dimanche 6 novembre 2011
samedi 5 novembre 2011
Tom Waits 2011
Grand moment de très haute fidélité, la découverte d'un cru de Tom Waits est un rendez-vous exaltant. On reste dans le black esprit avec le blues jazz enfumé du grave crooneur des cabarets.Il fait presque nuit qu'on sortirait presque le bourbon, même à 15h00. La goudronneuse à sec, la tuyauterie jette l'éponge, tendue, corrodée, va falloir du solide.
Pour le coup là, il y a à béqueter sur « Bas as me ». Tous les styles du ténébreux fêlé y sont représentés. Et malgré la familiarité rassurante des pistes, une extraordinaire modernité s'échappe du plancher poussiéreux de l'estrade, du vieux rideau rouge en velours qui plonge un piano dans l'ombre. « Kiss me » vient au rappel du « Blue Valentine » avec une sonorité plus travaillée. Sublime chanson qui aurait pu figurer sur « When » de Vincent Gallo. Des idées d'arrangements, d'instruments diverses rebondissent et donnent une couleur à chaque chanson.
« get lost » en Elvis s'il avait remplacé les médoc par les clopes et les alcools forts; « raised right men » en James Bond cirrhotique; « pay me » comme à l'époque d'Asylum; etc etc...
L'emballement dithyrambique des billets médiatiques est indiscutable. Tom Waits, barré et glauque est toujours aussi libre. Grand millésime.
Tom Waits 2011 « Bad as me » label : ANTI-
www.tomwaits.com
www.anti.com
échelle de richter : 8,8
support gravure
après 2 écoutes
Tom Waits 2011 « Bad as me » label : ANTI-
www.tomwaits.com
www.anti.com
échelle de richter : 8,8
support gravure
après 2 écoutes
Come together

J'embraye black et rebondis sur un produit super bon qui va éclaircir légèrement le gris épais du jour qui se traine la savate. La goudronneuse va lâcher c'est sûr.
« Come together », quelques standards Beatles chantés par l'Amérique noire. Du british en berceau pop de l'autre côté de l'océan, avec la soul, le blues en étendard. Splendide récupération de 66 à 76, dépaysement familier pour les curieux, infidélités pour les puristes.. on les connait tellement ces normes racines blanches britanniques qui ont sucées la sève sur des standards américains. Ping pong culturel, ça volleye au dessus de l'Atlantique.. on est du côté de l'Oncle Sam cette fois-ci, juste après Nina, « Black America sings Lennon & McCartney ».
L'avantage de cette compilation, c'est de proposer des morceaux rares, sans Ray Charles et Eleanor Rigby par exemple... du lourd, du très bon, de l'inconnu, du dépaysement, du chaud .... et entre parenthèse, 18 reprises sur 24 sont des chansons de Paul.. eh eh.. j'dis ça, mais j'dis rien.
Black America sings Lennon & McCartney 2011 « Come together » label : ACE
www.acerecords.com
échelle de richter : 8,5
support cd
après 2 écoutes.
Nina Simone

Réveil hyper gris, la goudronneuse carbure, de l'encre coule pâteuse dans mes veines comme un supion déglingué.
The Czars a fait ses adieux sur cette chanson sublime. Surement une de mes préférée de Nina Simone, cette chanson traditionnelle tellement reprise.
« black is the colour of my true love's hair » pour démarrer le matin... sous trois facettes.
Nina Simone 1970 « Black gold » label : RCA
The Czars a fait ses adieux sur cette chanson sublime. Surement une de mes préférée de Nina Simone, cette chanson traditionnelle tellement reprise.
« black is the colour of my true love's hair » pour démarrer le matin... sous trois facettes.
Nina Simone 1970 « Black gold » label : RCA
jeudi 3 novembre 2011
Jessica Bailiff / Christina Carter
Délicate sensibilité au bout des arpèges, aussi lumineux qu'Annelie Monserré (Elles ont d'ailleurs collaboré sur un mini Lp en 2008 sur morc rec). Une même tristesse contagieuse grimace sur les plages de « Feel like home », comme de petites créatures adorablement grises. Grisé, je le suis à mon tour par les songes tissés en mails de soie arachnéenne qu'un léger brouillard drone vient souligner.Jessica coupe illico la chique au piano, le tut, dès les premières secondes, pour des cordes de guitare, branchée ou pas. Le trouble est total sur «spiral dream», ambiance dérangée, martelée, chanté en russe. Une foule d'invités, malgré le dosage parfait, le minimalisme acoustique.
