samedi 18 décembre 2010

Indétrônables concerts.. en bref










































A l'heure des bilans incontournables et des synthèses sur l'année en partance, je livre ici un vague bilan anachronique. Impossible pour moi de prendre du recul, la musique est trop intemporelle et les médias trop catalysés, alors voici les indétrônables concerts depuis qu'ado je passais ces vinyles en boucle à labourer la cire. Quelques concerts maintenant gravés à la pochette scannée passent toujours sous les mêmes suées lacrymales euphoriques. Jamais trouvé aussi bon depuis, ces monuments live me dévorent, me rassurent et confirment l'importance de mes racines blues.
Mini-chronique assez brève juste pour dévoiler en silence et lancer un appel au débat... qui peut surenchérir et trouver mieux que ces doubles lp chauds bouillants..je suis prêt à développer.
Des bouquins entiers existent déjà sur Clapton qui vient d'afficher son nouveau brooshing et son blues académiquement insipide (ce qu'il fait depuis des années d'ailleurs) me laissant de marbre depuis que Phil Collins a imposé ses baguettes, sur John Mayall le patron d'une grande école de blues, sur Bob Seger qui sort toujours des albums studios rock de bonne tenue et dont tous ses vinyles sont archivés au chaud sous mes étagères, sur Doobie Brothers qui viennent de passer à Paris sous la même canicule qu'en 1979, sur Jimi Hendrix qui n'a jamais été autant d'actualité, sur Rory Gallagher disparu en 2001 et dont ses riffs brulent toujours autant mes enceintes, sur Stevie Ray Vaughan aussi disparu laissant derrière lui les concerts les plus bouillant seul détenteur des talent d'Hendrix, et finalement sur Hawkind dont je ne connais rien sauf ce concert de 1973... voici les indéboulonnables :

Bob Seger and the silver bullet band "live bullet" 1975
John Mayall "moving on" 1972
Jimi Hendrix "band of gypsis " 1969
Doobie Brothers "farewell tour" 1979
Eric Clapton " just one night" 1979
Rory Gallagher "irish tour 74" 1974
Hawkwind "space ritual" 1973
Stevie Ray Vaughan "alive" 1986

Je remercie Christian, ami de l'époque qui m'a conseillé ces 6 concerts. Bob Serger est celui que je préfère de loin, avec sa soul dans son rock brut de Détroit et sa voix merveilleuse que lui jalousait Gérard Manset. "Moving on" de John Mayall est rééllement un sommet live unique, la référence même du "blues-jazz-fusion" (beaucoup plus puissant que son prédécesseur "live in Boston and New York" de la même année). Le dosage parfait entre blues, jazz et soul. Mon vieux vinyl acheté à Caen en 89 vient tout juste d'être réactualisé par une édition cd inespérée de 2009.



















Si ces monuments blues représentent la période adolescent, le concert qui suit est le premier live a passer inlassablement quand j'étais minot:
Barclay James Harvest "live tape" 1979 : une réédition vient de paraitre pour mon plus grand plaisir avec trois inédits "hymn for the children"; "medicine man"; "the world goes on".. concert que j'écoute très souvent avec la même émotion.



vendredi 17 décembre 2010

Astral Social Club


Il faut être absolument disponible pour prendre de plein fouet cet uppercut sonore trash. Une bonne dose de curiosité est aussi recommandée pour s’ouvrir aux ondes décadentes et luxuriantes. « Happy horse » (publié chez le label japonais « happy prince », habituellement sur vhf records), comme pas mal de production d’Astral Social Club emmené par Neil Campbell est une sorte de test, de mise à épreuve de sa tolérance, son endurance à pouvoir ingurgiter autant d’énergie, à affronter ce magma schizoïde féroce (la transition de « free wheels » légèrement plus trouble à « cloud war » hymne de rave party est dantesque).
ASC est monté d’un cran dans l’élaboration anarchique d’un flot sonore tétanisant par un virage techno comme un rouleau compresseur qui lamine l’auditeur sans lui laisser la moindre bouffée d’air. Toujours ambiant, ses disques précédents dessinaient des paysages plus contrastés, comme au temps où il fut membre du groupe Vibracathédral orchestra.
Une fois bien armé, fin prêt, il suffit de se laisser pénétrer par se désordre extatique syncopé et de se laisser engloutir par la vague transcendantale acide qui émane de ces plages toxiques.
Abstinent, on a l’impression alors qu’un venin d’extase diffuse dans tout le cerveau, puis dans le corps et on se laisse aller à ce voyage immobile fabuleux jusqu’à la dernière note.
Toutes ces qualités sont les conditions sine qua non pour endurer, au risque de rejeter en bloc ce kaléidoscope techno. Un grand moment de tension expérimental, une gigantesque rave cérébrale emballé dans un joli crépon jaune fluo cousu main.


