mardi 30 septembre 2014

Headphone 2014



« Two Stories High » ça vous dit rien ?
Et le chef d'oeuvre « Work in Progress 1998-200- » sorti en 2002 non plus ?
Pas sûr alors que « Danish Robot Dancers » ne vous parle plus. Et pourtant...

C'est une musique muette extrêmement bavarde, des plages instrumentales difficiles à étiqueter, post quelques chose, Prog machin, math pop, expérimental truc, jazz bidule...je me perds dans leurs méandres architecturés, et je me laisse embarquer par cette cohésion parfaite entre des musiciens au CV impressionnant : Jean Michel PIRES (Married Monk) et Charles H Garabed pour les piliers, puis Benoit Burello (Bed), Marc Sens, Etienne Jaumet, Loriseanberg (Berg Sans Nipple), Etienne Foyer.

L'envergure de la feuille de présence est aussi incroyable que la discrétion de cette collaboration musicale.
Ça se passe par ici, une formidable épopée sonore de rock instrumental qui aurait pu figurer dans le catalogue Thrill Jockey..par exemple.
C'est spacieux, cosmique, cinématographique, musclé, planant, ambiant, dansant, urbain... un disque muet extrêmement bavard.

Ils œuvraient chez Ici d'ailleurs, ils sont maintenant chez les Artisans du disque... et quelle pochette.

Headphone 2014 «  Danish Robot Dancers » label : artisan du disque
 
 
 


dimanche 28 septembre 2014

Simon Joyner




Tiens, la pluie me manque.

Le soleil à beau être en dedans, et au dehors, l'automne a raté sont entrée, c'est pas plus mal, mais je suis d'obédience Beauceronne et y'a quand même un quota de crachin à respecter. Comment je fais pour sentir la mélancolie ?

Puis c'est dimanche, et cette voute extrêmement ensoleillée a des reflets argentés. Un voile d'aluminium ultra fin aveugle l'œil en étain végétal. C'est calme, visqueux, éteint, j'écoute Simon Joyner, lui aussi à de la guimauve dans l'arrière fond de sa boite crânienne. On dirait du Cohen abimé au Daniel Johnston, ou au Syd Barrett, en plus fragile, sensible. Tout est ankylosé derrière lui, tout semble bancal, à la limite de la rupture. Et pourtant, ça tient, et puisque tout reste accroché à l'ultra délicatesse du bonhomme, ces chansons deviennent magnifiques, poignantes.. en raccord idéal avec ce dimanche de lumière aluminium d'automne estival.

Il faut chaud, Octobre s'impatiente, c'est peut être la fièvre molle d'une terre cuite qui ne boira plus avant les prochains bourgeons qui me dissout sur cette musique là. Les peupliers déjà se rependent, ses feuilles bouteilles au ventre d'argent font un bruit sec de métal assoiffé. Simon n'en finit pas de pleurer sur son Lo-Fi intime et toxique à la Jason Molina en plus vulnérable.


Il y a des années, je fouillait systématiquement le label Jagjaguwar et tombais sur les opus rares et invisibles de Simon Joyner. J'ai perdu cette manie de visite, et je suis retombé sur un de ses albums, juste avant Jagjaguwar.

Superbe dimanche d'argent solaire et de terre cuivrée de plomb.
« Oxygen ».. monument de grisaille qui côtoie les fantômes de « First we take Manhanttan » en plus pleureur.
Simon Joyner 1996 « Songs for the new year » label : shrimper






vendredi 26 septembre 2014

Arthur H 2014



 
L'Halite sur la langue sonne l'Hallali des ennuis et des glandes amorphes, telle cette Habitude à côtoyer les Hauteurs avec le H. Quitte à Heurter les Hilares, je me passe en boucle ce Hêtre ancestral à l'Hérédité Hasardeuse, cet artiste manifeste. J'avais Hâte, en manque de mon Haschich Bouzouk pour me plonger dans l'Hypnose, avec encore les écHos du précédent.

