mercredi 14 mai 2008




Hope Sandoval ; Cat Power et Stina Nordenstam sont dorénavant des icônes référentiels dont personne n’ose contredire l’envergure depuis qu’elles ont placé chacune d’entre elles des pièces artistiques indéboulonnables. Elles sont les étiquettes-songwriters les plus utilisées pour définir l’art des filles qui depuis sortent des disques dans la lignée d’un folk/pop romantico-mélancolique aux voix extrêmement séduisantes.
Le tri est considérable parmi les chanteuses qui se réclament de cette hérédité et la référence se dispute, on se chamaille l’étiquette, et pourtant tant de déchets et d’albums à écarter.
C’est dans les bas-fond de l’underground musical indépendant qu’il faut aller chercher la perle comme un hommage humble et sincère aux icônes idolâtrés.
SILJES NES œuvre dans l’isolation totale en assurant presque tout. Et pourtant le son de « ames room » est complexe et délicieux. L’intimité est poussée à son extrème, la norvégienne convoque Stina Nordenstam à l’heure de « people are strange » dans un miracle de pudeur ambiante. Des idées sonores, des choix d’instruments, une atmosphère délicate, bricolée acoustiquement avec une légère touche electro. Exceptée « searching white » qui nous emmène dans l’électricité de Polly Jean Harvey période « Desire », l’invitation à l’épure pastel des pièces nordiques tendrement mélancoliques est totale.
Un peu plus rare, dans les profondeurs collectives de quelques labels heureux que l’on aime découvrir au détour d’une curiosité artistique hasardeuse ou affiliée à des confrères plus connus, BLANKET avec son album unique « Blankit » épouse sans controverse aucune le fantôme de Mazzy Star. Tant de pâles copies depuis et Vicky Steer qui vient s’emparer du spectre d’Hope Sandoval avec tellement de facilité…. A tel point qu’on se demande si ce n’est pas elle qui ressurgit dans un ultime projet collectif. L’album est constant, fidèle à une ligne dépouillée, romantique, langoureuse, extrêmement poétique. Le même drame hante la voix légère de Vicky, admirablement servit par trois musiciens acoustiques. D’obédience acid-folk, le label Try Harder héberge là son disque le plus lisse, poli et coincé entre quelques groupes barrés (Jonquil ; Blood red shoes..). Divin et difficile à dénicher donc; la surprise est totale.
Cat Power..... qui peut s’attaquer aux façades « casse-gueule » et vertigineuses de Shan Marshall depuis qu’elle a plafonné et placé définitivement au sommet « you are free ». Dépouillé et épuré de la même façon, Emily Jane White grimpe en rappel et sans filet la face nord avec une aisance décontractée, souvent à la guitare, quelquefois au piano, et toujours accompagnée de percussions timides, et de quelques cordes plus graves (basse et violoncelle). La gémellité réside dans la voix, de même, les compositions ne manquent pas de décortiquer le phrasé, la mélodie et le jeu des cordes. Comme s’ils étaient joués en live, les morceaux défilent dans une texture brute sans aucun artifice, joué à la maison, dans le même degré d’intimité que ses deux folkeuses précédentes. " Dagger " est balancé tel quel avec ses fausses notes, mais dont l’harmonie des accords plaque et boulverse. " wild tigers i have know " est directement tiré de "you are free". Il faut attendre "blue” en 8 ième position afin d’être définitivement étourdit dans une ballade électrique entêtante et belle à valser. "Dark undercoat" est distribué en France chez Talitres qui place ici une de ces pièces folk maîtresse.
Etiquettes ou pas ces trois albums s’écoutent dans une apaisante parenthèse musicale, enracinée ou pas.

