lundi 29 juin 2015

Les Innocents 2015



 
Je n'ai peut être pas été très finaud de ne rien entendre des Innocents à l'époque, comme s'il avait fallu que j'attende l'escapade solitaire de JP pour y revenir via cette résurrection. Ou alors c'est le béret rouge ?

Les mots de Nataf me plaisent beaucoup, sa tangente comme un régal. Cette reformation rajoute au mythe. Me dire que c'est comme avant.... je peux pas dire. Tout ce que je sais maintenant, c'est que « Mandarine » est un très bel album de par ici avec tout dedans.

 
« Love qui peut », est ce que ça passe sur les ondes ? En parle t-on ? J'espère. « ..Ton eau de cœur.. », quels jolis mots, et puis quelle mélodie. C'est un gimmick d'accords tubesques pour la saison brûlante à venir. Bien longtemps que je n'avais pas entendu une pareille chanson d'amour, avec ces lustres qu'on cherche à essayer de se faire aimer comme on peut au milieu des âmes désarmées. Troublant et magnifique.
 

Je pose cet album auprès de ceux d'ici que j'affectionne tendrement, Albin De La Simone, Franck Monnet... JP Nataf.

 
Est-il nécessaire que j'aille goûter à l'innocence d'hier ?


Les Innocents 2015 « Mandarine » label : jive

 



Qu'ai-je fait ? Qu’avais-je à faire ?
Aimer autant que peut
Dans mon ombre avant toi
Mais je n'en ai que faire
Le vent le vrai refait du feu
Et le monde à l'endroit

Viens dedans les fièvres
Les ivoires confie mes malheurs
Viens dedans tes lèvres, tes rêves
Tes livres ton eau de coeur
Car je reste assoiffé
De sel et à désaltérer

Qu'ai-je fait ? Qu’avais-je à faire ?
De peine autant d'adieu
Sous les combles sans toi
Mais je n'en ai que faire
La chambre est claire à l'amoureux
La lune monte à ton bras

Viens la nuit est brève
Mais il suffira d'une heure
Vois le nuage crève
Mais la pluie va tomber ailleurs
En toute humilité

Nous laissant seuls avec l'été

Hou hou love qui peut !
Love qui peut

Viens dedans les fièvres
Portant les vivres au bonheur
Car lui est affamé

Qu'ai-je fait ? Qu’avais-je à faire ?
Aimer autant que peut
Comme l'ombre avant toi
Mais je n'en ai que faire
Le vent le vrai refait du feu
Ici l'ondé nous voilà
Love qui peut
Nous voilà
Love qui peut
Love qui peut
Nous voilà
(Que ferais-je ? Que vais-je faire ?)
Love qui peut
Que vais-je faire ?
Love qui peut
Love qui peut
Love qui peut

Que ferais-je ? Que vais-je faire ?
T'aimer autant que peut
 

samedi 27 juin 2015

Leon Bridges & John Milk

 



C'est pas pour l'occase d'une soirée, ni le prétexte d'une phéromone anodine qui flotte à travers la chemise imbibée qui a déjà sucée tous les sucs d'une grosse journée de labeur, c'est juste deux gros disques soul qui me tombent dessus en même temps, de ceux que l'on trouve sur les sentiers revival 50's, 60's voire 70's.. intemporel en fait.
L'un est lyonnais, c'est John Milk, l'autre Leon Bridges est Texan et pourtant dans les deux cas on se croirait à l'époque où la soul offrait ses inébranlables opus historiques.
 

La température extérieure grimpe tranquille vers des airs caniculaires, en dedans c'est tout aussi torride. Ça tape dur sur l'asphalte, une occasion pour aller fouiller les bacs soul funk jazz... deux grosses nouveautés sur les promontoires, une pochette sublime, celle de Leon, qui aurait pu dire à la vue de cette cover et à l'écoute de cette musique cuivrée de chœurs, que ça vient juste de sortir ?

C'est fiévreux le samedi, deux opus estivaux, deux chaleurs, des hanches en sueurs qui se dégingandent, deux disques soul tout neufs et tout beaux.


