lundi 21 février 2011

Bande son dominicale

PJ Harvey est venu mettre le désordre dans mon cerveau, exploser ma discothèque... éparpillée, il a fallu tout ranger, et après m'être attardé sur quelques vieux disques, j'ai groupé quatre nouveautés pour un dimanche calme et paisible..la bande son:



Jim Yamouridis est né à Melbourne, d'une famille grecque expatriée dans cette grande métropole australienne, vaste terre d'accueil et deuxième ville Grecque planétaire. Il a tout appris de la musique là bas, avec une pointe de tradition. Si le clan Yamouridis rejoint les contrées grecques, Jim lui assouvit un fantasme fou et radical de venir revivre, repartir à zéro dans le massif central, pas loin de Jean-Louis Murat, autre baladin au blues épidermique. Et sa musique pourrait se résumer à ce parcours original, un blues folk épuré piqué de tradition grecque.
Il est projeté sur scène par le biais d'une première partie de Belle & Sebastian en 2008 pour revendiquer « Travelling blind » , l'album de l'époque.
PJ Harvey séduite, a repris « The rider » de ce disque, pour une session live en compagnie de John Parish, pour le reste c'est discrétion absolu. «Into the day » notamment sort ces jours-ci dans une surdité unanime.
Sa voix flotte sur les mêmes basses que Leonard Cohen ( parfois Johnny Cash), et la musique ressemble aussi à ce résident Grec canadien, avec en plus cette touche de clarinette qui ondule et offre un léger côté exotique, et « putain le mec à la clarinette, c'est pas un manchot ».

Jim Yamouridis 2011 « Into the day » label : starlight walker
échelle de richter : 7,1
support : cd
après 3 écoutes




L'Australie encore avec l'escapade d'un membre de The Drones, Gareth Liddiard. Il a nettoyé sa musique des rugosités du groupe. Les guitares incisives ne sont plus et le folk/pop/songwriting proposé ici est totalement atypique, destructuré et contemplatif. Le format classique vole en éclat et l'exigence des compositions offre une collection de longs morceaux époustouflants (balades entre 7 et 16 min). Son chant approche les vibrations d'Ozzy s'il était devenu un jour fan de Bob Dylan. Seul avec sa guitare, les hymnes défilent avec une envergure Neil Young, et le temps s'arrête sur « you sure ain't mine now » de 10 min.
A défaut de na pas avoir encore écouté le nouveau Deerhoof, je prends la température du fameux label ATP, laissé en friche depuis quelques temps. Et les nouvelles sont bonnes.

Gareth Liddiard 2011 « strange tourist » label : ATP
échelle de richter : 8,6
support : cd
après 2 écoutes reigieuses






Un autre évadé qui n'a gardé lui aussi que l'essentiel de sa musique. Laissant la recette implacable d'une brit-pop aux refrains entêtants, Ben Ottewell s'isole avec sa voix légendaire et sa guitare, pour un album beau, enlevé et lumineux. B.Ottewell, c'est l'âme de Gomez qui fit exploser les compteurs fin 90's. Une petite pose paisible de pop poétique et humide.

Ben Ottewell 2011 « shapes & shadows » label :ATO
échelle de richter : 5,2
support : cd
après 2 écoutes



Une paix surannée, un folk limpide à l'ombre de Nick Drake jaillissent du dernier album de Johan Asherton. Les couleurs sont tendres, l'air légèrement salé et la vibration romantique. Sa voix proche de Nick Cave, Cohen et Yamouridis donc, chante depuis dix albums dans l'ignorance la plus totale. Sa discrétion n'a d'égale que son dandysme de troubadour qui avance à pas feutré. Elle est aussi incarnée par la sobriété absolue de l'emballage. Une simple pochette cartonnée comme un disque promo sert de refuge à ses onze reprises. J'ai découvert Asherton avec le sublime « Trystero's empire » 2000, son huitième album, sans rien connaître de lui, même pas de nom. A l'époque j'ai été embringué par la pureté de « Seer », et les hanches rondes de « Carlotta ».
Il est Français, il chante en anglais, sa culture, c'est Bolan, Dylan, Townes Van Zandt, Tim Hardin, Gene Clark qui lui vont à merveille. Il les reprend tous dans « High lonesomes ».

Johan Asherton 2010 « high lonesomes » label : edk
échelle de richter : 8,3
support : cd
après 5 écoutes

samedi 19 février 2011

Barclay James Harvest 1979



John Lees réédité m'a amené à écouter quelques BJH. Je me suis attardé sur une pièce atypique pour un groupe, qui malgré ma passion sans borne, a manqué de charisme pour devenir incontournable.