 
Hyper presque tout, le H en Hyphe de la grande qualité artistique et du populaire, propose une nouvelle Hormone qui va titiller nos mitocHondries et nos Hypophyses. Comme l'Horloge, et tel Horace, le H Hoquète nos diapHragmes pour une danse de plus, une brûlure Hertzienne qui devrait nous Humaniser les Haliotides, c'est tellement bon à chaque fois H. Ma discothèque Hulule à chaque album, comme des Huit-clos intimes avec plein d'êtres Humains.. une Huile essentielles pour nos esgourdes Heureuses.
L'Hypsomètre au maximum, le disque tourne en boucle, un peu partout cHez moi, avec comme Hypothèse qu'il devrait cartonner et provoquer l'Hystérie fredonnée. Il n'y a pas de répit chez H, sa discograpHie Haletante est un remède pour les âmes Harassées, et, Histoire de Hausser le niveau, H comme un Hauturier des Hautes mers accoste avec un cHef d'œuvre de plus.


« La ballade des clandestins »... « La caissière du super ».. « Le bonheur c'est l'eau »... »La femme étoile » comme un hit 80's de Jacno.... « Le tonnerre du coeur ».. « Une femme qui pleure »... « L'aéroport de Los Angeles ».... en boucle, en permanence, un grand disque populaire de très très Haute qualité.
 

Le H est une Hécate Hectique fidèle comme une Hématose qui nous rougie carmin l'Hématocrite à faire Hennir les bourricots fâcHeux.
«Soleil dedans » me Hérisse l'âme comme un magnétisme positif, je frissonne devant « Le tonnerre du cœur » et m'envole comme le Héron de ma vallée qui Hoche son cou gris, comme un air nocturne et Houleux, Homérique et cHantant.
Hydrophile avec « Le bonheur c'est l'eau », les albums de H sont des Hydravions où l'on peut poser notre soif de cHansons Hétéroclites populaires de Haut niveau. C'est un Hussard de la chanson Hexagonale.

C'est un album concept, produit live, avec des moments extraordinaires, géniaux, populairement expérimental.


Arthur H 2014 « Soleil dedans » label : universal

jeudi 25 septembre 2014

This Melodramatic Sauna



Il s'agit là de dénicher un petit endroit improbable et intemporel, un alcôve enfoui, à l'ombre des fortes lumières, où fleurissent des fleurs aux reflets sépia, juste avec un cœur phosphorescent, un point luisant comme un guide.
Il y avait bien eu la clairière ensoleillée avec « Acousticsongs » pour nous prévenir, un indice. J'ai trouvé l'endroit, je m'y suis immergé plus que de raison. Cet instant est trop beau, fantastique. Il n'y a qu'une fois au creux de la fausse magique que l'on peut voir ces lumières et ces fleurs rares, sans pouvoir les décrire autrement que de faire entendre le chant de ces parterres marécageux.

Les mélodies qui s'évaporent de cet antre rempli d'eau clair sont de sublimes chansons acoustiques mélancoliques, avec derrière un orchestre de violons. On peut voir à travers la pureté de ces larmes qui emplissent ce ravin surréaliste, romantique et poétique.
Il y a bien un triangle qui traine, un saxo que joue aussi Jonathan, mais tout danse autour d'un tourbillon de cordes, vocales et instrumentales.

This Melodramatic Sauna, c'est Jonathan Seilman qui a enregistré en 2005 dans une chapelle son unique album, comme s'il fut fondamental qu'il n'y en ait qu'un.
Je commandais alors les disques nantais directement chez Collectif effervescence, une mine d'or, c'est à cette période là que j'ai reçu le fait main « Acousticsongs » annonciateur d'un artiste et d'un label. Plus de nouvelle de Jonathan Seilman depuis, de ce pseudo extraordinaire.