SILJE NES « ames room » 2007 label : fat-cat
http://www.fat-cat.co.uk/

BLANKET “blankit” 2007 label : try harder
http://www.tryharderrecords.com/

EMILY JANE WHITE “dark undercoat” 2008 label : talitres
http://www.talitres.com/

jeudi 8 mai 2008

Autistic Daughters


Allez, assez rigolé, si on revenait aux choses sérieuses, après cette pause « joviale », cette page de pub, revenons au film de la vie qui dégouline sur le quotidien inéluctablement, de son flot visqueux au débit mou qui coule dans les veines ou gicle de la terre. "Uneasy Flowers" d’Autistic Daughters happe par son mystère silencieux et terriblement dosé. L’ambiance planante est structurée autour d’une tension sourde qui n’explose jamais, même si quelques scratch électro et électriques s’échappent ponctuellement comme pour libérer un peu de pression. Les morceaux sont coincés entre l’expérimental et l’envie d’exprimer une pop abîmée par des dérives de nappes ambiantes. Le chant, à la pointe d’un Xiu Xiu endormi, épouse les brumes sonores à merveille et les chaos électro viennent nous secouer d’une torpeur épaisse, le coma n’est pas irréversible "Gin over sour milk". De cette douceur opiacée vient suer une angoisse soulagée, une bienséance perturbée par une vision légèrement étourdissante dont on ne sort qu’à la dernière note. De tendance « Xiu Xiuienne » donc, l’ambiance reste saumâtre malgré le flot bouillant d’une eau qui ne déborde jamais.
Le CV artistique des membres du groupe emmené par Dean Roberts n’enlève rien au pesant de l’atmosphère générale : Brandlmayr, Dafeldecker, Valerio Tricoli ( qui a lancé chez kranky le groupe Be mine tonight), Chris Abraham (membre des THE NECKS chez Rer records) et Martin Siewert (électroniquement hébergé chez Mosz records). Une alchimie en ébullition qui joue sans cesse avec le silence. Ce contraste sonore coincé entre pop minimale et disséquée, jazz anesthésié et expérimentation chantée a déjà été jouée du côté de Samadhisound de David Sylvian, ainsi que Bed période « the newton plum » ou encore Mark Hollis lors de sa seule escapade solo, et finalement lors des expérimentations jazz des sombres Crescent.
Sur "Rehana’s theme", des nappes organiques clairs viennent longuement ponctuer une intro folk de 2 minutes que Michael Gira aurait pu exécuter. De Gira à Bed l’ambiance nous perd sur un seul morceau. Comme il est bon de ne pas savoir où l’on est. Une électronica syncopée suit timidement avec "liquid and starch". La plénitude et la contemplation du jazz squelettique peuvent rappeler Trappist par moment. "Richest woman" in the world est tiraillée entre un piano qui peine à temporiser tandis que les guitares allergisantes viennent irriter la surface plane du morceau, on est alors dans les nimbes de Constellation. La pochette est une vitrine fidèle au contenu, une lumière arrière pâle qui pousse vers un chemin timide, une invitation à la pénombre.
L’album précédent de même accointance est sorti chez Kranky, Uneasy Flowers chez Kranky et Staubgold…Autistic Daughters est un groupe complet que beaucoup de collectifs auraient put héberger… des labels mystérieux et mythiques où l’on ne rigole pas des masses, mais chez lesquels la gaudriole n'est pas de mise.

Quand on aime : Constellation, Xiu Xiu, Gira, trappist, Bed (the newton plum ) , Crescent.