Astral Social Club 2010 "happy horse" label : happy prince.

www.vhfrecords.com/catalog/100.htm

samedi 11 décembre 2010

En bref : escapades en solo

















Tardivement, John Casablancas est venu bien longtemps après ses camarades de groupes ajouter une pièce aux projets solo des The strokes, avec « Phrazes for the young ». Avant lui, Albert Hammond jr (7,5/10) avec ses deux superbes albums (« Como te llama », « Yours to keep »), avait lancé les hostilités. En 2007, le batteur des Strokes Fabrizio Moretti, collaborait avec le guitare/basse/chant Rodrigo Amarante et montait Little joy (8,75/10) pour un album époustouflant de décontraction pop aux mélodies implacables. Toutes ces arborescences provenant de l'explosion d'« Is this it » 2001, sont en fait des aubaines sur lesquelles je me rue plus volontiers que sur le groupe lui même.


En 2005, Babyshambles s'accapare du batteur Adam Ficek qui livrera en 2008 son album solo aussi bon que Little Joy: Rose Kings Castles. Un disque de dany-folk épuré, dans une simplicité et un minimalisme déconcertant. Légères et gaies les chansons défilent entre des cordes intimes et des cuivres doux et chaleureux. Une véritable réussite, un enchantement pop rare. 9/10


Cette année, les projets solo affluent et assurent, notamment chez les batteurs:

Après les Strokes, Babyshambles, c'est au tour de Bon Iver de lâcher son batteur. Sean Carey (S.Carey) pose les baguettes, relâche les biceps (sauf sur « Action ») et le temps s'arrête. « All we grow » touche même au sublime quand viennent s'égrener les notes de piano sur « we fell ». Une poésie crépusculaire, à l'image des nappes vaporeuses, habite chaque morceau. Les pianos et les voix sont doublés. Violon, xylophone, flute, légères percussions, clapping hands, quelques cuivres se baladent sur un chant pastoral digne des Fleet Foxes, Song of great pheasant, sigur ros, The zephyrs, voire Panda Bear Mothers »). Un disque particulier d'une profondeur égale à Frankie Sparo en moins triste. 9/10







Autres baguettes en grève, Philip Selway. Le batteur de Radiohead en cavale et les médias en branle. Ce sont une fois de plus mes amis blogger (Chips & rosé) qui m'ont fait plier sur l'acquisition de ce disque. A l'image d'un Ringo Starr sur « Sentimental Journey » 1970, la cohabitation avec le génie (Tom Yorke; McCartney/Lennon) a dû laisser des traces dans l'inspiration mélancolique de Philip Selway, car « Familial » est un disque pop-folk absolument bouleversant. Aussi beau que les chants aériens de Paul Anderson de Tram three years »), aussi intime que Jason Edwards sur « Doldrums », et surtout la même qualité indiscutable que « Triumphs and disasters, rewards and fairytailes » de 49 swimming pools. Bien loin des hauteurs sphériques de Radiohead, « Familial » est à déguster tranquille loin du tumulte. 8/10







La guitariste de My morning jacket a enregistré sur « All bird say », des ballades très pures, langoureusement académiques posées sur une base country. Rien ne dépasse, tout est propre (trop peu être) carré, bien rangé dans sa caisse, et si quelques chansons aux influences McCartney, Nourallah ou Morning Star assoupi s'affirment, Carl Broemel ne sue pas la quintessence de ces derniers. L'album reste toute fois assez agréable à écouter pour qui aime les dessert trop sucrés. 5/10






