jeudi 19 février 2026

Alejandro Escovedo 2024

 


Alejandro se revisite. Il se la joue Iguane sur la conquête de John et puis tout dégouline sur un blues pluvieux. « Echo dancing » sous ses airs cradocs a pris un bon petit coup de prod-rythm-program bien taillé « Sacramento & polk », un peu comme quand JJ Cale « Number 10 » est passé sur un autre son. Sauf que Escovedo en Alejandro, c'est pas Cale en JJ.Il reprend.

Je suis passé près de la beauté des petites herbes en fleur, embourbé à vouloir rentrer chez moi pour me manger « Too many tears ». Impossible d'avancer, toutes cette lourde mélasse amoureuse collée à mes semelles, je patauge et patine dans cette marée brune. Pourtant si je ne rentre pas avant le jour je risque de finir enterrer noyé dans ce champs qui n'en finit pas de me bouffer les péronés. Si seulement il ne pleuvait pas autant. Deux ou trois buses dubitatives me scrutent, où sont les corbeaux et les lambeaux de paysans dans le limon flasque.Je suis cinglé par la pluie, et pas que, je ne suis que bouillasse miséreuse, mes pas pèsent un camion, j'avance parpaing et déjà se dessine à quelques averses de là mon clocher flou lessivé par la trombe et les tombes. Qu'est ce qui m'a pris de sortir m'embourber.

« Castanuelas » passé, tout s'est calmé, enfin arrivé, ou plutôt échoué comme un vieux poiscaille rejeté à la flotte. Et voilà qu'il fait son Nick Cave sur « Swallows of San Juan ». J'ai repris de la braise sur « Sensitive boys », les bûches ont fait le reste. Le jour et là, je m'effondre assoupi sur un épais tapis poilu sous les riff secs de « MC Overload ». Ma lourde carcasse se laisse tanguer mou par le coït virtuel de « Inside this dance ».

Quel disque !! quelle périple !! un bilan ? j'ai pris un jus de je ne sais pas quoi cul-sec, « Wave » sur le front debout revigoré, réarmé du buste, près à plonger à nouveau dans la patauge boueuse des horizons inondés. Va falloir quand même, un moment donné, que je rentre chez moi. C'est à qui ce tapis ?

Alejandro Escovedo 2024 « Echo Dancing » 

 



7 commentaires:

DevantF a dit…

Suite aux discussions sur les écoutes vinyles, j'ai pu grâce aux MP3 monter une "battle" en alternant Alejandro Escovedo et Charlie Cunningham. les titres 1, les titres 2... amusant d'imaginer toute la tendresse de Charlu heu charlie et la colère rentré de Alejandro, chacun son tour. Au delà de l'exercice un tantinet absurde, j'ai apprécié le contraste, le disque d'Alejandro a un quelque chose de métallique que Charlie attenue. Chouette concert fantasmé

Charlu a dit…

Oh la t'es aventureux..quel melange, il m'a fallu 2 humeurs différentes pour ces 2 écoutes. J'imagine le yoyo 🤣 mon melange d'alors.. c'était Charlie, Asgeir, faccini...

Sorgual a dit…

Quel album fantastique.
J'adore cette fusion entre rock crasseux, blues profond, voix d'outre tombe, guitares saturées et surtout l'utilisation en contraste du manuel "comment bien utiliser ma boîte à rythme des années 80-90" . L'analogie avec Nick Cave est très pertinente, comme si l'on avait récréé un petit bout de bush australien dans le fond du Texas.
Merci pour la découverte

Charlu a dit…

Exactement ça.. ça beau être ses reprises, ce gros disque ma.bien embourbé l'aprem

Everett W. Gilles a dit…

Heeyyyy Cha
Ah je passe pas assez souvent, merde... bon là je vois Escovedo 2024 et comme on se refait pas je pense à ça :
https://www.youtube.com/watch?v=il3PSIB1ri0&list=RDil3PSIB1ri0&start_radio=1
Who-ho-ho-who-ho-ho-ho ...
La bise mon Cha !

Charlu a dit…

Vieux Gilou, tu viens pu au soirées vieux branleurs ... :) Hey, pas mal avec le Chuck, c'est toi qui a filmé ? t'étais dans le game ? C'est toi en plus qui m'a foutu Escovedo brothers dans les pattes. Merde, je me suis planté de vidéo, j'ai mis un trailer ou interview, c'était pas ça à la base.. pas grave. Cet album c'est un délice, avec un gros volume. Biz too you

Everett W. Gilles a dit…

C'est exactement ça, on a tellement l'impression d'y être ...
Escovedo, une certaine idée de la classe !
La bise Cha

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