lundi 30 juin 2014

Jacaszek & Kwartludium



 
Notre rapport à la nature se gangrène au fil des surpopulations. Nous devenons hermétique à toute émotion biologique, pourtant il y a des sensations à prendre, des régénérescences, des sucs à sucer, des mélodies à chaque rameau, des murmures qui soufflent des guérisons comme un drone lustral.

Riche d'âmes et d'esprits, la forêt chante comme un chœur cellulaire, un gospel végétal. La poussière féconde saupoudre les sinus et la canopée murmure à nos oreilles une douce photosynthèse musicale. Le corps peut bien attendre et fondre dans la terre de bruyère, la symphonie sylvienne racole nos fantasmes d'artères sylvestres.

 
Quelques grains de Quercus, Betula ou de Populus déposent les notes pourpres sur la portée des toiles tissées. La faune invisible en chef d'orchestre grouille de musicalité, et tout gambille solennellement au creux des verts sombres.

Michal Jacaszek a capté le son des arbres, élaboré une construction végétale qui chantonne et frémit sous la lumière et le temps. Avec l'aide de Kwartludium, un quatuor acoustique, il expérimente ce chant de jazz blanc disséqué qui dévoile le son des fourrés. C'est une société arboricole qui s'exprime, la philharmonie des étuves chlorophylliennes.
Au field recording viennent se greffer des cordes, des cuivres et des peaux en écorces qui fredonnent.
 
"Catalogue des arbres" est une introspection qui ravive et offre un chant d'espoir comme l'hallali... exister par un ci sourd.

 
Jacaszek & Kwartludium 2014 «  Catalogue des arbres » label : touch




« ...And the trees, like earth's wisful sighs to the sky »... (K.Janiszewska)

 


« A songlike sweetness pours from the forest
With humid smell of breathing boughs,
The mist-shrouded ravine trembles with echoes of songs,
There 's not a bird to be seen – that's the air singing!...

A shower of sweltering mists flies past
While my soul amidst azure embers
Seem to rustle at the touch of magic,
There's not a soul to be seen – those are trees rustling.... (B.Lesmian)







dimanche 29 juin 2014

Tommy Guerrero 2014


 
Après les nouvelles fraîches du label Ninja Tune, des remugles de Mo'Wax viennent colorer le dimanche d'anciennes couleurs Trip hop. Un paquet de temps que je ne m'étais plus penché sur un DJ cinématographique de trip electronica jazz.
Ce son divulgué à la planète entière par Portishead, s'est vite essoufflé, Tommy Guerrero vient raviver la flamme avec les lumières d'époque, la grande période Troublemakers, Professeur Inlassable, Wax Taylor.. avec une photo Tarantino (décidément), une reverb shadows, du lounge, de la soul, des 60's, beats trempés, jam diaboliques en boucle et sa touche sonore à lui, son identité de collages qui passe tout seul.
La touche Guerrero est là, même si le label Asphalt Duchess, qui a vu apparaître Grizzly Bear, Manuel Bienvenue, The Embassy, a remplacé le vieux navire Mo'Wax au catalogue riche.

Ce retour fantastique astique les gimicks cérébraux et transcendent la peau.

Tommy Guerrero 2014 « No man's land » label : asphalt duchess



samedi 28 juin 2014

Kelis



Pas faux, j’écoute très peu de R’n’B, ou plutôt celui d’aujourd’hui, le BCBG (billets culs bagnoles / gros), mais y’a que les vieux cons qui changent pas d’avis. Une petite bombe me tombe dessus ces derniers jours et je dois bien avouer que je fait mouche auprès de ma grande qu’à trop l'seum de me voir entrer en transe sur une telle artiste, sur cette chaleur trop dare….



Bon, plus sérieusement, je m'essuie le front et change de slip, juste pour dire que ça reste de la grande musique à sucer les racines soul, et que le CV de la petite on s’en fout. Ce disque là arrive comme une rédemption. Il suffit d’appuyer sur la touche  play , elle s’occupe du reste.



Mon Pap’s Echiré est un vieux filou, c’est lui qui m’a glissé cet opus sans crier gare, sans message de précaution parental advisory.. genre « attention fils, tu vas prendre cher si tu kiffes ». Il le sait que je suis pas R’n’B post soul des années 2000, et que le dernier bon disque en date fut celui de Nneka. Mais il sait aussi que ce disque allait m’interpeller le bulbe.