Enfin, dans un autre style, Mark McGuire sort cette année deux albums. C'est « Tidings/Amethyst waves » qui occupe ma platine. Le guitariste du groupe Emeralds propose seul avec son instrument de prédilection et des claviers, une expérimentation sonore sur de longues plages habitées d'acidité drone et de contemplations psychédéliques. Par moment (sur « a matter of time ») on croit entendre les délires sonores synthétiques de Mike Oldfield période « platinum ». Le tout reste tout à fait planant. La phase « Tidings » contient deux pistes de 17 minutes chacune très drones acidifiées, « Amethyst Waves » quant à elle, arbore des paysages softs, idylliques et planants. 6/10

jeudi 9 décembre 2010

Klima



Deux ou trois tentatives à chercher mes mots pour faire l'éloge de Piano magic m'ont finalement laissées bredouille et frustré d'une quelconque chronique. Histoire de venger cette frilosité devant une telle intimité d'écoute depuis qu'ils diffusent chez Rocket Girl records, et de faire transition au petit bilan 80's (la consonance principale de Glenn Johnson), je jette tout mon dévolu sur une petite perle précieuse qui vient juste d'apparaître au grand jour. La voix de Piano Magic, Klima (Angèle David-Guillou) sort son deuxième album solo.
Sous les plus beaux éloges et sous les applaudissements dithyrambiques, « Klima » 2007 chez Peacefrog à l'époque venait lancer son escapade solitaire.
Trois ans après, Klima revient avec « Serenades & serinettes », plus sombre (tant mieux, ce disque est mille fois plus émouvant que le précédent) dans une discrétion qui fait de cet objet une perle rare.

Pleurez sur « Father » si vous avez fondu sur Agnès Obel; planez sur « In my room » si vous avez craquez sur Soap & Skin; laissez vous bercer sur « French Mittens » si vous êtes partis avec Mùm; cédez aveuglément à la présence de Glenn Johnson si vous aimez Piano Magic, succombez tendrement à "Sing to me" ou " Bottomless sea" si vous frissonnez toujours sur Stina Nordenstam, .. mais surtout, buvez goulûment si vous avez un jour plongé dans les méandres sonores du duo Keiron Phelan & David Sheppard.

Sur Rocket girl à nouveau, en 2002, est sorti un disque merveilleux que j'écoute toujours quelquefois pour flotter sur mes vagues à l'âme, « O, little stars ». Il faut avoir plié sur ce disque instrumental pour comprendre ce qu'il se passe sur les sérénades délicates de Klima. Une touche ambiante (« Papillon de nuit »)et des arrangements particuliers transportent les serinettes dans un paysage fait de xylophones, de flûtes, d'accords répétitifs...

Je vous en conjure, pointez le bout de votre oreille sur cette délicate pop joliment mélancolique, Klima, intelligemment entourée, enchante avec une collection de chansons intimes, toutes différentes..."Bottomless sea" est beau comme un paysage de neige... et "Orffans" est un jam coquin, guilleret et fraichement afro-délicat.

A défaut d'avoir les info www sur la pochette, il est glissé à l'intérieur un joli petit thaumatrope, adorable petit jouet optique à l'image de la délicatesse musicale qui règne à l'intérieur. (clip thaumatrope et autres visibles sur la version multi-média de cette chronique ici).

Klima 2010 « Serenades & serinettes ». label : second language.


http://www.secondlanguagemusic.com/
www.myspace.com/contactklima


quand on aime : stian nordenstam; mùm; piano magic; agnes obel; soap skin, sheppard & phelan

dimanche 5 décembre 2010

Aaron Martin

Aaron Martin, violoncelliste mais aussi multi-instrumentiste promène ses paysages sonores soit chez Preservation, un superbe label australien, soit chez les londoniens Type, deux entités artistiques précieuses. C'est ponctuellement sur l'étonnant label Experimedia qu'il offre un moment de mystérieux apaisement, de douceur inquiétante comme un repos mystique.

La cheminée crépite, j'ai la sublime pochette entre les mains, le son diffuse et j'observe la neige fondre, le temps s'arrète...bande son idéale..absolument paradisiaque, idyllique.


