mardi 30 avril 2013

Devendra Banhart 2013



Devendra a ôté son large collier de hippie pubescent et a coupé court sa chevelure de poète boisé. Du coup, les fleurs fushia au pollen acide qui poussaient dans sa barbe musicale sont aussi tombées.
Très loin des terres bariolées de Michael Gira qui l'a accueilli en 2002 pour la sortie de son premier album, le texan propose un album de comptines pop glabres, un poil sophistiquées. Même sa voix de troubadour champêtre s'aplanit, semble se mêler aux airs guillerets. L'espace d'un nouvel album il dévie sa marche forestière de sentiers herbeux vers une route de bitume pour un pèlerinage frais et fruité, une folâtre insouciance.
Fini le pollen, la corbeille de fruits déborde, à la manière de Fabio Viscoglio. « Your fine petting duck » prend même des allures intimes de « Baby it's you » des Beatles.
Léger, efficace, méconnaissable, Devendra Banhart s'approche des villes...allégé de barbe et d'herbe.




Devendra Banhart 2013 « Mala » label : nonesuch
http://www.devendrabanhart.com/
http://www.nonesuch.com/artists/devendra-banhart

https://www.youtube.com/watch?v=gqGUM1TrJgk&list=RD02TArE1y4D_NU








dimanche 28 avril 2013

Pink Floyd 77





La condition humaine ramenée à de simples animaux, avec comme esprits britanniques conducteurs Margaret Thatcher et Mary Whitehouse. Nous sommes en 1977, les Pink Floyd sortent « Animals », un album sombre et puissant contre la morale, en pleine morosité sociale anglaise, une crise naissante qui continue à sévir. Un hurlement froid contre toute sorte d'abus. Plus encore, le punk naîtra en parallèle, et le Floyd s'en tirera bien face à la montée tsunami des Sex Pistols.

Le contexte: les Floyd reviennent des sommets Dark Side et de Wish you are here, et pendant la tournée de Wish, deux morceaux sont en essai, « Raving and drooling » et « you got to be crazy » qui deviendront sur l'album à quelques paroles prés, « Sheep » et « Dogs ».
« Animals », c'est le début des anicroches, le planétaire a porté ses fruits mais il fallait assurer la suite, une période où le groupe n'a plus rien à prouver. Le leader théorique, Waters, affiche ses tendances de dictateurs artistiques, jusqu'à la pochette qu'il a conçu à lui seul : Une usine au sud de Londres, des hélicos, pas de montage photographique comme conseillé, un vrai cochon gonflable géant entre les cheminées d'une manufacture mythique et polluante. C'est une galère technique, 8 cinéastes et 11 photographes, un tireur d'élite pour le dégonflage, la prise photo n'est pas celle que Waters voulait car le lendemain des premières sessions, une tempête arracha le dodu rose de ses amarres et, devenu libre, il fera la une des quotidien dans toute l'île britannique. Ce gros budget gadget sera renforcé sur scène, avec avion vrombissant et cochon enfumé. Tout cet arsenal embrume la musique du groupe et inflige au publique un spectacle chaotique et cauchemardesque. « The wall » confirmera.
Pourtant la musique s'affiche plus humaine, chaleureuse, deux morceaux retravaillés, et une déclaration d'amour de Waters à sa compagne « Pig on the wings ». C'est réellement la transition Waters.
C'est aussi les débuts des déboires avec le public, Waters crache sur un Montrealais excité, la dépénalisation de la marijuana à Manhattan enveniment la soirée, agitation générale, incidents techniques... le Floyd a toujours eu des prestations scéniques, 1977 est aussi une transition technique pour une volonté d'envergure qui ne cessera de croître.