 
C'est un instant accidentel, un endroit introuvable dans lequel j'aime me replonger quand je ne sais plus où je suis. Je vous jure que cet endroit existe, il a existé, je sais j'en viens, j'y étais, j'ai mis quelques larmes à moi dans cette boisson des pluies lustrales.
Gouter « Stronger, strongest » juste pour imaginer la fraîcheur et le goût de l'eau.


This Melodramatic Sauna 2006 "..et les fleurs éclosent à l'ombre"
 label : collectif-effervescence





lundi 22 septembre 2014

Leonard Cohen 2014



Le ciel est lézardé de mille éclairs, sans aucun tonnerre, un orage électrique sans aucune catastrophe.
La voute est magnétique sans déluge, ni grabuge, juste un début de nuit de douce pyrotechnie humbles et élégantes, et quelques nuages en costard plafonnent et toisent.
Il est 1h du mat et je suis assis dehors à susurrer la canicule automnale sous une rafale de flashs orageux blanc comme la lune, jaune pâle comme une ville lointaine. Aucune averse sur ma carcasse, aucune menace, juste une assurance inébranlable.

« Popular Problems », ce n'est pas le retour éternel de Léonard Cohen, c'est juste la classe absolue qui suinte comme la source, l'équilibre qu'il nous faut, le jus nécessaire qui perdure, la lymphe d'un cerveau.
C'est juste un homme beau, apparu pour mieux s'éclipser, pour apparaitre comme la lune pleine à poser une pièce ancestrale de plus dessus la fourmilière qui nous grignote par en dessous. Si le limon se meut et que l'œuf implose, c'est qu'au dessus des terres il y a l'immortel.

De l'intimité jaillit le minimum, une simple pastille peut transmettre l'énergie pour des années lumière. Seulement deux ans après « Old ideas » avec une pochette fidèle comme un double album scindé, « Popular problems » vient nous susurrer que la foi artistique est inébranlable ....  « Nevermind ».


C'est étrange, mais le banjo slide de « My oh my » est synchronisé aux éclairs du soir... je les prends comme tels, de douces caresses frontales lumineuses sur une errance de transat nocturne qui ne m'appartient plus.

J'écoute le Cohen 2014 sans m'étonner plus que ça, et pourtant je suis plaqué, une fois de plus. La voute n'en finit pas de s'élargir... un big bang.

Je crois bien que c'est mon premier billet sur Leonard Cohen, un baptême limpide d'un cerveau né qui a déjà vécu.
Et puis il faut pas oublier que « Almost like the blues »...



Leonard Cohen 2014 « Popular problems » label : columbia/sony



samedi 20 septembre 2014

Shellac 2014



 
Vingt ans après leur premier album, le groupe Albini-Weston revient avec un chef d'œuvre de math rock minimal de grande maturité, « Dude incredible ». Depuis 2000, ils sortent un album tous les 7 ans, il faut dire que les entités cérébrales musicales au sein du trio fantasque bossent en parallèle comme des fous furieux.
 
Cet album sec de quinquagénaires n'est pas non plus une pause musicale histoire de faire perdurer le mythe, les mecs de Chicago sont peut être encore meilleurs qu'avant, un peu comme le retour des Wire il y a quelques années. De la bouteille, il y en a, mais aussi une entente parfaite live entre la guitare, la basse et la batterie. « Dude incredible » est une performance Lo-Fi de rock noisy, intime, aride, lourde et mélodieuse, pour des jeunes quadra/quinca/trenta accrocs... L'esprit est le même, les visages juste patinés.
« Compliant », « You came in me », « Hiding bikes »... tout s'enchaine, la lourde machine gronde avec un flegme trempé et quelques envolées hurlantes.


Ce retour à Shellac me ramène vers un vieux disque sublime découvert en 2000, Fourth Quartet « Howthe swiss wrestle », avec un même son cave.