Aaron Martin 2010 « Worried by the fire » label : experimedia

www.aaronmartin.com

www.experimedia.net


artwork : jeremy Bible


anbb



Après l'excitante collaboration improbable des deux cerveaux de Xiu Xiu et Shearwater, une autre rencontre bat son plein sous un tout autre point de fuite. Et cette fois-ci les rôles sont très bien distribués. Si « blue water white death » était l'œuvre d'une complicité troublante, « Mimikry » distribué sur le label allemand Raster Noton, nait d'une complémentarité trop rare pour ne pas qu'on s'y attarde quelques instants.
La voix atypique des Einstürzende Neubauten, Blixa Bargeld, vient incarner les ondes ambiantes du plasticien sonore Alva Noto cofondateur du label cité, Raster Noton.
Deux sommets opposés pour un disque monumental. Blixa transporté loin de son kraut goth dynamique vient apporter un côté humain aux troubles digitaux noisy et minimal d'Alva Noto. Deux laborantins mélangeant leur texture pour un résultat colossale, deux mathématiques complémentaires indissociable l'une de l'autre. Et l'on passe du dynamisme percutant et répétitif à un apaisement pop toujours délicatement habillé par la technique musicale. Ce colossale dialogue entre la voix de Blixa et les doigts de Carsten (alva noto) galvanise. Une tension palpable tétanise, les boucles transcendent, les cordes sur « Bernsteinzimmer » hantent et émeuvent.
Blixa fait ce qu'il veut de ses mots et de sa voix, Alva Noto excelle dans l'architecture climatique des compositions, et chaque morceau est une réussite totale, un chef d'œuvre absolu. A tel point que les disques respectifs des deux artistes vont paraître dorénavant frustrant. Nos exigences quant à la logique artistique de ce monument va devenir réductrice.
Ceci dit, comme pour rassurer illico, sort en parallèle le quatrième volet de « Strategies Against Architecture » du groupe de Blixa Bargeld, Einstürzende Neubauten. Cette double compilation vient massivement mettre en boite un condensé des productions des berlinois entre 2002 et 2010. Un autre monument à savourer longuement.


chronique en version multi-média chez les frères du son ici.

anbb : Alva Noto & Blixa Bargeld 2010 "mimikry" label : raster-noton




La superbe pochette est réalisée par Vera Lehndorff:

mercredi 1 décembre 2010

That Summer


Je voue une passion sans borne pour « The newton plum » de Bed sorti en 2001, ainsi que pour « Home is where the studio is » 2002 et « Drowsiness of ancient gardens » 1998 de That Summer. Si Bed, dans ses plages jazzy, jonglait à merveille avec les silence, les mêmes que Mark Hollis, David Sanson quant à lui plaçait une pop expérimentale ambiante d'obédience jazz.
Gris ocre et blanc inondaient alors les pochettes des trois disques.

A la manière du virage rock de Yann Tiersen dans "Dust Lane", les deux groupe Bed et That Summer ont étoffaient leurs sonorités apaisées par des doubles basses, des guitares et un tempo râblé. Respectivement, « Spacebox » et « Clear » me laissaient alors orphelin des précédents trésors et me donnaient en échange l'exitation du renouveau.
Symétriquement opposé à « The newton plume », Bed enfonçait le clou avec une super formation (Mellano, Pires et deux batteurs) et lâchait un brûlot maximal avec « New lines ».

Cet année, de la même manière, That Summer emmené par David Sanson, publie l'exact symétrie de ses premières productions avec « Near miss ». Et pour cela un véritable groupe au cv impressionnant s'est attelé à la tache. Un album absolument dévastateur (à l'image de « mimir») à la finition très sombre(«all cats are grey » ) place That Summer jusqu'ici très discret, au sommet de son art, un des meilleurs opus de rock français cette année. Si « home is where the studio is » garde un attachement particulier et très personnel (un album à rechercher de toute urgence), « Near Miss » est à partager avec le plus grand nombre, comme une messe cold wave, un album qui figurera quoi qu'il arrive dans les tablettes historiques des grands disques d'ici et d'ailleurs, en tout cas la plus belle preuve des influences 80 et 90's de notre époque (comme une transition à la chronique précédente).

C'est dans les tons violet cette fois-ci, que les deux groupes ont affichaient en pochette leur virage rock qui n'a pas réussi à Bed (sorti il y a 6 ans déjà et jamais réitéré) mais qui place That Summer sur le tremplin du son et du succès assuré.


That Summer 2010 "near miss" label : talitres

Version multi-média ici





Fantastic Negrito 2018

  "Tiens, écoute ça nom d'un chien ça urge".. J'y suis allé. A en devenir zinzin je me suis précipité, en boucle, habité...