun calcul ni désire d'enregistrement a lâché cet instantané unique qu'un technicien local averti a emprisonné par professionnalisme.


Et je me souviens d'un ami lycéen me proposant ce disque, moi à des bornes du jazz, dubitatif mais curieux. C'était en 1988, ce disque ne m'a plus lâché.

Keith Jarrett 1975 « The Köln concert » label : ECM
www.keithjarrett.org
échelle de richter : 9
support : gravure
après 1000 écoutes.






Elvis Hendrix



Merde, voyez mes deux rendez-vous du jour !!! Sont pas agaçant ces deux jeunes hommes en plein orgasme ????



Elvis Presley 2011 (1956/1957) "Elvis Presley / Elvis" label : legacy


Jimi Hendrix 2011 (1969/1970) "Hendrix in the west" label : sony

dimanche 20 novembre 2011

The For Carnation

Pousser la porte de son disquaire, et venir indécis puiser l'inspiration. S'en remettre aux goût d'un connaisseur et se laisser guider. Las des nouveautés, pas envie de fouiller, juste s'abandonner à un goût des autres, d'autres passionnés ciblés (pas question d'aller à la fnac par exmple). Partenariat pour dénicher une perle rare, un monument et un moment unique..le genre de disque qu'on range dans la boite à trésors, pour le cas où ..toujours l'île déserte qui pointe à l'horizon le bout de son rocher.
Avoir une envie, juste une vague idée... une envie d'oscillation simple et efficace, de grand espace. Un besoin vital de surdimension rock plutôt orienté lenteur..un slowcore sulfureux, un post rock guitare/basse/batterie avec juste un petit effet de résonance, un écho, sans aller planer près des réacteurs de Godspeed. Aucun carburant, juste un paysage décortiqué, en lueur noctambule ouatée. Un album timidement mythique, instinctif, unique.. pas un groupe dont tout le monde parle, pas une facilité voyeuriste, un truc solide intemporel, un son épure et clair, un qui respire mollement, gorgé de soupirs posés sur des silences en fond de lin.. des mailles sonores sur lesquelles on puisse y déposer nos couleurs, une offrande cérébrale, des possibilités.

Calé dans mes boots, enroulé dans mon foulard qui s'agrippe à ma barde de trois jours, je dévore des yeux mon interlocuteur accoudé au comptoir indépendant, le supplie de me trouver l'objet, celui qui va m'étendre pour un long voyage immobile, l'harmonie d'un son à peine proposé, susurré, juste assez toxique pour revenir, épanoui de la plongée. Une fois de plus trouver ce palier vertical, pour que je puisse dériver à l'horizontal.
Pas un morceau épique noyé dans un album moyen, mais un véritable concept invulnérable et extrêmement vulnérable.. avec par exemple des violons ici, une cloche là, un synthé qui traine juste plus loin, une pincée de violoncelle, et toujours cette batterie molle, celle qui injecte, hypnotise. Et cette basse sensuelle qui te suce la plèvre délicatement. Tiens, en plus, un esprit de jazz mou qui puisse venir ajouter de l'ampleur à la mélodie...un truc enregistré par John McEntire par exemple. Des restes d'un groupe culte, comme Slint hébergé sur un label non moins prometteur « Domino ». Y'aurait une pochette superbe, celle qu'on garde en impression rétinienne indélébile.

The For Carnation. Des morceaux construits et enregistrés entre 97 et 99, sortis sur Domino records en 2000. Disque indispensable, idéal pour commencer un siècle. Ça c'est à peu près passé comme ça en 2000 ou 2011 quand je suis reparti de chez mon disquaire avec cet album éponyme dans la besace. « moonbeams » épilogue épique, chef d'œuvre absolu. J'y retournerais chez mon disquaire..pour le mettre à épreuve, pour d'autres nappes plus 80's, celles qui me targuent, qui taquinent mes lacunes.

Berceuse dominicale voluptueuse, qui frôle l'érotique comateuse.

Merci à Carl de m'avoir rappelé à The For Carnation.


The For Carnation 2000 « The for carnation » label : domino
www.dominorecords.com
échelle de richter : 9
support cd
après 1000 écoutes


juste ces deux là ..nah !!!!







