dimanche 25 septembre 2016

L . A Salami



Je me souviens très bien de Benjamin Clémentine déboulant de Londres avec son génie musical et quelques Ep dans la sacoche, ses chansons parfaites, son premier disque fulgurant.
Tel Clémentine, Salami débarque avec un album exquis son premier aussi, du folk pop bourré de plein de belles choses, une folie pure hyper contrôlée, un étourdissant manège boisé comme les débuts de Devendra Banhart, comme un songwriter touché par la grâce.
 

Pas interdit que cet objet musical d'une rare intelligence viennent bousculer au plus près des pôles positions tous les meilleurs albums de cette année qui part vers sa lumière la plus mélancolique.


L . A Salami 2016 « Dancing with bad grammar » label : sunday best / camouflage

jeudi 22 septembre 2016

Thee Oh Sees




Y'a rien à faire, le psyché me sied à ravir et me scie à volonté, rien n'y fait.
La surface de l'eau, là tout en haut, est devenue incandescente, rouge à souhait avec le vacillement de flammes entêtantes. J'ai dû remonté à la surface pour entendre, j'étais pourtant bien à dériver avec les remouds néo-classiques.
J'ai sorti la tète de l'eau et j'ai vu la brûlure intemporelle, des rails en surfusion comme des glaives à transpercer la campagne grillée. J'ai vu l'horizon onduler et les fossés la gueule grande ouverte à réclamer la tétée. Des étendues brulantes comme du béton caniculaire recrachant l'albédo.
 

L'air est suffoquant, une abeille me saoule l'occiput, jamais je n'aurais dû me vautrer au beau milieu de cette prairie mauve. À peine sorti des eaux, un bouton d'or m'a ravagé la glotte avec comme effet secondaire le son cautérisant mes alvéoles pulmonaires. Je crois que je vais garder le dard planté sous mon oreille, et continuer à faire de la corde à sauter avec mon lobe dilaté. Jam au grand jarret fluo je pédale, saloperie de psyché, on m'avait pourtant déconseillé de bouffer cette « Gelatinous Cube ».
 
 
Obligé de remonter à la surface, dehors Thee Oh Sees ravage nos contrées.

Thee Oh Sees 2016 « A Weird Exit » label : castle face records

mardi 20 septembre 2016

Johann Johannsson 2016




Après Max Richter, c'est au tour de Johann Johannsson d’apparaître sous l'étiquette jaune ancestrale Deutsche Grammophon. Le néo-classique rejoins comme les plaques tectoniques le classique.


Les albums en temps que tels deviennent assez rares pour ce multi-instrumentiste compositeur producteur islandais, 6 ans avec le précédent, et une demi-douzaine de BO entre les deux. Peut être cela revient au même, mais j'aime à imaginer qu'un album puisse être composé pour un film irréel, sans image, juste celles que les notes nous proposent, la pellicule qu'on se fabrique nous à l'écoute d'un disque sublime et cinématographique comme « Orphée ».

Ce n'est pas une musique de film certes, mais composée avec l'idée d'un cinéma, un hommage, une proposition, des ondes de changement, d'Ovide, d'Orphée, Jean Cocteau qui incarne et renvoie. Johann Johannsson a commencé avec une formation classique, puis s'est brutalement retiré du jeu en dessinant des visions sonores à l'aide d'une guitare, des paysages et des atmosphères. Touch, Milles Plateaux, Mego... Deutsche Grammophon.



Le classique ambiant me happe depuis que l'automne annonce la couleur, on est toujours dans l'abyssal ou le stratosphérique. C'est une méditation, une contemplation, c'est à la fois acoustique, eletro et symphonique. Un quatuor à cordes, un violoncelle solo, une voix a cappella, un orchestre et une vague idée de quelques drone léger pour effleurer du doigt l’hypnotique.
Johann Johannsson est un poète musicien, comme Orphée, un héro de la musique néo-classique.