La dictature de Waters était telle que les autres membres ont sorti en cette période de fatigue, leurs albums solo respectifs, des remèdes, des échappatoires.. 1978.
Dorénavant ils ont un budget, et ils se payent un studio 24 pistes au Britannia Row pour quelques mois. Un autre calendrier de tournées se dessine, avec en première partie « Animals » et « Wish you are here » en deuxième. Snowny White, le fin guitariste, s'ajoute au quatuor et se rapproche de Gilmour. Il assume la basse et la guitare, laissant Waters totalement libre pour gérer ce set épique et planétaire. Tout le monde se laisse faire, finalement ils veulent seulement jouer et ils jouent bien. Mais rien ne va plus, le pire reste à venir.
Un tournant donc pour un groupe dont les musiciens sont relégués à de simples instrumentistes, mais qui cartonne dans les ventes, dans cette période de naissance punk.
Pour info, « Raving and drooling » et « You've got to be crazy » sont disponibles sur le cd bonus de « Wish you where here » réédition 2011. Le reste du concert Wembley 74 est proposé sur la réédition de « Dark side.. ». Distribution très discutable.

Personnellement, je suis parti acquérir « Animals » juste après avoir dévoré « The wall » pendant des mois d'adolescence. Un disquaire chartrain possédait une cabine en verre munie d'un casque pour les écoutes. J'ai fini par me faire virer par la patronne qui gérait la platine. J'écoutais "Pigs" en entier, finalement le seul nouveau gros morceau du disque. Puis se faire une idée rapide sur un album des floyd avec les interminables intro demandait de monopoliser la cabine en verre de longues minutes, exactement comme l'on squattait les cabines téléphoniques. J'ai fini par acheter ce vinyle quelques mois après, quand j'eus amassé les 35 francs nécessaires. Je l'ai toujours, objet et pochette extraordinaire, historique bancal mais disque formidable.
 



Pink Floyd 1977 « Animals » label : harvest

jeudi 25 avril 2013

Endless Melancholy






La pointe du Décollé à quelques criques du Guesclin, toujours cette brume à la marée montante, cette morsure en débarquement acouphène. Dans les terres à quelques lopins, c'est l'été.

Sur la plage, la chair est saisie, la peau est encore chaude et caramélisée par les infra-rouge, les notes de piano elles, saisissent la gorge et donnent au paysage apocalyptique doux, une lente invasion floue d'êtres surréalistes, les zombies de la plage, la douceur des frimas émeraudes granités.... outremer, ocre et blanc de titane. Le groin en poupe, l'iode dans les sinus, j'ai dans le casque « Music for quiet morning » d'Endless Melancholy.
Il est 17h00, je rêve, je ne suis plus d'ici. Des lumières aux lueurs, la métamorphose des coefficient est un spectacle biologique qui n'a rien pour me déplaire. La musique, la bande son.
Tous à peine croqués qui avancent... si ça s'trouve, le monde n'existe plus.
 


Endless Melancholy 2012 « Music for quiet morning » label preservated sound
 
http://endlessmelancholy.bandcamp.com/album/music-for-quiet-mornings




mercredi 24 avril 2013

Annie Butor - Léo Ferré






Je suis sur la plage, face à l'île du Guesclin, le drone de la marée montante injecte un engourdissement que la brume éblouissante semble vaporiser sur mes tempes. L'air est chaud, le large froid, le nébuleux est un voile de délicatesse qui hydrate le cerveau. Tout enveloppe le cris des enfants qui creusent le sable, érigent des tours à meurtrières qui frissonnent devant l'écume du jour.
 


Le dos appuyé sur le granit, je lis « Comment voulez-vous que j'oublie... » d 'Annie Butor.
Madeleine et Léo Ferré 1950-1973, ou une des plus belle histoire d'amour à travers la poésie, la musique, l'art, le temps d'une histoire épique et d'une muse. Toute chargée d'anarchie et d'intelligence exigées, la petite Annie, fille de Madeleine témoigne et nous offre la vérité, son témoignage, une plongée improbable.
Le trouble est total, le château de l'île du Guesclin en face, avec lequel je saoule depuis très longtemps ma tribu, comme on emmène voir le Mont Saint-Michel, rayonne. Les anecdotes, les viscères d'un bonheur qui devient douleur se mettent à nus. On glisse, on regarde, on mate et reluque « notre » Léo différemment, on est happé de l'intérieur, voyeur affamé, je suis très troublé et m'enlise dans le sable semoule qui s'humecte par en dessous d'eau salée. Ce livre est une délicieuse descente dans la réalité d'un laps de temps d'un de nos plus grands poètes.
Des tonnes de questions me montent à la gorge comme la marée coincé entre Saint Malo et Cancale. Que laisse t-on ? L'éducation, la création, quelle violence à nos proches, quelles absences. Que restera t-il ?
Je lis « Comment voulez-vous que j'oublie .. », j'écoute en vrac Léo qui chante Aragon, Verlaine, Malarmé, Rimbaud.... je retrace le parcours, je m'enfonce.