« Eyes of the universe » en 1979 est un tournant radicale.
Extrêmement moderne, il accentue encore plus l'effet synthé. Avec « XII »en 78, les anglais se sont envolé dans le cosmos près des super nova organique. En 79 donc, ils reviennent en soucoupes volantes et un son kraftwerkiens étourdi de guitares cosmiques.
Paradoxalement, ce disque assez organique arrive au moment où le clavier Woolly Wolstenholme quitte le groupe. L'ensemble est assez rock, beaucoup moins cool que tous les précédents, comme une sorte de chaos opportun qui en fait un disque exceptionnel, avec enfin une envergure charismatique.




« love on the line » comme une ouverture symphonique exclusivement concentrée sur les claviers voit incarner la pochette à merveille. On embraye aussi sec sur « alright down get boogie » à toute vitesse. « the song » enchaine sans pause, comme un disque concept et on plonge dans le monde romantico-mélancolique de Les Holroyd qui m'embarquait adolescent. Les ovni flottent au dessus des cimes, sans bouger... et on plane avec eux. « skin flicks » comme un étonnant rock progressif hispanisant dépose John Lees dans un trip quasi expérimental extrêmement riche. Un morceau à peine croyable de qualité quand on pense au flop du disque. Non content de balancer un morceau génial en fin de face A, il envoie en intro de face B un morceau rock sombre en deux temps.. intro lacrymale et trouble au son divin, puis l'enchainement torride d'un refrain au galop. Tube pop pour Holroyd avec « rock 'n'roll lady »..ça marche, tranquille ( pas loin de rock'n'roll star »), comme « capricorn » qui suit avec quelques rebondissements rythmiques, typiquement Lees. Le final, « play to the world » typiquement Holroyd aussi, sur le lignée de « the song » termine l'album sur une symphonie synthétique avec une superbe intro, comme a saura le faire les Bee Gees en 1981 avec « who you are » sur l'album « Living eyes ». Slow, guitare, synthé, tout planen à outrance.




Après cet album, plus rien ne sera comme avant pour Barclay James Harvest. Ils vont enchainer sur quatre disques à succès, laissant celui là aux oubliettes, aux inconditionnels. « Turn of the tide » récupérant le principe de synthé, mais à but plus commercial, plus lisse. Puis, en trois ans, trois albums, « Ring of changes »; « Victims of circumstance » et « Face to face » en 1997 pour aboutir à un live « Glasnost » qui ne se placera pas au niveau mythique de « Berlin » en 1982.
De 1997 à 1990 pour aboutir à ce qui est pour moi le dernier album de BJH. Un grand disque « Welcome to the show », avec au bout, le Zenith pour moi, l'aboutissement. Le reste n'est qu'anecdotique.

Sur « Eyes of the universe », le papillon n'est plus, pour la première fois de l'histoire (et la seule). Wolly s'est envolé, un symbole à coup sûr, un rebondissement en tout cas, avec un disque puissant et atypique.
Je pense pour le coup à « Up » de REM, un disque terrible juste après la séparation d'avec le batteur original.

Barclay James Harvest 1979 « Eyes of the universe » label : polydor.
http://www.bjharvest.co.uk/

vendredi 18 février 2011

Tom Petty


Transition idéale pour parler de la tuerie 2010 de Tom Petty.

Sur la pochette, comme une affiche de cinéma, un gang, des baroudeurs prêts à tous les casses possibles. Ils viennent de le faire le casse. Les Heartbreakers viennent de balancer une dragée à pas mal de disques présents dans les bacs depuis quelques décennies. « Mojo » est un brûlot irradiant qui alterne Reggae don't pull me over »), Rock high in the morning »), hard (« i should have known it »), pop, folk (« us »), balade (« the trip to pirate's cove ») et blues (« jefferson jericho », « taking my time »..).
Les mecs autour de Petty sont très bons, Mike Campbell aux manettes et ils balancent la purée. Sa voix proche de Bob Dylan (« Candy ») change à chaque morceau.



Il faut une bonne chaîne bien chaude en basse pour retranscrire le jus, ainsi « runnning man’s bible » est devenu une drogue pour la mienne, le matin avant de décoller et d'affronter la cohue.
« first flash of freedom » ressemble à du Cream, et le final « good enough » une balade colossale sur les chemins de Gary Moore qui vient de disparaître.
Un disque bien au dessus de sa discographie.