Johann Johannsson 2016 « Orphée » label : Deutsche Grammophon

samedi 17 septembre 2016

Rachel's 2002



Il suffit d'évoquer le nom et voilà, le grand retour de Rachel's, ou plutôt un objet caché datant de 2002, sous l'étiquette Ep atteignant quand même les 36 minutes.

Les yeux de Claire et la plongée de Jherek m'auront conduit vers cette musique à soulager nos bandes-son quotidiennes. Depuis la disparition du groupe, je suis toujours resté fidèle aux contes musicaux de Rachel Grime. Sa vision du silence, de l'espace, des instantanées mélodiques.
Les Rachel's pour moi, c'est une longue histoire, Quatersticks records... « The Sea and the Bells » trouvé par hasard en bibliothèque, le magnifique dernier en date « Systems/Layer » 2003.. la collaboration avec Matmos, les notes sur Egon Schiele, « Handwriting », le premier Lp en 1995.. et voilà qu'une pièce autoproduite et enfouie dans l'oubli ressurgit..



Rachel's c'est ma ligne horizontale, quelle soit posée sur de l'eau, de la terre, ou de l'huile, cette mer grasse à refléter la fournaise de nos alentours, un peu comme les Clogs, Astrïd et tant d'autres.

Rachel's 2002 « Significant others » label : selfproducted

jeudi 15 septembre 2016

Jherek Bischoff



Tout d'abord c'est Leaf records, une retrouvaille pour moi, ou plutôt une négligence de plus, ne pas avoir suivi le navire depuis quelques années.
Puis c'est une liste, une longue énumération des artistes avec qui Jherek Bischoff a travaillé ; Mirah, Xiu Xiu, Caetano Veloso, Deerhoof, Faun Fable, Wilco, Carla Bozulich, Soko, Yellow Swans, Casiotone for the Painfully Alone...


Nous sommes toujours dans le néo-classique, et « Closer to closure » m'obnubile, m'envoie valser dans un tourbillon de plénitude et d'émotion, l'album est aussi beau qu'un Rachel's. Ce musicien auteur-compositeur, arrangeur et producteur de Sacramento a tout pris des collaborations. Ses travaux soli sont des paysages cinématographiques surdimensionnés. La pochette magnifique pourrait suffire à présenter la musique symphonique et ambiante.

Avec un peu plus d'attention, j'aurai pu voir son nom dans les crédits des groupes et artistes énumérés plus haut. Il aura fallu « Cistern » pour que tout apparaisse, comme on voit tout danser majestueusement une fois passé sous le niveau zéro.

Jherek Bischoff 2016 « Cistern » label : leaf

samedi 10 septembre 2016

Peter Broderick 2016



Deux textes, John Cage, son inspiration ici pour commencer l'album, puis celui de Brigid Mae Powers, la compagne de Peter Broderick pour le clore, deux textes récités comme des serre-livres calant un monde sans fin où les notes de piano résonnent au hasard des espaces. 


Il faut avoir une grande maîtrise des règles musicales pour ainsi se permettre de jeter les dès sur l'ordre des notes et des accords à suivre. Se laisser guider avec comme recul la connaissance. La musique plane comme des endroits inconnus sur lesquels précisément une feuille détachée va tomber, ou des larmes de verre d'un chagrin biologique qui, en tombant « font une musique angélique et fantomatique ». Toutes les créations de Peter Broderick m'enchantent. 


C'est son retour chez Erased Tapes, c'est un album magnifique, avec une pochette sublime, un concept hasardeux et le hasard fait bien les choses, c'est à s'en convaincre. A moins qu'il ne soit conduit par le magnétisme d'un génie musical et sonore celui du multi-instrumentisme de l'Oregon par exemple. Des choses irrationnelles ou pas se produisent, comme une pluie fine d'accidents créateurs … une musique angélique et fantomatique.
Ce concept là est tel, que Peter a décidé de ne pas écouter le travail final avant la mise en boite de ces paysages musicaux. Peut être découvrons nous cette ode crépusculaire en même temps que lui.
Vangelis et Keith Jarrett peut être, une verticalité pour une musique de chambre sans sol ni plafond.