mercredi 23 avril 2008

Kim


Puisque nous flottons à la surface et respirons à plein poumon l’air frais et gai de la musique pop, voici, à peine déposé dans les bacs, « Don Lee Doo » de Kim . Dès la deuxième écoute la séduction s’installe et communique une humeur légère et enjouée. Les chansons défilent sans aucun interlude silencieux, elles s’enchaînent à la façon d’un album concept comme on en fait plus. Le son est rétro, les mélodies imparables et les idées sonores lumineuses. A la croisée de plusieurs influences et de genres, l’organique joue avec l’électrique et tout se mélange dans une alchimie parfaite, une recette idéale. « When the river turns around » commence par une intro façon Muse, mais fort heureusement, part sur une base de « running up that hill » de Kate Bush avec un esprit sonore à la Kim Wilde. « Don lee doo on belly bay » annonce d’emblée la couleur, nappes synthétique asiatiques, couplet chanté par Beck et refrain repris par un Mika parodié. « Because of Sylvie » est un sommet rock au tempo bien roulé, bouclé en deux minutes, juste ce qu’il faut pour aller à l’essentiel. D’ailleurs tout le disque est ainsi prompt, efficace et pertinent et s’inscrit dans son ensemble à travailler ce retour obsessionnel des années 80.
La pochette est à l’image du disque et de sa vocation initiale de dessinateur de bd, colorée flash fluo explosive, l’arrière décoré comme un drapeau et l’intérieur montrant un Kim omniprésent dans son appartement totalement occupé par la musique. Les instruments sont aussi totalement assurés par cet artiste complet et précoce à la formation jazz.
Les chansons allègent la démarche et hante à force de fredonner « radio grady ». Le disque se termine, après une course effrénée de 8 chansons non-stop avec deux morceaux qui s’étirent sur un peu plus de 6 minutes. « girl » avec son jam guitare joué comme un live. Puis la touche mélancolique finale sous les décors gothiques de Cure nappée de petites mélodies asiatiques « requiem for Don Lee Doo ».
Kim Stanislas Giani artiste méconnu malgré une discographie de 17 albums, est bordelais, le label aussi, c’est une belle surprise comme ont pu l’être les albums de Barth, ou de Rob, des confrères pop hexagonaux.

KIM 2008 "Don Lee Doo" label = vicious circle

Quand on aime : Barth; Rob (cure et kim wilde)

dimanche 20 avril 2008

Kelley Stoltz


Comme transition idéale à Benjy Ferree, on peut s’interroger sur l’empreinte laissée par les disques joyeux dans l’histoire de la musique. Evidemment nous connaissons tous plusieurs chansons de Mac Cartney, mais a-t-il laissé la même force mémorielle que Lennon ? Le charisme de ce dernier a toujours attiré les regards avec plus de ferveur.L’enfant éternel des belles ballades ludiques et sympathiques qu’était Paul fut assez secondaire. La légèreté des chansons a moins marqué l’histoire que les revendications politiques ou philosophiques de Lennon. Plus récemment, des groupes comme The Magic Numbers , Hal sont passés dans les tabloïds journalistiques et dans les bacs de disquaires comme un éclair. Ces disques respirent pourtant le bien être, la rondeur musicale, la générosité. Badly Drawn Boy ne résiste pas plus d’une saison aux ferveurs unanimes des mensuels musicaux.
Kelley Stolz sort son deuxième album dans le même esprit pop que cette famille d’artistes fous qui distillent un esprit léger de chansons parfaites. Benjy Feree chez Domino, Stoltz chez Sub Pop, un autre label indépendant renommé. C’est toujours du côté des Beatles qu’il faut aller gratter, les racines sont légèrement plus « lennoniennes », mais aussi non loin des vastes plaines des frères Nourralh « Tintinnabulation » et « something more », les deux sommets songwriting de l’album.
Les chansons blues défilent en fanfare cuivrée légèrement psychédéliques façon Velvet « everything begins », « the Birningham eccenter » puis « mother nature » avec son xylophone et sa sitar. Il faut mentionner que c’est l’œuvre d’un seul homme, omniprésent aux manettes mais aussi devant la quasi totalité des instruments.
Accueilli à bras ouvert par les critiques, on peut parier malgré la qualité et l’enthousiasme de cet opus, que « Circuloir Sounds » , déjà assez invisible des bacs ne restera injustement que très peu de temps dans les esprits. A garder donc personnellement au chaud, disponible pour écouter à n’importe quel moment quand on est à la recherche d’un peu d’énergie, de rêve et de flottement.


