Très attaché au 70’s, je me suis amusé à regrouper les pochettes des disques au cœur de cette décennie riche dans laquelle je puise sans cesse la substance. Une source inépuisable, une plaque tournante dans l’histoire de la musique. Un bilan riche, une discographie inépuisable où l’ère Beatles commence à être digérée et offre une arborescence musicale phare aiguillant sur le glam/prog/disco/soul/punk/hard/psyché/space naissant. Point culminant pour une pause synthèse estivale. 1973 est sûrement l’année idéale de mes étagères.
La soul, c’est une performance intense qui accole aux mots un feeling corporel. Le texte dit quelque chose à l’auditeur et la musique insuffle au corps la traduction groove des sentiments vitaux que l’on ne peut feindre. Otis Redding associe le blues, la pop, le jazz et le gospel à l’image de Ray Charles (sur le même label) pour un album de soul fondamental qui a marqué l’essor de cette tendance qui continu à nous faire bouger. « Otis blue », ce grand millésime 66 marque en puissance ce mariage du corps et de l’âme...et quelle pochette !!!
Otis Redding 1966 “Otis blue/Otis sings soul” label : atlantic www.otisredding.com www.atlanticrecords.com Échelle de richter : 8,5 Support cd Après qq 10ène d’écoutes.
Une petite récréation « pochettes » en hommage à Mojo qui propose trois couvertures vinyls sur le thème de Magritte et plus particulièrement le reflet miroir. Hommage à Francky surtout qui fait ça mieux que moi. Voici quelques pochettes « Magritte », les trois de Mojo août, et quelques autres en plus.. il en manque sûrement un paquet, voici les albums que j'écoute, à un Brian Protheroe prés.
C'est logiquement que Johann Johannsson a débuté sa carrière solo sur le label touch avec l'intime « Englaborn » 2002. Le suivant « Virdulegu forsetar » 2004 offre sur cette musique céleste aux cuivres philharmoniques sortis d'une grosse production, une vision cinématographique grandiloquente. Un ensemble pour les grands espaces, The caput ensemble, et Skuli Sverrison qui métisse le tout de basse et d'électronique. « Fordlandia » en 2008 propose une visibilité et l'envoie se placer à l'aide du label 4AD, du côté des musiques contemporaines électro-ambiant-néoclassique. L'intimité se creuse, le sombre s'épaissit, Type records récupère les bandes de « And in the endless pause there came the sound of bees » sorti auparavant au compte gouttes et autoproduit en 2009. Toujours une once d'électronique, du classique. Une mise en forme musicale autour d'un film, « Starmints », confirme la cinématographie de sa musique.
Autre label, autre visibilité, fat-cat records qui, il y a quelques mois s'est offert le luxe de couvrir l'apparition du plus bel album classique cette année, Dustin O'Halloran. Johann était d'ailleurs sur ce chef d'œuvre, à l'ingénierie et à l'électronique. Cette fois-ci, on sort de l'intimité de la chambre pour les grands espaces apocalyptiques, éloquents et solennels. Comme pour « Englaborn », les cuivres sévères de « The miner 's Hymns » sont baroques et philharmoniques. Une fois de plus sa musique accompagne des images, une culture régionale traditionnelle, un cinéma en grosse production. Une commande, une association et un groupe (the brass band music), un glissement d'images vers la musique, une entité historique mise partition. Une restitution fidèle. Cet hymne aux mineurs anglais est une sorte de péplum contemporain électro-néo-classique, expérimental et ambiant. Grave, grandiose, sévère, une œuvre colossale.
Quel point commun y a t-il entre Lady Gaga et Bruce Springsteen ? Le père de la lady est fan du boss certes, mais ce qui rapproche les deux icônes star de la musique, c'est Clarence Clemons. Juste avant de disparaître en juin 2011, il a joué sur le dernier album de Lady Gaga quivient de sortir, lui qui soufflait auprès d'Aretha Franklin il y a plusieurs décennies.
Clarence Clemons, c'est surtout à partir de 1972, le génie cuivré du E Street Band, et la présence indispensable du groupe de Springsteen. Présence ombrageuse même, à tel point que le boss bossa à étouffer cette puissance, camoufler l'influence jusqu'à blackbouler le piston en 1982. « Nebraska » devra être enregistré totalement en acoustique, facile entourloupe pour se débarrasser du musicien et par la même occasion du son mythique des albums 75/80 du boss. Il sera encore sur « Born in the USA » en 84 sans pouvoir influencer sur le son.
J'écoute « Born to run » et je me dis que Clarence Clemons est finalement la raison pour laquelle j'écoute quelquefois du Springsteen entre « The wild, the innocent & the E street shuffle » et « The river ».