Peter Broderick 2016 « Partners » label : erased tapes


mardi 6 septembre 2016

Claire M Singer



Je l'ai croisé au cœur de l'Aveyron, ses yeux clairs avaient chacun une teinte, purs et planants. D'un côté la chaume grillée de l'autre le flan tombant sur un lac émeraude.
Elle joue du violoncelle et aussi du clavier. Ces yeux troublants dans mes oreilles, je l'ai bu comme on chante une vie.
Son front posé sur des arcades sans religion semblait épouser la liberté des méandres et le temps glissait sur ses drones lustraux, ces doux déluges en palissades ancestrales.. une âme susurrait en moi. Et ses yeux d'Aveyron pénétraient la mienne, d'âme abîmée.


Claire M.Singer est un trouble engourdissant, une morsure épidermique.
« Solas » passe en moi comme une messe athée, le chant d'une terre de bruyère avachie sous les plus grands conifères.

Solas, ça veut dire lumière en gaélique, Claire M Singer est directrice musicale de l'Union Chapel de Londres. Touch et des artistes gravitent autour d'elle comme Fennesz, Watson, Gudnadottir, Ambarchi.... et Claire, avec son violoncelle et son orgue propose sur ce label merveilleux, son premier album.
Littoral, altitude, longitude, plénitude.

Claire M Singer 2016 « Solas » label : touch

 

samedi 3 septembre 2016

Robert Wyatt 1991



Deux bosses terreuses ont surgit du lopin, une idée, comme un signe, les petites taupes tapent du naseau alors que vautré entre ces deux seins de limon, je dévore à travers mes lunettes la biographie du « Lamantin » céleste ; « Different Every Time ».

Angleterre, batteur, trompette, vaisseaux spatial, dessins, complaintes vocales.. « Un crooner dompteur de nuit ».
Thomas Vinau à nouveau, mais pas que.
« L'école de Canterbury » d'Aymeric Leroy est là aussi pour me céder un prétexte idéal, celui d'écouter pour la énième fois un disque de Robert Wyatt.. ce virtuose du chant sans parole par de troublant soli vocaux, ce grandiloquent poète naît au chœur des Wilde Flowers, auprès de Kevin Ayers, et des autres Caravan.

Presque inconsciemment, pour mettre en musique mes lectures, je suis allé prendre « Dondestan », comme une envie de jazz naïf et de fauves nébuleuses, des claviers sans guitare aucune, comme à la grande époque du Soft Machine. Et j'ai creusé à travers les galeries regorgeant du jus blanc des racines d'une douce machine psychédélique. J'ai fait le plein, me suis grassement ressourcé coincé entre mes deux bosses myopes. J'ai tangué sous l'essentiel, le séminal et troublant paraplégique Robert Wyatt, ce « rocher qui pleure » sans cesse battu pas l'architecture du ressac lumineux. La transition idéale au "Rejeted Unknown".

Robert Wyatt 1991 « Dondestan » label : Rough Trade

Marcus O'Dair « Different every time » editions : castor astral
Aymeric Leroy « L'école de Canterbury » éditions : le mot et le reste



mercredi 31 août 2016

Daniel Johnston 99



Sparklehorse, Curt Cobain, Tom Waits, tous sont d'accords, Daniel Johnston est le plus grand songwriter.
Thomas Vinau entend de lui une « voix douce d'un lapin dont on a enlevé la peau », comme « des ballades qu'un Beatles chanterait s'il se retrouverait coincé au fond d'une crevasse glacée ».


Daniel dessine ses pochettes lui même, il chante comme on siffle à travers un ventilo, comme un sansonnet blessé et ses chansons sont très loin d'être d'en être la roupie, de la couille de mite. « Cathy Cline » m'a toujours renversée, des larmes au bord du rire, ou peut être c'est mon sourire qui sanglote, elle resplendit dans les chagrins. Une myriade d'albums jusqu'à celui-ci, puis beaucoup moins après.. qu'est devenu Daniel Dale Johnston ?


