dimanche 1 août 2010
Toile perdue
vendredi 30 juillet 2010
Micah P.Hinson

Le nom du groupe change à chaque album. La musique, ainsi que les pochettes romantico-pulpeuses en noir et blanc, est toujours callée sur un blues boisé (ou folk rugueux, au choix) cramoisi. Affublé d’une étiquette « artiste maudit », Micah P.Hinson chante sa douleur sur des complaintes à cordes venimeuses, touchantes et douloureuses. Son timbre est une blessure et sa voix de crooner dylanien un cri éraillé. Les violons épient les ténèbres et ne sont pas là par hasard.
Après un passage apparemment obligé et complètement inutile au disque hommage (« all dressed up and smelling of strangers » 2009 seule faute de goût dans sa discographie), « Micah P.Hinson & the pioneer saboteurs » ressemble à un couronnement. Après un minuscule passage à vide donc, les lauriers et la gloire, un chef d’œuvre. Les violons abondent plus que d’ordinaire, introduisent et terminent l’album comme une signature conceptuelle, un sceau de cohérence. Aussi, «the returning » est un morceaux tétanisant, où les archets viennent relever, comme si l’on passait de l’autre côté, les vrombissement drones des guitares électriques. Etalé sur 12 min, cet épilogue invite le deuxième genou à atterrir. Le premier étant tombé sur « the cross that stole this heart away », solennel et grave, encore salé du fantastique hymne marin qui le précède (« the striking before the storm »).
Micah Paul Hinson fait parti depuis quelques galettes des valeurs sûres, un compagnon des vagues à l’âme, un binôme des sentes en friche à chaque promenade. Et l’on fredonne à chaque errance solitaire ses mélopées mélancoliques de blues des temps modernes.
Après un passage apparemment obligé et complètement inutile au disque hommage (« all dressed up and smelling of strangers » 2009 seule faute de goût dans sa discographie), « Micah P.Hinson & the pioneer saboteurs » ressemble à un couronnement. Après un minuscule passage à vide donc, les lauriers et la gloire, un chef d’œuvre. Les violons abondent plus que d’ordinaire, introduisent et terminent l’album comme une signature conceptuelle, un sceau de cohérence. Aussi, «the returning » est un morceaux tétanisant, où les archets viennent relever, comme si l’on passait de l’autre côté, les vrombissement drones des guitares électriques. Etalé sur 12 min, cet épilogue invite le deuxième genou à atterrir. Le premier étant tombé sur « the cross that stole this heart away », solennel et grave, encore salé du fantastique hymne marin qui le précède (« the striking before the storm »).
Micah Paul Hinson fait parti depuis quelques galettes des valeurs sûres, un compagnon des vagues à l’âme, un binôme des sentes en friche à chaque promenade. Et l’on fredonne à chaque errance solitaire ses mélopées mélancoliques de blues des temps modernes.
Micah P.Hinson "micah p.hinson & the pioneer saboteurs" 2010 label : full time hobby.
quand on aime : mattias hellberg; dylan; richard hawley; lambchop; 16horse power...
Blitzen Trapper

Des petits albums flottent faciles comme des ondes agréables sans payer de mine, et mine de rien deviennent fichtrement bons à force de réconfort et de poils dans le bon sens. L’Amérique des Blitzen Trapper colle au cerveau et à la peau avec un disque très seventies, complètement neutre et extrêmement efficace. Une collection de balades MacCa époque Wings, assez proches de Ron Sexsmith ou encore des frères Nourallah . Et en bonus, un petit cadeau est caché à la huitième piste, « the tree » en duo avec Alela Diane.
BLITZEN TRAPPER 2010 "destroyer of the void" label : sub pop
quand on aime : wings; nourallah brother, ron sexsmith...
mardi 27 juillet 2010
Olof Arnalds