Annie Butor 2013 « Comment voulez-vous que j'oublie... » éditeur : Phébus.

https://www.youtube.com/watch?v=vxG6dnfIYMQ


 


vendredi 19 avril 2013

Kadavar



Allez, on reprend du poil de la bête, on passe à plus sérieux. Du jam jerk à la Black Sabbath, Led Zep, Black Mountain, White Stripes ou Dead Meadows, complètement 70's.
Rien de neuf, les montagnes sont toujours là qui menacent, les taupes creusent et poussent la motte. Par les racines on bouffe la tubercule, ce nouveau brûlot blues-rock guitare/basse/batterie va remuer la terre. Le ciel reste menaçant, cendres ou nuages peu importe, quand ça brûle c'est en bas que ça se passe. Le soleil est noir et le passé une histoire ancienne, le sage est pourpre, les amazones armées jusqu'aux dents et la créature injectée. La Femme m'a bien chauffé les esgourdes.
Tremblez myopes gens, la grande herse de Kadavar retourne tout sur son passage. Le monde brûle, Kadavar fournit le gazole.... métalorgie.



Kadavar 2013 « Abra Kadavar » label : nuclear blast 2012 « Kadavard » label : tee pee













jeudi 18 avril 2013

LA FEMME



En flânant sur les boulevards de paname , j'ai une fois encore assisté à l'innommable. Une bourgeoise a fait les cent pas sur le trottoir derrière le trou de balle de son chien, un sac plastique à la main. La commissure tendue, le ienche en question a achevé la mission pour laquelle il réclamait l'asphalte, en poussant des canines et bavant de la babine. D'un gestuel ganté et chorégraphique, la dame affable a empoigné l'étron moelleux et chaud de son royal canin, laissant sur le bitume une auréole fumante comme un crachat glaireux.

Gente dame à manières qui doit choper la queue de sa noce d'or avec la moue en sus.

Acte de civilité certes, mais preuve d'une lente dégradation flagrante de la dignité humaine ultra-contemporaine, le capitalisme normatif, et dire que l'on n'aime plus l'être humain.
Malaxe..malaxe le cœur de l'automate.. le thorax, mais pas la poussée de Max bordel de climax.
Il est assez fréquent de tomber sur une telle scène sur une grille d'arbre, ou en pleine avenue. Souvent on me souffle la misanthropie, et même si je lutte, je me dis que c'est quasiment foutu.

J'ai vu un tas de papiers sur LA FEMME. Magic évidemment, les inrock of course, et je crois savoir qu'ils sont passé au grand journal, la nouvelle messe, yeah. Et ça date pas d'hier.
Même pas encore sorti du cul du chien que la mémère réclame, le sac plastique en guise de gant. Le buzz était annoncé bien avant qu'on entende. Quelle vie de chien..pas moyen de débourrer tranquille. La plage..... arff, si tous les chiens du monde chiaient sur le sable, y'en aurait des mémères avec les doigts qui puent.
Rien contre le groupe, même si les MLF devraient porter plainte, mais les buzz nous poussent à écouter, à s'abîmer le bulbe.... en tout cas belle pochette.
"Isabelle a les yeux bleus, les yeux bleus Isabelle a...."

La Femme 2013 « Psycho tropical Berlin » label : disque pointu

Lisa Germano 2013



Il faut l’avoir connue, entraperçue à la lumière du soleil pour se permettre d’aller s’asseoir près d’elle, sur le petit banc en pierres à l’ombre du grand marronnier. Rompre sa solitude n’est pas chose facile, juste s’asseoir et se délecter du spectre de son regard triste. Lisa Germano s’effiloche, elle trouve le monde bien moche. Des remugles d’enfance, le composte cérébral est gorgé de petites notes de piano fantomatiques parasitées par les ondes de téléphone portables. L’air est lourd, presqu’orageux, elle garde pourtant sa capuche cerclée de fourrure, dissimulant un visage blême et attristé.