CANT



L'heure du bilan annuel approche, quelques pièces sont déjà bien installées, « Dreams come true » débarque à coup sûr bien haut dans le rayon pop moderne. La modernité d'un Prince ou d'Ariel Pink, avec la noirceur en plus, froid avec une âme robotique et embrumée.
Jamais trop excité par Grizzly Bear, la fadeur des mélodies, l'approche infantile d'Animal Collective... pourtant Chris Taylor des Grizzly est venu apporter son cerveau sur le très bon « Forget » de Twin Shadow en 2010.
Twin Shadow est ici, aux instruments pour le premier projet solo de Taylor, sombrement lumineux. Cet opus bicéphale est un voyage organique sinueux confirmant l'évidence de cette collaboration. L'écho est troublant, la diversité des morceaux enrichit et on est embarqué par les idées d'arrangements injectant une intelligence musicale dans la trame des compositions, une vision particulière, un ton.

A l'image de Department of Eagles, une autre branche des Grizzly, je reste totalement envouté par cette deuxième fuite, CANT.

CANT 2011 « Dreams come true » label : warp

www.warp.net
échelle de richter : 8,5
support cd
après 4 écoutes









CANT - Dreams Come True by Transdreamer Records

jeudi 17 novembre 2011

Tim Hecker 2011



Pour le coup, le piano est réellement tombé. Il n'y a même plus que ça. Les drones se sont dissipés, les grondements évaporés..et pourtant, cette chute engendre des notes égrenées, graves et opaques. Le piano est tombé, et tout s'arrête.. malgré tout il chante encore et un fantôme s'affaire à retendre les cordes, accordeur lémurien aux paupières aveugles. Urbain ou cosmique, la résonance étourdit comme un paysage lointain, capitonné par l'espace épais redondant. Ces vibrations sourdes diffusent un coma béat comme un éthylisme d'opéra fantôme, sur l'estrade de laquelle « Ravedeath, 72 » encore dans le cerveau, vient comme un anticorps désactivé susurrer la texture, les matériaux, la fibre sous l'épiderme. Décharné, seul, Tim Hecker vient parer l'espace de l'hotel2tango de sa vision expérimentale néoclassique sombre, comme un écho, avec des chutes de piano, et quelques nappes étouffées.

Il y a des visages qui diffusent et éclairent, les yeux grands ouverts, et d'autres qui absorbent, le regard fléchissant en noir et blanc. Cette phase intime de « Ravedeath 72 » attire par son dessin épure, pompe. La précédente rayonnait comme un soleil radioactif, une brulure.

Ici tout accapare en buvard profond... une beauté dégorgée, une pochette assombrie et un son lointain.
Des grands espaces de « Ravedeath 72 », il ne reste que la proximité trouble d'un concept déshabillé, des gravats d'un immense immeuble, la beauté des pierres effondrées. La vue était si belle de là haut. En bas, c'est différent, mais c'est tout aussi ravageur.

Sublime négatif.

Tim Hecker 2011 « Dropped pianos » label : kranky
www.kranky.net
échelle de richter : 8,9
support cd
après 3 écoutes





mardi 15 novembre 2011

Daniel Darc

Darc débarque à point nommé, totalement calé au soir uppercut, au cabossage de l'âme . Le spleen crad avale la nuit à la vitesse de cette vitre embuée par les haleines emmitouflées qui glisse sur le néant. La plus proche houblonnée vient s'échouer parmi les autres, combien d'élegies dans ce wagon ?...aussi douloureux qu'un Marcel Kanche, aussi taillé que « Quelqu'un quelque part » de Pierre Bondu, aussi gainsbourien dans l'idée... le désespoir de pouvoir imaginer avoir « ..besoin de quelqu'un qui n'a pas besoin de moi »...




On n'est pas beau, on est vivant.
... « mais si seulement tu savais la taille de mon âme... »


Daniel Darc 2011 « La taile de mon âme » label : sony
www.danieldarc.com







Syd Matters 2026

  Je me souviens de tout. Du choc et de l'embarquement .. Whisper and Sigh . Un tel truc par chez nous !! Aussi de mon éloignement lége...