C'est un clochard céleste, parmi les 76 dessinés par Thomas Vinau. Son livre est un gouffre de poésie, de la prose sur quelques poètes et artistes vagabonds, la beauté des gens qui sont devenus des étoiles, ceux qui se sont consumés.
« L'homme de terre est une vieille patate qui n'en finit pas de germer ».
Il y a dans ce recueil de portraits les esprits écorchés de Mark Linkous, Robert Wyatt, Gil Scott Heron, Syd Barrett, Billie Holiday, Chet Baker..... et Daniel Johnston. Ce livre est beau, ces clochards bouleversants, tous me tombent dessus à l'heure où l'ignominie est de retour, ou des visages d'enflures nauséabondes dégoulinent sur les médias, les burnes à urnes à des années lumières des poètes abîmés par la grâce, réapparaissent avec les cartables. Il va falloir se déconnecter absolument pour ne pas sombrer, je coupe, je m'en vais causer avec le fou du village, celui qui devrait siéger à la mairie, et je dévore ces trognes burinées, ce livre de Thomas Vinau qui fait ressortir quelques pépites discographiques. Un livre, des esprits célestes, un disque.


Daniel Johnston 1999 « Rejected Unknow » label : new improved music










Thomas Vinau 2016 "76 Clochards Célestes ou presque" éditions vents contraires
http://etc-iste.blogspot.fr/
http://www.ventscontraires.net/recherche.cfm/tags/17070/clochards_celestes.html



jeudi 25 août 2016

Max Jury



Un bail que je cherchais une raison au silence de Badly Drawn Boy. C'est en découvrant Max Jury de l'Iowa que la question est revenu.
Un petit blanc bec tout pertinent et tout fleurissant qui sur le chemin quotidien peut aspirer avec juste une mélodie, le jus noir humain que nos congénères invisibles laissent baver sur le bitume. 


Il n'est pas interdit de se décorer d'un sourire sur « Beg & craw » en regardant cette fille à bicyclette qui passe comme si de rien n'était, ou ne fut, alors que dans ses sillons fleurissent des phrases muettes avec des envies de bouches. Un air et hop, le retour à l'adolescence, celui qui colle à la peau du cou de teenager qui sommeille.
Je m’arrête dans l'ombre épaisse d'un marronnier impatient de lâcher ses bogues et repasse en boucle cette ode à la légèreté estivale, finalement pas aussi gaie que le mercure qui s'affole. 


J'ai retrouvé Badly Drawn Boy sans bonnet, en plus jeune en fringues amerloques gospels("Princess"), avec les mêmes idées de pop tueuse et sincère. Même sont petit côté Robbie Williams que je vois plus comme un Elton jeune, ne me dérange pas plus que ça .


Max Jury 2016 « Max Jury » label : marathon artists

lundi 22 août 2016

Chris Robinson Brotherhood 2016




Des cendres du Black Crowes ont jailli des pépites seventies, je gratte, fouine et suis la poussière. Dans la famille Robinson, je demande le frère, Chris.

Son autre groupe CRB avec quelques nouveaux membres vient de sortir un album aux remugles CSN et ceux d'une autre fratrie, celle des Doobie. Le son southern prend des allures de funky boogie, ça groove et ça sent la côte Ouest.. « Narcissus soaking wet » introduit « Anyway you love, We know how you feet » et ouvre les pistes infinies sur un hymne routard heureux à danser sans cesse vers le soleil couchant.

 
L'arborescence éclatée d'un groupe formé il y a 25 ans n'en finit pas de fleurir... brother.


