lundi 20 septembre 2010

Bertrand Belin


Toujours très impressionné devant les bons textes français, je reste figé et frileux à m'étendre sur une galette hexagonale (j'ai tremblé à lâcher quelques phrases sur Murat, Bashung, Dominique A). Comment peut on aligner des mots élogieux sur de beaux textes sans se sentir ridicule. L'avantage trouble du silence est un refuge. Pourtant, je reste très perturbé par un paquet d'artistes français que j'écoute beaucoup plus que ne laissent deviner mes chroniques . Il n'empêche, aujourd'hui est sorti le nouvel album de Bertrand Belin. Quand la mélodie, l'interprétation et l'atmosphère dessinée sont aussi superbes que les mots, toutes les émotions écrasent la timidité. Il se passe quelque chose dans cet « Hypernuit »...comme un disque de Bill Callahan ailleurs (voire même Windsor for the Derby ("tout a changé")) ou Alexis HK ici, un minimalisme Dominique A quelquefois, des accords aussi beaux en tout cas...et des mots qui collent à la musique comme une deuxième peau. Quel mot extraordinaire en tout cas, qu' « Hypernuit ».
Bertrand Belin 2010 "Hypernuit" label : cinq 7
quand on aime : alexis Hk (belle ville); bill callahan; De rien

samedi 18 septembre 2010

Oh No Ono


Somptueusement habillé d'une enveloppe maline et resplendissante crée par Malene Mathiasson (les dépliants internes sont des œuvres d'art), le dernier album de Oh no Ono possède en plus, une âme, un cerveau et des formes généreuses.
Leaf label suggère ici une véritable cure de Guronsan comme savaient aussi le prescrire The chap hier ou B52's avant-hier. Plus barré que MGMT, plus osé que Flaming Lips, « Eggs » enchaine les pépites pop intenses et libres avec comme seule trêve trompe l'œil, l'apaisant « swim » en deuxième position. Puis tout re-galope aussi sec, et l'on achève le disque avec l'envie de bouger, voire de danser, gonfler à bloc, tout grisé de vitalité.

OH NO ONO 2010 "eggs" label : leaf

Quand on aime : the chap; B52's; MGMT, flaming lips

mercredi 15 septembre 2010

Marissa Nadler







Si quelques filles ont été suggérées ici, une seule, s'il fallait n'en choisir qu'une, pourrait glaner tous les suffrages-frissons. Des larmes indélébiles jaillissent, blessé par un « Stallions » blème. Nous savons , accueilli pas toutes ces nymphes, et pourtant nous n'avons jamais entendu de telles chansons, cueilli sur des sentiers de feuilles mortes au beau milieu d'une forêt d'hiver. Le frimât saisit, mais l'accord réchauffe, une certaine idée du nirvana, en attendant, un refuge abrite, le dernier peut être. « Mayflower may » achève et entrouvre: chaque montée vocale est une menace sylvienne. « Silvia », dans d'autre temps, sur un autre label chantait l'antre de ma mie, des forêts entières noyées de branchages et de brindilles en sommier sur lequel je me suis allongé pour gouter le sucre des arpèges, la caresse des mélodies, le venin des murmures, puis le sel des baisers, l'amertume des jalousies, le piment aux joues, le cœur diamant.
quand on aime éperdument : "diamond heart"; "mexican summer"; "silvia"; "stallions"; "mayflower may"; "thinking of you"........ hope sandoval; jane weaver, joan baez........
......