Morr music est d'abord pour moi un label qui proposait des groupes comme Styrofoam; Lali Puna (et la branche The notwist).... et Mùm qui apportait toute la délicatesse d 'une pop électronique sirupeuse qui battait son plein à l'époque. Le catalogue morr devait alors s'étoffer de façon vertigineuse, abandonnant au passage ces islandais pour quelques disques chez Fat Cat records en intermittence, sans perdre de sa féérie romantico-mélancolique.
C'est au départ de la chanteuse en 2007, juste après le terrible « summer make good » (« hù hviss – a ship » est à lui seul un sommet bouleversant) , que le groupe sombrait dans une obsolescence pop. Ainsi, amputé de sa particularité, Mùm avec « go go smear the poison ivy », partait vers d'autres paysages, la magie en moins, l'amour perdu, les sentiments bafoués.
Olof Arnalds a déserté le collectif pour sa propre réalisation, s'attirant à elle tous les plus beaux paysages nocturnes. Et je devais alors retrouver ma catharsis qui fait chaque écoute du groupe entier. Les paysages sont les mêmes, mais la forêt plus dense et la mélodie plus belle encore. « Vid og vid » est posé sur le même socle boisé que Joanna Newsom, quand des nymphes folk prennent la peine de s'y attarder un moment; même pureté de voix et même féminitude, la harpe en Ukulélé , et même fantôme en chevelure de Kate Bush (« klara »)... Et si la guitare et le chant de la chanson éponyme penche vers Alela Diane, « vittu af mer » engourdit par sa beauté celtique dans son plus simple appareil (Emily Jane White; Marissa Nadler des débuts (the saga of mayflower)...). Cette œuvre un brin ancestrale, absolument intimiste est dénudée de tout. Il y a pourtant pas mal de musiciens sur la liste, mais chacun pointe le bout de son nez camouflé et discrets derrière ses cordes à la fin de chaque morceau (les violons de "nattsongur"). La présence lointaine d'un Sigur Ros peut aussi ajouter à l'élévation.
C'est au départ de la chanteuse en 2007, juste après le terrible « summer make good » (« hù hviss – a ship » est à lui seul un sommet bouleversant) , que le groupe sombrait dans une obsolescence pop. Ainsi, amputé de sa particularité, Mùm avec « go go smear the poison ivy », partait vers d'autres paysages, la magie en moins, l'amour perdu, les sentiments bafoués.
Olof Arnalds a déserté le collectif pour sa propre réalisation, s'attirant à elle tous les plus beaux paysages nocturnes. Et je devais alors retrouver ma catharsis qui fait chaque écoute du groupe entier. Les paysages sont les mêmes, mais la forêt plus dense et la mélodie plus belle encore. « Vid og vid » est posé sur le même socle boisé que Joanna Newsom, quand des nymphes folk prennent la peine de s'y attarder un moment; même pureté de voix et même féminitude, la harpe en Ukulélé , et même fantôme en chevelure de Kate Bush (« klara »)... Et si la guitare et le chant de la chanson éponyme penche vers Alela Diane, « vittu af mer » engourdit par sa beauté celtique dans son plus simple appareil (Emily Jane White; Marissa Nadler des débuts (the saga of mayflower)...). Cette œuvre un brin ancestrale, absolument intimiste est dénudée de tout. Il y a pourtant pas mal de musiciens sur la liste, mais chacun pointe le bout de son nez camouflé et discrets derrière ses cordes à la fin de chaque morceau (les violons de "nattsongur"). La présence lointaine d'un Sigur Ros peut aussi ajouter à l'élévation.
Le chant islandais quant à lui est loin d'être superfétatoire, une crânerie quelconque, voire un besoin d'isolation. C'est une embellie, un tout artistique dans ce coin du monde où il se passe beaucoup de choses musicales visibles depuis une décennie. Visible est tout de même un bien grand mot quand on pense que ce disque pourrait figurer en tète des classements du meilleur disque folk de tous les temps. La consolation est que ce chart n'existe pas.
Seul petit bémole à cette cohérence , la pochette !!!
OLOF ARNALDS 2009 "VID OG VID" label : one little indian
quand on aime : joanna newsom; emily jane white, mùm....
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