Lisa Germano nous attire toujours plus en profondeur, l’aesculus saupoudre les pensées de son jardin d’hiver où elle cultive sa pépinière flamboyante, son atelier où elle peint, son petit bureau en bois blanc écaillé sur lequel est posé son automatique. Ses petites symphonies de poche sont comme sa poupée au visage de porcelaine. Hyper fragilité, ultra intimité. Les minutes s’égrainent, l’odeur des graviers réconforte et soigne cette méchante gueule de bois.

John Mellemcamp group, Capitol, 4AD, un album avec Howe Gelb (le sublime OP8) .. un séjour chez Michael Gira (Young god records)…. Badman recordings.. la peau de chagrin d’une visibilité discographique, la profondeur des choses en échange, un joli troc. Les chansons ici sont des rêveries acidulée de canfre à la cannelle.

Cet exil ombragé est une invitation troublante, une douce impression d’être le seul à entendre ces murmures, à condition de venir s’asseoir sur le petit banc en pierres recouvert de mousse.



Lisa Germano 2013 « No elephants » label : badman

http://www.lisagermano.com/

http://badmanrecordingco.com/catalog/index.php?main_page=index&cPath=4_42





mardi 16 avril 2013

Sarah Blasko



Je vous jure, j'ai vu tout à l'heure la première fleur de colza jaillir du vert bouteille avec une violente soif printanier. Elle était là, paumée mais fière au beau milieu de quelques hectares submergés d'écume. J'ai vu ce bouquet rageur rattraper le temps perdu. Et depuis quelques jours, je ne vois plus le rouge-gorge, lui seul sait, demandez à Manset.

Troquer le rouge pour le jaune, la plume pour le pétale, avant l'évocation du coquelicot.



Je vous jure, tout à l'heure, j'ai écouté un album sublime, humide à souhait, en provenance d'Australie. J'ai entendu Anna Ternheim avec la magie symphonique de Johanna Newsom. Une voix, une frimousse lyrique à peine croyable. C'est pas du gnangnan, de l'eau de rose, ou de l'écriture potage Adèle, ça rigole pas, c'est exactement ce qu'il faut à la philharmonie, c'est une fraicheur d'épopée féérique. Des voix bulgares, une envergure, un piano, une batterie moelleuse, des marées de cordes, la frimousse est aussi dans la voix, un voile, ou plutôt une voile, gros coefficient, gros vent, gros gros coup de foudre, une sirène.



Je vous jure, écouter le dernier et quatrième album de Sarah Blasko, et on pourra saigner du nez ensemble et palper notre pouls. Le printemps est bel et bien là, pour toujours.



Sarah Blasko 2013 « I awake" label : dew process

http://www.sarahblasko.com/











lundi 15 avril 2013

Albin De La Simone



Albin De La Simone, c'est la ritournelle grisouillarde, une foule de p’tites misères qui attendrissent, une envie de se rouler en boule, se recroqueviller dans une promenade solitaire à cogiter les anicroches de nos rames. La moue sur les bords d'un ruisseau à flâner, une légère euphorie peut surgir, juste à déboucher sur une éclaircie de clairière. C'est la substance de ce qui se passe dans le cerveau de chacun humainement constitué. Nous sommes tous de petits comédiens malades à la merci de la moindre émotion avec dans le quotidien une embellie possible à la simplicité, au cours ordinaire des choses. Cet album est la bande son de toutes ces petits trucmuches mélancoliques et rieurs, comme on pu l'être les histoires clémentes d'Alain Souchon.

Il n'y a pas de rébellion chez Albin, juste des contrariétés sentimentales avec lesquels il faut bien avancer, c'est juste « Un homme », un mortel.

Toujours aussi touchant, le nouvel album d'Albin De La Simone s'introduit plus encore, touchant, attachant, mélancolique et langoureux. Il est chez Tôt ou tard, auberge où les sentiments se dégustent. Une féroce envie de danse molle.. seul.

Albin De La Simone est un grands chansonniers, un beau trancheur de vie fine, d'invitation à la lecture d'histoires de tous les jours, et ses mots claquent, sonnent et chantonnent, il sait les poser sur une portée bien dessinée.