Jessica Bailiff avec son timbre monocorde invoque les fées pour de molles danses fragiles et poético-sombres. Une prière à la mélancolie.
Jessica Bailiff 2006 « Feels like home » label : kranky
échelle de richter : 7,4
support cd
après 10 écoutes
www.kranky.net/artists/bailiffj.html
www.brainwashed.com/jb
Christina Carter, elle, est toute seule avec guitares et clavier. Elle a joué aux côtés de son compagnon Tom Carter au sein de Charalambides. Comme Jessica, elle est sombre et danse avec les oréades. Sa musique répétitive corrompue par un clavier paranoïaque convoque les Windsor d' « Emotional rescue ». Sa voix Movietone joue comme Sylvian en rompant avec l'ensemble. Et toujours ce clavier rêveur qui vient injecter la toxine.« re-found mary » en apogée poison annihile son chant.
« do not love a woman », comme un coma fou arabisant aux allures de PJ, sous des guitares jazz de Vincent Gallo.
Si Tom Carter se balade toujours dans la stratosphère avant-gardiste de son art expérimental, Christina est restée près du ruisseau, dans les sylves brumeuses et magiques, tout prêt de Jessica.
Une transe à la mélancolie.
Deux albums Kranky légèrement barrés, gris, avec un doux jeu toxique d'engourdissement sensuel de petites sirènes folks.
Christina Carter 2008 « Original darkness » label : kranky
échelle de richter : 7,8
support cd
après 10 écoutes
www.kranky.net/artists/carterc.html
mardi 1 novembre 2011
Nicolas Bernier

Bon, quand ça veut pas venir !!! toujours bredouille du lin, j'embraye et passe à la vitesse supérieure, ou plutôt à l'immobilité intérieurs accélérée .. pour voir si.
Tellement profond la coulée, qu'on a l'impression d'être projeté dans un paysage cinématographique de panique crade. Bande son de film névrosée, « Usure.paysage » est une œuvre unique proposée par l'esthéticien sonore cinoque Nicolas Bernier.
Une course poursuite s'amorce à l'extérieur, « paysage articulé no 4 », « les chambres de l'atelier », s'étendent dans un coma sourd frappé de chaos projectiles en bruit de vitre brisée, ou de chocs béliers d'intrusion angoissante. Ne pas savoir où nous sommes, un réveil apeuré, en sueur, haletant on attend, et on fuit immobile.
Tellement profond la coulée, qu'on a l'impression d'être projeté dans un paysage cinématographique de panique crade. Bande son de film névrosée, « Usure.paysage » est une œuvre unique proposée par l'esthéticien sonore cinoque Nicolas Bernier.
Une course poursuite s'amorce à l'extérieur, « paysage articulé no 4 », « les chambres de l'atelier », s'étendent dans un coma sourd frappé de chaos projectiles en bruit de vitre brisée, ou de chocs béliers d'intrusion angoissante. Ne pas savoir où nous sommes, un réveil apeuré, en sueur, haletant on attend, et on fuit immobile.
L'atelier renferme des tonnes d'affres et d'affreux, de chimères qui percutent le cortex en névrose électrochoc. Prostré sous une tonne de désirs, on s'ébauche un contre la montre insomniaque, poursuivi par la menace d'être fauché, de rassasié la graminée, de manquer le pavot, de devenir funambule des convections. Des souffles et des râles raidissent la nuque, nouent les viscères et l'on se déguise en révérencieux quotidiens pour se dire qu'on est sorti d'affaire. Quoiqu'il arrive, nous sommes perdus.
« Usure.paysage » n'a jamais autant propulsé les angoisses tranquilles dans le flot spleen d'une muse dégorgée. La saignée guette, chaque vie est guidée par les sécrétions.. exo.. exo-glandes lacrymo-séminales. La sueur froide, l'auréole du bel animal, le crachat nauséeux d'une utopie bafouée, la testostérone, la méiose des graines foutre au creux de la main...