Albini & co ont pris le temps d'écrire, de répéter, « Dude incredible » est un disque parfait dans ce genre de hardcore engourdi. Ils sont fidèles au label Touch & go, et la pochette est une merveille.
Allez les Old d'Jeun's et les jeunots...fuck the king.
 
Shellac 2014, faut pas louper ça.



Shellac 2014 « Dude incredible » label : touch & go




vendredi 19 septembre 2014

Sinkane



Un talent fou, une facilité déconcertante, et pourtant les intro synthétiques auraient pu me faire des douter.
Dès que Ahmed Gallad chante, il embarque tout dans son sillon et sa musique devient un rêve populaire à vous filer un méchant coup de bonheur, n'importe où, n'importe quand. Dedans il y a de la soul, du reggae, de la world, du folk, de la bossa et de la pop... La lumière de ce disque est éblouissante, sa voix paradisiaque (j'entends même Sade sur « Hold tight », JJ Johanson sur « New Name »), « Mean love » est une invitation.


Sinkane est multi-instrumentiste, il sort son deuxième album. Son CV artistique, c'est batteur au sein de groupes les plus cotés de la pop moderne d'aujourd'hui (Yeasayer, Caribou, Born Ruffians, Of Montreal..). Encore une fois, c'est ultra moderne sur des airs d'avant hier...





« New Name » tribal sensuel avec des vapeurs africaines

« Moonstruck », suave et tiède, complètement humide

« Yacha » infernal, imparable

« How we be », intro parfaite en hit racoleur...



Symétriquement opposé à la mélancolie, Sinkane transmet une fraîcheur où la légèreté solide vient plomber la grisaille le temps d'un album, et même plus encore.



Sinkane 2014 « Mean love » label : city slang


mercredi 17 septembre 2014

Kate Tempest



Pour rester crédible sur l'ouverture supposée et revendiquée de ces pages, il est de toute première importance de lancer un billet Rap, très peu développé ici en général.
Après avoir sombré sur l'album R'n'B de l'année, je crois bien avoir déniché le rap qui me botte, mon disk au flow sec, revitalisant, froid juste ce qu'il faut..ou plutôt LE seul que j'ai pu écouter en entier. Ce disque m'embarque vénère sans avoir l'impression de me faire engueuler.

A l'origine, une pochette m'intriguait. Je suis allé me renseigner et farfouiller dans la barbouille des albums spokés. Kate Tempest m'est tombée dessus naturellement, comme une rencontre urbaine qui claque le réverbère pétrole.


Il faut avant tout que je vous présente mon CV râpeux afin qu'il n'y ait pas de malentendu sur mon kif d'alors.
Sur mon étagère du genre, il y a des disques de Lex records, avec DangerDoom, Subtle, Hymie's Basement, quelques Clapping Music avec O.Lamm, cLOUDDEAD ou encore Ninja Tune et le fondamental FOG.. il y a aussi le double OutKast, du Léo Ferré en phase « Préface », du Joey Starr que ma compagne écoute quand je ne suis pas là, du Why ?, du Loïc Lantoine, il y a aussi le fantastique Thee More Shallows 2007, les DJ Mehdi, 13&God, le sublime Superqueens "Cheap Shots", et surtout mon préféré BUCK 65.
Puis, il y a les disques du britannique The Street.

La transition est toute faite, j'aime beaucoup le rap anglais. Même si mon passé dans le domaine reste à ériger, Kate Tempest est venu me susurrer violemment qu'il y a du travail pour me rabibocher..ou plutôt m'immiscer. Le son, la voix, la lutte douce contre le discours syncopé, une boxe des mots avec les jambes et avec un son extra, un remède, une thérapie pour gifler ma frilosité. Je vous rappelle quand même que j'ai vécu en direct live la naissance du smurf et du hip hop, alors mollo sur la tète, j'ai les anticorps.


Kate Tempest, c'est presque tribal urbain, c'est robotique humain, un rap qui me convient.



