mardi 3 août 2010

Clogs


Clogs est un collectif que l’on range au rayon « musique nouvelle » ou « musique contemporaine » dans les bibliothèques. Chez les disquaires, les mêmes galettes sont mêlées à la pop indépendante (rapport au label). Ceci dit, la trame du groupe est classique (néo-classique pour les puristes adeptes de la secte deutsch grammophon) à tendance expérimentale.
Cette fois-ci, le nouvel opus de Clogs, par le biais de présences pop, touche le point culminant d’une pop-classique qui leur est rapidement étiquetée depuis des années. En effet, Shara Worden (My brightest diamond) offre sa voix extraordinairement lyrique (les disques de Clogs sont habituellement strictement instrumentaux) ; Sufjan Stevens contribue en sourdine à structurer les morceaux en chansons ; et enfin, quelques membres de The National (Mat Berbuger et Bryce Dessner) finissent sûrement à insuffler un air pop à « The creatures of the garden of lady Walton » .
D’une fraîcheur sans précédent, baroque et enlevé, les morceaux défilent dans une logique savamment construite sans aucune retenue. Clogs et The National sont hébergés par Brassland et principalement distribués en France par Talitres, un collectif bordelais au catalogue excitant. La pochette très "Douanier Rousseau" réalisée par Hvass&hannibal (qui a aussi réalisée les deux dernières pochettes des Efterklang, autre groupe expérimental néo-classique) est une excellente mise en image du son qui s’en échappe: mathématiquement naïf, fleuri et fauve, léger et grave à la fois, exubérant, symphonique, surréaliste et pédant, romantique, royal et mélancolique.
Pour finir et pour n’oublier personne, la tète pensante de Clogs est Padma Newsome, auteur-compositeur et multi-instrumentiste et ami d’étude de Shara Worden, collaboration concrétisée sous les plus beaux hospices.
Clogs "The creatures of the garden of lady Walton" 2010 label : brassland
quand on aime : Rachel's; Boxhead ensemble; Max Richter; Deaf Center; Efterklang....

King Crimson



Puisque nous sommes dans le progressif, il faut quand même, puisque j'ai avoué ma faiblesse, vous lâcher quelques mots sur King Crimson et la réédition 2009 de « In the court of the crimson king » que je viens d'acquérir et dont l'original vinyl, bouleversa mon adolescence. C'est aussi un aveu, celui des limites de ce style rebondissant d’autres groupes beaucoup moins accessibles pour moi qui venais de sombrer littéralement sur les très apaisés « I talk to the wind » et « Moonchild ». Le mellotron remplaçait le symphonique et les nappes n'en finissaient plus de s'étendre à l'infini. Laissant donc les grands 8 tonitruants (passage du "coq à l'âne") à la gloire de ce mouvement musical et de la pléthore de groupes qui surgirent alors, je gardais de cet œuvre à la pochette improbable, le planant, l'engourdissement et me dirigeais alors vers Barclay James Harvest, groupe qui fut progressif jusqu'à Octoberon avec les morceaux symphoniques de Wolly Wolstenhome, et Pink Floyd (atom herat mother & medley). Ce « chef d’œuvre troublant » et les rêves poétiques illuminés de Peter Sinfield, sont la première pierre jetée à l'histoire du rock pour une évolution musicale radicale, dont Porcupine tree par exemple garde le flambeau.
Toute cette retenue sur le style n'enlève rien à la passion que je voue à King Crimson dans son ensemble, sauf que « In the court of the Crimson King » a hypnotisé mes treize ans bien au dessus de n'importe quel autre disque. Aussi, le trouble est une nouvelle fois très présent avec des versions alternatives, étendues et instrumentales de « Moonchild » et « I talk to the wind » justement, et un DVD contenant 5 versions différentes de l'album intégral. Ce n’est pas une pub, juste un petit moment à moi que je dissèque, triture, passe et repasse, un rendez-vous intime pour un disque universel qui mériterait un roman à lui seul.

King Crimson 1969 "In the court of the crimson king " label : island

quand on aime : barclay james harvest; moody blues; procol harum; les grands disques...

dimanche 1 août 2010

Procol Harum




Un album pour mettre en musique ce travelling arrière huileux de mes vieilles croutes et le pavé musical dans lequel je suis plongé en ce moment ("rock progressif" d'Aymeric Leroy). Quelques labels cartonnent dans la réédition, Rev-ola ou Salvo ici, peut être les dernières armes pour revigorer l'industrie du disque, via quelques nostalgiques comme moi. Il n'empèche, je suis faible et je craque sur quelques unes d'entre elles, les rééditions anniversaires de King Crimson, et ici Procol Harum avec la pièce maîtresse de sa discographie (selon les critiques) "Shine on Brightly". 1968, le proto-progressif fait rage depuis la défragmentation du rock de Rubber soul. Les morceaux déstructurés incorporent le jazz, le classique et le psychédélisme pour un mouvement musical devenu obsolète, mais qui est toujours là (chronique sur Mothlite 2009). L'émotion est toujours intacte, palpable, inaltérable.....du moins en ce qui concerne la musique... pour la peinture je reste très septique.
Je ne sais pas quelle pochette est sortie à l'origine, mais ma préférence va au buste vert, l'autre fait très Santana.

PROCOL HARUM 1968 "shine on brightly" label d'époque : fly records label de réédition : salvo music



quand on aime : moody blues; barclay james harvest (70's); king crimsom...............

toiles anciennes..fin.




toiles anciennes suite.....







toiles anciennes

Alors viennent quelques tableaux de la même époque.....











Toile perdue

Une toile perdue offerte et peinte il y a dix ans, retrouvée avec plaisir cet été dans un autre pays. Jamais revue, pas de clicher...j'en profite et je la nome : "casa no alentejo".2000



Jacques Higelin 1998

  Oh la belle vie sous la pente quand gamin je suis monté sous les toits pour dormir avec devant moi les grandes plaines qui s'offraie...