KELLEY STOLTZ 2008 "circuloir sounds" label = Sub Pop
http://www.kelleystoltz.com/
www.myspace.com/kelleystoltz

Quand on aime The Beatles ; Elvis Costello, Nourralh brother; Richard Hawley.

Benjy Ferree


« La peinture à l’huile c’est plus difficile que la peinture à l’eau », est-il plus facile d’écrire des chansons gaies que des morceaux tristes ? Le génie d’un Mac Cartney, Andy Partridge ou d’un Brian Wilson fait-il le poids face aux ténèbres de Tom Yorke ou de Jason Molina ? Au terme triste, je préfère beau, somptueux, il laisse libre court à des impressions, des états d’âmes, des interrogations, des introspections plus ou moins profondes et il suffit de laisser aller son vague à l’âme pour traduire concrètement et naturellement les pensées du moment, comme un exorcisme.
Dans cette optique là, il parait évident qu’une chanson joyeuse doit enclencher inversement une démarche de construction musicale et de texte adéquat, une architecture, une recette idéale et énergique afin que la magie opère. "Leaving the nest" de Benjy Feree est un disque gai, une collection de chansons pop dans sa définition la plus fidèle, assimilable par le plus grand nombre d’entre nous. Ça trottine et gambade joyeusement, l’ambiance générale est lumineuse, de la même lumière qui éclairait le génie de Mac Cartney quand il a sorti Ram en 1971, son deuxième album solo, à une époque où la planète entière lui affublait la lourde responsabilité d’avoir tué les Beatles. Un amusement sans retenue, une décontraction qui respire la liberté, des compositions sans contrainte aucune, sans but que d’engager un art ludique pour qu’il soit contagieux et bu avec légèreté. Ça siffle, ça violone, ça ballade équestre, c’est gratuit et libre. Ecouter « the dessert » et se laisser dériver par l’insouciance des harmonies, partir aussi loin que possible. Certes le danger du ressac plane, le retour à la réalité peut heurter violemment et c’est un peu ce que l’on peut reprocher à la gaîté : maquiller la réalité. Mais « they were here » guette juste derrière, pour en mettre une deuxième couche et l’on repart au galop, caressé dans le sens du poil. « Leaving the nest » sonne très Beatles, et « Hollywood sign » est piquée d’un zeste de Dylan.
Comment un autodidacte comme Mac Cartney a pu restituer de son cerveau illuminé des chansons comme « listen what the man said », ou « heart of the country », qui se souvient de « San Ferry Anne » figurant sur "Wings at the speed of sound" ? Des chansons parfaites, des remèdes à l’oppression, trois ou quatre minutes, des couplets, un refrain et une mélodie imparable.
On sait peu de choses de Benjy Feree, sinon qu’il a rebondi de la volonté d’être acteur à barman pour arriver dans un studio poussé par le batteur de Fugazi. C’est le grand label Domino qui assure la production du disque. En attendant d’en savoir plus sur cette fraîcheur artistique, dégustons « Leaving the nest », premier album de Benjy Feree, comme un doux moment sucré et heureux.

