samedi 17 janvier 2009

Pedal


Quelle soit douce et saupoudrée comme un clair clapotis d’ondée ; « security » ; rythmée et abondante comme un flot de torrent vif qui dévale les pentes d’une vallée plissée ; « the afterwards » ou « herzog » ; sautillante et dégoulinante comme une fuite grandissante ; « performance » ; forte et dévalant comme un fleuve gonflé à bloc dans un lit trop petit ; « burgeon » ; douce et printanière comme les méandres libres d’un court d’eau de clairière ; « sump » ; ou calme et majestueuse comme la plénitude inébranlable d’un océan, la musique de Pedal est avant tout une musique d’eau sous toutes ses formes et toujours accompagnée d’une lumière minimale et improvisée au fil d’un voile brumeux ou d’une éclaircie éphémère.
L’intelligence architecturale de deux pianistes à la fibre jazz distille un nectar délicieux qui n’en finit pas perler. Chris Abrahams (the necks) et Simon James Phillips (assemblage) sont les deux cerveaux et les quatre mains de ces paysages somptueux à faire se pâmer Keith Jarrett. Si pour une fois l’océan n’est pas à porté d’âme, c’est en regardant une pluie printanière tomber délicatement que l’on écoute le flot de notes, séduit et happé par la délicatesse architecturale des deux pianos de Pedal.
L’Australien Chris Abrahams offre habituellement ses cordes au groupe de musique nouvelles The Necks (ReR records) et propose quelques travaux solo au sein du collectif électro-expérimental Room 40 records.

Pedal 2008 « pedal » label : staubgold
quand on aime : keith jarrett ; The Necks ; Sylvain Chauveau

mercredi 14 janvier 2009

Préférences 2008

7 Meilleurs album internationnaux :
Paul MacCartney : fireman
Paul Weller : 22 dreams
Robert Wyatt : comicopera
Robert Plant / Alison Krauss : raising sand
Nick Cave and the Bad Seeds : dig & lazarus
Marianne Faithfull : easy comme, easy go
David Bowie : live santa monica ‘72

12 Meilleurs album Rock :
The Walkmen : you & me
Women : women (jagjaguwar)
The New Year : the new year (touch n go)
Parts and Labors : receivers (jagjaguwar)
Aqua Nebula Oscillator : aqua nebula oscillator (pan european)
MGMT : oracular spectacular (columbia)
Windsor for the Derby : how we lost (secretly canadian)
Deerhoof : offend magic (kill rock star)
Dungen : 4
Autistic Daughters : uneasy flowers (staubgold/kranky)
230 Divisadero : 230 divisadero (locust)
Frustration : relax (born bad)

12 Meilleurs album pop:
Get Swell Soon : rest now, weary head! You will get swell soon (city slang)
Luke Temple : snowbeast (fargo)
Roses King Castles : roses king castles (rough trade)
Hugh Coltman : stories from the safe house (universal)
Melpo Mene : bring the lion out (imperial rec)
Merz : moi et mon camion (gronland)
Islands : arm’s way (domino)
Calexico : carried to duet
Department of Eagles : in ear park
Radar Bros : auditorium
Vandaveer : grace and speed (gypsy eyes)
Maarten : my favourite sheriff (boxson)

10 Meilleurs album folk :
Timesbold : ill seen ill sung (glitterhouse)
Knight Fern : fern knight (vhf)
Tau Emerald : travellers two (important)
Angus and Julia Stone : a book like this
Ex Reverie : the door into summer (language of stone)
Mariee Sioux : faces in the rocks
Soltero : you’re no dream (la société exépéditionnaire)
Bowerbirds : hymn for horses (dead oceans)
Tom Brosseau : cavalier (fat cat)
Headless Heroes : the silence of love (fargo)

10 Meilleurs album Weird Folk :
Spires that in the Sunset Rises : curse the traced bird (secret eye)
Nalle : the siren’s wave (locust)
Ilyas Hamed : vertigo of dawn (digitalis a&c)
Sunburned – Circle : the blaze game (conspiracy)
500 mg : another order of experience (archive cd)
Zelienople : stone academy (digitalis a&c)
Scott Tuma : not for nobody (digitalis a&c)
Jeremy Kelly : Jeremy Kelly (digitalis a&c)
Pillars and Tongues : protection (contraphonic)
Milton Cross : light in the west (digitalis a&c)

