samedi 30 mai 2015

Ultra Orange & Emmanuelle


 
Chez Jimmy, le Rock d'ici est à la fête depuis quelques mois. Un jeu avec des frontières.. hexagonales. Quel pied de se vautrer sous des tonnes de disques, ratisser, trier, s'en mettre plein la tète et jouer le jury de ses étagères, tout en reluquant celles des copains.
Croulant sous un roc de par ici, comme un menhir qui roule, j'ai ramasser pas mal de morceaux, et un seul album dans son entier est venu à moi comme une évidence, à tel point qu'il en a défini la teinte et l'époque de ma sélection chez Jimmy. 2007, « Ultra Orange & Emmanuelle » sort et sonne comme un Velvet & Nico..version ici.
 

Patrick Eudeline a dit d'eux : « L'album a beau être en anglais, seuls les français pouvaient faire ça. Parce que c'est un disque de fantasmes. Une bande-son imaginaire. Et que la France n'a jamais pu vivre le rock au premier degré. .. Et peut-être que cela est bien mieux ainsi. »
 

Ultra Orange, c'est Gil Lesage et Pierre Emery. Ultra Orange & Emmanuelle, c'est une actrice en guest, un disque unique qui ne se dupliquera jamais, comme Velvet & Nico.
Pierre Emery, au physique Iggy Popnareff, c'est le chanteur 80's des Cherokees. Gil Lesage est styliste et bosse pour le cinéma et la pub. Et c'est ici, dans le style que Gil rencontre Emmanuelle. Tout se croise, Pierre arrive, tout démarre pour une seule séance, un disque rock. Et puis le rock d'ici, c'est souvent des actrices qui offrent magnifiquement leurs voix pour des grands albums. Et la Manu elle chante fichtrement bien. Et puis comme dans tout bon disque rock, il y a une ou deux ballades à tomber ("One Day", "Simple words").
 

Le mec au mastering, c'est celui des Strokes et des Ramones, l'entourage, c'est des connaissances cinématographiques qui connaissent des mixeurs qui ont connu Costello, Zorn, Reed... c'est aussi ça le rock, un brassage de connaissances et beaucoup de rencontres, surement inutile, juste une idée, un feeling.. car de toute façon, c'est un ultra grand disque de rock Lo-Fi velvétien.
C'est brut, sans fioriture, c'est rock. Et puis il faut bien que j'avoue ici, Emmanuelle Seigner, depuis « Lune de fiel », me donne des palpitations.

 
Pas beaucoup de disques pour ce groupe depuis 1996, quatre en tout, et celui-là est le dernier, et il aurait dû tout défoncer, mais on est ici et on ne peut vivre le rock comme ailleurs.
Par contre Emmanuelle après ce coup de maître en a sorti deux en solo, que j'aime beaucoup, surtout « Dingue ». Plus de nouvelle des Ultra, alors depuis, j'écoute très régulièrement cet opus 2007, un grand disque de rock glamour d'ici, un de mes préférés, du début à la fin.
« Sing Sing ».. une chanson qui aura dû tsunamier nos ondes d'ici, avec un clip top..
« Rosemary's Lullaby » des larmes de cuir qui dansent...
« Simple words »..comme un triste « Sunday morning ».... oh bordel.. « Touch my shadow »...
Et puis quelle pochette....

Ultra Orange & Emmanuelle 2007 « Ultra Orange & Emmanuelle » label : RCA




mercredi 27 mai 2015

Death Cab For Cutie 2015




On délaisse un poil le saturé, on baisse le volume pour un autre rock de l'autre continent, celui lumineux et électro-pop de Death Cab for Cutie. Les guitares sont claires et les mélodies charmeuses.
Je n'ai pas entendu parlé d'eux depuis le sublime « Transatlanticism » en 2003, ils étaient alors chez Barsuk. « Kintsugi » sort cette année chez Atlantic.
« You've haunted me all my life » et « Hold no guns » sont deux pépites de pause lustrale au beau milieu de cet opus rock magique et très bien bâti.

Il y a quelques disques et groupes comme celui-là qu'il est bon de garder ainsi sous la ramée quand il nous vient l'envie de bichonner nos enceintes et nos humeurs. « Good help » monte le tout au pinacle. J'm'en ferais bien un gimick hit estivale. Un tube.


Death Cab For Cutie 2015 « Kintsugi » label : atlantic



mardi 26 mai 2015

Noel Gallagher 2015



 
Ah merde, un bon disque....


 

Je suis perdu au beau milieu de rien avec pour horizon juste une impression, une vision qui finit par se dévoiler, complètement brouillée. Depuis le temps que l'on marche dans ce désert là... il est bon ce disque ou j'ai des visions ??

Incapable de réfléchir, d'aligner le moindre argument, je bois cette once d'eau à peine fraîche, inespérée dans ce désert à imaginer les nouvelles dunes à franchir.

Eh, j'ai même croisé le grand Mexican dans ces plaines de sable, il chantait du U2 avec un grand chapeau Manic Street Preachers.


Re-Eh.. j'écoute BLUR en boucle depuis quelques jours mais je bois cette source de palmeraie comme une pause de ravitaillement... merde, un bon disque.