Leon Bridges 2015 « Comin Home » label : columbia
John Milk 2014 « Treat me Right » label : under dog rec

mardi 23 juin 2015

Bang Gang 2015



Quand on a sombré sur le conte fantastique romantico-mélancolique « Lady & Bird », il est impossible de rester de marbre sur « A lonely bird ». D'autant plus que Keren Ann est à nouveau sur la branche auprès de Bardi Johannsson. Quel délice ce mélange de voix, cette mélodie à faire pleurer un rouge-gorge. Cette belle progression de 8 minutes à l'eau de rose, cette candide pureté s'accroche à un rameau fleuri qui siffle et chante.
Outre cet épicentre élégiaque, le nouveau Bang Gang, après 7 ans d'absence, est une épopée enchantée qui se morfond, une beauté lamentée avec quelques morceaux pop 80's, des mélopées langoureuses, et surtout le retour de l'oiseau et son envolée de larmes papillons.

« I am a lonely bird, I am no one, but I'm stranger than you... »

Bang Gang 2015 « The Wolves are whispering » label : bang ehf
 

vendredi 19 juin 2015

Algiers




Un visage sonore industriel arty sourde de cette nouveauté ravageuse. Rock brut avec des teintes new wave d'un age inconnu.
La générosité a des allures de cri hurlant dans un chaos tribal dowtown. Un gospel râpeux habite les galeries que la croûte zéro étouffe. L'écorce chevrote et menace, les ordonnées avalent. On entend même quelques sons des surfaces, des rumeurs contaminés. Les abysses abyssaux se dérobent.
 
Je ne vois plus rien, je ferme les contrevents et avance sous le terroir et les buildings comme une taupe paupérisée.
Là-haut vers la lumière, c'est conciliant, et si les faitières cessent d'exister, la marge underground n'a plus de raison d'être. Tant que la doctrine subsiste, on aura toujours le loisir de plonger avec notre naseau et nos tripes blanches dans les latrines séminales du limon et de retourner dans nos champs en convalescence quand bon nous semble, à écouter hurler les chants souterrains.

En attendant, là haut ça fore et explore aveuglément la taupe aux grandes oreilles.
Cet album neuf me rend fou, comme, pour des raisons différentes, Benjamin Clementine m'a happé.


Algiers 2015 « Algiers » label : matador



jeudi 18 juin 2015

Mumford & Sons 2015



Mumford s'installe dans les hauteurs sonores pour mieux redescendre en planant à grande vitesse. Du son puissant, une voix forte, des mélodies tonitruantes et deux hymnes pop fulgurants : « Wilder mind » et surtout l'introduction « Tompkins square park » qui colle au bulbe surchargé.
 
C'est moderne et plein de pouvoir, les britanniques font du bruit pour leur troisième album, eux qui à l'origine étaient d'obédience folk. Ils récoltent une bonne visibilité dans la surprise et sont à ranger ici auprès des Doves, Manic.... une recette efficace pour les ondes, presque foudroyante quand on aime le gros son pop et la mélodie facile.

Mumford & Sons 2015 « Wilder Mind » label : V2

mardi 16 juin 2015

Stevie Ray Vaughan 1983



 
Tiens, j'ai loupé un anniversaire, un de plus. Moi et les dates ça fait au moins 3. Pourtant ce guitariste là est pour moi un héros, une force et une frustration.. putain d'hélico.

1983/2013 et ce disque monumental de blues rock par excellence nous pète à la gueule. Le blues est surement le son qui a le moins morflé dans les 80's. 1983, on pense à tout sauf au blues..

« Texas Flood », de vrais instruments, un sommet dans la carrière du frère Vaughan, un moment à part dans une discographie qui va défiler comme une comète jusqu'au nuage. C'est un startingblock, un tremplin, une brulure aux phalanges flouées avec un toucher orgasmique prolongeant l'organisme dans toute sa splendeur. Et dire que Marie a de petites mains... lui en tout cas se balade comme un diable avec ses grands doigts.