Tom Petty and the Heartbreakers 2010 « Mojo » label : reprise
échelle de richter :8
support :location
après 5 écoutes.
Quand on aime : eric clapton (période 461 bd ocean), bob dylan, jj cale, cream, gary moore, peter green, john mayall



Jeff Lynne




« Cloud nine » le cru 87 de George Harrisson a toujours été ma préférence discographique du troisième scarabée. Estimé un poil au dessus de « All thing must past », je suis resté collé à ce lyrisme pop à la production particulière. Est ce l'effet Jeff Lynne qui fait de ce disque nostalgique et revigorant un chef d'œuvre, ou est ce un pic d'inspiration merveilleusement mis en boite par le cerveau d'Electric light orchestra ?
« Flaming Pie » en 97 est considéré par beaucoup de spécialistes, comme un des meilleurs albums de Paul McCartney. Lui a toujours été transcendé par les collaborations : Lennon, Laine, Youth ou Costello. C'est Jeff Lynne qui ici est venu poser ses accords folk stratosphériques sur les compositions du génie pop, récupérant bluffé, l'arrangeur opportun de « Free as a bird », l'inédit sismique des Beatles publié à la même époque.



Roy Orbison en 88 a dézingué sa carrière de crooner rockabilly avec le seul album digne d'un icône rock, « Mystery girl ». Jeff Lynne aux commandes semble insuffler un air vivifiant à l'interprète de « pretty woman ».


Tom Petty, il faut le dire, commençait sérieusement à tourner en rond autour de quelques disques moyens, lointains. En 1989 et 91, Jeff Lynne a pris son talent sous son aile et à fait mijoter les superbes chansons de « Into the great wide open » ( « Full moon fever » en 89).



Les Travelling Wilburys (une des plus grande récréations pop de l'histoire), à un Paul près, rodent autour de Jeff Lynne. Une grande famille (excepté Dylan, qui a l'époque a préféré revenir au devant de la scène sous les manettes de Daniel Lanois) et un visionnaire sonore qui gère et inspire les artistes qui s'en empare pour concéder leurs meilleurs albums.

Jeff Lynne en personne a sorti en 1990 un grand disque très difficile à se procurer. « Armchair theatre » slalom entre pop, rock, balade, rockabilly, le tout embelli d'une belle enveloppe sonore qui lui est fidèle. Il est ce son particulier des grandes envolées de guitares folk et de la batteries sèches, des cuivres, des choeurs, et évidemment un effet Electric Light Orchestra en paysage. Cet opus, tout comme la voix, est très proche de « Cloud Nine », sorti trois ans auparavant. Tous ces disques sont rangés au même endroit, pas très loin des Beatles (Macca et Harrisson), avec en fer de lance ce petit bijou précieux à sortir dans les grandes occasions.





Après la touche T Bone Burnett, un autre arrangement particulier. Ecouter tous ces disques là revient en gros à décortiquer les deux volumes des Travelling Wilburys, le I et le III.



Jeff Lynne 1990 « Armchair theatre ». label : reprise
www.jefflynnesongs.com
échelle de richter : inclassable
support tout vinyle saud Flaming pie cd.
après milles écoutes.



jeudi 17 février 2011

Edie Brickell / Teitur




L'avantage avec ce genre de disque qui vous arrive comme on tombe amoureux, c'est la pause, l'arrêt du flux pour un moment. Même si je suis affamé de musique, je n'arrive pas toujours à être colinéaire aux flot de nouveautés. Souvent, pas trop moderne donc, j'ai tendance à dévorer au hasard du temps, zigzaguer jusqu'au disque qui colle. La baffe. Oui je suis toujours en Angleterre avec la chair de poule et l'esprit ahurie.
PJ Harvey est une de ces artistes qui calme naturellement l' « enthousiasme diffus et volatile » et « l'intensification du renouvellement » culturel. Je me pose donc, comme un alibi, quelques instants au « bord du flux » pour devenir monotache passionné à savourer, comme quand je passais des jours entiers sur la seule nouveauté acquise.





Deux disques aujourd'hui, pour m'extirper de mes obligations affectives, sont venus comme une tentative de diversion distraire quelques instants d'écoute, comme on allume la radio..et je m'en excuse auprès des auteurs...la tète ailleurs, ou cette concurrence impitoyable dont je parlais.

Deux albums léger, agréables que la pochette relie comme une coïncidence,un thème canin.

Teitur 2011 « Let the dog drive home ». Teitur Lassen nous avait habitué à des disques dépouillés, un folk divin à la Ron Sexsmith. Le son a changé ici, sirupeux, très travaillé, légèrement électro, un peu comme s'il était parti faire un tour chez Morr music.