10 Meilleurs album electro :
Németh : film (thrill jockey)
Ratatat : lp’3 (XL)
Machinefabriek : dawn (dekorder)
Fennesz : black sea (touch)
CoH : strings (raster noton)
Alpha : the sky is mine
Portishead : third
The Real Tuesday Weld : the London book of the dead
Mariska Baars/Wouter Van Veldhoven/Rutger Zuydervelt : zeeg (digitalis a&c)
The Declining Winter : goodbye minesota (rusted rail)

12 Meilleurs album electro-dance-soul-R’n’B:
Fujiya & Miyagi : lightbulbs (gronlnd)
Poni Hoax : images of Sigrid (tigersushi)
Rubin Steiner : weird hits, two covers and o love song
Hercules and the Love Affair : v/t (dfa)
The Chap : mega breakfast (lo recordings)
A bigger Slash : tunes for teens (bang bang & beats)
Calvin Harris : I created disco (cinq7)
Nekka : no longer at ease
Hocus Pocus : place 54
Madcon : so dark the con of man
Santogold : santogold
Erikha Badu : new amerykah

12 Meilleurs album expérimentaux (musique nouvelle):
L’Ocelle Marre : porte d’octobre (souterrains-refuges)
Pierre Bastien : visions of doing (western vinyl)
Renderizors : submarine (last visible dog)
Pedal : pedal (staubgold)
Tim Hecker / Aidan Baker : fantasma parastasie (alien8recordings)
Mira Calix : the elephant in the room : 3 commissions (warp)
Astrïd : & (arbouse)
Beequeen : sandancing (important)
Andy Moor : maker (unsounds)
Heaven And : sweeter as the years roll by (staubgold)
Painting Petals on Ghost Planet : fallen camellias (a silent place)
Hauschka : dusserldorf (karaoke kalk)

10 Meilleurs album frenshies :
Kim : don lee doo (vicious circle)
Marie Modiano : outland (naïve)
Thousand & Bramier : typhoon (arbouse)
My Name is Nobody : at the wolf pit (collectif effervescence)
French Cowboy / Lisa Li-Lund : share horses (havalina)
Kelly DeMartino : honest (village vert)
Marianne Dissard : l’entredeux
Stanley Brinks : dank u (auto prod)
Bumcello : lychee queen (tot ou tard)
Sporto Kantes : 3 at last (naïve)

6 Meilleurs album World :
Victor Démé : v/t (chapa blues)
Femi Kutti : day by day
Suarasama : fajar di atas awan (drag city)
Rachel Uthank & the Winterset : the bairns
Ayo : gravity at last
Melissa Laveaux : (no format)

10 Meilleurs album français :
Alain Bashung : bleu pétrole
Alain Souchon : écoutez d’où ma peine vient
Christophe : aimer ce que nous sommes
Barbara Carlotti : l’idéal
Rodolphe Burger : no sport
Jean-Louis Murat : tristan / Charles et Léo
Gérard Manset : manitoba ne répond plus
Wilfried : d’ailleurs
William Sheller : avatars
Daniel Darc : amours suprèmes

7 Meilleures rééditions :
Ed Askew : ask the unicorn
Duncan Browne : give me take you
Tom Brush : the circle game
Anne Briggs : v/t – sing a song for you
Owl : of mondrous legend (locust)
Ramses III : basilica (important)
Mellow Candle : swadding songs

5 Meilleurs Labels :
*Preservation
*Beta Lactam Ring
*Important
*A silent Place
*Digitalis industries

jeudi 16 octobre 2008

LA JR (acuarela discos)