Anniversaire, car en 2013 est sortie la Deluxe version avec un live inédit monstrueux à Philadelphie, presque en huit clos à l'époque. Les salles gonfleront après coup comme un volcan qui menace. Le son est extra, le jeu abominablement bouillant. Du « Texas Flood », le « Voodoo.. », une version ravageuse de « Little Wing.. » avec en prolongement « Third Stone from the sun »... et puis pour calmer les (h)ardeurs, le grand classique « Tin Pan Alley », en studio, en live et en bonus aka.
Comment ce pavé ne m'est il pas sauté dans les doigts en 2013.. peut être aurai-je dû calculer, ou percuter l'anniversaire.
Ceci dit, j'écoute cette réédition d'occas perdues au fond d'un bac, en n'oubliant pas l'anniversaire de ma reum, née le même jour que Johnny 15 juin, au même endroit Paris 14.. Bizz Mam's.

« Texas Flood was the thunderclap in a clear blue sky ».


Stevie Ray Vaughan 1983 "Texas Flood" label : epic.

dimanche 14 juin 2015

AI Phoenix 2002




Il est délicieux les soirs de grandes chaleurs de s'immiscer d'entre les troncs pour boire le parfum du limon qui sourde sous nos pieds, quand la lourdeur du mercure nous restitue les essences qui nous sont dues.
Quand le soleil n'est plus là, la terre danse avec son haleine fleurie. Je ne sais plus si c'est les champs, le feuillage au dessus mon chapeau ou cette terre de bruyère qui exhale sous ma fougère..  ou s'il s'agit de ce Vina Lucia de Cadiz au tanin de velours qui m'a rendu affamé de senteurs ?
 
Ceci dit, maintenant que de la belle j'en ai vu le cul, je me laisse bercer aux airs suaves d'un sol généreux. Juste derrière mon crâne, flotte des airs de mon cru, un disque qui me grise depuis pas mal d'années. Pourquoi certains albums mélancoliques passés inaperçus, aux allures anodines et blanches, nous restent comme une belle chose fidèle qui n'en démord pas. Depuis 2002, j'écoute « Lean that way forever », ce petit plaisir modeste et thérapeutique, ce slow folk minimaliste touché par la grâce des mélodies et des ambiances.
C'est la Norvège, Mona Mork chante à faire pâlir Hope Sandoval, Lisa Germano, voire Jennifer Charles, c'est leur troisième album, et c'est Glitterhouse, une signature de qualité.
AI Phoenix ont sortis leur 6ème album en 2014, pourquoi je n'ai jamais retrouvé cette ivresse 2002, cette hauteur d'écriture sur les autres albums ?


AI Phoenix 2002 « Lean that way forever » label : glitterhouse

jeudi 11 juin 2015

Duck Duck Grey Duck




Fichtre, une nouveauté fraîche qui tape comme si c'était pas frais. Un album rock rétro moderne avec tellement de caillasses dedans qu'il en devient unique.
 

Pas facile de tomber sur un tel métal précieux qui dépote et pourtant la pochette avait tendance à orienter le curieux que je suis vers du son electro, ou expérimental. Comme quoi il faut toujours dompter son cerveau préjugé.
 

Duck Duck Grey Duck est une bombe brute de pur rock live aux allures 70's. Ils sont suisses et c'est leur premier album.
Une fois lancé sur le toboggan cascade, plus rien ne peut nous arrêter, ça défile à en perdre son calebard une fois dans la flotte, juste après deux ou trois tonneaux. Et on se retrouve à oilpé dans l'eau au beau milieu d'une piscine remplie de nageuses et nageurs qui se foutent éperdument du plat grossier cracheur de maillot. La tasse même sur quelques riff saturés juste comme il faut pour ne pas se noyer. Et quand la tète sort de l'eau, les rayons tapent et la chaleur assomme, sans que personne ne se préoccupe de notre puérile présence dénudée, grasse et blanchâtre.

Mais qu'est ce que je fous à poil dans cette piscine.




Duck Duck Grey Duck 2015 « Here comes.. » label : casbah

dimanche 7 juin 2015

Higelin & Areski



 
La chaleur monte d'un cran. Les peupliers saupoudrent leurs poils de bourres et les naseaux s'enflamment. Le vent des airs d'été les fait chanter. Une grosse envie de ne rien faire, juste le hamac à déguster la poésie préoccupée d'Higelin & Areski.
Cet album est un trouble absolu, « Remember » me transperce de substance hypnotique, un minimum d'instruments pour un chant chamanique et spirituel.
Une légère folie me parcourt, comme ce vent des plaines qui chante l'été, « on a aucunement le droit de prétendre que les nuages s'amoncèlent.. oohhh non ».