Noel Gallagher 2015 « Noel Gallagher's High Flying Birds » label : sour mash

dimanche 24 mai 2015

Alabama Shakes



 
Du gros son et plein de couleurs sur fond obscur, du rock ardent, je ne quitte plus les Alabama Shakes depuis que le soleil me noircit la rétine, il y a quelques heures.
 
 
Un son extra, une certaine facilité à faire presque tout. La pertinence ratisse large, c'est hyper éclatant en tout et on finit par se laisser embarquer comme un bleu à travers cette belle folie. Puis on le remets une fois de plus comme si tout devait recommencer. Y'a presque tout dedans, ça déborde et dégouline sur les doigts et sur le crâne, sur la peau et les glandes.
 
 
Des gimmicks, des hits, du blues sulfureux, du White Stripes déréglé au Prince avec des soubresauts Black Keys ornés d' « Emotional Rescue ». Puis de la soul et un foule d'idées qui foulent nos esgourdes assoiffées.. Infernal. Brittany de feu aux allures de Janis Whinehouse....
« Gemini » en blues gras glamour effroyablement dangereux... « Don't Wanna Fight » le hit rock de l'été... ??
 
 
« Sound & Color » diabolique et redoutable.


Alabama Shakes 2015 « Sound and color » label : ATO



jeudi 21 mai 2015

Xavier Rudd & The United Nations



 
Xavier Rudd m'a toujours injecté une énergie chamanique, des ondes de terre féconde dans un rock habité couvert de couleurs.
C'est avec The United Nation qu'il vient de commettre un disque roots « ragafro » de reggae chaud bouillant hyper calibré.

Au début, je voulais juste le filer à mon frangin rasta-chauve qui va kiffer cet opus endiablé au son juste parfait. Et puis voilà, ça passe comme ça sur les ondes élargies des accrocs aux lumières panafricaines.

VV it's 4 U


Xavier Rudd & The United Nation 2015 « Nanna » label : X / ANTI-

lundi 18 mai 2015

Orso Jesenska 2015



 
Tout ce que j'ai pu dire sur « Uncourage inutile » perdure dans les nouvelles ondes mélancoliques d'Orso Jensenska. Abîmé alors, j'écoute « Effacer la mer » et la blessure se fend à nouveau.
Si Dominique A est face à l'océan, Orso lui divague dans les terres, pas loin de la mer.

 
Et si la mélancolie n'était qu'un doux soir lumineux qui fane, une ruelle évidée et fleurie, juste une contrée habitée par la solitude.... Une tanière recherche des absences qu'on s'infligent juste pour mieux déguster l'air et mordre la terre, sentir l'étourdissante idée de disparaître.

 
Orso approfondit plus encore, expérimente son vague à l'âme.

 
Et puis sans arrêt ces échéances vaines, tellement de fois on était parti pour. Je suis allé nulle part et j'en reviens toujours pas. Je me suis avachi au beau milieu des grandes herbes des ravines bleues pour contempler comme les pâquerettes l'odeur des pluies sur la plaine chevelue.

Un coup d'épaule à « Eleor » et « Babel » pour mes préférences annuelles ? En tout cas, j'ai là mon tiercé à ordonner.

 Merci à Vince.

Orso Jesenska 2015 « Effacer la mer » label : 3h50



samedi 16 mai 2015

Villagers 2015



J'ai dû négliger le catalogue Domino depuis quelques temps pour avoir manqué le groupe Villagers. Sans avoir écouté les deux albums précédents, je plonge dans les eaux fraîches et limpides de l'irlandais, juste histoire de flotter sur ses accords, sa voix et le son racoleur de « Darling Arithmetic ».
Évidemment la mélancolie ne me laisse pas indifférent et « Courage » est un succès inévitable, même si mes émotions se grisent plus encore sur « Everything i am is yours », comment ne pas résister, surtout lorsque l'on a déjà montré des signes de faiblesse avec Musée Mécanique.

C'est pareil à un coin hors saison, une colline champêtre sans iode, une plaine affamée qui embrasse nos envies de recul. C'est un endroit isolé sous les branches duquel, il n'est pas interdit de ne vouloir croiser quiconque.

Je découvre Villagers, des petites balades irlandaises folk, une pépite pop loin du ravages des côtes salées.


Villagers 2015 « Darling Arithmetic » label : domino

 

lundi 11 mai 2015

Jethro Tull 75



J'insiste, je persévère, j'alourdis la chose, voici la substance du ménestrel anglais que la poésie ancestrale et classique a posé sur le rock sur plusieurs décennies. L'Europe médiéval, une flûte, des guitare/basse/batterie et un fou sur une patte qui progresse dans son écriture poétique et bouffonne comme un ludisme habité, un délire utopique fait de jongleurs, de vielles battisses, de rebondissements collés aux contrées traversées, avec du feu, des cracheurs, des balades à foutre par terre (« Requiem », « White duck.. »).
« Minstrel in the Gallery » est un tourbillon poétique de troubadour qui gambade de douve en cour, de donjon en mâchicoulis, c'est le 19 ème siècle qui s'invite en plein rock 70's, l'époque fantastique qui va bientôt défleurir et dépérir.