Du côté de Madrid se cache un collectif aussi solide et majestueux que les massifs de la Guadalarama qui entoure la capitale. Au beau milieu de la péninsule ibérique se trouve un label acuarela discos qui exerce depuis 1999, année où sortit une compilation extrêmement rare « Brumario », regroupant une collection d’inédits de MIGALA à Nacho VEGAS en passant par MUS et JR. Devaient alors fleurir toutes les plus claires pastelles d’Espagne pour un catalogue sans faute à l’étendu très vite internationale. A l’époque où la lyre symbolisait le label naissant, des amorces de groupes devenus cultes affichaient leurs identités lumineuses. Il est bien question de brume, d’aquarelle, d’eau et de lumière.
Depuis cette aire nouvelle, se bousculent quelques références entremêlées de nouveautés toutes aussi contrastées : Aroah (et les début du guitariste Nacho Vegas maintenant sur son propre label limbostarr) ; Mus ; Refree ; Viva Las Vegas ; The Zephyrs ; le cultissime Sr Chinarro et sa grosse discographie ; puis Apse pour les nouveaux, ainsi que Tex La Homa (qui se balade aussi chez milk and moon et talitres) ; Remate ; Grupo Salvajes ; The Secret Society ; Parenthetical Girl…. C’est aussi une collection sans précédent de mini-album avec des visites éclaires comme Dominique A ; Piano Magic ; Jack/Jacques ; Tex La Homa qui vient de confirmer son adhésion avec un album grandiose sans plus aucune touche électronique, comme si le passage chez Acuarela avait lavé l’âme de toute lumière artificielle pour une lueur océanique pure et vivifiante; puis Julie Doiron/ Okkervill River habituellement chez Jagjaguwar pour un split unique.
C’est encore des compilations simple, double et même triple regroupant les lumières pastelles de tous les horizons, avec toujours le même thème de l’eau pour tous les artistes invités. Enfin ; il est un précurseur de talents incommensurables avec par exemple Migala et les premières apparitions de Xiu Xiu avec leurs deux meilleurs album :« fabulous muscles » et « forêt ».
Comme chez Constellation les musiciens d’acuarela sont omniprésents et interchangeables. Migala reste le plus gros vivier d’artistes de génies dont les frères Yturiega (emak bakia ; El Hijo ; Num9 ; et dernièrement Fantasy Bar en compagnie d’un autre Migala, Abel Hernadez). De la même façon, Viva Las Vegas et Manta Ray ont laissé échapper Frank Rudow à la batterie qui avec Rafael Martinez Del Pozo et Borja Fernandez Fernadez (apellé maintenant Fransisco Deborja) ont formé un groupe des plus lumineux même si de moindre renommée.
Un premier disque « 127 » sous le nom de JR en 1999 donnait déjà lieu à une expérimentation ambiante et jazzy avec une voix éthérée proche des angoisses plaintives de Xiu Xiu qui apparaîtra sur le catalogue 5 ans plus tard. 127JR est devenu introuvable et les moteurs de recherches informatiques les plus élaborés ne laissent rien échapper. C’est avec LA JR en 2004 que la voix se plaça au beau milieu de Nacho Vegas et Sr Chinarro. Les percussions jazz recadraient le jeu avec assurance et exactitude. La prédominance des guitares douces rappelaient vaguement les travaux ambiants de Vincent Gallo sur "When" ou ceux de Sacha Toorop avec Dominique A période « l’attirance » et « remué ».
Plus discrètes sur « Dos Casas » en 2006, les guitares devaient s’estomper derrière un piano répétitif qui rappellaient quelques grands classiques de Dave Brubeck quartet (le pianiste Paul Desmond) : « la decoracion 1 ». Adoptant alors un climat plus sombre et de plus en plus maîtrisé, La Jr semblait vouloir définitivement épouser le silence pour accomplir leur musique. Bed ; Mark Hollis et Crescent basaient de la même façon leur free-jazz lumineux sur le silence, exactement comme l’aquarelle se repose sur le blanc du papier pour donner la lumière à l’œuvre. Qui d’autre mieux que La Jr peut exprimer en quelques notes et quatre album la clarté douce et pastelle qui se dégage d’Acuarela discos.
"17 animales", la nouvelle production du trio maintenant bien rodé laisse place à un jazz beaucoup plus expérimental, mais tout aussi cristallin. C’est à la manière de Robert Wyatt que défilent ces 17 pièces concentrées et totalement libres. Le piano joue sans cesse avec les percussions. Des cuivres batifolent et gambadent à travers les nappes de lumières. « Estoy muy confuso » montre que le silence est toujours en bruit de fond et reste le canevas de cette architecture dégingandée. Les voix se taisent et les ambiances s’installent.
Chaque production de La Jr apporte une touche d’originalité, une lumière différente mais toujours aussi belle, comme si l’histoire de ce trio semblait suivre les rayons du soleil, au fil d’une journée ou des saisons. Un grand disque aux milles idées pour trois artistes de talent et un hébergement madrilène logique et approprié.
LA JR : "127lajr" 1999; "LA JR" 2004; "dos casas" 2006; "17 animales" 2008
label : acuarela discos
quand on aime : Bed; Crescent; Mark Hollis; Dave Brubeck quartet; Sr Chinarro; Robert Wyatt