Funky, soul R’n’B de la chaleur qui mouille..merci mon Pap’s, je n’aurait surement pas eu l’opportunité d’écouter « Food » sans le cadeau… « Friday fish fry » a des allures terribles de Tarantino/danger mouse/Black keys…. Gros son, voix terrible, avec le retour pour moi, du grand label  Ninja Tune.


Kelis 2014 "Food" label : ninja tune






jeudi 26 juin 2014

Swans 2014



Voici la fonte qui perdure, la métallurgie des commotions qui soude quand on est dépourvu d'un mental d'acier. Du labeur à la chaine tout près du puit en surfusion, la mécanique est bien huilée, tout va bien se passer.
 
Cela fait quelques billets que je vous parle de Michael Gira et de sa maîtrise rageuse qui sourde du sol, de son art qui gronde. Cette rage a pris de la bouteille, ses colères du tanin, lui seul peut m'inspirer l'envie sombre de partir en vrille.
Swans c'est un sacre qui n'en finit pas, il ne sort pas des albums, il engendre des massifs infranchissables pour un paquets de petits gars dans le genre qui n'ont ni la sensibilité, ni les jambes, ni les poumons, ni l'irrigation.
Michael Gira est un sherpa d'une épopée dantesque et chamanique à travers des djebels apocalyptiques assoupis. Un sommet de plus.

« To be kind », son nouveau monument tellurique, est une messe ténébreuse romantico-arty-goth... « Bring the sun / Toussaint l'Ouverture ».. suffoquant, et j'imagine avec ce morceau, ce qu'aurait pu être le Floyd s'ils avaient encore l'âme animale.
... « we hear, we eat, we fuck.. »



Swans 2014 « To be kind » label : young god record


mardi 24 juin 2014

Linda Perhacs



 
« -Reviens vivre avec moi !!

-Pardon ??

-Reviens vivre avec moi je t’en supplie.

- mais on se connaît ?? »


Linda Perhacs 2014 « The Soul of all Natural Things » label : asthmatic kitty





lundi 23 juin 2014

Moon Zero




La lune est romantique et scientifique, on peut rester la contempler et entendre son chant souffler jusqu'à nos marées. On peut aussi imaginer choisir le son Apollo jusqu'à alunir.
La brûlure de l'astre froid arrive aux oreilles comme le brame encordé d'une fine poussière bohème. Allégé on se roule dans ce nuage poudre quitte à vieillir plus vite.

Dénovali une fois de plus propose cette froideur astrale en drone électronique angoissant et planant, l'angoisse de quitter la terre pour la nouvelle lune.

Moon Zero 2014 « Tombs & Loss » label : denovali




vendredi 20 juin 2014

Hiss Tracts



Bien longtemps que l'auberge Constellation ne m'avait pas projetée dans une telle dimension sonore. David Bryant des Set Fire to Flame s'est rapproché de Kevin Doria des Growing pour dessiner un paysage urbain avec du field recording capté au gré des contemporains qui se déplacent comme des carcasses dévidées au bruit d'instruments tourmentés.
 
On se ballade dans l'underground de Montreal, affublé de fantômes, habité et transis de sombres contemplations. La douleur suinte des façades.
Des cordes, des flash cinématographiques, des oscillateurs, des machines et des computer, mellotron, triangle, piano, dictaphone.. une épaisse tranche de vibration noctambule avec des hallucinations, des halos, des brouillards et des esprits épizootiques.

 
C'est le grand retour de l'âme constellée, du son pour la gorge et le cerveau, l'angoisse de la plèvre. Hiss Tracts rattrape la substance diluée avec cette épopée ambiante surdimensionnée.


Hiss Tracts 2014 « Shortwave Nights » label : constellation





jeudi 19 juin 2014

Johann Johannsson / Mark Orton... BO





Le soleil tape ou pas.. j'ai des envies de voyage et d'immobilité, je découvre deux BO, un chaud et froid extraordinaire, un geyser à -5°C, une houle glaciale en pleine canicule... des bains marie virtuels où l'on peut se projeter, et s'y plonger.
Deux bandes son pour immerger ses illusions, la cinématographie absorbe, prend et suce, on s'invente des morceaux d'existence..dans le chaud ou le froid, qu'importe, sous le casque la température est la même.
Un clair obscur pour les contemplateurs, je plane en surfusion au dessus d'une lande gelée,
je grelotte de chaleur, j'ai des sueurs froides, je me laisse embarquer par ces paysagistes sonores,
ces pourfendeurs d'horizons...et je n'ai vu aucun des deux films. Je les imagine.


