jeudi 12 décembre 2019

Anne Sylvestre 1973




De ma campagne balayée à l'agitation des rues asphaltées, pour aller ramasser le morlingue quotidien je chante sous le gris clair et le crachin froid des airs qui me plaisent. Rue "Froidevaux", de Montparnasse à mon boulot, des murs à pleurer.
Anne est grande.
Anne Sylvestre 1973 “Anne Sylvestre” label : A Sylvestre

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne pleure plus, paraît-il
En un vol, tout, c'est facile
On ne dit plus rien

Lorsqu'on vous crache dessus
On reste serein, la colère
C'est mal vu
On est poli, poli
On tend son cul, merci merci

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne s'aime plus, paraît-il
On dit que l'amour est fragile
On est très moderne
On laisse sa liberté
Mais on fait les poches
Aussitôt le dos tourné
On est copain, copain
On ne se raconte rien, plus rien

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On connaît tout par le journal
Mais les mots, ça ne fait pas mal
On est toujours plus ému
Par ce qui est loin
Mais on oublie la détresse
De son voisin
On est bistrot, bistrot
On ne se connaît pas trop, pas trop

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On mélange les accidents
Les princesses et leurs prétendants
On ne dit plus rien
Lorsque des enfants ont faim
Mais on ouvre sa bourse
Pour sauver des chiens
On est toutou, toutou
On a bon cœur, c'est tout, c'est tout

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne pleure plus, paraît-il
On rigole, c'est plus facile
On n'écoute plus
Les poètes, les errants
On leur dit "Taisez-vous
Vous n'êtes pas marrants"
On est télé, télé
On est si fatigué de penser

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On va à la messe, au caté
Ou bien on bouffe du curé
Mais on chante en chœur
Il est né le divin enfant
On va tous ensemble au muguet
Quand il est blanc
On est païen, païen
Dieu reconnaîtra les siens, c'est bien

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On est toujours comme on n'est pas
Un jour c'est triste, un jour ça va
On essaye bien
Mais on n'a jamais le temps
On croit tenir la fleur
Et on meurt mécontent
On est paumé, paumé
Et si on pouvait s'aimer, s'aimer
Etre ensemble pour pleurer ah ah !
Avoir le temps de pleurer ah ah !


Un hommage.


mardi 10 décembre 2019

Alasdair Roberts 2019



Le temps se laisse couler, mes vieilles idées en bois sur fond gris frôlent des récifs de carotène calciné. Je suis parti errer ma carcasse à travers les ruelles de Santeuil. On est pas emmerdé par le trafic dans ces contrées beauceronnes. Une envie de folk, de danser avec le vent froid qui balaye. Assis sur un banc en pierre à Saint-Léger-des-Aubées, j'ai laissé tanguer mon vague à l'âme en fixant au loin la petite flèche timide de Moinville-la-Jeulin. Entre les deux, Voise qui fait naître la douce rivière qui passe en bas de chez moi m’intimide, et je suis rentré en voguant sur ce ruisseau, avec dans la tète les airs classiques d'acoustique médiéval d'Alasdair Roberts.

Je erre par chez moi, j'encaisse, je hume et flaire. Je dévore des yeux, j'entends Gaston Couté chanter ma campagne ancestrale en écoutant précisément le Barde écossais racontant des histoires et des terres.

Alasdair Roberts 2019 « The Fiery Margin » label : drag city



jeudi 5 décembre 2019

Yves Simon 1974



L'automne étale ses fumigènes des sentes en colère….. allez pleure pas Manu, les arbres se dessinent à peine, à poil à travers la brume. Tilleuls argentés postillonnés, tortillards boursouflés en têtards à demi-trognés.
De nébuleuses confusions un peu partout.
Ramures squelettiques.
Des rameaux de charmes épousent les graviers qui volent. La butte des petits cailloux est à l'abri des émondes. Un petit verre "Aux Temps des Cerises". Par chez moi l'osier se dessine près de la mère aux cailles. Pas mal de troncs. Pas âmes qui vivent, et je sais en secret que le brouillard mouille les cils des Saules en larme.

Des rendez-vous partout à défaut d'épancher nos tristesses et de saigner nos maux, le calme humain à perte de vue. Des mots. Respirons, chantons.

« Savez-vous ce que c'est qu'une vie pour rien?
Une vie où tous les rendez-vous se sont cassés la gueule sur des quiproquos, des erreurs de standartistes, des faux horaires de trains...
Vies impasses,
Joyeux gogos du cul de sac avec flics casqués qui barrent l'unique issue, entrées d'immeubles bouclés et des bourgeois aux fenêtres qui bouffent des biscuits.
Vous gueulez tout au fond de vos têtes des appels de vie,
JE VEUX ETRE, regardez-moi
J'EXISTE

Mais vous ne savez rien de tout cela parce que sur vos agendas il y a des noms, des épancheuses de mélancolie, et vous ne saurez jamais l'angoisse d'être différent.