Albin De La Simone 2013 « Un homme » label : tôt ou tard

http://www.albindelasimone.com/  







dimanche 14 avril 2013

Fleetwood Mac 69



Je n'ai pas trop d'yeux pour les statistiques, aussi, la fréquentation des billets m'intrigue, les tendances, les cibles: Fulgurance sur « Ummagumma » et « Abbey road ». 1969 en pôle position sur ce blog, j'y peux rien. Mon paternel virtuel Echiré du 79 me transmets une caisse de disques improbables de ce cru important dans l'histoire de la musique, il faut bien le dire :D

Qu'à cela ne tienne, je vise un tiercé, les trois albums les plus consultés ici proviendraient de l'année 1969.

Keith Richards par capilarité a sucé le blues de Chicago vers les îles britanniques. Mais il ne fut pas le seul. John Mayall a aussi contribué à l'essort du blues sur les terres anglaises.
En 1967, Peter Green remplace Clapton dans la white british blues Mayall school. Quand Green s'est barré pour former Fleetwood Mac avec un batteur Mick Fleetwood, il a aussi chipé à Mayall un bassiste, John McVie. C'est là que tout commence, trois albums de blues tellement pur qu'on dirait une compilation des meilleurs morceaux de l'histoire et la liste des singles est impressionnante. Jeremy Spencer assure une deuxième guitare, mais surtout la voix et les concerts sont puissants, bruts et déjantés, un braquemart énorme jaillit de la grosse caisse de M.Fleetwood. Ils seront même interdits de scène aux States en 1968.
1969, une autre guitare arrive, Danny Kirwan qui constituera la suite du groupe avant l'arrivée de Buckingham/Nicks et après le départ de Green.
1969, le départ de Green justement, après cet album dantesque, sublime du début à la fin. Une bible. A nouveau des concerts légendaires, avec trois guitares et du jam diabolique.

Comme Blind Faith la même année, une bataille de major va venir gangréner l'entité... Warner contre Apple (M.Fleetwood est pote avec Lennon). Cet opus 69 devait s'appeler « Du pain et des chattes ».. les mecs sont à cran et bandent comme des taureaux. Warner refusera. Dans l'urgence, Green demande au nouveau Kirwan de bosser sur la moitié de l'album. A deux, ils feront des miracles, un ping-pong se dessine et dès le début, « Coming your way » rivalise de génie avec « Closing my eyes ». Ce disque est un miracle.

Y'a quand même un mec qui va foutre le bordel, Augustus Stanley Owley, le fournisseur d'acides des Grateful et des Beatles...bim, « Rattlesnake shake » comme le « Hurricane » du Young s'étend sur 1/2h live. Diabolique, brûlant, d'autant plus qu'il est question ici d'onanisme... se secouer le crotale comme un dératé. Les trois grattes mutent en tronçonneuses. Marathonien du jam, il ne reste des heures jouées, que « Searching for madge-Fighting for madge » sur cet album volcanique « Then play on », témoins de la folie. Et Madge pour l'anecdote, c'est une fan ravagée qui suivait le groupe partout et tout le temps jusqu'à dormir par terre. Vive la branlette.
Le disque se termine sur une épopée dépressive à souhait, et clôture aussi la carrière Fleetwood du Dieu vert. Le succès fulgurant de l'album va finir de le consumer. « Oh well » va fournir à ce Syd Barrett du blues des brouettes d'acides. Il restera un dernier single, et pas des moindres, « The green Manalishi » et une disparition de trente ans chez sa mère; comme Syd. La légende dit qu'il s'est laissé pousser les ongles en Robinson, juste pour éviter de reprendre la guitare et de replonger.
Explosion en plein vol, Les Fleetwood vont sortir des albums que j'adore pendant quelques années, avec l'arrivée de Christine (mariée à John McVie), et avant l'arrivée du duo épique avec une autre forme de défonce people, Buckingham/Nicks. J'adore les Fleetwood Mac.
1969.... phouarrfff quelle année :D


Fleetwood Mac 1969 « Then play on » label : warner.