Je ne suis plus moi, je vous suis.



Mark Orton 2014 « Nebraska »

Johann Johannsson 2014 « McCanick »


















mardi 17 juin 2014

Shifted



Le tribal est allé se loger au fin fond des puces et du binaire, le beat est lourd, préhistorique comme une danse syncopée de dinosaure robotique. La texture de « Under a single banner » est métallique, glaciale et apocalyptique. Une introspection minérale, un électrocardiogramme d'un monde millénaire enfoui sous le limon.

La tectonique des dolmens, électrochoc moléculaire.

Le cerveau est tétanisé, Shifted en a pris le pouvoir et la survie du cortex au milieu de cette guerre biochimique ne tient qu'à la lumière qui sourde du noir total. Quelques drones viennent dessiner les aurores, avec toujours derrière le crâne, le ressac lancinant d'une intrusion cérébrale.

Ce voyage sonore est une expérimentation, un accélérateur de dimension, une strangulation. C'est un champ de guerre comme une âme en chantier, on laboure, on fouille, on s'enfonce et dévore la quartzite comme un cannibalisme terrestre.


Shifted 2013 « Under a Single Banner » label : bed of nails / compound



dimanche 15 juin 2014

The Robert Cray Band 2014



 
Un blues dominical pour un baroudeur de la gratte tout en douceur, le toucher de Robert Cray est particulier, son jeu raffiné est indissociable de sa voix ensoleillée. Sa discographie est vertigineuse, je l'ai découvert en 88 avec « Don't be afraid of the dark », depuis ce blues man muri au B.B King, Albert King, Howlin'Wolf et surtout Albert Collins, ne m'a jamais lâché.
De la soul dans son blues costard, des ondes solennelles, des racines, des couleurs d'ancienne époque, The Robert Cray Band vient discrètement de sortir une nouvelle pièce et le cobalt gorgé de soleil de cette sublime pochette résume fidèlement la moiteur des onze morceaux, jusqu'au sublime « Pillow » présenté comme un bonus.
Batterie sèche, cuivres mous, guitares sensuelles et sirupeuses, un petit cru pas dégueux, le disque commence sur du pur Cray, « You move me » .. impact. Le reste est un terrible glissement dans la volupté.


Une partie de sa discographie se bâtit sous le nom de Robert Cray, c'est avec son groupe de fidèles que « In my soul » vient souffler un sourire au soleil qui semblait lassé ce matin.



The Robert Cray Band 2014 « In my soul » label : mascot





 




samedi 14 juin 2014

Paul Parrish



Le gars semble touché par la grâce, habité par une sensibilité à fleur de peau, un romantisme hippie près à tout pour entrer en pâmoison.
Mélancolique, délicat, on se met volontiers à pleurer devant une envolée de violons, un songwriting de piano, une alouette haute et immobile prête à plonger.

Paul Parrish est un baladin outre Atlantique et pourtant ses complaintes côtoient celles d'Elton John ou Chris De Burgh.

Ce disque improbable s'appelle juste « Songs », c'est sûr il aime les chemins d'herbes coquelicots et de bleuets. Allongé dans la luzerne et la ciboulette sauvage, il rêve de sentiments légers avec son harmonica et sa guitare sèche. Il traine de clochers en granges et le soir il tombe dans les fondrières pour dormir à la belle étoile avec des senteurs de froments. La marre a capturée les étoiles, c'est à peine croyable ces roseaux filants fouettant une lune flottante.

« Time » comme « Many years ago » suffoquant de beauté.. ça se fume de la ciboulette sauvage ?? il faut bien que je vous trouve une explication à mon état second quand j'écoute ces chansons là.
« Cello ».. ne vous gaussez pas sinon c'est la luzerne que je fume. « Songs » est pathos à souhait, ce disque là est à garder précieusement, désuet, rare, l'innocence en bandoulière, quelques préciosités dans les yeux.. mais je pleure pas, j'épluche la ciboulette.