« Usure.paysage » cloue dans l'ombre... on ne sait où, isole pour une réflexion de survie, menace par l'idée de n'être qu'un tube digestif... procure l'isolement avatar nécessaire à la métempsycose, là où tout peut se métamorphoser en espoir revivifiable chanté par quelques pyrotechnies libératrices. Et le cobalt se réchauffe en hémorragie.
Du field recordings en perte de signal , Nicolas Bernier catapulte ici dans une semi-inconscience phénoménale et introvertie. L'engourdissement aventureux me cloue le bec, fige ma spatule. Rien aujourd'hui que le son diffus des paysages irréels. L'huile peut attendre.
Nicolas Bernier 2011 « Usure.paysage » label : hronir
www.nicolasbernier.com
www.hronir.de
échelle de richter : 8,2
support cd avec pochette format vinyl .. (paysage barré comme pour annoncer la claustro, le non espace, l'absence d'étendue..)
D'autres pièces en écoute ici.
Je profite de ce voyage pour ajouter en lien le superbe site etherreal qui s'étend sans cesse sur l'ambiant expérimental...superbe complément technique du disque.
Nicolas Bernier - Paysages articulés no. 4
Nicolas Bernier - Paysages articulés no. 4
Marihiko Hara

Loin des drones ambiants de Daniel Thomas Freeman complètement incarnés par sa pochette, Marihiko Hara propose un flou introspectif à l'image de la pochette énigmatique.
Pour faire plaisir à JiP, je balance cette nouvelle introspection qui peut aussi bien faire du bien à l'esprit qu'au corps. « Credo » a été directement inspiré d'une nuit passée à Paris avec des amis, en 2009. L'électronique douce crépitant ici, pourrait être hébergée par Morr music, 12K, Staubgold, voire Warp .
Pour faire plaisir à JiP, je balance cette nouvelle introspection qui peut aussi bien faire du bien à l'esprit qu'au corps. « Credo » a été directement inspiré d'une nuit passée à Paris avec des amis, en 2009. L'électronique douce crépitant ici, pourrait être hébergée par Morr music, 12K, Staubgold, voire Warp .
Ce genre de musique se raréfie dans mon casque, tellement de caisses scratch à boucles insignifiantes ont jonché mes spleen nocturnes que j'avais fini par oublier ce style (récemment ravivé par Nicolas Jaar quand même).
Il y a dans ces programmations des jeux délicieux entre du silence et des oscillations hypnotiques. Les pulsations minimales attaquent le cérébrale avec un mouvement de syncope robotique très liquoreux.
Le japon est très impliqué dans ce style cool ambiant électromagnétique minimal, Marihiko Hara en est une pièce maîtresse inconnue.
J'écoute « Credo » devant mon lin tressé blanc, frileux et donc bredouille. Pourtant la pluie froide cingle la verrière et ajoute aux clapotis troublant de sensualité... Dehors c'est gris et jaune, vert imbibé et cramoisi.. c'est peut être cela, la discordance des couleurs. Je vais attendre que tout s'aplanisse, que les gris deviennent encre, gicler en nocturne, comme ce disque fantastique.
Marihiko Hara 2011 « Credo » label : home normal
http://www.marihikohara.com/
http://www.homenormal.com/
échelle de richter : 8
support cd
pendant la première écoute
mirage (from the album "Credo") by marihikohara
marihiko hara - credo - credo ⅰ(home normal)
credo ⅴ (from the album "Credo") by marihikohara
Inscription à :
Articles (Atom)
Syd Matters 2026
Je me souviens de tout. Du choc et de l'embarquement .. Whisper and Sigh . Un tel truc par chez nous !! Aussi de mon éloignement lége...
-
Inutile de vous dire que j'en ai bouffé du Bambi, bagnole, chaine, megaboom, et que j'en bouffe encore et même plus que jamai...
-
Mercredi 14/12 : Candeur : La chanson parfaite que l'on écoute le mercredi après-midi, telle une madeleine de Proust, lorsque lapré...
-
Une nouvelle semaine commence. Depuis plusieurs jours, j'avais pris l'habitude d'aller faire un tour chez Laurette, il fa...