Edie Brickell 2010. Rien écouté d'elle depuis « What i am » quand les nouveaux Bohémiens trainaient autour d'elle. Entre Alanis Morissette et Suzanne Véga. Attiré par le tube « Pill », j'ai laissé défiler tout le disque sans broncher.
Deux disques pas importants, assez bons, ..je suis en convalescence.
Dans la même direction, sur les mêmes chemins à marcher sans cogiter, des petits airs trainent comme une vague annonce de printemps.




échelle de richter : 4,3
support : cd d'occas
après 1 écoute

échelle de richter : 5,1
support : streaming
après 1 écoute

mardi 15 février 2011

Jean-Louis Murat .... & Polly Jean



Nu dans la crevasse, je m’enlise à ressasser PJ, complètement corrompu par ses nouvelles chansons. Les ventricules en syncopes, je gis au fond de l’eau. A me précipiter sur mes phrase à brûle pourpoint pour témoigner à chaud d’une première écoute concentrée, j’ai aseptisé mes sentiments.
Je ne me dépêtre pas de ce disque et ce n’est qu’un début. Une bonne dizaine d’écoutes depuis, mon affect délabré je glisse et ne remonte pas…nu dans la crevasse. Blake a perçu la faille et m’a guidé vers son concert diffusé sur Arte live web. L’exultation fut à son comble avec en plus l’étrange sensation que mon cerveau est sans cesse à l’affût de ce genre de chaos.
Histoire de garder contact avec la réalité, pas trop loin non plus, je m’impose un remède tout en restant dans ses étoffes.



« Mustango » de JL Murat. Je ne sais pas si c’est son meilleur album ( il y en a tellement de lui qui optent), c’est en tout cas une pièce charnière de sa carrière. Anéanti par les efforts gigantesques à peaufiner le son de Dolores, Murat a enregistré trois après, un chef d’œuvre qui compte désormais dans l’histoire du rock français. D’un seul coup il affiche son dégoût pour les longs stages en studio et opte pour le live, le fondamental, le son Lo-Fi. Et le vital luit comme jamais, Murat est depuis devenu notre JJ Cale, Neil Young et Calexico à la fois.
« Nu dans le crevasse » sonne même comme un Dylan rempli de désire.







Et la belle est toujours là, avec ses mantilles promises plus angéliques que jamais, des plumes aussi en coiffe, du fastoche, des lilas cramoisis, le rouge sang d’une autre époque, c’est le blanc opalescent qui jaillit maintenant. Le monde s'arqueboute, l'Angleterre n'est pas la seule secouée.
L’âme toujours picoté, je sifflote maladif « on battleship hill ». Je n’userai point d’espadons, puisque PJ ne pâme qu’en chanson.



Jean-Louis Murat 1999 "mustango" label : labels



dimanche 13 février 2011

PJ Harvey


Une fnac de province a posé « Let england shake » sur ses promontoires avant l'heure (le seul moyen de me faire acheter un album dans cette boutique). Sortie officielle demain, je me retrouve depuis hier soir avec cette nouveauté très attendue et qui va à coup sûr créer le buzz, la sensation. Flatterie dominicale, anticipation opportune, petit plaisir perso avant la grande distribution, je me déguste cette petite merveille sophistiquée, muselant pour le coup, tout autre disque.
Polly Jean Harvey est devenue une icône, une entité artistique qui surfe sur les genres, diversifiant les albums. Celui-ci assurément restera son plus alambiqué. En valeur sûr, en magicienne pop, elle s'octroie la grande liberté de rompre sa discographie une fois de plus. C'est magnifique, c'est fascinant , c'est fort, puissant, fin et extrêmement intelligent. C'est Anglais, historique et particulier, et avec ses fidèles comparses John Parish et Mick Harvey (ce trio est la base du disque), elle remet les choses à sa place et propulse la concurrence sur des terrains impitoyables. Une artiste sans compromission aucune.
Le trouble est total. « England »; « On battleship »; « hanging in the wire »... magnifiques, « All and everyone » un sommet aux cuivres graves.

PJ Harvey 2011 « Let England Shake » label : island
échelle de richter : 8,99
Support cd digipak
après 1 écoute pendant la rédaction.
version multi-média ici.



Syd Matters 2026

  Je me souviens de tout. Du choc et de l'embarquement .. Whisper and Sigh . Un tel truc par chez nous !! Aussi de mon éloignement lége...