« Songs » vient d'être réédité, m'en fout, je l'écoute en vinyle, pas possible de faire abstraction des crépitements. Un folk américain pour un songwriter à la discographie éparse.

Paul Parrish 1971 « Songs » label : warner










jeudi 12 juin 2014

Natalie Merchant



Un bail que cette fille me fait du gringue, j'ai pas lutté longtemps malgré mon costard de ne pas en être. Son timbre collé sur ma tempe, je suis resté muet, comme un égoïste jaloux, je me la blottissais. J'avoue aussi avoir gardé pour moi cet anthologie « Leave your sleep » magnifique double album de reprises.
J'ai toujours préferé Anna Terhneim à Sophie Hunger, et Joni Mitchell à Suzanne Vega. « Natalie Merchant » est un album touché par la grâce, du folk croco taille 66, des airs de country, de gospel, des mélodies indiscutables. Sa voix est unique et son groove rocking-chair, aussi, j'ai l'impression que les gars derrière sont d'un cru extraordinaire. L'épilogue symphonique est une pure merveille.
La grande classe.
C'est juste impeccable, presque historique, solennel, coincé entre Joni Mitchell et Joanna Newsom. Je suis cette fille depuis qu'elle est partie des 100,000 Maniacs, et j'affirme sans hésitation que cette nouveauté éponyme est son plus beau disque.

Natalie Merchant 2014 « Natalie Merchant » label : nonesuch




lundi 9 juin 2014

James Murray



Plusieurs heures après que l'orage soit passé, la tète coton frôlant les astres s'illuminait encore de mille éclairs. Ce luminaire cosmique semblait se figer dans un silence outremer. L'humidité à son comble, les senteurs à l'apogée, les nappes de James Murray semblaient embellir ce zeppelin en apesanteur, cette baudruche de flambeau stratosphérique. La lune souriait et les étoiles rendaient hommage à cet alcôve électrique jaunâtre.

Une nouvelle fois James Murray est la bande son d'une émotion nocturne, et avec « Mount View » il clôture une trilogie ambiante.
Tout plane, 1h30 du matin je regarde le nuage disparaître hypnotisé sous l'orgue de « Remains », une messe intersidérale.

James Murray 2014 « Mount View » label : slowcraft



 
 

dimanche 8 juin 2014

Last Days



Quelle chant plus beau que la flèche hirondelle qui danse autour des vieilles pierres d'une place de village, d'une tour en pleine canicule. Les oiseaux hypnotisent et le piano crâne sur les cordes de harpe (« If »).
C'est une nouvelle bande son d'une errance vers ce que l'on a de plus délicat. C'est rêver d'une colline enneigée quand la chaleur se fait pesante et la rétine affamée de sucre glace. Je me ballade dans mes ruelles et j'ai des doutes sur la saison.
La bande son qui diffuse dans mes oreilles est une onde qui tombe de nulle part, comme une ancienne disquaire lointaine qui prendrait soin de moi. Il y a même le ressac sous les notes.

 
Je reste figé devant l'horizon maquillé et la voute qui sanglote, « Satellite » du groupe Last Days m'enveloppe d'un chaud et froid, d'un clair-obscur crépusculaire qui me transporte dans un film improbable, l'irréalité d'une vie, mon fantasme terre-à-terre.


Last Days 2013 « Satellite » label : n5MD





vendredi 6 juin 2014

Birch & Meadow





C’est un engourdissement létal, une irréversible succion vers la véracité des expressions. L’apnée des carcasses muscle les cerveaux, « Butterflies ans graves » est une injection, juste histoire de perdre les os, oublier sa matière pour laisser la grise séminale dégouliner sans que la paume ankylosée puisse en retenir le grain.

« L’arbre avec le vent chante mille mélodies
Que sais-tu du dialogue de l’air et de la raison ? »
(Parviz Khazrai).

Birch & Meadow, c’est une voix et l’écriture de Library Tapes, c’est percuter un mur cendré et s’y enfoncer doucement, exactement là où l’impact fige le temps. Les yeux phagocytés il ne reste que la contexture des villosités qui malaxe la joue sous cet orgue abyssal. Un sable mouvant des surdimensions nous happe loin du beau des cancres.
Cet album est une succulence absolue, une étape osmotique entre les alvéoles des citernes et cette pâte de plâtre qu’on avale. Une mer d’huile comme oxygène, les grumeaux se percutent et l’isthme ne prendra plus. Quelle allure le corps prendra de cette implosion géologique ?