Kate Tempest 2014 « Everybody down » label : big dada





lundi 15 septembre 2014

The War on Drugs 2014



Puisque nous sommes dans le pop rock pas révolutionnaire, nouveau à tendance retro, avec un morceau sublime de 9 min, et une ressemblance George Harrisson période Wilburys avec Tom Petty pas loin, voici The War On Drugs sorti il y a quelques mois.
Moderne et passéiste comme Woods, mais plutôt dans la décennie 80's, avec synthé et saxo, le groupe de Philadelphie sort un troisième album sous la fidèle charpente de Secretly Canadian.
 

C'est un album qui tient bien la route, qui colle au bitume, les nappes dessinent de grands espaces, des plaines à perte de vue, le son lui, colle à la peau, il y a des résonances, des intro, des fulgurances (« Red eyes »), des plages synthétiques, des morceaux qui prennent le temps de s'installer.. « Under pressure » est une entrée parfaite qui roule à l'infini.. c'est le morceau de 9 min.
 

« Lost in the dreams » est un album anodin qui va compter dans les importances pop rock 2014.

The War On Drugs 2014 « Lost in the dreams » label : secretly canadian


dimanche 14 septembre 2014

Woods 2014



On croyait l'été faux-cul et lâche, il resplendit sur ses derniers jours.. on pourrait croire la pop rock répétitive à rabâcher, elle renaît sans cesse. A force de relativiser le chapitre, on finit par se noyer, puis on se retrouve sur une plage, échoué, une berge fraîche au paysage habituel, mais avec des teintes originales et une lumière psyché qui nous rassurent.
« With light & with love » est surement l'album rock aux allures pop de l'année le plus libre, le plus fin. Le titre éponyme sur 10 minutes m'a ensorcelé, c'est une formidable chevauchée moderne flirtant avec les esprits 70's.. c'est un voyage intemporel à travers la légèreté des chansons aux allures de errances modernes et passéistes. C'est légèrement soul, c'est souvent folk, avec des allures de Floyd et surtout de George Harrisson flagrante quand « Full moon » vient se poser sur notre nouvelle platine retro.
 
Woods, c'est un nom, une pochette, un son qui pourraient décourager les curieux, mais à l'écoute de leur opus 2014, on reste dans leur carlingue à vadrouiller les plaines et les époques.. « Moving to the left », une petite BO parfaite des promenades dans la POP intemporelle, à vouloir ne jamais s'arrêter.

Woods 2014 « With light & with love » label : woodsist


jeudi 11 septembre 2014

JUR



Dès que « A boca llena » est venu farfouiller dans mon cerveau, j'ai cru revoir mes premiers frissons quand j'ai découvert « La llorona » de Lhasa. Je tombe sur l'univers de Jur et je suis ébaubi, figé et médusé. Il paraît que c'est leur troisième album.
 

Cette fille de Barcelone est folle, chanteuse théâtrale habitée, elle vit son art avec son corps et sa gorge, son accent, et la beauté des mélodies. Elle chante en français et en espagnol, la musique, est un Lo-Fi de blues gitan presque world, pur, net, sans fioriture, un art brut qui prends à la carotide et la ventricule.
Auprès d'elle, une petite troupe de fins musiciens, dont le toulousain Julien Vittecoq, avec qui les chansons se sont construites le soir, après des journées de création, danse, photographie, mime et cirque. D'ailleurs, Jur et Julien ont développé une compagnie en créant Cridacompany. Julien chez Jur, c'est le clavier. Nicolas Arnould tient la guitare et Jean-Baptiste Maillet la batterie.