 
Les épisodes « Thick as a brick » et « A passion play » viennent juste de faire leurs preuves, une nouvelle carrière se dessine avec « Too young to die, too old to rock'n'roll » et le reste.. En attendant, il reste des remugles de rock médiéval progressif dans les guitares, la traversière et la voix de Ian Anderson. C'est 1975, presqu'une renaissance, c'est « Minstel in the Gallery ». J'ai attendu 2015 avec hâte, juste pour les 40 ans de cette pièce-ci, avec en bonus, le concert du palais des sports de Paris et un paquet d'autres bonus de cette année là. Le juste équilibre, le milieu parfait d'un groupe à l'arborescence étourdissante.

 
C'est Jethro Tull, c'est 1975, une toile de 1838, un extra-terrestre danseur moderne... c'est superbe, je m'obstine et poursuis le chemin du héron cendré. Je m'acharne pour la bonne cause.

J'ai enfilé mon moule burne leggings, et coiffé de mon chapeau à plume, je pars danser au pieds de ma tours ancestrale.

Bordel...« Grace ».. 35 secondes de lumière,
« Hello sun.
Hello bird.
Hello my lady.
Hello breakfast. May I
buy you again tomorrow ? »
 


Jethro Tull 1975 « Minstrel in the Gallery » label : chrysalis
 

jeudi 7 mai 2015

Boz Scaggs 69



 
Les vagues aujourd'hui ont la texture d'un cidre trouble et délicieux. Une mousse fine et éphémère disparait sur des flots d'ocre sucré suranné. Du gros bouillon à boire, le ressac pommeau dans lequel je me trempe, me donne la pépie. L'écume d'un jour vient lécher la dune dorée qui me surplombe et les embruns fermentés m'enivrent comme cette envolée de rosaceae des fleurs blanches de malus qui bordent la côte.

 
C'est étrange comme la musique épouse les moments, pas une autre maintenant, juste celle-ci qui féconde l'air du paysage qui se dévoile sous mes chevilles immergées par une marée de cidre doux.
 

C'est la quintessence culturelle outre-Atlantique qui se déroule vers l'horizon, comme cet océan qui nous sépare, le même bouillon conducteur, la transmission. BozScaggs 1969 balance le roulis, frappe le ressac, boit le jus alcoolisé des pommiers en fleur. Je erre sur le bord de l'Atlantique, la Loire se vautre à quelques plages de là, j'ai « Loan me a dime » dans les oreilles, la marée est à son comble et ça tangue indéfiniment.

Boz Scaggs 1969 « Boz Scaggs » label : atlantic


 

lundi 4 mai 2015

Godspeed You! Black Emperor 2015



 
Une transition inéluctable vers la constellation .. le nouveau Godspeed. Certes leurs nouvelles apparitions ne vrombissent plus comme il y a quelques années. C'est presque une routine de s'esclaffer à chaque nouveautés des piliers du collectif. Pourtant...
 

« Asunder Sweet and Other Distress » est donc apparu depuis quelques semaines et je suis parti tète baissée vers les respirations de Stetson et Neufeld. Pourtant, cet opus est sec et audible. J'aime ce son qui feint le décollage, cette ambiance de puissance désabusée qui assèche la pensée, j'adore les débuts de Godspeed et j'entends un peu plus l'origine ici, que les envolées stratosphériques précédentes. Comme une force minimale, un Floyd Meddle sévère et grondant à la pupille dilatée, je dévore les quatre morceaux comme une entité grignotant lentement chaque parcelle de preuve vivante, comme la BO nuancée d'une civilisation qui se meure, doucement.
Un seul d'entre nous se perds et tout le reste suit.
 

C'est ambiant, dur, sec et planant.. bien longtemps que je n'avais pas tournoyé ainsi au dessus de l'Emperor.


Godspeed You! Black Emperor 2015 "Asunder Sweet and Other Distress "
label : constellation

vendredi 1 mai 2015

Colin Stetson and Sarah Neufeld



Stetson s'époumone contre vents et marées, tout près de Neufeld embarqué qui danse avec son cou et ses mains.
C'est un tangage merveilleux, un voyage à bout de souffle sous des cordes crachins, une rencontre tectonique.
 
La bouche cuivrée de Colin embrasse la houle outremer de Sarah. C'est une lutte, des épousailles, un corps à corps titanesque et romantique, une chorégraphie chamanique à peine apocalyptique.
Ça hurle, gronde, c'est musclé tendu et haletant avec quelques moments planants de cordes et de vents ensorcelés. C'est la force biologique de Constellation, cette auberge dantesque qui continue à dévoiler des paysages surdimensionnés.
 

Le point commun des deux artistes c'etait Arcade Fire. « Never were the way she was » est un néo-classique expérimental, un jazz math ambiant qui subjugue et pétrifie. C'est la nouvelle pièce fidèle à l'esprit du catalogue Constellation.


Colin Stetson & Sarah Neufeld  2015 « Never were the way she was »
label : constellation