Le souffle ne m’avait pas autant manqué depuis les complaintes sombres d’Annelie Monseré, cette visqueuse introspection vers l’élément naturel… faire parti du paysage.
Time released sound, une nouvelle contrée à explorer.


Birch & Meadow 2013 « Butterflies and graves » label : time released sound








jeudi 5 juin 2014

The Desoto Caucus



The Desoto Caucus, c'est des remugles d'Howe Gelb, des réminiscences de Johan Asherton, et des parfums de Bill Calahan.
Il y a quelques années, trois danois ont décidé d'aller étudier de près le musique de l'Arizona. La collision des continents a projeté les curieux sur scène auprès de Giant Sand, les chansons se sont écrites, le groupe est né et l'arborescence Howe Gelb a pris une rameau de plus.
C'est un réconfort acoustique spacieux, une surprise de grands espaces qui éclaboussent, une virée folk dansant autour d'une voix racoleuse. Indissociable du monde de Giant Sand, bien calé dans les pénates de Glitterhouse, ce deuxième album en deux ans, montre que les disciples de l'americana des grands canyons apprennent très vite.


The Desoto Caucus 2014 « The Desoto Caucus » label : glitterhouse




mardi 3 juin 2014

Tue-Loup 99



 
A l'aube d'un nouveau siècle, le songwriting bluesy de par ici a resplendi de mille étoiles, paillettes de bouquetin, textes de tangage acoustique live à encorner l'âme. C'est Tue-Loup en Sarthe, de la brouillasse chlorophylle juste à se vautrer sous le gris cobalt des ciels crachés. Les barbelés menaçaient sous des airs étourdissants de l'amant de Saint Jean, d'un corps qui s'abandonnait dans les bras de Morphlée.

 
« La belle inutile », comme un plongeon dans sa propre cellule, une immersion où vient se blottir des chimères qui arrachent la gorge et dépècent l'irréel.
La mare de mon enfance me manque, gris-olive d'ocre ragondin, il me reste juste ce calepin, moi l'épou-poux qui hulule à la lune, comme le cri de la chouette. Il me reste la purge, comme le Merlin enchanté, cette saignée d'écluse entrouverte, cette plaie inondée.
Mon crane étroit est une bougie de ciré jaune, sans cesse à prendre le large sans me bouger le nœud, jamais je ne passerai à travers tous ces phares, il y a trop d'étoiles.
On est tous à la même enseigne, quelques soient les calvaires. Tue-Loup .. comment suis-je resté tant de temps sans parler de ses engorgements là ? Surement que mes pages sont arrivées bien après la tempête de terre épaisse.

 
Je vous assure qu'une virée vers les horizons boueux à l'ouest du Perche et de la Beauce, là où laboure Tue-Loup depuis 1997 est un instant recroquevillé intime, sec et mélancolique. « La belle inutile », absolument indispensable.


Tue-Loup 1999 « La belle inutile » label : pias










lundi 2 juin 2014

The Jeffrey Lee Pierce Sessions Project III




Jamais deux sans trois..je ne suis pas particulièrement adepte des maximes à la con, mais il faut bien avouer que le troisième volume en hommage à Jeffrey Lee Pierce est une fois de plus époustouflant.
Jeffrey Lee Pierce sessions project vol.3 est une longue montée vers l'apothéose, et l'exigence de l'artiste transcende tous les invités et pas des moindre, le casting est insolent.
Je ne suis pas non plus particulièrement accroc aux tributes, mais je dois bien avouer qu'ici tout renait des cendres, de cette entité rock au gun fatal.
 

« Just like a Mexican love », comme une BO de western moderne, et surtout ce pavé furieux et fantastique « Constant limbo », interprétation fulgurante de Mark Lanegarn et Bertran.
18 reprises, 18 pépites, pour une fois que l'hommage est bon.



Jeffrey Lee Pierce Sessions Project Vol.3 2014 «Axels & Sockets»
 label : glitterhouse






Bonus "Ain't my problem baby" :