 
C'est une mélancolie chafouine, des émotion franco-espagnole de piste au milieu de laquelle, une sensibilité espiègle danse et tournoie.. un petit coin de tristesse qui ne dure pas, juste un baiser feint de drame coquin qui vous remonte en sourire farandole et de contentement contagieux.
L'acoustique est maîtrisé à la perfection, l'intimité du jeu, la coïncidence avec le chant de Jur. Toutes les dansent dégringolent comme un alcool enfant pour mieux sautiller en cabriole théâtrale. Tout est beau chez Jur, à écouter, à regarder, maline et belle elle zigzague en tzigane atypique.
Lhasa nous manque, Jur nous console avec cet album terriblement humain qui sortira dans quelques jours, le 22 septembre. Des comptines de terriens magnifiques à chanter et danser autour d'un feu d'où s'envole des créatures et des fantômes.


Émouvant et jouissif.


Jur 2014 « Fossile » label : cridacompany/l'autre distribution









lundi 8 septembre 2014

Rival Sons 2014



Une chronique carlingue, un billet qui sent le foin et la chaussette.. des ploucs, mais à la moustache esthéticienne, du foin ras à la Dandy Wharols sur l'occiput, du Led Zep dans le moule burne, du mont Evrett glissant sur les 70's rugueux, comme une mer hyper salée où vogue King of Leon, Interpol, The Killers, The Coral, The Black Keys avec une voix à faire pâlir...
« Destination of course» est juste là pour vous coller au mur..même si.. y'en a eu d'autres avant. Celle là est vraiment transpirante, un truc à vous foutre dans la vague, maillot ou pas, moustache ou imberbe... c'est racoleur, c'est bon, ça déchire le maillot à défaut de taille haie, et j'ai pas encore écouté le nouveau Plant.
 

J'ai découvert Robert avec l'ultime « Secret » qu'il y en avait qu'un.. avec en sus l'armée de p'tits gars qui hurlaient à la mort, les mecs qui fusaient à bride abattu sur la chevelure de hurlevent en faisant du blues une naissance hard que l'on retrouve sans cesse sur nos platines. Celui-ci est à l'orée des gros sons, juste une raison de rester dormir là où l'on est, avec n'importe quel animal, la voûte que l'on veut, le socle disponible et la tourbe que l'on veut bien t'offrir. C'est bateau, c'est ballot, c'est chaud et bouillant, ça sent le foin quand on a dansé dessus des semaines durant sans savoir pourquoi, les faux barbus ont bien senti le filon des clés noires et du grand Zeppelin.

 
Bon, écoutez « Destination on course »....ou « Good things » si vous me croyez pas … Y'a quand même quelques poils qui trainent ou des soiffards de taurine diluées à la tourbe qui se vautre sur quelques chapitres de l'histoire à hélium. C'est comme un hommage, c'est à prendre ou pas... on s'en fout, c'est comme un footing les lendemains de biture.. on y va ou pas, puis on y va.. c'est des fois ordinaire (« Good luck »)..c'est souvent très très bon (« Rich and the poor » un pur chef d'œuvre même). On y est, on est à fond dans cette lave dont on va ressortir indem, même si on y croit un peu.. sur l'irréversibilité des accords rock qui nous aspirent même quand ça nous enchante pas d'y aller.
Enfin, j'me comprend..je dis n'importe quoi, cet album m'a secoué le bulbe, c'est juste un peu de volume, du jus, du son, de la tourbe et des poils... et des gros tubes.
Et puis on les aime bien les surfeurs, même si on préfère rester sur la terre ferme à pleurer la vague, un gros blues finalement apte à aspirer notre pu, on peut aussi glisser sur « Great Western Valkyrie ».. la moue des grimaces qui plombent, un rictus gris à boire la houle anthracite, se mettre des écailles dans le calbute et faire comme si on était sur la terre ferme. Y'a bien un blocos Black Mountain qui racole mes lombaires, là à quelques criques de l' « Eletric man ».

Et j'insiste... « Destination on course » en 10 ième position sur les starting block, un Led Zep Meddle, une vague tsunami guitare basse batterie qu'il va falloir stopper...écoutez ce morceau, surtout vers la 4ième minute... je pars dans l'oreille inondée directe.

