mardi 15 septembre 2026

Jon Mayall 1979

 


Tringlot depuis quelques décennies, j'ai usé ce laps de trajet à bouffer du son plus que n'importe quel canasson. Des quantités d'albums, jamais le même, isolé sous le casque, devant un paysage défilant, toujours le même. Le cours ordinaire des choses avec le gouffre de l'histoire de la musique disponible au creux du clic.

Je dis clic, car il n'y a pas si longtemps que ça, j'y allé avec ma pochette de CD dans le train qui faisait de moi tout sauf un déserteur. J'y allais bon train bonne oreille, affamé. Comment à l'époque tomber sur un tel opus. Il n'est d'ailleurs pas disponible sur ma plateforme. Je tente Utub et je commande derechef le vinyle chez mon nouveau disquaire Vinted. Mayall n'est plus, à quoi bon lui verser du morlingue.

Je suis raide dingue de "Moving" 1972 avec les cuivres et cette scène incandescente. Et j'aurais pu vous causer du double monstrueux "Ten Years are Gone" 1973, voire du "New Year, New Band, New Company" 1975 (je me les suis procuré aussi). Mais voilà, "Bottom Live" se fait rare et je remercie le p'tit gars qui me l'a laissé pour 7 bal sans aucun crépitement de sillon. La pochette et sa tronche imberbe, la fatale derrière, l'époque, 1979. Il fait sont Stevie Wonder le John ou c'est mes yeux ? ("Bottom line"). Il est suave, doux, moelleux, improbable. La guitare discrète, l'harmonica encore un peu là, et je pense pareil à la discographie de Clapton, quand il s'est vautré dans le JJ Cale et le "No Reason to Cry"- "Another Ticket" que j'adore. Le Crossroad pur et dur est très très loin, mais on s'en fout, ils ont fait le job et on se prends la fin des 70,s en pleine poire, détendu du manche à gratte. ("Cocaïne", "Sensitive kind".. énorme impact JJ Cale sur les deux héros quand même... je dis ça..).

Je découvre le post yarbirds, "Moving" est une transition, moins blues, plus soul, cuivres et chœurs. "Keep your country green" délicieux. J'ai tout écouté mes lacunes de Mayall ( post 73). Va t'en guerre que je suis depuis des décennies, j'écoute quelques uns de ceux-là dans le wagon. Pour l'attachant et décalé "Bottom Line", c'est sous le saphir, une fois rentré et toutes mes défroques de tringlot déposées au seuil de mon antre. "The game of love".. gros slow d'une autre époque, "Come with me" presque du disco. Faudrait pas non plus conseiller cet album à un bleu que le blues British intrigue. Quelle vie a eu ce disque à sa sortie, les retours, l'avis des puristes ? Vu l'opinion fantôme dithyrambique, j'imagine, et m'en fait un disque précieux.. "I'm gonna do it" et puis c'est tout.



John Mayall 1979 "Bottom Line" 


 

 

10 commentaires:

DevantF a dit…

…Avec cette tête à la Yves Duteil, avant de connaitre, je ne comprenais pas l’allusion à Stevie Wonder. Bon, Il y aura peut-être des esprits ouverts qui accepterons ce virage. Perso ne connaissant pas bine le bonhomme, imaginant – à tort – un blues un peu ennuyeux – prêt à changer d’avis puisque peu documenté - , je ne critiquerai pas le virage, le grand manque pour mériter « Blue-Eyed Soul » c’est la voix peu chaleureuse. Pauvre Mayall, je me demande si ses titres ne méritent pas des reprises si ce sont ses compositions ? En 79 tu as Doobie, Robert Palmer, Boz Scaggs etc… c’est rude, et je suis bien curieux de connaitre l’histoire de ce virage ? Mais les chansons valent le coup.

Charlu a dit…

:)))) Le Duteil, je l'avais pas..t'es chiant maintenant je ne vais voir que ça. Et oui, lâcher ce blues un peu ... la souche Yardbirds.. j'adore ces virages cool, décontracté du gant. Et je prends en accord toutes tes références.. Doobie.. Scaggs que je kiffe et Palmer que j'ai écouté (tout) y'a qq semaines

TonTonMusik a dit…

Le grand John complétement oublié, sympa de remettre cet album en avant, mais ma préférence va toujours à sa période "whichtdoctor" et suivant.

Charlu a dit…

Oui, à la source. D'ailleurs je ne connaissais que ça y'a peu. J'aime bien cette période centrale pop.

RanxZeVox a dit…

Perso, j’aurais inversé la pochette, Duteuil flou tout au fond dans le coin et la dame plein cadre à l’avant. Aucune éducation ces anglais ))

Charlu a dit…

Duteil flou, c'est mort, je cache la pochette à chaque écoute. Alors, au cul de la pochette (verso, même si je préfère recto).. la dame elle colle le monsieur qui a l'air de s'en foutre royalement.. les prémices d'un sextape bestial. Pépère chemise ouverte et bide poilu aux aguets. Il faudrait avoir l'intégralité des clichés. Raccord avec la zic ?? exak

Sorgual a dit…

Y a pas de Mayall a se faire du bien !

Pascal GEORGES a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pascal GEORGES a dit…

Super album, casting de malades, jamais édité en CD dit-on, donc t'as une pépite ...
Un régal ! merci

Charlu a dit…

ah, j'ai pas regardé les dispo CD.. les algorithmes sont là, Vinted me propose que du vinyle à chaque recherche. oui, cet album est vraiment une belle surprise, très plaisant en plus d'envoyer comme il faut.

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