Chris Robinson Brotherhood 2016 « Any you love, we know how you feel »
label : silver arrow

vendredi 19 août 2016

Rich Robinson 2016




Je me suis huilé dans l'ombre, histoire de me rafraîchir les fringues. J'ai l'air d'un chacal que la pomme effraye, la douche attendra. Pourtant c'est pas les degrés qui devraient faire fuir le jet. De toute façon le jour se lève et une combinaison de guitare basse dégueulasses me souffle à l'oreille des idées de flemmarde crépusculaire. Ce soleil là n'a aucune réponse, à force de me vautrer sous ses persiennes, j'ai fini par me le mettre en mode poussière répétitive, comme ces grains de conifères que j'aspire à grand poumon. Au Cedrus du grand cèdre remarquable, j'ai toujours cédé.

« Wich way your wind blow » dans le fagot, juste histoire de prévoir quelques branches sèches pour chauffer l'hiver à deux pas d'ici.
En attendant, je bous sous ce plomb humide tiédeux, impossible de me rafraîchir. Mon collier de poils me démange, ma chemise neuve jamais lavée schlingue à des lopins d'ici comme ma vieille pelure imprégnée d'adoucissant qui ne tient pas ses promesses.
Dans mes oreilles résonne un Robinson riche des 70's comme j'aime, et je somnole, j'hibernatusse mon écoute dans le flou le plus total. Mais y'a quand même une vieille odeur qui persiste .. là, derrière le sapin. 

Je flotte, je tangue, la poussière jaune de conifère sur les sinus. Le chèvrefeuille étrangle mon lilas, manquerait plus que le houblon remplace mes burlats.


Rich Robinson 2016 « Flux » label : circal sound records/ Eagle records

samedi 13 août 2016

Anders Osborne 2016



Un disque avec un corps de rêve, des pecs de cinglé enveloppés par une peau satinée, du mollet, des hanches, du poil et un appentis pour rouler des épaules le galbe ravageur.

Jam, Riff, reins protéinés, de la sueur des chevaux fous, l'échine trempé, les cervicales bétonnées, l'américana du suédois défonce outrageusement. La gorge est puissante, la chaleur comme un Xavier Rudd, la rotule langoureuse et le fessier en acier à la Black Keys. Anders Osborne, c'est la rudesse de la colonne et le moelleux du galbe, mouillé, enfumé, blanc comme un cul bronzé, romantique et bandant..ne vous fiez pas à la pochette, ce disque est une vraie salouppe.

« Old Counry »..en boucle, volume au maximum, comme une obsession salope.

Anders Osborne 2016 « Flower Box » label : back on Dumaine records


dimanche 7 août 2016

The Doors 68




Les USA tenaient enfin LEUR groupe, 1968 et l'Angleterre de l'autre côté explosait son répertoire. Un troisième disque pour les Doors, la confirmation fait son chemin.
Paul Ferrara s'est accroupi sur le toit de sa voiture pour le cliché gardé en cover de « Waiting for the sun ». On pourrait croire à une quelconque bordure d'une route, un talus anodin, une halte à la va-vite histoire de boucler une séance photo pour un album qui ne sera pas celui qu'on montrera en premier dans la discographie des Doors. Pourtant que « Love Street » est belle. 


Il suffira que le photographe se lève pour découvrir en arrière plan, toute la profondeur des environs du Laurel Canyon. Les USA tenait là aussi un de leur endroit mythique culturel et musical. La liste des artistes qui ont fait l’histoire de la musique outre-atlantique dans ce creux aride est illimitée, de Neil Young à Zappa, de Jonathan Wilson au Red Hot, de Joni Mitchell à Dusty Sprinfield......John Mayall.

Enfouie derrière les quatre membres qui écrivent leur mythe à grande vitesse, toute une vallée se dévoile, la zone urbaine de Los Angeles et San Fernando Vallez. John Desmore habite dans un garage sur Utica Drive et Paul Rothchild le boss d'Elektra et le producteur des 5 premiers albums des Doors crèche un peu plus bas, sur Ridpath Drive. Le soleil est trouvé, il est là, au creux de cette sécheresse encastrée, sur la cime d'un endroit du monde fécond, Morrison dévoile un visage livide, habité, c'est leur séjour dans la côté Ouest des USA. Music made in L.A.