Fumez un cigare de Cuba et dites vous bien que nos vies sont des cartes postales sans plus, cinq mots, Tout Va Bien Baisers Salut.

Si un jour il n'y avait plus de mots construits, que toutes les langues d'hommes pourrissent au fond des bouches, derrière des baillons d'oppression, il faudrait bien réinventer des langages de peau et des messages codés du regard.

Les yeux ne sont pas faits pour recevoir des arcs-en-ciel et des bouts de pellicule en Eastman-Color, il faut dès à présent leur apprendre à émettre de longues lettres de bienvenue.
Respirer, Chanter
Respirer... Chanter »

Yves Simon 1974 « Respirer, Chanter » label : RCA

Saez 2016 /2019



Whouahh..le pieds, la trêve au trafic, calme partout, le brouillard glacial semble avoir eu raison des folies quotidiennes. Allez pleure pas Manu, même l'automne a sorti ses gras fumigènes.
Si on se posait bordel. Relâche, entracte, pause, temps suspendu, détendu du chibre..merci qui ??

Saez 2019 « Le Manifeste 2016 / 2019»

mardi 3 décembre 2019

Colplay / Cohen / Colorado



 


J'ai la gâchette facile. L'écoute bateau sur le seuil. Cherchez l'intrus ? y'en a pas, j'aime tout, enfin surtout Neil Young. Un peu de soleil est revenu .. pas à moi, le gris n'en a pas fini.


Neil Young & Crazy Horse 2019 "Colorado"
Leonard Cohen 2019 "Thanks for the Dance"
Coldplay 2019 "Everyday Life"

vendredi 29 novembre 2019

Pierre Lapointe 2019





Vous voyez bien le boomerang de la chose. J'ai beau tenter la diversion, essayer de me détacher de l'hexagone. En vain. Une grande manie à y revenir, peut-être pas l'envie de lâcher la chanson dans la langue que je comprends. Il faut qu'on me parle ces derniers temps. Cette saison avec les wagons glauques d'inhumains pâles m'injecte tellement de mots.
J'ai beau REMer, McCartner, Simon Joyner, Neil Younger, Nick Caver, Swanser...ça revient, malgré moi. Une envie obsessionnelle de comprendre ce que me disent les notes.

Les chansons de par chez nous sont la plus belle des maisons. Le passé de nos murs se referme inlassablement, la dérive des continents, le lent naufrage des vieilles croûtes. Un bail que là-bas j'adore cette autre dimension des chansons d'ici. Un peu plus d'espace et de liberté. L'Atlantique bombe le torse. Albin de la Simone comme un fil conducteur se fout de l'océan. Voilà le fil, la main tendue, le lien qui fait nos terres se coller d'harmonies et de douces manies.
Nous avons tous une armée désarmée dans nos cages thoraciques.

J'avais un peu perdu Lapointe depuis « Tu es à moi » (c'est comment possible une telle chanson !!) ou « Je reviendrai »..puis « Paris Tristesse ».
Il revient comme un boomerang francophone qui ne me lâche plus. J'ai beau anglophoner, portugaiser, italienner .. les mots mélodieux me reviennent comme une alerte rouge de submersion des côtes atlantiques...

Ici pour déjouer l'ennui de nos comportements, les écritures délicates à l'état pur viennent épouser une interprétation sincère et limpide. C'est un grand album de chansons de par ici et d'ailleurs.
Juste pour vous dire d'aller jusqu'au bout de cet album.. il a quand même été question de placer "Vendredi 13", ce sommet chanté, à la fin du disque.. c'est en boucle et c'est magnifique.


Pierre Lapointe 2019 « Pour déjouer l'ennui » label : audiogram


mardi 26 novembre 2019

Souchon 2019



On se demande bien ce qu'on devient. Qu'est ce qu'on va bien faire avec le jour qui vient. Le suivant.
J'en sais foutre rien, en attendant des décennies d'âmes défilent dans les mêmes états, une armée de salopards et quelques adorables, de vieilles connaissances qui disent sans cesse de belles choses posées sur de jolies mélodies.
Elle vaut quoi la vie ??

Alain Souchon 2019 « Âme Fifties »

Shearwater 2026

  C'est une constante chez Shearwater, le grandiose. Des gros coéficients injectent dans sa pop moderne une envergure travaillée à gran...