vendredi 12 avril 2013

The postal service



Début 2000's, c’est l'essor de la pop moderne avec comme défricheur le mensuel Magic!, et je partais à la recherche de nouvelles teintes, une palette plus large. A force de fuir longtemps les 80's, mes étagères étaient déséquilibrées d'opus 70's et 60's, trop lourdes. Je crois que j'ai dû commencer par explorer le trip hop avec Portishead et JJ Johanson etc.. Mais l'apparition de groupe comme The Notwist a vraiment était un déclic, débouchant sur l'exploration de labels comme City Slang, Morr music, Fat-cat, Rough trade, Domino, Moshi-moshi .. et Sub Pop sur lequel est sorti en 2003, la référence en la matière au côté de « Neon golden » en 2001, « Give up » de The postal service.



Ce groupe est une opportunité de rencontre entre deux entités pop, Benjamin Gibbard du Death cab of cutie, et Jimmy Tamborello l'électronicien Dntel.

La jonction des deux mondes abouti à un chef d'œuvre référence que chacun choisira de placer où il veut. Il faut bien dire que l'électro pop est devenu un flou océanique au bord duquel je me suis échoué, fatigué.

Beaucoup de mal à entrer dans cet opus à l'époque, essayant de suivre le buzz d'alors, je me suis acharné à trouver dans ce labyrinthe sonore la substance chansonnière qui fait qu'une mélodie transperce. Tout me semblait superficiel et gai (pléonasme ?), ludique et léger. Pas deux disques comme celui là, il s’est forgé une carrière au sein de ma discothèque, des mois ou une année après peut être, il devenait récurent et fidèle dans mes écoutes obsessionnelles.



Tout ça pour dire que cet opus témoin d'une époque où la pop se teintait de couleurs primaires, sort ces jours ci en réédition deluxe, gonflé d'un cd bonus de raretés/remix très intéressant.

Mal vieilli ? Nostalgique ? Toujours aussi frais ? Un très bel objet que cette réapparition, indispensable ? Ouaih je crois. De la poésie aérienne et synthétique from Washington.

La définition de l’électro pop, c’est forger une ambiance sonore d’ordinateur d’abord, bricoler dans son coin une atmosphère artificielle, quitte à faire l’impasse sur la matériel d’écriture mélodique. Ici en plus, le socle des compositions est solide.



The postal service 2003/2013 « Give up » label : sub pop



jeudi 11 avril 2013

Mélissa Laveaux



Emily Dickinson déclarait « Mourir est une nuit sauvage, une nouvelle voie ». « Dying is a wild night » est le tout nouveau et deuxième album de Mélissa Laveaux. Créole, francophone, canadienne, influences haïtiennes, lauréate de la bourse musicien, festivals comme tremplin, blues, folk et un label No Format.

Son deuxième album, dont le hit « Postman » diffuse depuis quelques mois, est une insolence d'énergie, de modernité et de qualité. Les frontières explosent dans un bal électronique aux rythmes râblés et épicuriens. Absolument tout est au service d'un sans faute mélodieux, de chansons ficelées intelligemment. Tubesque, dansant, déboussolant, No Format va agrandir sa vitrine avec cet album estival à souhait, d'une sincérité charnelle troublante.
Elle est facile Mélissa, le sang bat jusqu'aux cordes vocales. Il n'y a pas de surproduction dans ces onze chansons, juste une histoire artistique cohérente et parfaite. Mélissa, elle qu'on croyait princesse de folk intime lumineux, devient la déesse des dancefloors universels et reculés, des trajectoires ondulantes et chaloupées.
Efficacité totale, tout entre 2:30 et 3:50 min, que des tubes.
On l'annonce comme une Santigold, Goldfrapp (sticker sur la cellophane du disque)..moi j'entends en plus, la perfection sonore, vocale et musicale de Bonde Redhead, avec une touche Ayo ou Asha, les petites frangines.
J'ai pas de rubrique « album du mois » ?? tiens, je devrait en créer une.
Bingo No Format tient sa loco.