lundi 13 octobre 2008

Melpo mene


Comment parler d’un coup de cœur en laissant au vestiaire les épithètes pompeuses et tirades incessantes à propos d’un disque qui tourne inlassablement sur la platine pendant des trajets et des soirées entières. Peu importe les contrées, les influences et l’ identité d’un artistes qui vous caresse l’affect, il suffit d’aimer l’entendre, d’épouser son expression et ses couleurs. « Bring the lions out » de Melpo Mene est un disque « coup de cœur » qu’il est difficile de défendre avec des mots. Un lyrisme parfait habite chacune des chansons de l’album pour une pop romantique, jazzy diluée avec goutte de douce mélancolie.
Comment défendre un disque à la disponibilité ponctuelle, même si généreuse, aux critiques élogieuses et unanimes, si ce n’est qu’il suffit juste de se laisser séduire par les embruns chlorophylliens des chutes d’eau, avec le trait d’or et les lettres vermillon de la pochette dessinée par Donna Francis. Le romantisme est lysergique, la mélodie tropicale, et les instruments en harmonie sont en osmose parfaite avec la voix d’Erick Mattiasson.
La fragilité d’une symbiose en équilibre suinte de chaque harmonie dans une grâce sucrée.
C’est avec « snakes and lions » que les glandes lacrymales chantent et que les viscères s’oxygènent. Une chanson bouleversante qui fait de notre pauvre condition de bipède une chimère volatile à se jeter d’une falaise pour planer au dessus des flots ou d’une vallée perdue. Entêtant et enthousiasmant le morceau soulève et porte, un hymne à la vie saisissant. "jedi" et " under the moon" achèvent par la beauté lunaire des choeurs et des mélodies à fleur de peau.
Un album qui rappelle un autre coup cœur similaire dans la voix et la façon d’aborder la musique romantique, Parsley Sound en 2003….autre inexplicable préférence musicale.
Melpo Mene "bring the lions out" 2008 label : imperial recordings
quand on aime : parsley sound; the sleeping years

Scott Tuma


S’il fallait trancher et choisir parmi les nominés de la meilleure bande son idéale d’une sieste comateuse assommée par une canicule torride, « Not for nobody » de Scott Tuma remporterait tous les suffrages.
La pose apathique commence par un chant mutin interprété par une petite créature inoffensive mais dont l’hospitalité n’a de beauté que dans le mythique, le fantastique romantique qu’une guitare timide et minimale accompagne avec amour. Un bruit de fond vague nous laisse deviner que l’on est encore à demi conscient… « nobody (river of tin) ». Le petit Willow s’efface pour laisser place à des instrumentaux fleurtant avec un minimalisme acoustique à peine moins acide mais beaucoup plus anesthésié que Ben Chasny (six organs of admittance) ou Jack Rose : « fishen » ; « tiktaalik » ; « jason » ; « rakes ». Quelques nappes inquiétantes et répétitives nous mènent dans les contrées ténébreuses de Black Heart Procession « eloper ». Tandis que « moccasoclea » rappelle un bord de rivière mis en scène par les Floyd dans « Ummaguma », « heeler » ; « newjoy » et « cimbal » nous attirent dans les profondeurs les plus irréversibles avec des nappes organiques quasiment pieuses. La sieste devient vaporeuse et ondulante, le son coule dans les veines comme un anesthésiant visqueux, l’artifice est à son comble et l’on se sent happé par ce sol incandescent. La chape caniculaire devient toxique et vacillante. Le trouble inconscient est à son comble lorsque le violon de Jason Ajemian peine à suivre l’orgue religieux noyé au milieu des oiseaux ambiants. « Loversrock 1 » est doux comme les premiers travaux de fonda 500 ou d’un Gorky’s Zygotic Mynci dans ses heures les plus folk.
La mélodie superbe qui nous plongea avec le « nobody .. » introductif, vient, comme un réveil divin nous rappeler à la vie « reprieved ». Engourdi, les pensées ankylosées, le retour à la réalité risque d’être douloureux. Il ne tient qu’à nous de repasser ce chant cristallin comme s’il était le début, le dos appuyé contre un arbre, à l’abris du plomb solaire, et entouré de mille corbeaux blancs comme imprimés sur la pochette recyclable.
« Not for nobody » de Scott Tuma est édité chez digitalis arts and crafts, un label unique qui propose ses productions au compte gouttes, sous forme d’éditions limitées (500 exemplaires) comme sous forme de CDr avec le catalogue digital industries et foxglove. Aussi rares que les pièces bâtissant le catalogue de ce monde folk ambiant expérimental, l’invitation à la sieste de Scott Tuma restera précieuse et exclusive.
Scott Tuma "not for nobody" 2008 label : digitalis arts and crafts editions"
quand on aime : fonda 500 (autumn: winter collection); Ben Chasny