Les euréliennes




Candidature pour l'Hotel de ville de Paris 2010

lundi 13 septembre 2010

Turid / Lee Hazlewood




Vashti Bunyan, Buffy Sainte-Marie, Joan Baez, Joanna Newsom, Melanie, Joni Michell, Linda Perhacs.... toutes ces filles trainent la même idée boisée de chanter l'Amérique folk des seventies. C'est pourtant une jeune Suédoise qui en sourdine a endossé ce patrimoine culturel un océan plus loin. Le label RPM vient de lâcher en pâture un bijou rétrospectif d'une période très courte à travers laquelle Turid (Lundqvist) a sorti trois albums ("Vittras visor" 1971; "Blider" 1973; "Treje dagen" 1975). « stars and angels : songs 1971-75 » est une collection de ballades imparables un peu en Anglais d'abord, beaucoup en suédois ensuite. Il faut écouter le troublant « vittras vaggvisa » (ma préférence) pour se rendre à l'évidence, il a y toutes ces filles chez Turid. Un an auparavant, un autre calibre country folk avait déjà flairé, et deviné qu'il se passait beaucoup de chose au nord de l'Europe. Lee Hazlewood 1970, « The cowboy in Sweden » et ma préférence aussi chez lui « night before » (comme si Cohen chantait du Calexico). La pochette de cet album a été utilisée par le label fargo à deux reprises pour témoigner toujours de la richesse folk de ce coin du monde.
Ecouter Hazlewood et embrayer sur Turid coule de source.

Lee Hazlewood : 1970 « the cowboy in Sweden » label : LHI
Turid : « stars and angels : songs 1971-75 » label : RPM


http://www.somevelvetmorning.net

dimanche 12 septembre 2010

Chabrol / Blier







Coincé entre "L'ivresse du pouvoir" rediffusé et "Le bruit des glaçons" fraichement proposé, je vais et viens entre Chabrol en partance et Blier en renaissance avec comme seul fil conducteur la prise en otage des émotions les plus sincères. Sentiments bizarres pour une passion réciproque et absolue. J'aime profondément l'âme de ces deux hommes.




samedi 4 septembre 2010

BJ Nilsen


A force de regarder derrière et de glaner les rééditions tout azimut, ça devait bien arriver. Je viens de faire l’acquisition d’une nouveauté certes, mais en support cassette audio. A défaut de posséder une platine vinyl opérationnelle, je vais presser sur la touche play de mon vieux double K7 Marantz. Un quart de siècle à boycotter ce petit boîtier rectangulaire, et ce formidable laboratoire sonore Touch qui édite quelques pièces nouvelles via le label Ash international.
C’est BJ Nilsen qui m’offre ce petit moment de rituel musical. D’abord le bruit du boîtier si particulier, les cliquetis de la cassette, puis le claquement des touches de review avant la lecture. Enfin, le son chaleureux Hi-Fi en dolby stéréo qui retranscrit à merveille ces longues plages de drone abstrait en distorsion électronique. Quarante minutes live à Londres, puis trente à Caen en face B. Deux longs champs sonores que les enceintes restituent fidèlement, dans une alcôve de lenteur planante et hypnotisante.
Quel objet fantastique, quelle chance nous avions de savourer l’objet, de tendre le chrome avec l’auriculaire en guise de cruciforme, d’attendre la butée et d’entendre se déclencher le recto verso comme un manège pour repartir de plus belle. Il m’arrive encore de sortir quelques bandes anciennes, piratage de l’époque, pour faire resurgir les copies des sessions de Bernard Lenoir, ou de vinyls empruntés un peu partout.. un mur entier de cassettes sont encore à pieds d’œuvre, du moins pour celles qui n’ont pas étaient définitivement oubliées par une récente réédition.
Tout cela se passe chez Touch records, un fantastique microcosme artistique, extrêmement libre, aux arborescences fécondes et infinies. Chaque pièce du catalogue se mérite avec une approche quasi religieuse, un cadeau artistique sans aucune étiquette, allant bien au-delà de la musique intrinsèque.


BJ Nilsen 2010 "draught#1" label : touch/ash international


Dragonflies (Dhani Harrison & Nigel Godrich) 2026

  En arpentant les allées bizarres de ce petit jardin adapté, je me suis interrogé, sans n'avoir jamais vu à ce point l’anomalie nature...