Mélissa Laveaux 2013 « Dying is a wild night » label : no format
http://www.noformat.net/album-laveaux-dying-is-a-wild-night-33.html



Macha Gharibian



Mars n'est pas venu, saute mouton sur le printemps, le betula boude, le goyo a la tige molle... le soleil rouge est un placebo qu'il faut aller chercher à la force du poignée du côté de James Brown... Mars n'est pas venu.
Macha Gharibian le pleure, nous le joue et chante, quelques notes printanières figées par la nuit argentée, à travers laquelle, seule la lune se farde d'une onde solaire qui nous snobe.
Macha Gharibian petite lune rouge, jazz nocturne, métissé de sensualité chamanique ultra doux et légèrement salée. Du feutre pour notre cerveau. Un cru Echiré.



Macha Gharibian 2013 « Mars » label : bee jazz
http://www.machagharibian.com/

tout en écoute sur sa page d'accueil.

mercredi 10 avril 2013

Esther Galil


 
« Le jour se lève » m'a mis la puce à l'oreille, l'eau à la bouche, chez Jimmy on trouve dans galettes extraordinaires, de tout. Esther Galil était totalement inconnue pour moi, j'ai demandé, fouillé, fouiné, appelé et cliqué... rien, très peu. Nulle part il est possible de trouver un opus de cette « andalouse » (hispano marocaine) à la discographie discrète ( deux 33T) et au multiple singles. Elle est aussi peintre à Los Angeles... a vécu en Israël..et chante en français. Une artiste improbable, comme la musique, l'ambiance et la voix qui se dégagent de cet ovni. Un agacement pour collectionneur.

Son premier disque est sorti en 1971, je n'ai trouvé que ce vinyl 76 chez crocodisc. Je lance un appel, et on écoute celui-là ensemble en attendant de jouer un peu plus tard au JSF
Merci à toi Jimmy de gérer le clac, et biz à Sorgual, trop envie que tu sois le maître de cérémonie :D

Esther Galil 1976 « Z-Land » label : barclay







mardi 9 avril 2013

James Brown 72



La discographie de James Brown est un puit sans fond, sa bio un blog à lui consacrer, aussi, les rééditions sont là pour que l'on garde cette rage à dénicher.
Et puis on s'arrête net comme bip bip le coyotte sur un morceau terrible qui passe chez son disquaire. Une complainte de slow soul en slam blues, un bilan douloureux de la star.
Quelques secondes auraient suffi pour que continue à ignorer l'existence de ce Lp jamais aperçu dans les bacs. Et pourtant, « There it is » est une véritable bombe humaine, terriblement contagieux à tous les niveaux.
Une quinzaine de jours que j'attends cette invitation à quitter mon toboggan, quitter des yeux le limon qui m'entoure. Matin midi et soir pendant quelques jours, un redbull-vodka-guronsan, assez d'énergie pour enjamber l'Atlantique et changer d'époque.
1972, quelle pochette, quel disque, bien meilleur que certains plus répandus.
Je suis guéri ? Mollo, mollo, ce soir le merle va revenir piquer du bec mes restants de pain rassi, et « Public enemy #1 » n'est pas loin de me ramener le blues crépusculaire avec ses cuivres d'astre rouge.


En attendant, le soleil chauffe encore les faitières et James Brown hurle haut en couleur...merci Rooster, le sauveur.



James Brown 1972 « There it is » label : polydor









lundi 8 avril 2013

Higelin 2013



Et des artistes fameux rentrent dans le moule, endorment avec une poignée d'albums sans goût, avant de rejaillir, « Beau repaire ».

Il y a des périodes où l'on est abîmé par un opus impact, discret, que l'on s'accapare irréversiblement, un séisme doux des sens, et j'avais un deuxième billet tout près à propos de « Toboggan », juste après l'avoir vu sur scène. Puis tout se mélange, je ne m'en sors pas.