Je découvre les Rival Sons avec cet opus.. un peu aussi pour participer aux vacances des non-imberbes, des anti-glabres, des bouseux au collier terreux, de la plaine sous les naseaux, et la terre sous les ongles... peut être pas eux... pis on s'en fout.. c'est le nouveau Rival Sons... respirez.

Cette chronique, c'est vraiment n'importe quoi.. juste pour résumer ce 5ième album des Rival Sons, c'est un énorme brûlot coincé entre Led Zep et The Black Keys en plus crade.

Rival Sons 2014 « Great Western Valkyrie » label : earache
 

jeudi 4 septembre 2014

Blonde Redhead 2014



Plus encore qu’auparavant, les idées sonores sophistiquées proches de l' expérimental des Blonde Redhead dissimule la grande musicalité de leur écriture, il faut disséquer. La recette est toujours là, une alchimie idéale des jumeaux cérébraux Pace tournoyant autour de la voix diaphane de Kazu Makino. Le son est de plus en plus synthétique, les guitares semblent disparaître, à l’exception de « No more honey ».
Sans connaître l’évolution artistique de ces New Yorkais devenus incontournables, j’imagine très bien le fan des premières heures écoutant 15 ans après ce nouvel opus grand écart du groupe. Il faut avoir assimilé le changement, la mutation et l’intelligence d’une pop moderne sans concession pour se faire une idée de ce disque, ajoutant une pièce empirique à leur carrière.

 
J’ai vu ce trio sur la scène de l’Elysée Montmartre en 99, et je suis fan de leur mutation, l’intelligence artistique à mettre d’autres couleurs sur une fidélité d’écriture.
« Mind to be had » sur 9 min proche d’un morceau de The Notwist, est la preuve de cette délivrance. C’est un sommet sombre robotique qui semble provenir des 80’s… 4AD ne fut pas une étape vaine.
« Dripping » devrait faire danser toute la planète, sur des dance floor modernes et reculés. Le disque n’a pas une apparence commerciale, c’est un pur joyau de pop moderne, la crème de ce qui se fait de mieux en la matière (dernier en date, The Notwist justement). Bizarrement, les deux chansons citées sont interprétées par un des frangins Pace.
« Seven two », clôture l'album sur un duo à tomber.
 
C’est dans les starting bloc du dernier trimestre d’une année riche, c’est un évènement incontournable, une suite logique à l’évolution d’un groupe qui produisait du rock punk dans les 90’s. C’est dans la pop indie, une valeur sûre, une œuvre totalement indépendante, libre, personnelle, travaillée, totalement dans la marge des grands disques commerciaux.
L’audace folle et maîtrisée de la pop moderne dans toute sa précision.

Bonde Redhead 2014 « Barragan » label : blonde redhead LLC




mardi 2 septembre 2014

James Yorkston 2014



On reste dans le folk étoilé, et plus encore, « Feathers are falling » est une mélodie boréale qui souffle sur la voûte boisée d'un Nick Drake. C'est juste une chanson prise au hasard de « The Cellardyke Recording And Wassailing Society », le nouvel album de James Yorkston.
Sa voix s'embrume et s'embrunit, Callahan, Lanegan, comme un 12 ans d'age écossais. Le celtique est toujours à quelques encordées de sa guitare, aussi beau que le dernier album hommage d'Andrew Bird.... « Red Fox », ballade merveilleuse pour errer sur une île sauvage.

Je me souviens du showcase Boulevard Saint-Michel un soir d'automne pour la sortie de « Moving up country », quand il jouait avec ses athlètes en 2002. L'intimité, le paisible et la quintessence de ses mélodies figeaient les connaisseurs et les passants.
Sa discographie régulière comme un solstice s'épaissit, ce nouvel album est une étoile de plus.

James Yorkston 2014 « The Cellardyke Recording And Wassailing Society »
  Label : domino