 
Higelin coincé entre sa carrière rock à venir et ses débuts chez Jacques Canetti, s'associe avec Areski et entre dans la famille épique de chez nous Saravah. C'est totalement libre, presque tribal, sombre et psychédélique, de la poésie champêtre et animale. Flûte, violon, percussions, guitare sèche.. une pure rêverie.
 

Je me balance dans mon hamac sur les accords de « Six Pieds en l'air », comme ce pendu qui traine à s'endormir.. fadatraihhh dindinnnn.. J'ai des « spasmes brûlant » et la branche du cerisier qui me couvre dégage un bout de ciel bleu. « Le soleil fait un signe, et me réchauffe les flans ».. Mon esprit n'ai plus dans cette carcasse qui se balance saucissonné dans les cordes de mon hamac.. des cerises vertes à peines rougies à demi-bouffées par « les corbeaux incrédules », me tombent sur la couenne.
Je suis abandonné « aux caprices des vents » et je pense à mon enfance dans ma campagne ensoleillée balayée par les vents de plaine, chipant aux champs les parfums d'orges et blé poilu.
« On ne peut pas dire que le temps se couvre... non », je me suis juste endormi.

Higelin & Areski 1969 « Higelin & Areski » label : saravah


samedi 6 juin 2015

Michael Chapman 1970



Le temps dehors flanque une furieuse envie de ressortir des vieux disques, ou d'écouter une réédition. L'épisode Michael Chapman, nous sommes en 1971, coincé entre « FullQualified Survivor » et « Wrecked Again », « Window » distille une musique folk hippie ensoleillée. Toujours la même poésie, les mélodies superbes, l'impression d'un mélange entre Bowie et Harper. Cet album jamais édité en CD, vient d'être dévoilé logiquement par Light in the Attic.

« Window » est la bande son d'une après midi molle, nonchalante, et tapée par un soleil radieux.


Michael Chapman 1970 « Window » label : light in the attic

jeudi 4 juin 2015

Wild Billy Childish & CTMF



 
Ça commence comme un « Day Tripper » saucé à la gouaille Cokney. « Acorn man », c'est urgent et ça défile, c'est caniculaire avec ses infirmières pour raviver le souffle chaud, Billy Childish le British adulé par Jack White, au CV monstrueux, la référence du genre aux influences planétaires jusqu'au grunge amerloque, fait brûler les cordes sur cet opus ga-rageur, ce punk rock à grande vitesse. La guitare est cuite, oxydée par la sueur, les cordes s'embrasent, les filles chantent et les blouses sont trempées. En parlant d'influences, Pete Molinari a grignoté ses racines là, en plus d'être sur le même label .

Dehors c'est la canicule, une demi-saison qui s'embrase d'un seul coup. Le garage ? pas mieux, ça fait du bruit, ça sent la transpiration, on se jette par terre. J'aurais jamais dû mettre Wild Billy Childish sur la platine.

Wild Billy Childish & CTMF 2014 « Acorn man » label : damaged goods

lundi 1 juin 2015

Sufjan Stevans 2015




Difficile de s'étendre sur un artiste qui a tout étendu déjà. Sufjan Stevens est un trouble, des promesses, des visions, un talent et du dithyrambique.
Pour déguster la quintessence de son dernier opus, il faut faire abstraction de la pochette, le seul bémol. Elliott Smith où es-tu ? C'est un autre avis de recherche après Tobias JessoJr.

Toutes les chansons sont merveilleuses, un semblant minimal aveugle l'écriture. C'est doux, vaporeux, ça infuse dans les artères et coule douillettement le long du cortex. Peu importe le CV, la lettre de motivation. Peu importe les pages mensuelles ou hebdomadaires, Sufjan Stevens offre à nouveau un disque merveilleux où tout s'arrête et s'envole en suspension comme un vague nuage de pollens qui nous maquille et nous rosit les pommettes comme un fond de teinte qui ne paye pas de mine.

Une fois posé sur la platine, impossible de prendre un billet retour. « Carrie & Lowell » dans sa séduction habituelle, sa beauté minimale, accorde toute la sensibilité à une écriture intime de baladin ultra-moderne.

Sufjan Stevens 2015 « Carrie & Lowell » label : asthamatic kitty