Les endroits, les contextes, Liverpool, Detroit, le château d'Hérouville, Laurel Canyon... des épicentres d'où jaillissent la musique et l'histoire des disques.



The Doors 1968 « Waiting for the Sun » label : elektra





mercredi 6 juillet 2016

Paul McCartney 2016










Le rendez-vous était pris, le 10 juin, coup d'envoi, le sifflet au taquet dans un stade bondé. L'arène des gazons ras, un terrain facile pour lui. Il en a connu des stades depuis le fameux Shea Stadium.

 
Le 10 juin j'étais là pour la sortie de « Pure », comme un gamin, être le premier pour chiper l'objet, pil poil à l'ouverture de Darty & Co.
Fier comme un poux, je suis allé zigzaguer parmi le rayonnage terne de ma grande surface culturelle, le jour même de la livraison du coffret.
Facile à trouver, facile aussi de errer dans ces rayons dévidés, seulement après, il fallait ressortir du gourbis, et là, c'est pas la même salade. Comment s'extraire de ce merdier fnaqueux !!! j'vais quand même pas appeler mes parents ..le p'tit charlu est attendu à la caisse numéro 4..dépéchez-vous..l'a pas l'air bien.


 
J'ai donc suivi les issues, j'ai regardé la foule à la recherche du dernier Mika puis j'ai trouvé les bandes bleues qui guident en trois zigzags désorientés vers les caisses, l'issue fatale. Pupitre 4 je me suis arrimé sans sac, sans carte de fidélité, sans envie aucune sauf celle de garder mon objet à moi que si on me le pique j'envoie les bourre-pifs. Qu'est ce que je fout dans ce mouroir. Ah ouaih, c'est pour Paulo.
Mon code postale ?? mais nan je veux pas un sac Lapin Crétin... ma carte ?? j'en ai pas... laissez moi sortir.... j'ai pas pris la bonne caisse ?? pourtant la voix off m'a guidée, c'était la 7 ??.. je sais que la 1 faut la carte « one ».. nan j'ai déjà un sac.....je la veux pas la carte, suis là juste pour une seule fois.. 10 euros pour 3 ans ?? 3 ans !!?? 3 ans à revenir ici de son plein gré???!!
j'ai suivi les bandes bleues comme on m'a dit, j'en ai même le tourni, j'ai tout vu, des piles, des Musso, des Levy, des « Mon voisin est un connard », ou « Ma belle mère une truie violette »... des portes clés en forme de surf avec les initiales BB dessus, des jeux carambar pour l'apéro, un crayon « les mignons », une triple compile Sinatra que c'est même pas Noël, le dernier Pagny, Pancol, Pignol, y'a aussi un bouquin pour élever ton gosse, "L'informatique pour les nuls"et des recharges cafetières sans nanoparticule dedans, deux volumes sur « comment gérer ton ado » juste à côté des DVD "Termnator"... et ça c'est après deux virages seulement le long des promontoir-pailles.. le dernier, il faut juste attendre qu'on t'appelle, juste le temps de regarder ce qu'ils ont dans les mains, les caprinés d'avant et ceux d'après qui passent au pupitre numéroté. Zigzag dans cette prairie d'acariens de moquette acariâtre. La prochaine fois je viens avec un GPS...ah merde ils en vendent aussi.


 

Rien à battre, dans les paluches, j'ai le dernier Paulo... une compile certes, mais le dernier Paulo. Jamais une pochette comme celle-ci. Bubar Paul en clair-obscur qui observe, la période la plus existante de l’histoire... celle que tout le monde décortique comme une finale de coupe du monde perdue, the compile 4 CD sans inédit aucun, mais peu importe, j'ai ramé, j'ai fait le parcours et suivi les bandes bleues tendues en zigzaguant pour arriver devant le guichet sans sac, sans carte, sans code postal, ni la taille de mon slip, juste j'ai franchi le chemin des agneaux avec ses 5 virages de vide grenier culturel, épié par cette chenille derrière moi qui matent le truc que j'ai dans les mains eux aussi.
Y'a des gens cheloux qui me suivent, ils achètent ce que personne ne veut, oups, ce que tout le monde achète, mon tricot de laine me rassure, y'a même pas un bouquin sur le tajine tellement ils sont mijotés ces visiteurs fidélisés.