mercredi 1 octobre 2008

Ratatat


LP’3, le nouvel opus de Ratatat commence dans une tourmente mélancolique organique des plus tenaces. Un des vague à l’âme que Rob distillait à merveille dans « don’t kill Rob » . C’est sûr on est ailleurs, dans les nimbes musicales foutraques aux milles facettes : De Rob à Mike Oldfield pour les guitares optimistes, de Air à Daft Punk pour les ambiances souvent électro planantes et quelquefois techno ; de Prudence pour les rebondissements pétillants à Sébastien Tellier pour les nappes inquiétantes de « l’incroyable vérité » ; De Kim pour ses jams fiévreux à Metronomy pour ses mélodies primesautières et dansantes.
Le tout est somptueusement construit avec pour seul dénominateur commun à tous ces artistes, l’intelligence totale synthétisée pour ce magnifique tourbillon d’instrumentaux.
Assez fidèle aux deux précédents album ; LP’3 est toutefois moins musclé, plus lumineux et raffiné. Une réussite totale.

RATATAT « LP’3 » 2008 label : X L recordings

quand on aime : Rob; Mike Oldfield; Prudence; Air; Kim

mercredi 17 septembre 2008

Wilco


Petite retouche des préférences 2007 en guise de reprise. Peut être aura-t-il fallu attendre la trêve estivale afin de prendre le temps d’écouter quelques galettes bâclées et stockées hâtivement sur un coin d’étagère. Révélation flash dès cette deuxième écoute attentive, « Sky blue sky » de Wilco vient inopinément colmater quelques fissures d’un bilan finalement jamais définitif. La rage de n’avoir pas tendu l’affect et d’avoir laissé reposer une telle œuvre d’art pop/rock devait faire tourner cet adage numérique inlassablement sur la platine une bonne dizaine de fois d’affilée.
Wilco déjà classé au rang des grands groupes internationaux depuis quelques années, ne déroge pas à l’unanimité des éloges qui jaillissent de chacune de leur production. Directement fleuri de la branche MacCartney/Dylan, cette collection de chansons imparables s’impose comme une évidence. Un disque classieux sur lequel toute la grâce s’est déposée validant directement ma préférence discographique du groupe. Jamais Wilco n’avait proposé une telle cohérence et homogénéité dans la perfection.
« Either way » arrive comme une introduction folk qu’ Elvis Perkins a dû écouter comme une obsession, la transition claque juste après pour une merveille pop que la soul vient troubler au beau milieu du morceau. Le chant s’élève, les guitares tintinnabulent avant de retrouver la quiétude baladine du début. « Sky blue sky » reprend la veine boisée d’ « Either way » à foutre la chair de poule, tandis que des soli lisses de guitare viennent relever quelques morceaux « impossible germany » ; « Side with seeds » ajoutant alors une touche progressive très discrète. « Hate it here » vient confondre Ron Sexsmith et Neil Young période « are you passionate ? » dans une décontraction indécente à telle point que l’on croit tenir le slow le plus torride de l’année (oui dernière, je sais) s’il n’y avait pas ce refrain qui nous ramène directement à « Birthday » du double blanc. « Leave me » arrive comme une pause instrumentale avant un ultime retour à la fibre Mac Cartney omniprésente sur l’album.
Une effrayante absence de ma part donc que je pourrais justifier de justesse par cette évidence que « Sky blue sky » pourrait être un des meilleur disque pop/rock…de tous les temps….ouf. Depuis, je guette avec un systématisme suspicieux chaque boîtier déposé sur ce coin d’étagère et je me « blind-teste » l’émotion afin d’y débusquer l’oubli, la négligence d’une œuvre jouant à cache-cache avec mon étourderie.

WILCO 2007 "sky blue sky" label : nonesuch

Quand on aime : MacCartney; Neil Young; Bob Dylan

John Frusciante 2009 ... 2005, 2004...

  Tout d'abord, il n'y a rien au dessus du sommet «  Shadows Collide with People  » avec cette collection tubesque de morceaux d...