BENJY FERREE 2007 "Leaving Nest" label = domino

Quand on aime Paul MacCartney; Elvis Perkins

vendredi 18 avril 2008

Patrick Watson


« Close to paradise » de Patrick Watson est un objet volant non identifié, une œuvre rare venue des abords d’une cité magique, posée là dans les étagères de disquaires comme par magie, dévoilée et à la merci d’un regard curieux et ahuri. Une étrangeté enchanteresse, une utopie musicale bien réelle, le fantasme d’un pianiste fou qui laisse libre court à son imagination folle et enfantine.
Une telle épopée musicale mériterais une attention maximum, mais encore une fois s’offrir le luxe de capter un tel disque se mérite, prendre la peine d’être happé par la pochette féerique d’une cité perdue coincée au fond d’une bouteille, un témoignage imaginaire enfermé que l’on ramasse sur une plage, un monde échoué dans les bacs au plus grand étonnement du responsable de rayon qui doit se demander comment un tel disque à pu arriver jusqu’ici. Un mystère précieux offert au plus petit nombre d’entre nous.
Une fois le cap de la trouvaille passé, il suffit juste de se laisser transporter par le flot d’images, par la beauté conceptuelle panoramique et contemplative. Intemporels, dans un monde inconnu, les cuivres dansent avec les cordes, les notes de piano défilent comme dans un film de Tim Burton. Watson semble prendre la voix de Jeff Buckley, les mains de Satie pour dévoiler « Mr Tom », des paysages des Floyd période Atom Heart Mother « close to paradise » et le ludisme de Badly Drawn Boy « daydreamer » et « giver ». La présence étonnante d’Amon Tobin vient par moment peaufiner le son de quelques ondes électroniques très discrètes. C’est étourdissant, magnifiquement pop avec une multitude d’instruments.
Il est urgent de se ruer sur cette œuvre lourde de talent afin qu’il résiste le plus longtemps possible à l’indifférence, et qu’il ne soit pas comme semble se dessiner déjà son avenir, un projet éphémère dont plus personne ne parle. Je pense à d’autres projets comme Flotation Toy Warning par exemple qui possède le même panorama miraculeusement étendu et vaste, majestueux et lyrique de la même façon, gracieusement décalé du monde adulte, et qui est aussi déjà tombé dans l’oubli.
PATRICK WATSON 2007 "close to paradise" label = V2 / secret city records
Quand on aime Jeff Buckley; Pink Floyd; Badly Grown Boy; Flotation Toy Waring.

jeudi 17 avril 2008

Ilya.E Monosov


Alors que le printemps tarde à venir et qu’il étire interminablement son frimas gelé en venant pâlir le jaune du colza fleurissant, alors que devrait bouillir une nature féconde et juter un sol fertile, Ilya.E Monosov sort une œuvre dépouillée, décortiquée au maximum, coincée entre un folk clair et des textes psalmodiés. Le timbre vocal grave, placé au beau milieu d’un léonard Cohen jeune et un Buck65 anesthésié, alourdit l’ambiance lumineuse comme un clair-obscur.
On est sans cesse en équilibre entre un soleil timide qui essaye de percer et ce champ de colza brillamment saupoudré de givre. Le jeu de guitare est aussi placé du côté de Cohen, la production fine très acoustique est assurée par Greg Weeks qui n’en finit pas de collaborer. Monosov est de San Diego et ajoute une pierre à cette grande famille boisée. Aussi est-il hébergé par « language of stone », le tout nouveau label de G. Weeks qui abrite déjà Orion Rigel Dommisse, Ex Reverie et Mountain Home au sein duquel Monosov œuvre. Une pochette peu attirante offre un photomaton mal cadré, un gros plan instantané de l’artiste plombé par une apathie neurasthénique. Son arborescence artistique touche d’une branche le collectif eclipse-records où il vient exprimer un peu plus d’énergie en compagnie de Preston Swirnoff, lui-même fraîchement installé chez Last visible dog. D’artistes en collaborations, de labels en albums on aime se promener interminablement sur les sentiers désormais balisés du folk ressuscité.
Les chansons défilent comme une matinée fraîche et interminable, Ilya revendique clairement qu’il n’écrira jamais de chanson joyeuse, à quoi bon, les aurores ne sont que de pâles lueurs grandissantes, de douces naissances calmes et lentes. Toutes les cordes pleurent, le chant filtre à travers des brumes alcoolisées et la mélancolie par quelques percées morriconiennes épouse une beauté printanière malgré le froid nocturne qui mord encore la peau.

Ilya E. Monosov "seven lucky days, or how to fix songs for a broken heart" 2008 label = language of stone


Quand on aime Léonard Cohen; Matt Eliott; Greg Weeks; Buck 65.

Dominique A 2026

  Tranquillement l'évidence. Un sentiment de grande facilité, la maîtrise travaillée et plein de doutes chassés. C'est surtout cet...