J'ai payé, j'ai l'objet, je me faufile, j'ai presque pas dit non à toutes les questions de la caissière hyper gentille aux yeux vitreux... elle n'a même pas eu un rictus labiale quand j'ai posé cette objet sur son tapis démagnétiseur !! cette pochette magnifique.
Je suis sorti de cette grande surface fouillé pour la 3ème fois, sans qu'on me dise... « eh man... moi aussi j'adore Paulo Guy... » Yo... rien à battre, j'ai mon parcours combattu, j'ai lâché de la caillasse à la fnac juste parce que dans mes paluches sans sac j'ai la quadruple compile de Paul McCartney 2016 et que lâcher de la fraîche là, c'est un combat, une faiblesse, une douleur. Et là, tout craneux, comme un gamin, j'ai même pas mal.


67 morceaux, rien de neufs, juste le fait que des morceaux de « Wild Life », « Press to Play » ou « London Town » sont enfin dans une compilation, 4 CD mérités, un superbe objet à faire stopper un blog, un bouclage. Il fallait bien un tour à la fnac pour rentrer vidé en guerrier, se poser pour déguster le son de « Pure ».


Paul McCartney 2016 « Pure » label : mpl


jeudi 30 juin 2016

Barbara Keith / Rita Coolidge / Nicolette Larson






Retour au triptyque histoire d'oublier ce flot de nouveautés du premier semestre. Une envie d'être chouchouté, dorloté, amadoué, une envie de sépia et de son ancien, dès la première note chantée je fond.
Des disques du cru, des rééditions voir des éditions pour des albums rares jamais numérisés auparavant (?). Je m'installe dans l'histoire enfouie, la précieuse musique made in USA d'époque, une envie de me balader dans le temps avec à mes bras Nicolette, Rita et Barbara.
 

Barbara Keith, 1973, la folkeuse avec une énième reprise de « All Along the Watchtower » gravite au Greenwich Village et passe direct chez Warner pour une carrière très éphémère...

Rita Coolidge, rockeuse de Nashville compositrice, chanteuse, Kristofferson et la major A&M....

Nicolette Larson du Montana gravite autour de Neil Young avec sa reprise « Lotta Love ».. Warner aussi..
 

Je suis comme un âne en pâte , une trilogie délicieuse pour une après midi de soleil mouillé d'un mois de juin à l'agonie, avec des vieux disques couleur chair.

Barbara Keith 1973 « All Along the Watchtower » label : warner
Rita Coolidge 1972 « The Lady's not for Sale » label : A&M
Nicolette Larson 1979 « In the Nick of Time » label : Warner

mardi 28 juin 2016

Robin Trower 2016





Whouuuaaaahhhhlala la la... bim dans les doigts.. Je vous ai déjà parlé du meilleur album blues rock de l'année ?? pas eu le temps pour Tony Joe White, complètement oublié Jeff Healey et pourtant, Bonamassa c'est fait, Anders Rosell ah ouaih pourquoi pas, The Temperance Movement..énorme.. peut être le deuxième, Dylan Wickens ah celui là aussi... plus tard...

 
Le vieux briscard de Trotro est de retour une nouvelle fois avec un son et des morceaux impeccablement imparables. Je suis toujours épaté de découvrir après des décennies séculaires, ou des siècles intemporels, qu'il est encore possible de sortir des gros disques de blues qui interpellent la couenne et ravage le saloon... jusqu'à la dernière note.. « Delusion sweet delusion »... TROWERPOWER ….

Je vous ai déjà parlé du meilleur album blues rock 2016 ??


Robin Trower 2016 « Where you are going to » label : V-12


lundi 27 juin 2016

The Kills 2016



 
 
Le meilleurs albums rock 2016


The Kills 2016 « Ash & Ice » label : domino