Tout se mélange, j'aimais les introspections violentes et froides de Dominique A et je n'avais pas pris de plaisir à l'écoute d'un Higelin depuis « Illicite », pour les mêmes raisons de rupture avec la complexité des âmes et de moule, s'éloigner de « Remué » à tout prix, de « Dobranoc » ou de « Nanortalik ». L 'appât du moule.
Puis des albums comme « Toboggan » arrivent comme une équinoxe. Aucune concession cette fois-ci. Un bougon reculé, libre, l'incarnation artistique des portes de mes plaines, l'amour de mon horizon. Envie d'une énième toile beauceronne.
L'approximation des techniques, le flou des paroles, le jeu de guitare dépressif, j'aime plus que tout la maladresse des visibilités scéniques, et salue tout ceux qui ne sont pas venu remplir le trianon, comme un plaisir égoïste partagé avec le grand coq.
Je ne choisis que des disques français depuis quelques semaines, toboggan tremplin, comme à l'époque de « L'imprudence », une envie de proximité discographique, comme une envie de tout lâcher, de rester sur mes sentes de promeneur solitaire avec une tète de con.
Alors je m'appuie sur les potes, le Papa Vince, le Zorno.. j'écoute le nouvel Higelin, je cherche à ne plus glisser vers ce bac à sable, ce bout de piste de gamin qui veut remonter immédiatement sur le toboggan, bousculant déluré, tous les autres minots grisés par le manège. Je ne m'explique pas, donne juste des circonstances atténuantes à mon plexus.

« La balade au bord de l'eau », ça sent le Trenet léger et heureux, c'est quoi cette surproduction bruyantes au mi temps du fil de l'eau ? Je coule.
« Délire alarme ».. « bateau ivre.. l'ïle au trésor, l'amour, la vie , l'amour la mort ».... ouaih et la guerre c'est pas beau ??
« Tu m'as manqué »..ça empire. C'est pas le cœur qui bat au printemps, c'est le cerveau qui respire..je passe.
« Seul » assez bruyant aussi.
« Angoulème »..ça va mieux, mais je vais mettre un Thomas Fersen..ou remettre « Tomber du ciel » tiens.
Oh la vache « Duo d'anges heureux ».. je reste collé dessus, comme les beaux duo de Louis Ville, des Tètes Raides …... ça y est j'y crois.
« Être là... » il est où mon dernier Thiefaine ?
« Pour une fois ».. ça y est je replonge dans « Ballade pour Roger ».. décidemment « Tomber du ciel », ou alors « La taille de mon âme » de Darc... superbe.
« Hey man »..euhh on sent encore sous la semelle la dureté du piédestal ..merde pourtant je sens que c'est bon, j'y arrive pas là, je replonge... je remets « Extraordinaire voodoo » et je revient.
Oh nan pas « La joie de vivre », pas ce manège primesautier comme un Trenet tombé du ciel qui s'est mal réceptionné.
Arrfff, la fatigue me plaque sur « Tomorrow morning »..pourquoi il veut faire Arno en se foutant de la gueule des Beatles ?.. fool of frisons...prendrais bien 2 oeufs à la coke :C


Je suis persuadé que c'est un super bon disque, j'y arrive pas, désolé. Même les violons épilogues n'y font rien, j'y crois pas, je retourne au petit chat noir lunaire, aux embouchures où nous n'irons plus jamais, aux entrailles, me carapater sporulé pour me faufiler et perdre le fil mais pas de l'eau, je pars apprendre à m'orienter de nuit.
C'ui qui me pique mon toboggan, j'y pète la gueule.. môme éternel...mais pas la marelle.


Jacques Higelin 2013 « Beau repaire » label : jive epic group

http://www.jacqueshigelin.fr/
Merci Pap's Echiré pour la découverte.









mercredi 3 avril 2013

David Sylvian & Stephan Mathieu



Quand David Sylvian rencontre Stephan Mathieu, le paysage est percuté d’un mystère ésotérique.

Depuis l’introspection solitaire de Sylvian sur le « Blemish » qui entamait sa nouvelle carrière discographique, il n’a pas cessé de collaborer et de se rapprocher d’autres paysagistes plus ou moins terrestres. Stephan Mathieu l’a embarqué dans la stratosphère, là où l’on garde un œil sur la lentille bleue tout en s’imprégnant du silence noir cosmique qui invite, juste au dessus. L’équilibre apaisé est une perfection nébuleuse et l’on flotte sans limite dans ce bruit poétique.

Réverbérations, échos, sinusoïdales, étendues célestes tout près de Brian Eno, « Wandermüde » est un véritable nuancier galactique, coincé entre le noir et la lumière, les ondes terrestres et le silence.



David Sylvian & Stephan Matthieu 2013 « Wandermüde » label : samadhisound.

http://www.davidsylvian.com/wandermude/